Archive pour avril 2007

L’étreinte de Chavez au dirigeant iranien est une insulte aux femmes !

21 avril 2007

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Paru sur Womens-e-News en septembre 2006 (cf. ici) et traduit par communisme.wordpress.com en janvier 2007

L’étreinte de Chavez au dirigeant iranien est une insulte aux femmes !

Hugo Chavez, une des figures-clef du mouvement populiste de gauche à travers l’Amérique Latine, a publiquement glorifié et embrassé le président iranien Mahlmoud Ahmadinejab.
De tels moments ne font que montrer combien comptent peu les vies des femmes dans le monde des politiques nationalistes.
Bien sûr, le Venezuela et l’Iran ont entre eux des intérêts stratégiques, politiques et économiques de part leur rôle de producteurs de pétrole.
Et l’on s’attend à ce que Chavez condamne toutes les menaces militaires des USA contre l’Iran.
Mais il n’y a aucune excuse pour avoir déclaré sa solidarité avec un régime théocratique qui traite les femmes comme des sous-humains. En embrassant Ahmadinejad, Chavez met de l’eau au moulin de la dangereuse alliance l’anti-impérialisme de droite et l’anti-impérialisme de gauche.
Dans cette équation, la seule chose qui a de l’importance est l’opposition au pouvoir militaire des USA. Les droits des femmes, les droits des ouvriers, les droits des étudiants (ces sujets qui sont supposés être importants pour les socialistes, progressistes et personnes ayant une conscience) sont bannis.
Chavez semble de s’être pas rendu compte que l’actuel gouvernement d’Iran a fait de l’Iran un pays où la ségrégation des genres et la haine des femmes sont inscrites dans la loi.

Un régime de répression violente

C’est un pays où des femmes sont lapidées à mort pour avoir commis le « crime » d’adultère, enterrée jusqu’au coup, subissant des jets de pierres sur leurs visages et leurs têtes jusqu’à ce qu’elles meurent, où les femmes n’ont pas le droit au divorce ou à la garde des enfants, sont forcées par la loi de porter le voile sous peine de violences physiques ou d’emprisonnement, ne peuvent pas voyager sans la permission de leur mari ou de leur père, où leurs témoignages au tribunal sont considérés comme n’ayant que la valeur de la moitié d’un témoignage d’homme, et où la dissidence politique de toute nature, pour les femmes comme pour les hommes, est punie par la prison, et souvent par la torture et la mort.
C’est ça le gouvernement que Chavez compare selon ses mots à une « nation héroïque », qu’il a même appelé « révolutionnaire » !
Le manque de considération de Chavez pour les droits des femmes en Iran est trop fréquent parmi les gauchistes mâles. Pour la plupart d’entre eux, le statut de la femme n’est souvent même pas sur l’écran de leur radar. S’il en est question, il est souvent écarté comme étant une question de « culture ».
L’utilisation insidieuse du mot « culture » implique que des femmes sont brutalement soumises, non pas par la force et la violence, mais parce que leur « culture » le veut, et que donc c’est acceptable.
En plus d’être insultant pour l’esprit humain, qui n’accepte jamais passivement la soumission, cette attitude ignore tout des conditions actuelles et historiques de l’Iran.

Le peuple est en révolte

Une rapide enquête de la société iranienne montrerait que le peuple iranien est en totale révolte contre ses dirigeants despotiques, avec des femmes qui montrent le chemin.
Depuis 27 ans, les femmes ont résisté et défié les persécutions du régime contre elles, souvent en courant un grand risque pour leurs vies. Au côté d’un mouvement de femmes inspiré, il y a de forts mouvements ouvriers et étudiants laïques, tous s’opposant non seulement à la République Islamique, mais aussi aux menaces d’attaques militaires et aux sanctions contre l’Iran des USA.
Comment Chavez (qui se déclare socialiste et défenseur des opprimés) peut-il s’aligner avec le leader d’un tel régime réactionnaire plutôt que de s’inspirer des mouvements socialistes et féministes qui le combattent ?
C’est un terrible choix politique qu’il n’était pas obligé de faire.
Chavez peut et devrait renoncer à sa solidarité avec Ahmadinejad et la remplacer par la solidarité avec le peuple d’Iran.
Il devrait se tenir, non pas du côté du bourreau, mais aux côtés de celles qui sont injustement accusées et condamnées, comme Nazanine Fatehi, âgée de 17 ans, qui attend son exécution pour avoir commis le crime de s’être défendue, elle et sa nièce, face à une bande de violeurs.
Ou Kobra Rahmanpour, qui attend elle aussi son exécution et écrit dans une lettre publique : « j’ai assez souffert… S’il vous plaît aidez-moi ! Je ne veux pas mourir. Mais en ce moment même je suis plus un corps sans vie qui a oublié la joie et les rires dans l’attente de la corde de l’exécution… Mon seul espoir est dans le peuple et les humains comme moi. »
Que doivent ressentir Kobra et Nazanine de voir Chavez serrer dans ses bas leur bourreau ?
La position de Chavez doit être condamnée par toutes les forces progressistes au sein de la communauté internationale.
Un groupe qui a d’ores et déjà publié une telle condamnation est le Parti Communiste Ouvrier d’Iran. Dans une déclaration du 14 septembre, il écrit : « Nous voyons les tentatives par les forces de droite pro-américaines de renverser Chavez et nous suivons la moindre réforme du gouvernement Chavez en faveur des gens pauvres et affamés, mais défendre les dirigeants meurtriers et terroristes de la République Islamique, dérouler le tapis rouge pour eux sous prétexte d’anti-impérialisme n’est que jeter de la poussière dans les yeux du peuple et masquer la réalité de la brutalité du régime islamique. »
Le PCOI, un influent groupe de gauche en Iran qui défend la liberté humaine et fait des droits des femmes une priorité, réfute même la notion selon laquelle la République Islamique serait une force anti-impérialiste.
« Nous devons montrer clairement à Chavez et Castro que le courant islamiste, sans le soutien du gouvernement US et des puissances occidentales, n’aurait pas pu arriver au pouvoir et que sans leur aide il n’aurait pas pu garder le pouvoir » (en référence aux différents accords fait entre les USA et l’Iran, comme la vente secrète d’armes par l’administration Reagan à l’Iran, connue sous le nom de « Contra-gate -1»).

