Dans un article paru dans Sud-Ouest (disponible ici), François Hollande, toujours premier secrétaire du Parti soi-disant socialiste, déclare rien moins que:" le syndicalisme que l’on doit combattre, c’est celui de SUD".
Communiqué de SUD-Ratp, 7-12-07
Haro Politique contre SUD
Dans un entretien accordé à SUD OUEST le 26 novembre 2007, le 1er secrétaire du parti socialiste, François HOLLANDE, se félicite de « l’évolution réformiste de la CGT », en ajoutant que « le syndicalisme que l’on doit combattre c’est celui de SUD » !
Il n’en fallait pas tant pour confirmer que SUD est désormais le seul adversaire social digne de ce nom dans notre pays, et qu’en matière de syndicalisme, comme en politique, le réformisme au service de la régression sociale est une valeur communément partagée.
SUD RATP rejette la qualification de « gauchistes », car son seul but a toujours été celui de la défense des salariés qu’il représente, sans jamais s’interdire de combattre les politiques de droite, comme de gauche, dès lors qu’elles sont néfastes à ces intérêts.
Les Adhérents, militants et sympathisants de SUD RATP n’oublierons pas cette prise de position politique, indigne d’un parti se prétendant investi des valeurs du Socialisme.
Tags: Actualité, François Hollande, Social-libéralisme, SUD
9 décembre 2007 à 16:28
Depuis quand le syndicat Sud serait investi du programme du socialisme ? Et soit disant, il ne serait pas un syndicat réformiste ? Mais d’où vient-il ? Et surtout que fait-il concrètement ?
En 2006, le syndicat Sud s’est rendu – comme les autres – au chevet du gouvernement Villepin pour l’aider à trouver «une sortie à la crise du CPE». Une crise pour qui ? Sud n’a pas réfléchi ?
La question des régimes spéciaux ouvriers est maintenant pliée. Le gouvernement a encore gagné une bataille. Comment le syndicat Sud s’est disposé?
Ce communiqué dit : « en matière de syndicalisme, comme en politique, le réformisme au service de la régression sociale est une valeur communément partagée ». Il faut bien lire : c’est donc qu’à l’opposé, un autre réformisme serait, lui, au service du progrès social. « Un autre réformisme est possible » pour calquer un mot d’ordre largement usé auquel le syndicat Sud est loin d’avoir été étranger.
« Le seul adversaire social digne de ce nom dans notre pays, et qu’en matière de syndicalisme, comme en politique, le réformisme au service de la régression sociale est une valeur communément partagée.»
Les « valeurs » – morales donc – ont décidemment plus d’importance aux yeux du syndicat Sud que les revendications. Curieux syndicat ! Et il se prétend quand même être «le seul adversaire social» ! Rien de moins ! Mais «adversaire» de qui ? Du gouvernement ou bien des syndicats ouvriers ? De même : «Le réformisme au service de la régression sociale est une valeur communément partagée». Partagée par qui ?
Cette propension à ne pas entrer dans le concret, à se complaire dans l’ambiguïté signe ce qu’est le syndicat Sud : un syndicat étranger au mouvement ouvrier, un syndicat de division. Une preuve ? Mais elle est fournie par ce, ou ces militants de Sud eux-mêmes : «Les Adhérents, militants et sympathisants de SUD RATP n’oublierons pas cette prise de position politique, indigne d’un parti se prétendant investi des valeurs du Socialisme.»
Ce syndicat n’adresse pas sa mise en garde (qui n’est pas infondée au demeurant – tactiquement – mais la conclusion est fausse) à l’ensemble des ouvriers, salariés… mais seulement, et strictement, à leurs «adhérents, militants et sympathisants». N’est-ce pas là preuve patente : favoriser la division dans le désarroi général en isolant les éléments les plus conscients qui cherchent une perspective.
Ni "syndicalisme d’accompagnement", ni division syndicale !
Un syndicaliste enseignant attaché à la perspective du socialisme.
(C’est pourquoi il demande à « la Bataille socialiste » comment elle peut laisser passer un tel communiqué qui est si étranger à notre combat puisque a priori nous avons le même)
PG
9 décembre 2007 à 16:53
Ce communiqué est celui de l’"offensé ", qui répond en ses termes.
