Les comités de défense de la CNT espagnole dans les années 30

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Après un article dans le N° hors série du Monde libertaire sur la CNT (lui-même version française d’un article paru dans un N° spécial de Solidaridad Obrera en janvier 2010), Agustin Guillamon publie un livre en Espagne sur les comités de défense de la CNT à Barcelone dans les années trente.

Les comités de défense de la CNT espagnole étaient des groupes armés clandestins, financés par les syndicats, composés idéalement de six militants, chacun chargé de tâches très concrètes de repérages, chaque quartier des grandes villes devant avoir son comité. Créés peu après la proclamation de la République, ils peuvent être considérés " comme une réorganisation et une extension des groupes d’action et d’autodéfense armée des années du pistolerismo (1919-23)". Leur volontarisme insurrectionnel, et les échecs des actions de janvier et décembre 1933, les avaient rendus désarmés, avec leurs militants en prison, lors de l’insurrection d’octobre 1934. Le Comité national des comités de défense engageait dès lors une réflexion qui peut paraître étonnante pour des anarchistes: "Il n’y a pas de révolution sans préparation (…) Cette erreur, de la confiance dans l’instinct créateur des masses, nous a coûté très cher."

Tirant des leçons de l’insurrectionalisme tout en continuant un maillage organisationnel clandestin, les comités de défense contribuèrent à rendre la CNT opérationnelle lors de la révolution de juillet 1936 et à fournir des miliciens armés sur le front d’Aragon. Agustin Guillamon étudie dès lors l’évolution de ces comités et de leurs variantes et avatars, les milices populaires, les comités révolutionnaires de quartier et patrouilles de contrôle, jusqu’à leurs fins avec la militarisation des milices et l’échec des journées de mai 1937 à Barcelone. Malgré la répression de juin 1937, des comités survécurent clandestinement, publiant Alerta! d’octobre à décembre 1937 qui prônait la solidarité avec les prisonniers politiques, critiquait le collaborationnisme de la FAI et la main-mise des staliniens sur l’armée et l’État.

Le livre d’Agustin Guillamon, édité par une librairie barcelonaise, est de qualité, de format poche pratique et de typographie intelligente (taille et marges). Il est une contribution à la connaissance de la CNT et des forces révolutionnaires dans cette guerre d’Espagne si riche de leçons pour le mouvement ouvrier puisque qu’avant même la victoire militaire finale de Franco, le gouvernement républicain avait repris les conquêtes révolutionnaires de juillet 1936 et jeté en prison nombre de miliciens ouvriers de la première heure.

S.J.

Il est certes devenu très compliqué d’acheter des livres espagnols en France en raison de tarifs postaux prohibitifs (la seule plateforme commerciale en ligne qui le faisait a arrêté). Le plus simple est peut-être de demander un devis de frais de port en ligne sur le site de l’éditeur: http://aldarull.org/?cat=4 (leur mail est: libreria@acciocultural.org).

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3 Réponses to “Les comités de défense de la CNT espagnole dans les années 30”

  1. Aubert Says:

    Peut-on espérer une petite traduc et une édit. en français.

  2. Entrevista con Agustín Guillamón « La Bataille socialiste Says:

    [...] A l’occasion du 75ème anniversaire de la Révolution espagnole, notre ami et collaborateur Agustín Guillamón a été interviewé par le site alasbarricadas.org sur son dernier livre Los Comités de Defensa de la CNT en Barcelona (1933-1938). [...]

  3. Les Comités de défense de la CNT (A. Guillamon) « La Bataille socialiste Says:

    [...] de la présentation du livre “Les comités de défense de la CNT à Barcelone (1933-1938)“, réalisée le 3 décembre 2011, Salle du Sénéchal à [...]

Les commentaires sont fermés.


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