2002-10 Recherche socialistes désespérément

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RECHERCHE SOCIALISTES DÉSESPÉRÉMENT,

NI LÉNINISTES NI RÉFORMISTES

Qui, aujourd’hui, s’intéresse au socialisme ? Identifié tantôt au « socialisme » réformiste de Mitterrand, tantôt au « socialisme réel » de Staline, parfois, mais rarement, c’est vrai, au national-« socialisme » de Hitler, au mieux il n’éveille que scepticisme ou indifférence, au pire il provoque rejet et hostilité. On le comprend d’ailleurs. Après tout, qui peut s’enthousiasmer pour des gouvernements « socialistes », pour le moins difficiles à distinguer de leurs homologues « libéraux », ou pour des régimes de terreur politique, de répression policière et de crimes de masse, responsables de la destruction de millions de vies humaines ?

Les trahisons et les échecs des uns, le despotisme et la cruauté des autres se sont avérés être les alliés les plus efficaces du système capitaliste. Ils ont facilité le travail de propagande de ses apologistes, trop contents de pouvoir les associer avec la seule idée du socialisme, pour ainsi mieux préserver les intérêts matériels et les privilèges des bénéficiaires de l’ordre social actuel.

Pourtant, en dépit du discrédit qui frappe le socialisme, nous insistons. Parce que nous sommes socialistes, justement, et que nous n’avons rien à voir avec ces « socialismes »-là, mais aussi parce que ce vieux rêve de la République sociale, de la prise en mains des moyens de production des richesses par l’ensemble de la société afin d’assurer leur gestion démocratique par et dans l’intérêt de tous, que voulez-vous, nous croyons encore en sa nécessité.

Après tout, qui osera prétendre que nous vivons dans le meilleur des mondes possibles, ou que le but de la société actuelle est le bien-être de tous ses membres ? Qui peut affirmer que le capitalisme peut nous apporter le bien-être et la tranquillité ? Qui rêve de léguer à ses enfants un monde où règnent la pauvreté, l’inégalité, la précarité, l’insécurité, le chômage ou, pour ceux qui ont la « chance » d’avoir un emploi, un travail ennuyeux et répétitif, ou la crainte du chômage ? Qui peut ignorer les millions de victimes annuelles de la famine et des guerres, faisant, d’ailleurs, du capitalisme le plus criminel de tous les régimes ?

Parce que nous sommes nés sous le système capitaliste et que nous n’avons rien connu d’autre, nous avons tendance à penser qu’il est « naturel » et « immuable ». N’est-ce pas ce que pensaient du féodalisme, du tsarisme ou du « communisme » ceux qui étaient nés avant la Révolution française, la chute de l’autocratie ou celle du Mur de Berlin ? Le capitalisme a à peine 300 ans et, comme le féodalisme, il a été établi par l’action des hommes. Pourquoi, à l’instar du système féodal, ne pourrait-il pas être remplacé par l’action d’autres hommes ? Pour quelle raison devrait-il être plus éternel que ne le furent les systèmes sociaux qui le précédèrent ?

A l’origine, le terme socialisme signifiait l’abolition de la propriété privée des moyens de production des richesses de la société et son remplacement par la propriété sociale. En ce sens, il était synonyme de communisme, c’est-à-dire de propriété commune des moyens de production. Si, au cours du 19ème siècle et dans les premières décennies du 20ème, la plupart des socialistes s’accordaient sur cette conception du socialisme, ils divergeaient sur les moyens à employer pour l’instaurer et sur son organisation.

On le voit immédiatement, ce que beaucoup associent au socialisme aujourd’hui (qu’il s’agisse des pays dirigés par des gouvernements soi-disant « socialistes », dans lesquels l’économie obéit aux mêmes lois que dans les pays gouvernés par des partisans déclarés du capitalisme, ou bien des pays dits « socialistes », où une bureaucratie tyrannique contrôle – ou contrôlait, comme dans le cas de l’U.R.S.S. et ses pays satellites – l’économie nationale grâce à sa mainmise sur l’Etat) ne correspond en rien avec le socialisme tel qu’on l’entendait il y a un siècle et plus.