Quelque crédit à son actif

Chavez dispose d’un certain crédit pour les choses qu’il a faites pour améliorer la vie des pauvres et limiter les abus du capitalisme au Venezuela. Il a mis en place des initiatives économiques pour les femmes et a reconnu la contribution financière pour le travail impayé des femmes au foyer. Récemment, il a initié et signé une loi qui payera une compensation aux femmes pour leur travail gratuit au foyer, quelque chose pour laquelle les féministes socialistes se battaient il y a plusieurs décennies. Pourtant, rien de cela ne retire le fait qu’il ait été critiqué pour son pouvoir autoritaire, en particulier par les femmes vénézuéliennes qui le poussaient à réaliser ses promesses.
Les critiques mettent en avant sa position fermement anti-avortement. Il avait même essayé de mettre un amendement anti-avortement dans la constitution, mais une forte résistance l’a obligé à faire machine-arrière. Et parmi les féministes, la question de payer les femmes pour les tâches ménagères n’est pas tranchée. Alors que certaines considèrent que cela aidera les femmes à sortir de la pauvreté, d’autres pensent que cela institutionnalisera la place des femmes dans la servitude domestique.
Toutes ces questions doivent être reconsidérées à la lumière de l’alliance de Chavez avec un fondamentaliste anti-féministe comme Ahmadinejad.
Après les nouvelles élections où Chavez a triomphé des efforts de l’opposition pour le chasser du pouvoir, il avait déclaré : « Dieu a parlé ».
Mais pour certaines d’entre nous, c’est plus le son de la démagogie. Les véritables idéaux de justice, d’égalité et de justice humaine sont mieux représentés par le courageux militantisme de celles et ceux qui en Iran se battent pour sauver la vie de femmes et dessinent une troisième voie face à la domination US et l’opposition de droite à cette domination. Maintenant, plus que jamais, nous devons nous lever et les défendre.

Note:

[1] Connue en France sous le nom d’Iran-gate, l’argent de cette vente a servi à financer les « contras », escadrons de la mort qui se sont opposés aux sandinistes au Nicaragua.

Jennifer Fasulo, co-fondatrice d’un groupe de soutien aux mouvement de libération des femmes au Moyen-Orient (Solidarity with Organization of Women’s Freedom in Iraq) est aussi productrice assistante pour « Joy of Resistance », radio féministe sur WBAI 99.5 à New York.

Etre socialiste = être pour la rupture

10 avril 2007

violente ou pacifique, la Révolution c’est d’abord une Rupture…” Ces mots par François Mitterrand au congrès d’Epinay en 1971 sont à revoir en vidéo. 20 ans après, les nouveaux statuts de 1991 enterraient toute vision anticapitaliste du PS.

Vidéo trouvée sur www.ina.fr où elle est accessible et téléchargeable librement (http://vis0.ina.fr/ogp/Medias/1175935/1370a149feabe9d57bf6433d627a2160.mp4)

également disponible sur

Dailymotion:ic

et sur Youtube: ici.

Qu’est-ce que le fascisme? (1935)

10 avril 2007

Brochure du Comité de vigilance des intellectuels antifascistes.

