“Nous sommes dans une économie de marché, il faut l’admettre définitivement. ” M. Valls (08-2007)

Avec le silence complice de PRS (cf. l’article de La Sociale) et la prise de position tardive et décevante de Démocratie & socialisme (cf. ici)[*], on constate que les derniers noyaux de gauche au PS ont complètement capitulé devant la nouvelle déclaration de principes du PS. Seul Marc Dolez résiste désormais (cf. sa déclaration), comme il a souvent été le seul à résister ces dernières années.
La disparition de la gauche du PS quelques mois avant son congrès n’est que la disparition d’une caution trompeuse. Les salarié(e)s ont désormais besoin d’un nouveau parti qui défende leurs intérêts et uniquement les leurs, contre ceux d’une bourgeoisie conquérante; qui reprennent de véritables objectifs d’émancipation sociale, inconciliables avec l’organisation capitaliste de la société. Etre vraiment socialiste, c’est se référer par exemple à la déclaration de principes de 1905 et c’est surtout lutter au quotidien avec sa classe, non cotiser pour offrir une belle carrière à M. Valls et compagnie.
S.J.
* : D&S va jusqu’à écrire que “le projet de 2008 est plus avancé” qu’en 1990 et conclut par un circulez-y-a-rien-à-voir: “S’il y a urgence, elle n’est pas dans le débat sur cette déclaration de principes.”

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11 mai 2008 à 11:17 |
Effectivement, l’événement politique important au PS, c’est la disparition de la gauche. Après quelques roulements de mécanique, tout le monde à l’air de rentrer au bercail. Les élections municipales ont joué leur rôle dans cette affaire. Mais ce sont des transformations sur la longue durée qui se cristallisent et qui emportent comme fétus de paille les positions idéologiques des uns et des autres. La capitulation de Filoche et de DS n’est pas vraiment une surprise. Filoche ne croit que dans les appareils traditionnels. La vraie voie pour lui est là. Il pense comme ça depuis 40 ans et il ne va pas changer maintenant. Il avait prévu une victoire écrasante de Ségolène Royal car il pensait que face à la droite même une chèvre serait élue pourvu qu’elle ait l’étiquette PS. L’invalidation de ces pronostics ne change rien. Il a la foi du charbonnier. Pour PRS et Mélenchon, on mettra en relation son approbation de la déclaration de principe avec sa soudaine bienveillance à l’égard des “communistes chinois”: je mets des guillemets pour citer Mélenchon qui, lui, ne met jamais de guillemets, car il va de soi que pour lui les dirigeants de Pékin sont des communistes sans guillemets. PRS est un groupe non négligeable par son influence et son organisation. Mais il fonctionne sur la principe classique des trotskystes: un groupe, un chef et le chef a raison. Le goût de Mélenchon pour le bonapartisme de gauche latino-américain est plus un aveu de ses propres conceptions de la politique qu’autre chose.
Restent Dolez et quelques dizaines de militants qui le suivent. Dont une bonne partie sont soit déjà hors PS soit parfaitement marginaux. Donc, pour le destin de la social-démocratie française, la messe est dite! Si j’ose dire… Car le PS n’a jamais eu de base sociale militante et sa base sociale électorale très fluctuante s’est plutôt calée du côté de la classe moyenne supérieure – les municipales ne doivent pas tromper: c’est l’abstention de l’électorat populaire de droite qui fait la bascule à gauche, pas le fait que la “gauche” ait retrouvé sa “base ouvrière”. Ce que confirme à sa manière le tassement continu du PCF.
Mélenchon a longtemps agité l’hypothèse d’une Linkpartei à la française. cette hypothèse est maintenant obsolète. Le PCF n’est pas le PDS et ne veut pas se couper de la direction du PS et Dolez (avec toutes ses qualités) n’a pas le point de Lafontaine. A court terme, il n’y a plus rien de sérieux – je laisse de côté les mille et un groupes qui s’agitent en vain pour “recomposer”, “refonder”, “reconstruire” la gauche. Toutes les tentatives de rafistolage, de retour à Epinay en prenant la machine à remonter le temps, ne conduisent nulle part. Il faut tout remettre à plat: le langage, les analyses, les programmes. Réévaluer l’histoire et comprendre que la gauche est morte. Pour de bon.