PS: Il faut laisser les morts enterrer leurs morts

Denis Collin a posté dimanche sur son site La Sociale un article où il poursuit sa rupture désillusionnée avec la social-démocratie, fut-elle de gauche, récapitulant un siècle de trahisons (c’est donc que le problème n’était pas nouveau) et utilisant des images inhabituelles chez un auteur ayant son parcours.

Extrait:

Pourquoi sur le long terme, le seul mouvement de masse représentant les travailleurs (dans toute leur diversité) a-t-il été la social-démocratie ? Une explication est qu’elle est parfaitement représentative de la situation de l’ouvrier dominé socialement et politiquement et exploité économiquement, ce travailleur qui a perdu l’espoir d’être libre un jour et qui veut surtout desserrer le collier et allonger la chaîne mais a renoncé à courir où bon lui semble.

Collin estime que le PS est politiquement mort depuis le référendum de 2005. Mais qu’il faut “laisser les morts enterrer leurs morts”:

Au-delà du destin des appareils sociaux-démocrates - qui, étant devenus des rouages de la machine de domination capitaliste trouvent toujours de quoi se nourrir - il est nécessaire de mener une réflexion plus générale sur le destin du mouvement ouvrier.

Lire l’article: Réflexions sur le délabrement de la social-démocratie

Relire aussi:

et quelques billets sur la BS:

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Une réponse vers «PS: Il faut laisser les morts enterrer leurs morts»

  1. Denis Collin dit :

    Un petit mot. L’image que vous soulignez fait référence à la fable de La Fontaine, “Le loup et le chien”. Le mouvement ouvrier avait l’objectif de l’abolition du salariat, c’est-à-dire la suppression de la condition des ouvriers se faisant concurrence pour vendre leur force de travail au capitaliste. Parce que le salariat est la forme moderne de l’esclavage, que le contrat salarial est un contrat de soumission, l’objectif du communisme chez Marx est l’émancipation des travailleurs, rien de moins, et le retour à la propriété individuelle du travailleur sur la base des acquêts de la socialisation (voir Capital I). C’est tout cela qui est aujourd’hui oublié, refoulé, “scotomisé” dirait un psychanalyste et dont pour l’essentiel les courants qui se réclament du mouvement ouvrier ne parlent plus. Ils réclament un salariat amélioré, des “parcours professionnels sécurisés” … et rien d’autre. Ils proposent de limiter les ambitions des ouvriers à la guérilla incessante contre le capital.

    Je ne dis pas qu’il faut dédaigner les revendications immédiates en attendant le grand soir de la grève générale, selon les vieux mythes anarcho-syndicalistes. Mais si on oublie la perspective émancipatrice, il n’y a bientôt plus de lutte pour les revendications immédiates, chacun espérant s’en tirer par lui-même à meilleur compte que dans une incertaine confrontation avec un patron qui au final doit être éternel.

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