Disponible au format pdf: quest-ce-que-le-fascisme-1935.pdf

Déclaration des intellectuels au sujet de l’Espagne (1936)

10 avril 2007

Déclaration des intellectuels républicains

au sujet des événements d’Espagne

Les soussignés, profondément émus, quelles que soient leurs opinions politiques, sociales ou confessionnelles, par le spectacle du drame espagnol qui remet en question les principes les plus fondamentaux de la morale internationale;
Conscients du péril que le succès de la rébellion fasciste en Espagne ferait courir à notre pays;
Constatant le désarroi général, l’incertitude des esprits, le caractère tendancieux des informations et le secret des chancelleries,
Constatant d’autre part la magnifique résistance des républicains espagnols qui défendent devant Madrid leur liberté et la nôtre contre l’attaque du fascisme international,
Estiment qu’il est de leur devoir d’adresser cet appel à l’opinion française et à la conscience universelle.
Le gouvernement de notre pays, désireux de prouver son attachement à la paix, a proposé à l’Europe, dans l’espoir d’empêcher sa division en deux camps hostiles, la politique dite de “non-intervention”.
Cette initiative s’est traduite le 8 août par la décision d’arrêter en France tout envoi d’armes à destination de l’Espagne (décision que certains d’entre nous n’ont pas vu prendre sans inquiétude), mais elle n’a pas rencontré une adhésion rapide et sincère de la part d’autres gouvernements.
Il a fallu attendre le 28 août (et la prise de Badajoz qui livrait aux rebelles la frontière portugaise et ses possibilités indéfinies de ravitaillement) pour que le pacte fût enfin accepté, et encore avec des réserves inadmissibles de la part de certains Etats.
Même après le 28 août l’armement des rebelles a continué d’être assuré par une aide efficace qui n’a même pas cherché à se dissimuler. Les violations de l’accord dit de “non-intervention” sont prouvées:
1) par les révélations précises du délégué espagnol à la SDN (révélations que le secrétariat de l’institution de Genève n’a pas eu le courage de publier et que la plus grande partie de la presse française a systématiquement ignorées);
2) par les informations qu’a recueillies impartialement la Commission d’enquête anglaise (du 24 septembre au 1er octobre);
3) par les dépositions concordantes de hautes personnalités neutres au-dessus de tout soupçon;
4) par l’évidente supériorité actuelle des rebelles en avions et en tanks, par exemple, qui ne peut trouver d’explication que dans les violations continuelles du pacte à leur bénéfice; supériorité écrasante qui, malgré le sacrifice d’un peuple héroïque aux mains nues, a transformé totalement la situation militaire.
Ainsi, la non-intervention s’est traduite en réalité par une intervention très effective en faveur des seuls rebelles. Ces faits indubitables, portés aujourd’hui à la connaissance de l’opinion européenne, viennent d’amener le Parti ouvrier belge, le Labour Party, le Parti libéral anglais, l’URSS, les Internationales syndicale et socialiste à réclamer la reprise des relations commerciales avec le gouvernement espagnol.
Les soussignés estiment nécessaire d’avertir l’opinion française de ce puissant retournement de la conscience universelle et du devoir qui incombe à notre démocratie. Se référant à la déclaration d’Yvon Delbos: “La neutralité ne doit pas être une duperie”,
Estimant en effet qu’on ne peut plus espérer, après deux mois de violations répétées, de faire appliquer le pacte dans l’avenir,
Font confiance au gouvernement français pour que, fidèle à ses engagements internationaux et à ses propres déclarations, il prenne acte de la rupture du pacte et rétablisse en conséquence les relations commerciales avec un gouvernement ami, décision qui, en faisant prévaloir le Droit, ne peut qu’affermir la Paix. SIGNATAIRES Les professeurs: Victor Basch, professeur honoraire à la Sorbonne; Albert Bayet, professeur à l’Ecole des hautes études; Jules Bloch, professeur à l’Ecole des langues orientales; L.Cazamian, professeur à la Sorbonne; M. Cohen, professeur à l’Ecole des hautes études; G. Fournier, docteur ès sciences; J. Hadamard, membre de l’Institut, professeur au Collège de France; Frédéric Joliot-Curie, prix Nobel; P. Langevin, membre de l’Institut, professeur au Collège de France; Jeanne Lévy, professeur agrégée à la faculté de médecine; Marouzeau, professeur à la Sorbonne; U.Mengin, professeur honoraire à la faculté des lettres de Grenoble; I. Meyerson, professeur à l’Ecole des hautes études; H. Mineur, astronome à l’Observatoire de Paris; André Mirambel, professeur à l’Ecole des hautes études; F.Perrin, maître de conférences à la Sorbonne; Pommier, chargé de cours à la Sorbonne; Marcel Prenant, professeur à la faculté des sciences; Louis Robert, professeur à l’Ecole des hautes études; A. Vaillant, professeur à l’Ecole des hautes études; Ed. Vermeil, professeur à la Sorbonne; Henri Wallon, professeur au Collège de France; P. Biquard, docteur ès sciences; Adler, J. Baby, H. Faure, Mlle Brunel, J. Bruhat, Marthe et Etienne Bougouin, Husson, Labérenne, Luce Langevin, Jacques Madaule, René Maublanc, Mérat, Marthe Faure, G. Politzer, Mlle Robert, Mlle Schulhof, agrégés de l’Université; Louis Parrot, professeur à la Casa Vélasquez;
et plus de 200 signatures de professeurs agrégés recueillies à ce jour.
Les écrivains :
Romain Rolland, André Gide, Paul Allard, P. Abraham, Aragon, René Arcos, Gabriel Audisio, Claude Aveline, Julien Benda, Jean-Richard Bloch, P. Bochot, R. Blech, Georges Besson, Jean Cassou, A. Chamson, Crommelynck, J. Chabannes, Luc Durtain, R. Dior, Lise Deharme, Elie Faure, G. Guegen-Dreyfus, A. Hamon, H.-R. Lenormand, René Lalou, H. Lefebvre, L. Martin-Chauffier, L. Moussinac, Matei-Roussou, P. Nizan, Pillement, A. Ribard, Tristan Rémy, G. Sadoul, Simone Téry, Elsa Triolet, E. Thomas, Tristan Tzara, P. Unik, A. Viollis, H. Valet, Charles Vildrac, P. Vaillant-Couturier, André Wurmser, Claude Morgan, Léon Ruth. E. Brenier, ancien sénateur, président de la Ligue française de l’enseignement; Emile Kahn, agrégé de l’Université; Guy Menant, ancien député; A. Goldschild; Gaston Martin, agrégé de l’Université; Marc Sangnier, directeur de l’Eveil des peuples; Zyromski.
Mes Ceccaldi, J. de Moro-Giafferi, Vienney, Marcel Willard, Ferruci, etc.; Drs Lebovici, E. Mariage, Dreyfus, Du Bouchet, Flapan, Valensi, etc. G. Auric, compositeur; Armand Bour, acteur; Cantrelle, musicien; Marcel Carné, metteur en scène; Désormières, chef d’orchestre; Durey, compositeur; Etcheverry, de l’Opéra; Tony Grégory, danseur; Itkine, metteur en scène; Marie Kalf, actrice; Ch. Koechlin, compositeur; Harry Krimer, acteur; Locatelli, violoniste; Roger Maxime, acteur; H. Radiguer, professeur au Conservatoire; H. Sauveplane, compositeur; L. Bazor, graveur; P. Chareau, architecte; Cabrol, dessinateur; Dubosc, dessinateur; J.-P. Dreyfus, secrétaire général de l’Utif; Goerg, peintre; Gromaire, peintre; Jeanneret, architecte; F. Jourdain, architecte; Lipchitz, sculpteur; Le Corbusier, urbaniste; Marc Mussier, peintre; Ch. Perriand, architecte; Pignon, peintre; Mme Signac, peintre.

Texte publié dans la revue «Commune», décembre 1936.

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L’USTA, une expérience syndicale en pleine guerre d’Algérie

6 avril 2007

Publié dans La Révolution Prolétarienne N°745 (juin 2004)

L’Union Syndicale des Travailleurs Algériens

Une expérience syndicale en pleine guerre d’Algérie

En février dernier, notre camarade Jacques Simon fut interviewé sur les ondes de la radio FPP, sur l’Union Syndicale des Travailleurs algériens, dont il fut un temps, secrétaire général.

UN SYNDICAT DÉMOCRATIQUE ET INDÉPENDANT

Qui connaît l’USTA, ce syndicat démocratique et indépendant créé pendant la guerre d’Algérie pour défendre ” les intérêts matériels et moraux de tous les travailleurs. sans distinction de race, d’opinion ou de religion “, dans la perspective d’une solution démocratique à l’émancipation sociale de la classe ouvrière algérienne ? Rares sont les livres sur la guerre d’Algérie qui en parlent. Pourtant la fédération de France de l’USTA a réuni. en pleine guerre d’Algérie, jusqu’à ? 5 000 adhérents de l’émigration algérienne (qui comptait environ 400 000 personnes). Durant sa brève existence, la fédération de France de l’USTA a organisé deux congrès réunissant chacun plus de 300 délégués pour se prononcer sur des questions syndicales mais aussi sur la libération de la femme algérienne, sur l’industrialisation et la réforme agraire en Algérie, sur le pétrole du Sahara et les expériences nucléaires. Pour la première fois, les travailleurs algériens prenaient en main la défense de leurs intérêts.

En faisant, dans son premier congrès, une référence claire à la place du prolétariat dans la transformation à venir de la société algérienne, l’USTA se distinguait des organisations algériennes antérieures comme L’Etoile Nord-Africaine ou le Parti du Peuple Algérien. L’USTA. se réclamait de l’internationalisme prolétarien. Elle s’affirma également toujours solidaire des combats de la classe ouvrière française. dans une période où le FLN parlait d’un ” peuple français ennemi “.

UN ÉPISODE OCCULTÉ DE LA GUERRE D’ALGÉRIE Si la brève histoire de l’USTA a pu être oubliée, c’est aussi parce que le FLN s’est lancé dans une guerre afin d’anéantir l’USTA, créant, au sein de la communauté émigrée algérienne, un traumatisme profond qui fit taire les survivants. Mais pour comprendre ces luttes, il faut d’abord rappeler la situation du mouvement nationaliste algérien de la seconde guerre mondiale.

Au sein du Mouvement pour le Triomphe des Libertés Démocratiques (MTLD), créé en 1947 comme mouvement légal succédant au Parti du Peuple Algérien clandestin, des conflits au sujet de la lutte armée ou de la participation électorale donnent naissance à deux mouvements nationalistes algériens violemment antagonistes : le Front de Libération Nationale (FLN), à l’origine des attentats du 1er novembre 1954 ouvrant ce qu’on n’appelait pas encore “la guerre d’Algérie”, et le Mouvement National Algérien (MNA), mené par le leader historique Messali Hadj. En France, au début de la guerre d’Algérie, l’émigration algérienne est sous l’influence du MNA, seul parti algérien organisé, tandis que le FLN est encore inconnu.

L’USTA TROUVE LE SOUTIEN DE LA GAUCHE RÉVOLUTIONNAIRE FRANÇAISE L’USTA est constituée à Alger, le 14 février 1956, sous l’impulsion du MNA. Mais au lendemain du vote des pouvoirs spéciaux par l’Assemblée nationale, le 12 mars 1956, les cadres de l’ USTA sont arrêtés par la police française, ce qui sonne le glas de l’implantation de l’USTA en Algérie.

L’influence de l’USTA se limite dès lors au territoire français. Les premières sections sont créées en France dans les mines, la chimie, le bâtiment et les travaux publics, la métalllurgie et la sidérurgie. là où l’implantation algérienne est forte, essentiellement dans le Nord et dans l’Est. La création de la Fédération de France de l’USTA reçoit le soutien de la gauche socialiste révolutionnaire française (la Fédération Communiste Libertaire de Fontenis, La Révolution Prolétarienne de Monatte, des communistes libertaires comme Daniel Guérin) et de certains syndicats comme la FEN. Par contre, le PCF, la CGT et la CGT-FO sont hostiles à ce qu’ils considèrent comme une entreprise de division des travailleurs (les émigrés algériens sont en effet pour la plupart encartés à la CGT et servent de masse de manœuvre au PC et à la CGT).

L’USTA s’implante si rapidement que, bientôt, 80%( des adhérents algériens de la CGT l’ont rejointe. L’hostilité des appareils syndicaux et du PCF est encore renforcée par la condamnation par l’USTA des invasions impérialistes en Egypte lors de la crise de Suez et de l’agression soviétique à Budapest, lors de l’été 1956. L‘isolement croissant de l’USTA favorisant la répression policière, des centaines de cadres et de militants sont arrêtés dans la métropole, fin 1956 et la Fédération de France de l’USTA se trouve décapitée.

I

“L’HEURE DU POIGNARD ” Le FLN veut détruire par la calomnie et l’assassinat l’emprise du MNA et de l’USTA sur les travailleurs algériens de France et d’Algérie. Selon le FLN et ses défenseurs, l’USTA ne serait pas un vrai syndicat mais la couverture du MNA, de surcroît largement infiltrée par la police. Soutenu par des cadres de l’appareil stalinien français et international, le FLN forme des groupes de choc pour organiser des attentats contre le MNA et l’USTA qui répondent par la formation de leurs propres groupes de choc. En mai 1957 à Melouza, dans une région d’Algérie où le MNA conservait son influence, la milice du FLN mitraille, poignarde, tue à la hache 300 villageois musulmans qui s’étaient élevés contre l’exécution de cinq habitants.

C’est dans ce contexte de terreur que la Fédération de France de l’USTA organise son premier congrès les 18-29-30 juin 1957, salle des Horticulteurs à Paris. Il réunit 324 délégués représentant plus de 25 000 adhérents ayant payé régulièrement leur cotisation, dont une délégation de femmes algériennes organisées au sein de l’USTA.

Le 1,` septembre 1957. Messali Hadj lance seul un appel à la trêve avec le FLN. Mais. entre septembre et octobre 1957, 5 hauts responsables de l’USTA sont assassinés par le FLN, dont Abdallah Fillali et Ahmed Bekhat, secrétaire général de l’USTA. Un texte de protestation contre ces méthodes dignes de la Guépéou parait au mois d’octobre. Il rassemble les signatures d’un nombre considérable de personnalités syndicales, politiques et intellectuelles, dont celles d’André Breton, Daniel Guérin. Pierre Lambert. Auguste Lecaur, Clara Malraux, Benjamin Péret. Marceau Pivert et Laurent Schwartz. Albert Camus, proche des milieux syndicaliste-révolutionnaires, écrit dans La Révolution Prolétarienne: ” Allons-nous laisser assassiner les meilleurs militants syndicalistes algériens par une organisation qui semble vouloir- conquérir, au moyen de l’assassinat, la direction totalitaire du mouvement algérien ?”. La gauche révolutionnaire reconnaît dans ces méthodes celles utilisées par les staliniens en Espagne et ailleurs pour éradiquer toute opposition et s’imposer comme seul représentant de la classe ouvrière.

