Ripostons à l’attaque mondiale du capitalisme contre les systèmes de retraite

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C’est en septembre 2010, que les grandes décisions vont intervenir pour de nouveau, nous faire travailler plus longtemps pendant que la jeunesse vit dans la précarité, sans pouvoir satisfaire à son indépendance économique. En France, 415 000 adultes logent encore chez leurs parents.

Bien qu’en France, notre système de retraite soit différent des autres et inversement, l’attaque du capital contre le « salaire différé » est bien mondiale. Elle correspond au retournement monétariste des années 1980, qui engendrera la dite mondialisation/globalisation et ses montagnes de dettes.

C’est dans ce contexte que la privatisation des systèmes de retraite a été menée d’abord au Chili (1981), puis au Pérou (1993), en Argentine et en Colombie (1994), en Uruguay (1995), au Costa Rica (1996) et au Mexique (1997). Les anciens systèmes de retraite par répartition ont été remplacés (totalement ou partiellement) par des fonds de pension privés.

A l’origine de ce retournement, on identifia, plusieurs causes : la récession économique, la crise de la dette, le surendettement des États, la corruption, la fuite des capitaux, l’effondrement de l’activité, le chômage, la faiblesse des rentrées fiscales et l’augmentation de la pauvreté.

Ces facteurs nous pouvons aujourd’hui les constater dans l’ UE; où l’on parle beaucoup des déficits publics, et même d’États (comme la Grèce) pouvant entrer en faillite. Mais lors de la crise argentine de 2001/2002, c’était déjà ce même problème qui se posait , celui d’hyper-endettement de toute l’ économie de la zone latino-américaine.

Pour rappel: fin novembre 2001 : le FMI décide de geler un prêt de 1,3 milliard de dollars à l’Argentine. Raison avancée : le gouvernement n’est pas parvenu à honorer l’engagement d’un déficit budgétaire zéro. Cette décision précipite une crise économique, politique et sociale d’une rare ampleur. En quelques semaines, le peso argentin s’effondre, des millions d’épargnants et de retraités se retrouvent sans rien, des manifestations, puis de véritables émeutes s’emparent de Buenos Aires, provoquant la chute de deux gouvernements successifs (celui d’Alfonso Rodriguez Saá ne dure que cinq jours). avec l’adoption d’un système de retraite par capitalisation, ce sont des millions de retraités qui allaient perdre leur épargne en 2001-2002.

Six ans après, le 7 novembre 2008, le gouvernement de Mme Cristina Fernandez de Krichner vote à une écrasante majorité du Parlement la nationalisation des retraites, et fait main basse sur les organismes privés de gestion de l’épargne-retraite, les Administradoras de Fondos de Jubilaciones y Pensiones (AFJP) qui géraient quelque 28 milliards de dollars. La rumeur dit que le gouvernement veut utiliser les fonds de l’AFJP pour faire face aux échéances de la dette extérieure de l’Argentine 40 milliards de US $.[1]

Notre propos ici n’est pas de choisir entre la capitalisation ou la répartition, c’est à dire une réforme au sein même du système capitaliste, ce que propose généralement le syndicalisme. Notre propos est essentiellement une critique globale du système capitaliste, menant à sa destruction et pas à son replâtrage. La seule préoccupation des gouvernements est d’enfermer les travailleurs, dans un système de dichotomie, pour qu’ils acceptent au final, calmement une des réformes de retraite.

Petit à petit, réforme après réforme les retraites sont rognées. Les luttes syndicales permettent seulement de gagner un peu de temps mais le rouleau compresseur avance inexorablement, prouvant que le système capitaliste est non seulement dans l’incapacité de produire des réformes positives; mais qu’il fait disparaître celles durement acquises.

Dans les pays de UE, c’est à qui avancera le plus vite, pour faire sauter toute référence d’âge pour prendre sa retraite et en reculer la date à coup de loi. L’Allemagne d’Angela Merckel veut reculer l’âge pour prendre sa retraite à 69 ans, l’Espagne du socialiste Zapatero passe de 65 ans à 67 ans, la Grèce est dans le même sillage…

En France, la réforme des retraites est sur le billot, cette fois le gouvernement Sarkosy/Fillon met le paquet, sondage d’ opinion, campagne d’ intox par le truchement de Sauvegarde Retraites, principalement contre les fonctionnaires.

G. Bad le 15 mai 2010.

Note:

[1] En réalité, celui-ci semble ferrailler sur plusieurs tableaux, les fonds de retraite, les excédents accumulés de la flambée des prix agricoles…Pour cela, le gouvernement a créé, en décembre 2009, un fonds bicentenaire pour la réduction de la dette et la stabilité. Au total, la présidente de l’Argentine a mis la main sur un trésor de 48 milliards de dollars qui devrait lui permettre de faire face aux échéances de la dette extérieure qui s’élèvent à 15 milliards de dollars en 2010.

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2 Réponses to “Ripostons à l’attaque mondiale du capitalisme contre les systèmes de retraite”

  1. Aubert Says:

    "principalement contre les fonctionnaires"?
    Formulation pour le moins maladroite.

    En France c’est ceux du "privé" qui furent attaqués les premier

  2. Mania Says:

    C’est de la démarche de sauvegarde retraites dont nous parlons, pour le reste nous savons bien que le privé fut attaqué en premier. Mais dans la réalité , comme le montre l’ article,l’ attaque est internationale et elle ne fait pas de distinction entre privé et public. Tout le monde y passe ou va y passer.

Les commentaires sont fermés.


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