C’est par hasard que je suis tombé sur un communiqué d’un certain “Comité national pour l’unification du mouvement communiste en France” daté du 28 février dernier. Il s’agit d’une entreprise d’agglomération de débris du PCF à la frange la plus sectaire du maoïsme, le communiqué annonçant l’exclusion de la Coordination communiste du Nord. Là où cela peut présenter un intérêt, c’est qu’on y lit clairement à quel point le maoïsme incarne le stalinisme revendiqué. En dénonçant le soutient donné par la Coordination du Nord aux listes PCF-LCR, le CNU écrit en effet:
“Cette déviation sérieuse des enseignements du marxisme-léninisme tend à minimiser les conséquences destructrices de la stratégie révisionniste-trotskiste synthétisée dans le rapport de Khrouchtchev au 20éme Congrès du PCUS, ligne de reniement des principes du bolchevisme de Lénine-Staline ; à présenter ainsi la ” perestroïka ” de Gorbatchev comme la seule responsable de la restauration capitaliste en URSS…”
Ah, si Khroutchtchev n’avait rien dit! Ce que les chinois ont saisi à l’époque comme prétexte à s’affranchir officiellement de l’impérialisme russe devient un demi-siècle plus tard le point essentiel d’explication du paradis perdu des fascistes rouges. Ce n’est pas le putch manqué contre Gorbatchev qui est la source de leur malheur, c’est qu’un brin de vérité ait enrayé en 1956 la mécanique du grand mensonge.
S.J.
Voir aussi:
- Le P.C.F. après le XX° Congrès, Alberto Maso dit Vega (1956)
- Etiemble commis-pélerin suppôt de Mao, Ngo Van (1959)
- Le point d’explosion de l’idéologie en Chine, G. Debord (1967)
- Le Maoïsme à travers le petit livre rouge, Nog Van (1971)
- Chine: la révolution bourgeoise a été faite, la révolution prolétarienne reste à faire, Programme communiste (1976)
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