LE DÉCLIN DE L’USTA Après ces attaques meurtrières. le recul de l’USTA est manifeste partout, sauf dans son bastion du Nord (Douai. Lille. Valenciennes. Roubaix). Son organe, La Voix du Travailleur Algérien, cesse de paraître. Le FLN, qui a acquis une assise populaire au sein de la communauté algérienne, est désormais reconnu en France et au niveau international comme le seul interlocuteur valable. De nombreux cadres de l’USTA cessent toute activité, acceptent la tutelle du FLN, ou recherchent la protection de la CGT, leur ancienne centrale.

Inaugurant son mandat présidentiel le 8 janvier 1959, le général de Gaulle s’oriente vers une solution politique au problème algérien qui, selon lui, ” ne saurait procéder que du suffrage universel “. Comme mesure de clémence. Messali Hadj et 7 000 détenus algériens sont libérés. Lu Voix du Travailleur Algérien peut reparaître après sept mois d’interruption, avec pour la première fois, une page et demie en langue arabe. Mais le 6 juin 1959, le secrétaire de la région parisienne de l’USTA, Mohammed Nadji, est victime d’un attentat. En octobre 1959, Messali Hadj n’échappe à un attentat que grâce au sacrifice de son garde du corps.

Le 2ème congrès de la Fédération de France de l’USTA se tient les 27-28-29 novembre à Lille et réunit 351 délégués dont 10 femmes algériennes. Messali Hadj y fait un très long discours et appelle à l’unité avec le mouvement ouvrier français. Dans son rapport, l’USTA considère que ” le principe d’autodétermination du peuple algérien, proclamé le 16 septembre 1959

[par le général de Gaulle] et pour laquelle elle n’a cessé de lutter, est la seule voie permettant d’aboutir à la solution juste, libérale et démocratique du problème algérien “. Au lendemain du congrès, Bekhri Mohammend, ouvrier métallurgiste et membre de la commission exécutive de l’USTA est criblé de 83 balles par cinq tueurs du FLN.

L’influence de l’USTA ira en s’affaiblissant jusqu’aux accords d’Evian, ne trouvant plus aucun soutien auprès des partis ouvriers, des syndicats et de l’opinion qui accordent à de Gaulle tous les pouvoirs pour se débarrasser du ” boulet algérien “. Le 1er mai 1962, l‘USTA, qui se réclame toujours de l’internationalisme prolétarien, annonce qu’elle poursuivra désormais le combat en Algérie pour un syndicat de base indépendant.

100 ans du PS: Tout est dit…

6 avril 2007

Extrait de l’intervention de Pierre Mauroy au colloque “100 ans de socialisme” (22-23 avril 2005):

“La question la plus prégnante est sans doute celle de la doctrine du parti. Conçue au tournant du XIXè et du XXè siècle, celle-ci est très inspirée du marxisme. Les statuts de la SFIO définissent le parti comme « un parti de classe pour la conquête du pouvoir et la socialisation des moyens de production et d’échanges ». Pendant longtemps, le parti est resté fidèle, en théorie plus qu’en pratique, à cette « matrice » originelle. C’est elle qui constituait l’élément fédérateur entre les différents courants. Le parti a en quelque sorte conservé l’ambiguïté d’un « parti révolutionnaire qui ne fait pas la révolution », d’un parti qui a le souci permanent de ne pas se compromettre avec le pouvoir bourgeois et qui joue pourtant le jeu de la démocratie représentative, remportant des succès électoraux souvent brillants.

Il a été en progression pendant toute la première partie du siècle – le nombre des militants passe par exemple de 35000 en 1905 à 93000 en 1914. Sur le plan local, le socialisme municipal s’est aussi imposé. Ce n’est que pendant la période entre la Libération et les années 1970 qu’il a dû concéder au parti communiste la place de première force politique de gauche.

Cette spécificité liée à la doctrine se double d’un rapport particulier du parti socialiste avec le pouvoir. Un rapport qui fut longtemps « malheureux », comme l’écrivent Alain Bergounioux et Gérard Grunberg dans leur livre « Le long remords du pouvoir ». Depuis 1905 et tout au long du XXè siècle, les socialistes ne connaissent que des « expériences » de pouvoir, sur des périodes de temps courtes – 1936 (un an), à la Libération (avec le programme du CNR, dans un gouvernement, dirigé par De Gaulle, qui comptait des communistes, des gaullistes et le MRP), en 1956 (avec le Front républicain de Guy Mollet).

Il faut attendre 1981 pour connaître une vraie rupture. Avec les deux septennats de François Mitterrand, le parti socialiste inscrit son action dans le temps et devient un véritable parti de gouvernement. François Mitterrand a posé le vrai problème. Il ne s’agit pas de savoir quand les communistes deviendront socialistes et les socialistes communistes. La vraie question, posée aux communistes, est celle de leur participation à un gouvernement d’union de la gauche. La réponse positive, c’est le programme commun.

Pour la première fois, les socialistes parviennent à surmonter la fragilité qui a longtemps caractérisé leur rapport avec le pouvoir. Nous faisons l’apprentissage, dès lors, de la complexité et des nombreuses implications de nos choix.

Les années qui ont suivi, nous voulons au gouvernement à la fois réaliser une forme de rupture avec le capitalisme et nous prenons progressivement conscience de la nécessité d’une adaptation doctrinale. Lorsqu’en 1983, nous refusons de sortir du système monétaire européen, cela montre notre volonté de ne pas retourner au protectionnisme, notre volonté de ne pas nous séparer de la social-démocratie européenne, de jouer à fond la carte de l’Europe (Conseil politique de Fontainebleau en 1984). Le nouveau projet socialiste, adopté au Congrès de l’Arche en 1991, amorce la révision doctrinale en acceptant officiellement l’économie de marché.(…) Cette fois, le discours et l’action sont mis en cohérence. La « culture de gouvernement » est bel et bien acquise. La question de la participation au pouvoir n’est plus l’objet de controverses et le parti socialiste peut, en s’inscrivant dans le processus d’alternance, faire avancer ses idées à la tête de notre pays.

Le PCF et le guesdisme (Ferrat, 1932)

5 avril 2007

André FERRAT
Le Parti communiste français et le guesdisme

Article extrait des Cahiers du bolchevisme 1932 (7e année / N° 14 / 15 juil. 1932)
disponible au format pdf: ferrat1932.pdf

André Ferrat (1902-1988) était alors membre du bureau politique du Parti communiste depuis 1928. Il sera exclu en 1936. Animateur de la revue oppositionnelle Que Faire ?, il rejoint la SFIO où il sera proche de Zyromski. Après-guerre il sera membre du Comité directeur du Parti socialiste SFIO de 1946 à 1958.

Quelques livres

4 avril 2007

La Maison socialiste

Histoire documentaire du P.S. – Tome 2 (1921-1940). EUD (Editions universitaires de Dijon) 2005, 22 euros

Textes réunis par V. Chambarlhac, M. Dury, Th. Hohl et J. Malois

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A gauche! La gauche socialiste, 1921-1947

EUD (Editions universitaires de Dijon) 2004, 20 euros

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La France du Front populaire

Jacques Kergoat. rééd° La Découverte, 2006. 12,50 euros

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Guy Mollet

Fayard, Paris, 2006, 960 pages, 30 euros

Note de lecture dans Le Monde diplomatique de février 2007

+ Billet reproduit pour faciliter les recherches internes

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Pivert

Jacques Kergoat. Ed. de l’Atelier, 1994. 19,82 euros

Note de lecture dans Le Monde, 9 Décembre 1994

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Front populaire, révolution manquée

Daniel Guérin. Edition de poche Actes sud coll. Babel, 1999. 10,50 euros.

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La SFIO et Madagascar 1947

Janine Harovelo, L’Harmattan 1995. 24,40 euros.

Avant-propos à une brochure de 1932 sur la participation ministérielle

4 avril 2007

La position des problèmes de méthode socialiste

AVANT-PROPOS

 

L’étude qui paraît aujourd’hui en brochure a été écrite à la fin de 1928 ; elle a été publiée en supplément du numéro de janvier 1929 de la Bataille socialiste; elle est susceptible, d’après l’avis d’un certain nombre de mes amis, d’armer les camarades de nos sections pour la propagande contre les déviations révisionnistes toujours mençantes et toujours renaissantes.

Nous sommes tous frappés de voir combien, à l’occasion des renouvellements électoraux ou des crises ministérielles, le Parti, dans son ensemble, est sensible à certains appels et à certaines considérations bien superficielles, mais qui ont une relative efficacité. Le problème de la participation ministérielle qui n’est pas un problème de doctrine, qui n’est pas non plus un simple problème de circonstances, mais qui constitue en réalité un problème de méthode et d’action socialiste, rentre dans le cadre de ceux sur lesquels les entraînements irréfléchis ont le plus de prise.

C’est pourquoi il est indispensable de forunir à chaque militant une argumentation solide qui trouve sa base non pas dans l’appréciation des contingences parlementaires, non pas dans l’analyse des fluctuations des groupes, mais dans la réalité économique, dans l’examen de la structuresociale des partis de la démocratie bourgeoise, dans l’étude des répercussions du mouvement capitaliste sur leur idéologie et leur programme.

Le problème de la participation ministérielle se rattache donc à la question des rapports entre le Parti socialiste et les partis de démocratie bourgeoise.

Si l’on comprend le sens de l’évolution politique de ces partis, si on s’efforce de découvrir, conformément à la méthode marxiste, les racines économiques des faits politiques, alors on ne risque pas de tomber dans les erreurs habituelles. On s’aperçoit notamment que le problème de la participation ministérielle n’est pas dominé par des considérations arithmétiques, qu’il ne s’agit point en l’occurence de savoir s’il y a ou s’il n’y a pas une “majorité de gauche“. On reconnaît que le problème est au contraire dominé par des considérations politiques, dans le sens le plus étendu du terme, et qu’il s’agit de savoir s’il y a ou s’il n’y a pas possibilité de politique constructive commune entre le Parti socialiste et les partis de la démocratie bourgeoise. On verra ensuite que le problème de la participation, aspect du problème général des coalitions avec la bourgeoisie, se rattache à une question de méthode essentielle: Comment s’opérera la marche au socialisme? par l’effort autonome et libre de la classe ouvrière en lutte contre la bourgeoisie, ou bien par l’emploi de tactiques de collaboration avec certaines fractions de la bourgeoisie? On verra de plus qu’il est dangereux d’accepter facilement le “principe” de la participation, ce qui ne veut d’ailleurs rien dire, puisque ce problème doit comporter l’étude du milieu politique et social, et qu’il ne saurait être isolé de cet élément. L’adhésion donnée au “principe” détermine le glissement sur les “conditions”.

Depuis 1929, y a t-il des arguments nouveaux à faire valoir qui ne figurent pas dans cette étude, écrite à cette date? A vrai dire, il n’y a pas d’arguments nouveaux, mais les argume,nts sont confirmés et renforcés.

La crise de l’économie capitaliste qui s’est déclanchée a eu en effet pour résultat d’intensifier les antagonismes de classe et par conséquent de multiplier les divergences entre le Parti socialiste et les partis de démocratie bourgeoise. Cette situation s’est affirmée avec éclat il y a quelques mois, en mai 1932, immédiatement après les élections générales. La réponse radicale au “cahier” socialiste laisse voir les oppositions les plus graves sur tous les points essentiels de l’action politique. Et depuis…

Quant aux arguments “internationaux” dont on nous accablait il y a quelques années pour justifier la politique de collaboration ministérielle, ils se retournent aujourd’hui avec une force singulière contre ceux qui les employaient. L’expérience de la social-démocratie est évidemment “concluante”, mais pas dans le sens où certains voulaient nous entraîner en se basant sur l’expérience des aprtis frères.

Cette brochure doit servir pour les prochains etinévitables débats qui se dérouleront au sein du Parti. Nous n’avons pas d’illusions à cet égard. Rien de plus tenace que les illusions et les chimères, et nos révisionnistes sont des utopistes impénitents. Mais il faut que le Parti soit en état de résister aux pressions de toutes sortes qui ne manqueront pas de s’exercer. Et dès maintenant, il faut préciser notre position.

En mai 1932, nous avons, après réflexion, accepté la méthode de la “preuve expériemntale“. Pas d’accepattion préalable au principe de la participation, mais pas de refus immédiat; nous avons accepté que soit posée une question préjudicielle. Programme d’abord, avant d’examiner le fond de la question. Certains de nos amis ont pu être surpris. Mais cette attitude était nécessaire pour tenir compte des facteurs psychologiques. Elle a été justifiée par la suite même des événemnts. Elle nous a permis, à un moment critique, d’échapper à la mystique de la participation. Mais il est évident qu’une telle attitude comporte aussi des risques. Elle pourrait, en effet, avoir pour conséquence indirecte d’acclimater l’idée de participation dans le Parti.

Et puis, il importe d’aller au fond même du problème. Il ne faut pas ruser avec lui. Il faut le débarasser de ce qui est l’accessoire pour mettre en relief le principal.

Il faut donc envisager le problème de la participation comme un problème d’action socialiste générale et celui-ci est étroitement conditionné par la conception des rapports entre le Parti socialiste et les partis de démocratie bourgeoise.

Il faut débarasser le terrain du débat de tout ce qui est accessoire, comme par exemple le fait de savoir s’il y a ou non une majorité de gauche.

La VRAIE question est celle-ci: Y a-t-il possibilité d’action commune suffisante et suivie entre le Parti socialiste et les partis de démocratie bourgeoise?

Nous ne le pensons point. Nous le pensons moins que jamais, et nous essayons d’expliquer nos raisons dans la brochure qui est publiée par la Bataille socialiste.

Ainsi seulement, une règle d’action précise et ferme pourra être dégagée, et notre Parti ne sera plus balloté entre les courants contraires.

Ainsi seulement, il pourra rester fidèle à la mission historique du socialisme qui ne consiste pas à s’intégrer dans le régime bourgeois, à s’adapter à l’Etat capitaliste, mais qui exige la destruction de ce régime, la conquête de l’Etat.

Pour réaliser ses objectifs, le Parti socialiste doit être pénétré de l’esprit de lutte et rejeter l’esprit de compromis systématique et permanent.

La participation ministérielle est un mode d’action qui favorise tous les glissements et par lequel le Parti socialiste perd sa physionomie propre et sa force attractive sur le prolétariat.

En éditant cette brochure, la Bataille socialiste a voulu continuer sa tâche d’éducation szociale dont la nécessité croît avec les progrès mêmes du Parti.

Jean Zyromski

 

Vidéo du Congrès SFIO de 1944

3 avril 2007

Le premier congrès socialiste (SFIO) à la mutualité

FRANCE LIBRE ACTUALITES
AF – 24/11/1944 – 00h06m15s

Vidéo sur le site de l’INA: cliquer ici

(visionnage sans téléchargement gratuit)


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