11 décembre 2007 à 06:45
SUD s’efforce de perturber le jeu syndicats-gouvernement
LE MONDE | 10.12.07
De nouvelles grèves contre la réforme des régimes spéciaux de retraite sont annoncées, mercredi 12 décembre à la RATP, jeudi à la SNCF. Mais l’unité syndicale, déjà mise à mal lors des dix jours de conflit en novembre, a volé en éclats. Alors que les négociations se poursuivent entreprise par entreprise, certains syndicats veulent remettre la pression.
Dans le métro et le RER B, 60 % du service assuré
La direction de la RATP a annoncé, lundi 10 décembre, les prévisions de trafic pour la journée de mercredi, pour laquelle la CGT a déposé un préavis de grève de vingt-quatre heures. Le trafic devrait être perturbé sur l’ensemble du réseau avec un trafic assuré à 60 % dans le métro et le RER B, à 75 % en moyenne pour le RER A, et à plus de 80 % pour les bus et tramways. – (Avec AFP.)
[-] fermer
La CGT et la CFE-CGC ont déposé un préavis de grève "carrée" de 24 heures à la SNCF. Eric Falempin (FO cheminots) voit dans ce dépôt "en catimini" la volonté "d’éviter une grève reconductible".
Dans cette partie de poker menteur syndicale, SUD, en pointe dans les conflits – à l’Opéra, avec les machinistes en grève ou avec les étudiants favorables au blocage des universités -, ne sait plus trop sur quel pied manifester. Deuxième syndicat à la SNCF, SUD-Rail pourrait ne pas se joindre au mouvement de grève de jeudi. Annick Coupé, porte-parole de l’union syndicale Solidaires à laquelle appartiennent les SUD, apprécie peu la stratégie de la CGT. "Ceux qui ont fait neuf ou dix jours de grève reconductible le mois dernier, et n’ont rien obtenu, risquent de ne pas être très motivés", a-t-elle confié au Monde. Hostiles à la succession de grèves de 24 heures, les syndicalistes de SUD estiment que pour faire pression efficacement, il faut privilégier les "reconductibles".
"La CGT semble découvrir aujourd’hui que le gouvernement ne veut rien entendre sur les problèmes de décote et d’indexation des pensions, ce qu’on a toujours dit", explique encore Annick Coupé. Pour elle, si "l’affaire est en grande partie pliée", il en va de la responsabilité de la CGT qui "en acceptant de discuter par entreprise a cassé le rapport de forces global". Mais la porte-parole de Solidaires se défend d’être "là pour dénoncer des "traîtres"" : "ce constat renvoie à notre faiblesse et aux rapports de force entre syndicats", confesse-t-elle.
Taxés de "jusqu’auboutistes", soupçonnés d’être le bras syndical de la LCR et d’Olivier Besancenot, postier adhérent à SUD, les militants de Solidaires sont énervés. François Hollande, les a attaqués vivement en déclarant "que le syndicalisme que l’on doit combattre c’est celui de SUD" (Sud-Ouest du 26 novembre). "C’est agaçant et grossier, il ferait mieux de s’attaquer à Sarkozy", réplique Mme Coupé qui compte demander des explications au premier secrétaire du PS.
Plus handicapant, Solidaires continue d’être tenue à l’écart par les autres syndicats. La CFDT trop contente de s’être débarrassée de ses "gauchistes", ceux qui l’ont quittée en 1995 et créé SUD-Rail ou les postiers exclus en novembre 1988, qui avaient construit le premier SUD, "Solidaires-Unitaires-Démocratiques". SUD dérange surtout la CGT. Son secrétaire général, Bernard Thibault, aime à répéter que "SUD ne va pas faire perdre le nord à la CGT". Cette dernière voit d’un mauvais oeil sa stratégie de contestation bousculée par SUD.
Solidaires, avec ses 80 000 adhérents, reste un peu esseulé. Comment continuer alors à prêcher l’unité syndicale ? Comment ne pas se contenter de distribuer des mauvais points à la CGT et asseoir une stratégie syndicale autonome ? Ces questions seront débattues au prochain congrès de Solidaires, le quatrième depuis la création de l’union syndicale, voici dix ans, qui se tiendra la première semaine de juin 2008 à Saint-Jean-de-Mont, en Vendée.