Cette idée de transférer les moyens de production à la communauté afin de permettre leur gestion dans l’intérêt général, et non plus dans celui de la minorité possédante, séduisit pendant longtemps nombre de travailleurs qui, il est vrai, vivaient et travaillaient dans des conditions très pénibles. De ce fait, les idées socialistes étaient alors en plein essor. Le socialisme – la société future – et les moyens d’y parvenir, par exemple, étaient des thèmes couramment abordés dans les conversations des familles ouvrières de l’époque.

C’est donc pour tenter de démêler le vrai du faux, la vérité du conditionnement officiel et médiatique, que le site Démocratie Socialiste a été créé. Celui-ci n’a pas pour ambition d’être une étude approfondie et exhaustive des idées socialistes. Il n’a pas été conçu par ou pour des intellectuels (à ce propos, nous espérons que le lecteur nous pardonnera la pauvreté de notre style, mais nous n’avons pas bénéficié du concours d’un auguste membre de l’Académie Française) ou des spécialistes en sciences politiques.

Son ambition est plus modeste : 1° Présenter de manière claire et synthétique certains thèmes qui nous paraissent importants mais qui ne sont jamais abordés par les médias officiels et (re)donner ainsi aux travailleurs le goût de lire des œuvres d’auteurs socialistes afin d’approfondir leurs connaissances sur le monde qui les entoure. 2° Contribuer au développement de la réflexion critique des salariés et de la compréhension par ces derniers de leur position sociale et de leurs intérêts communs (de leur « conscience de classe »). 3° Permettre aux socialistes francophones de toutes les latitudes de se rencontrer (ne serait-ce, au départ, que par Internet interposé) pour, à terme, fonder une organisation politique se fixant comme objet exclusif, unique et immédiat, l’établissement du socialisme par la voie démocratique. 4° En bref, informer, éduquer, critiquer, discuter, écouter, comprendre, proposer, secouer l’apathie, organiser… dans la perspective de notre libération future.

Les idées exposées ici ne nous appartiennent pas. Elles sont l’héritage et le patrimoine communs de tous ceux qui rêvent de construire la Démocratie sociale : ce monde meilleur où les femmes et les hommes seront les acteurs – les preneurs de décisions – et les bénéficiaires de l’organisation sociale et non plus, comme sous le capitalisme, les instruments ou les rouages d’une machine dirigée par d’autres.

Pour nous, socialistes, les idées que nous défendons ne sont pas de jolis ornements inutiles ou des mots vidés de leur sens, telles les valeurs (socialistes) de « liberté, égalité, fraternité », gravées sur les façades de nos mairies et que certains ressortent une fois par an pour les besoins de discours auxquels eux-mêmes ne croient pas. Nous considérons que ces idées sont les outils théoriques nécessaires à une meilleure compréhension de notre Histoire et de notre présent, et, nous osons le croire, les germes de notre avenir.

La plupart d’entre nous absorbe à longueur d’année l’information véhiculée par les grands médias (au fait, qui les possède ?). Pour cette raison, nous avons tendance à ne pas chercher à aller « voir » au-delà des limites imposées à cette « information » par ceux qui la contrôlent, à ne pas remettre en cause l’organisation de la société actuelle, implicitement acceptée par ces médias, ni à nous demander quels intérêts cette organisation favorise. Nombreux sont donc ceux qui ne sont pas familiarisés avec les idées exposées ici (et qui sont ignorées – censurées ? – par ces mêmes médias). A ces gens-là, la consultation de ce site pourra paraître déroutante.

Mais nous espérons qu’il éveillera leur curiosité, le désir de se poser – et de nous poser – des questions, de remettre en cause nos connaissances et nos certitudes de manière critique et constructive (un processus par lequel passe tout socialiste) et, bien sûr, à ceux qui sont séduits ou convaincus de la pertinence de nos propos, l’envie de nous écrire et de nous rencontrer.

La société actuelle favorise l’individualisme et l’atomisation sociale afin de compenser la faiblesse numérique de la minorité dominante par les divisions et l’ignorance de la majorité travailleuse. Ainsi isolés, aucun de nous ne peut agir sur la réalité. Mais, tout comme les torrents sont formés d’une infinité de minuscules gouttes d’eau, c’est l’association, organisée, de tous nos efforts individuels, orientés vers le même but, qui fera notre force (nous qui formons l’immense majorité de la population) et qui permettra la réalisation de notre rêve d’un monde meilleur.

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