Rapport du Parti socialiste du Canada au Congrès international de Stuttgart (août 1907)

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Le « Dominion » du Canada comprend un territoire presque aussi grand que l’Europe, situé entre l’Atlantique et le Pacifique. Sur cette énorme étendue est disséminée une population n’excédant pas 6 millions d’habitants. Cette situation rend le travail de propagande et d’organisation extrêmement coûteux et difficile, mais malgré cela, il y a des groupes socialistes dans chaque partie de la contrée. Avant le premier janvier 1905, ces groupes étaient indépendants et sans importance, excepté ceux de la Colombie Britannique, qui formaient une forte organisation provinciale et avaient déjà assuré la représentation parlementaire. Qu’on se rappelle le résultat de l’élection provinciale dans le courant de 1903, où fut élu triomphalement le citoyen J.H. Hawthornthwaite dans le district de Nanaimo et de Parker Williams dans le district de Newcastle. A quelques voix près, Ernst Mills sortit aussi triomphant à Greenwood et il y a plus d’un soupçon pour justifier la supposition que sa défaite a été due tout simplement à la fraude. De bons résultats furent obtenus dans d’autres districts où les candidats ont échoué.

Aux élections générales de 1904, cinq candidats furent présentés et quoique aucun d’eux ne fut élu, on constata un grand progrès.

A la fin de 1904 fut tenu un congrès, où le parti décida de s’organiser dans le reste du pays et l’on créa le Parti socialiste du Canada. Depuis lors, des progrès considérables ont été réalisés, et plus spécialement cette dernière année, dans la Colombie britannique. La cause du progrès rapide du mouvement socialiste est le fait, que, grâce à la nature de la contrée, les industries principales ne sont pas agricoles comme celles des autres provinces. On y rencontre des mines, des hauts fourneaux, des entreprises de construction, de pêche, et d’autres industries fortement capitalisées. C’est pourquoi la grande majorité de la population est composée de prolétaires.

Aux élections provinciales de la Colombie Britannique, en février 1907, le parti présenta environ 20 candidats et il envoya trois membres au parlement de cet État : les camarades J. H. Hawthornthwaite de Nanaimo, Parker Williams de Newcastle et John Me Innis de Grand-York. Dans d’autres cas, le parti ut battu à une petite minorité tout en recueillant un grand nombre de voix, tandis que le résultat général accusa un grand progrès pour le parti, tant au point de vue du nombre que de la qualité des votes.

Une activité considérable a été déployée dans toute l’étendue du « dominion » de Colombia, quoique l’organisation soit grandement entravée par l’étendue du territoire et le manque de fonds. Des organisations locales sont maintenant répandues sur tout le territoire, depuis le territoire de Yukon jusqu’à Newfoundland, et il ne manque pas de signes d’un réveil général qui n’exige qu’un peu de tournées d’organisation pour éveiller l’activité agressive. Le district de Toronto, la partie la plus active en dehors de la Colombie Britannique, a fait de très bons progrès aux récentes élections municipales. Notre candidat pour la place de maire obtint 8200 voix, et faillit atteindre le chiffre du candidat triomphant.

Le mouvement syndical est très actif dans tous les grands centres ouvriers, mais les membres ne sont pas particulièrement sympathiques au socialisme et paraissent disposés à former un Parti Ouvrier à la manière britannique. Ceci n’est pas le cas pour les organisations des mineurs, qui sont profondément socialistes.

Les agriculteurs, propriétaires nominaux de leur tenure, qui constituent la masse de la population du dominion, sont réduits actuellement, par l’action des grandes corporations, à une condition aussi mauvaise que celle du prolétariat de la ville. Ils ont commencé par reconnaître où sont leurs intérêts et de nombreux groupes locaux du parti ont été formés dans les districts de la campagne.

Il n’y a qu’un journal socialiste dans le dominion du Canada, The Western Clarion, publié hebdomadairement à Vancouver, en Colombie Britannique. Ce journal est l’organe du parti et est dirigé par le camarade E. T. Kingsley. Il a largement contribué à donner au mouvement prolétarien du pays, ayant conscience de ses intérêts de classe, une attitude révolutionnaire claire et franche.

Le Canada est en communauté d’idées avec le mouvement universel et il n’entend pas faire défaut dans la lutte internationale contre le capitalisme. Nos travailleurs sont aussi forts de cœur et d’intelligence que n’importe quel autre groupe dans la bataille pour la réalisation du socialisme.

J. G. Morgan, Secrétaire du Comité Exécutif National du Parti Socialiste du Canada.

Voir aussi:

wc

Une plus tardive du Western Clarion

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