Rémi Barroux
Article paru dans l’édition du 11.12.07
17 décembre 2007 à 22:44
{ {{“je crois qu’ils ont compris l’urgence de la situation”}} }
{{Après les rencontres avec les parlementaires, les anti-CPE dans l’attente}}
LEMONDE.FR | 07.04.06
Le président du groupe UMP à l’Assemblée nationale, Bernard Accoyer, et son homologue du Sénat, Josselin de Rohan, ont achevé à la mi-journée leurs discussions commencées mercredi avec les syndicats, le patronat, les organisations étudiantes et lycéennes. Ils se sont ensuite rendus à Matignon pour faire part de leurs conclusions au premier ministre. Les deux hommes ont également eu un entretien téléphonique avec le président de l’UMP, Nicolas Sarkozy . Selon des sources parlementaires, MM. Accoyer et de Rohan doivent aussi se rendre à l’Elysée pour être reçus par Jacques Chirac. Ils devraient ensuite tenir une conférence de presse à 18 h 30.
[Une photo là montrant Annick Coupé et Pierre Khalfa, porte-parole de Solidaires, au Sénat, le 7 avril 2006]
L’intersyndicale anti-CPE s’est concertée dans la matinée, pour faire le point sur les consultations menées par les parlementaires de l’UMP. {{Selon Annick Coupé, porte-parole de l’union syndicale Solidaires, dernière à être reçue vendredi midi, les parlementaires de l’UMP lui ont indiqué que leur communication porterait plutôt "sur le bilan des rencontres" que sur le contenu de la proposition de loi. "Ils nous ont dit aussi qu’ils allaient travailler énormément ce week-end", a-t-elle ajouté. "Ils nous ont dit très clairement qu’ils feraient des propositions dans les jours qui viennent, mais sans être plus précis, a-t-elle ajouté. Mais je crois qu’ils ont compris l’urgence de la situation."}} Le contenu de la proposition de loi qui doit se substituer à l’article 8 de la loi sur l’égalité des chances, instaurant le CPE, pourrait ne pas être dévoilé avant la fin du week-end ou lundi.
La formulation de la proposition de loi semble encore alimenter les débats au sein de l’UMP. Les élus sarkozystes ont lancé jeudi le ballon d’essai d’une suspension du CPE pendant plusieurs mois, le temps de laisser les partenaires sociaux négocier un autre dispositif d’insertion professionnelle des jeunes. Une interview de Nicolas Sarkozy au Figaro, qui devait être diffusée ce vendredi matin, a été différée à samedi à la demande du président de l’UMP. Selon son entourage, M. Sarkozy "a décidé de décaler cet entretien à samedi (…) pour ne s’exprimer qu’à la fin des contacts des organisations syndicales" avec les présidents des groupes parlementaires UMP.
LES OPPOSANTS AU CPE GARDENT LE CAP
"Une suspension, c’est une épée de Damoclès et ça ne nous ira pas. Il faut qu’ils aillent plus loin", ont fait savoir les anti-CPE, en rappelant la date butoir de la prochaine intersyndicale, lundi soir.
La majorité et le gouvernement "lancent des SCUD pour voir notre réaction, mais il faut qu’ils prennent en compte que des gares sont bloquées, que les jeunes sont en train de radicaliser le mouvement partout", remarquait-on jeudi soir de source syndicale. Face à une majorité UMP et à un gouvernement divisés sur la question, les anti-CPE maintiennent leur logique unitaire. S’ils n’ont pas d’ici à lundi l’assurance de la mort du CPE, ils se disent toujours aussi déterminés à lancer une nouvelle mobilisation de l’ampleur de celles du 28 mars et du 4 avril.
Lors de leur réunion téléphonique, qui a duré deux heures vendredi matin, les douze organisations ont pu, pendant deux heures, "refaire un tour de table après les réunions avec les présidents des groupes parlementaires". "L’intersyndicale est plus unie que jamais et plus que jamais décidée à obtenir le retrait du CPE de manière à pouvoir entamer ensuite de vraies négociations" sur l’emploi des jeunes, a réaffirmé Jacky Dintinger, de la CFTC.
{{Les trois organisations patronales ont elles aussi fait savoir aux parlementaires qu’elles souhaitaient qu’une issue soit trouvée rapidement à la crise}}, qui dure depuis le 16 janvier. Même la confédération des petites et moyennes entreprises (CGPME), la seule à défendre véritablement le CPE, a laissé entendre qu’elle serait prête à des concessions sur le dossier. "Nous avons insisté sur le fait que les entreprises avaient quand même besoin de flexibilité mais que nous sommes conscients de la situation actuelle", a déclaré son président, Jean-François Roubaud.
Avec AFP et Reuters