Le luxemburgisme (Vidal, 1978)

by

Extrait de Conocer Rosa Luxemburgo y su obra (José María Vidal Villa, 1978) mis en ligne sur Marxismo libertario en avril dernier.

Mais, en marge du Komintern, même contre ce Komintern, et en dehors du cadre d’influence de la IVe internationale trotskyste, un mouvement s’est développé qui s’est réclamé de l’héritage de Rosa : les "luxemburgistes", qui sont davantage un courant de pensée qu’une organisation structurée. Le "luxemburgisme", né après la mort de son inspiratrice, n’a jamais pris corps dans des organisations stables. Il reste vivant comme attitude devant la lutte prolétarienne, comme expérience révolutionnaire des luttes des peuples, trouve inlassablement une nourriture dans l’œuvre de Rosa, y compris dans ses "erreurs", erreurs qui ne le sont réellement que dans une optique léniniste.

Le «luxemburgisme» n’est donc pas quelque chose de concret. L’œuvre de Rosa, elle, l’est. Elle nous a laissé sa condamnation magistrale du réformisme révisionniste, aujourd’hui encore valable pour tant de raisons au sein du mouvement ouvrier. Elle a légué à la postérité son œuvre Grève de masse, parti et syndicats, où la marche spontanée de la révolution est combinée avec l’action consciente de la classe et l’activité directe de son avant-garde. Rosa n’a pas été spontanéiste au sens qu’a pris aujourd’hui ce mot. Rosa a lucidement été capable de comprendre que la révolution est une nécessité historique et que son arrivée ne peut pas être autrement que spontanée. Mais elle n’a jamais nié le rôle de la conscience ni celui du parti, et bien au contraire, a en indiqué inlassablement la nécessité.

Mais pas la nécessité de n’importe quel parti. Pas un parti bureaucratisé, fonctionnarisé, réformiste et atteint de crétinisme parlementaire. Ce type de parti trahit les intérêts du prolétariat. Pas davantage un parti bureaucratique dominé par un comité central, sans démocratie interne, incapable de recueillir le torrent permanent de l’initiative des masses. Pas non plus, donc, un parti léniniste. Le Parti de Rosa est le nécessaire niveau de coordination et d’entente entre les travailleurs et d’autres militants conscients au cours de la lutte, pour la lutte, non pour la bureaucratisation et l’intervention parlementaire, ni non plus pour le putsch ou le soulèvement blanquiste.

Rosa nous a laissé la critique du Parti léniniste et sa tendance à la bureaucratisation. Elle nous a légué la critique du recours à la terreur après le triomphe de la révolution.

Voir aussi:

José María Vidal (1942-2002)

About these ads

Tags:


Suivre

Recevez les nouvelles publications par mail.

Rejoignez 439 autres abonnés

%d bloggers like this: