Archives d’Auteur

Craintes pour la vie du syndicaliste iranien emprisonné Mohammad Jarahi

24 mars 2013

mohammad-jarahi

Il y a des craintes croissantes pour la vie du militant syndical emprisonné Mohammad Jarahi, connu pour être atteint d’un cancer de la thyroïde. Jarahi, qui est membre du Comité de Coordination pour Aider à la Formation d’Organisations de travailleurs, a été arrêté en juin et condamné à cinq ans de prison. Il est maintenant dans la deuxième année de sa peine.

Jarahi subi une intervention chirurgicale le 16 février de cette année. Les résultats des tests suite à l’opération montrent qu’il a un cancer thyroïdien. Selon ses médecins, Jarahi devrait commencer son traitement dès que possible. Malgré les efforts de sa famille pour qu’il ait immédiatement un traitement médical hors de la prison, Jarahi continue d’être emprisonné.

Mohammad Jarahi est en prison uniquement pour ses activités syndicales. Il ne devrait pas être en prison, il devrait être en mesure de recevoir des soins médicaux d’urgence et un traitement hors de la prison.

Free Them Now! appelle à la libération immédiate et inconditionnelle de Mohammad Jarahi.

Maryam Namazie.

Les Prétendues Scissions dans l’Internationale (1872)

23 mars 2013

Notre saisie de cet important inédit sur le web s’étant étalée en 2011 et 2012 en 3 parties, nous republions l’ensemble du document en un seul fichier pdf de 26 pages:

pretendues-scissions

Cliquer sur l’image pour ouvrir le pdf

Décalogue du milicien (POUM, 1936)

16 mars 2013

Extrait de Le POUM sur le front de Huesca et dans la défense de Madrid. (en espagnol: http://www.fundanin.org/labatalla1121936.htm). Publié dans La Batalla, 22 Septembre 1936. Merci au CATS.

Milices Antifascistes du POUM
Décalogue du Milicien

1. Le milicien devra à tout moment être persuadé que la cause qu’il défend est celle du prolétariat, et restera donc toujours prêt à offrir son sang et sa vie pour cette cause.

2. La correction sera la norme pour le Milicien dans ses relations avec les camarades, et l’obéissance envers ses supérieurs, sans que cette subordination implique en aucune façon une reconnaissance de vassalité, mais simplement un esprit de coopération afin de faciliter la tâche de commandement, afin de veiller à ce que les obligations qui doivent être accomplies par tous le soient avec la plus grande célérité et de l’efficacité.

3. Il tiendra propre sa personne, afin d’éviter la propagation des maladies et des parasites.

4. Il prendra soin des vêtements et les effets personnels qui lui sont confiés, sans oublier que le gaspillage de ceux-ci, outre lui procurer de l’ inconfort pendant le temps qu’il ne peut pas être réapprovisionné, diminue l’approvisionnement du parti.

5. Il tachera de s’instruire, et à mesure qu’il parvient, il tachera également de transmettre son savoir aux camarades et aux citoyens qui ont une culture inférieure à la sienne.

6. Il aidera le désemparé en toute circonstance et aura les plus hautes considérations envers les personnes âgées et les enfants.

7. En campagne, il obéira aveuglément à celui qui commande, quelle que soit sa catégorie et quels que soient les ordres transmis: de la précipitation dans la prise d’un objectif peut entraîner des pertes sans fin dans nos rangs, et finalement, la perte de cet objectif. Il ne faut pas oublier que le commandement A TOUT ÉTUDIÉ et personne ne doit prendre d’initiative en risquant sa vie, parce que celle-ci appartient entièrement à la cause.

8. Il supportera avec fermeté toute adversité qui découle de la campagne, car il doit se souvenir à tout moment que structurer un nouvel ordre social n’est pas une tâche brève ni facile.

9. Il gardera scrupuleusement les consignes que lui soient données quand il est en service et il veillera à ce qu’elles soient respectées par tous.

10. Il ne sera pas LÂCHE : La mort n’est pas horrible : ce qui est horrible c’est de vivre en portant sur soi le stigmate de la lâcheté démontrée. Donner la vie pour la cause de la libération de l’Humanité doit être l’aspiration de tout milicien.

POUM (6)

Le POUM sur le front de Huesca et dans la défense de Madrid

16 mars 2013

Traduction par le C.A.T.S. de Caen de deux textes sur la participation armée du POUM à la guerre civile espagnole: Le POUM sur le Front de Huesca (Pello Erdoziain, 2008) et Le POUM dans la défense de Madrid (Antonio Rodríguez, 1965), suivis d’une traduction du « Décalogue du Milicien du POUM » (1936).

poum-huesca-madrid

Cliquer sur l’image pour ouvrir le pdf externe

Extrait:

Les origines des milices du POUM étaient les GABOC : groupes d’action directe du BOC (Bloc Ouvrier et Paysan), dont les membres appartenaient à leurs Jeunesses. Ils étaient engagés dans la défense des meetings du BOC et par la suite du POUM. Ils défendaient les affichages, portaient des uniformes, effectuaient des exercices militaires et le tir périodiquement. Des rangs des GABOCS ont émergé les chefs militaires des « Centuries » des milices du POUM, lesquels étaient des dirigeants de la JCI. Les « Centuries » de miliciens du POUM se convertirent ensuite en « bataillons ».
Josep Rovira organisa les forces militaires du POUM sur le front d’Aragon. Il était responsable des Groupes d’Action du POUM. Il avait appartenu à Estat Catalá  et avait participé, avec Francesc Macia, au projet d’invasion de la Catalogne en 1926, depuis Prats de Mollo, en Catalogne Nord.

Les milices du POUM n’étaient pas une armée démocratique, même si une grande discussion politique se développait dans leurs rangs, et ses membres montraient une très grande discipline à l’entrée de combat. Avec un engagement politique très fort et des discussions de haut niveau, elles étaient le germe d’une armée révolutionnaire.
Ces milices ont été pionnières, également, dans la participation des femmes dans le combat militaire et, bien que elles étaient peu nombreuses, leur travail ne se limitait pas à des tâches auxiliaires. Les Milices du POUM seraient les plus avancées politiquement de toutes celles qui menaient des combats sur le front de Huesca.
Dans les milices du POUM (Division Lénine, plus tard la 29ème Division), il y avait 600 volontaires étrangerEs, dont la moitié, les plus remarquables, étaient des AllemandEs. Les volontaires allemandEs étaient des alliéEs politiques du POUM qui étaient venuEs se battre après avoir fui les naziEs. Ils/elles étaient les meilleurs soldats et composaient le Bataillon de Choc. Il y avait aussi des volontaires italienNEs, françaisEs et Britanniques (trente). Les milices du POUM ont atteint jusqu’à vingt-six nationalités différentes.

The Alternative to Capitalism (Buick & Crump, 1987)

13 mars 2013

La brochure d’Adam Buick et John Crump a été mis en ligne par le site Libcom:

Cliquer sur l’image pour ouvrir le pdf externe

Traduction du 4ème de couverture que nous avions réalisée en 2011:

Le capitalisme est une économie d’échange dans laquelle la plupart des richesses, des biens de consommation courants aux vastes infrastructures industrielles et autres biens de production, prend la forme de marchandises, ou d’éléments de la richesse qui ont été produits en vue d’être vendus sur un marché.

Bien que les États soient intervenus dans le capitalisme depuis qu’il est né, dans la mesure où le but était simplement d’interférer avec le fonctionnement des forces du marché mondial, leur intervention était seulement au niveau de la division, non de la production, de la plus-value. Toutefois, au cours des 100 dernières années, il y a eu une nette tendance dans le capitalisme pour que les États aillent au-delà d’essayer simplement de fausser le marché mondial, et qu’ils s’impliquent eux-mêmes dans la production réelle de richesses par l’établissement et l’exploitation d’entreprises d’Etat.

Si le capitalisme d’Etat n’est pas le socialisme, qu’est-ce que c’est? En d’autres termes, si la propriété étatique et la gestion de la production n’amènent pas à l’abolition du capitalisme, mais seulement à un changement dans le cadre institutionnel dans lequel il opère, quelles seraient les caractéristiques essentielles d’une société dans laquelle le capitalisme serait aboli?

Voir aussi:

Iran: Cinq militants ouvriers arrêtés

12 mars 2013

Le jeudi 7 mars à 6 heures du matin, cinq militants ouvriers et membres du « Comité de Coordination pour Aider à la Formation d’Organisations Ouvrières » ont été arrêtés par les agents du ministère des renseignements dans la ville de Sanandaj.

Les militants arrêtés le 7 mars sont : Wafa Ghaderi, un célèbre militant ouvrier, Khaled Husseini, Behzad Farajolahi, Hamed Mahmoud Nejad et Ali Azadi.

Le Comité de Coordination pour Aider à la Formation d’Organisations Ouvrières appelle toutes les organisations ouvrières,  de défense des droits humains et les particuliers à exprimer leur forte condamnation de cette attaque contre les organisations ouvrières et les militants en Iran et à demander la libération immédiate et sans condition de toutes les personnes arrêtées.

Coordinating Committee to Help Form workers’ organisation (http://www.khamahangy.com. komite.hamahangi@gmail.com)

a18a

On Thursday 7th of March 2013 at 6 in the morning, about 5 worker activists and members of “Coordinating Committee to Help Form workers’ organisation” were arrested by the agent of intelligence ministry in city of Sanandaj.

The worker activists arrested on March 7th included: Wafa Ghaderi a well known worker activist, khaled Husseini, Behzad Farajolahi, Hamed MahmoudNejad and Ali Azadi.

“Coordinating Committee to Help Form workers’ organisation” is calling on all labour and human rights organisations and concerned individuals to express their strong condemnation for this attack on labour organisations and activists in Iran and demand the immediate and unconditional release of all detainees.

Critique sociale N°25

10 mars 2013

Le numéro 25 de Critique Sociale (mars 2013) est disponible au format PDF.

Au sommaire :

- Actualité :

- Histoire et théorie :

critique25prov_Page_1

Pour recevoir chaque numéro de Critique Sociale en PDF, envoyez un mail à : critiquesociale-subscribe@yahoogroupes.fr

http://www.critique-sociale.info/

3 communiqués sur la mort de Chávez

7 mars 2013

En pleine vague de chavezolâtrie en France, nous reproduisons les textes suivants:

espi

Image publiée en septembre 2011 dans le journal vénézuelien (pro-Chavez) Correo del Orinoco.

1.Réaction d’Alternative libertaire:

Chavez, fin d’un caudillo

Le président du Venezuela est mort, la gauche latino-américaine et européenne pleure son modèle, celui qui prétendait réaliser un « socialisme du XXIe siècle » et qui, en réalité, a surtout cherché à bâtir un capitalisme national, main dans la main avec un patronat patriote. S’il a mis la rente pétrolière au service des programmes sociaux, le régime chaviste a, pour le reste, toujours étranglé toute voix dissidente sur sa gauche, toute manifestation d’un mouvement social autonome. Chavez était un caudillo, dans la tradition latino-américaine : un leader charismatique porté par les masses. C’est l’occasion de relire ce qu’Alternative libertaire a écrit à son sujet :

- « Venezuela : Les deux visages du chavisme », dans les pages International de janvier 2007.
- « 1992 : Chávez, du putschiste au caudillo », les pages Histoire de février 2012.

2. La traduction du communiqué d’El Libertario par l’OCL:

Ni en deuil, ni en fête ! L’heure de l’autonomie des luttes sociales est arrivée !

Lorsque s’additionnent une très grave maladie, des soins médicaux conditionnés par des décisions politiques à courte vue, et un patient halluciné par le pouvoir, seule une telle fin était attendue : le chef est mort, et alors, nous nous retrouvons avec un changement substantiel sur la scène politique vénézuélienne.

En un instant, ce qui fut la plus grande force du régime est devenu sa principale faiblesse : Chávez était tout et, s’il n’est plus là, il ne reste plus qu’à conjurer la fidélité absolue à sa mémoire avec l’obéissance à ses dispositions successorales ; ce qui met en évidence la faiblesse d’un gouvernement qui a cherché à renforcer son caractère prétendument « socialiste et populaire » avec la pratique d’un grotesque culte de la personnalité, devenue désormais l’invocation vide de son âme. Le défunt lui-même est le principal responsable de ce dénouement. Le secret qui a entouré sa maladie a été actionné par les mêmes ressorts de la centralisation extrême du pouvoir, ce qui, par manque de cohérence idéologique interne, laisse ses disciples se débrouiller entre eux pour l’héritage du commandement, avec un clair avantage pour les hauts bureaucrates ‟rojo-rojitos” [rouges foncés] et la caste militaire, dans des tâches de négociation afin de s’assurer l’impunité pour leur corruption.

Quant à l’opposition de droite et social-démocrate, la nouvelle situation les trouve sans qu’elle ait surmonté les défaites des élections présidentielle du 7-O [7 octobre] et régionales du 16-D [16 décembre], élections dans lesquelles ils s’étaient engagés avec des illusions gigantesques et avec l’offre d’un « populisme de riches », promettant aux électeurs de maintenir et d’être efficaces dans l’usage des instruments clientélistes qui ont tant profité à Chávez. Maintenant, cette opposition accommodante veut croire qu’une métastase fortuite a enfin placé à sa portée son ascension à ce pouvoir politique duquel ses ambitions et ses erreurs, sa paresse et son incompétence les avaient tenus éloignés depuis de nombreuses années, un pouvoir qu’ils exerceraient avec une bêtise et une ardeur prédatrice similaires à celles que la bobibourgeoisie chaviste [bourgeoisie bolivarienne] a pratiqué.

Face à ce tableau de calculs mesquins et opportunistes, où s’équivalent le Gran Polo Patriótico et l’opposition de la Mesa de Unidad Democrática, nous avons la grave situation du pays : inflation galopante, chômage en hausse et précarité des emplois, dévaluation de la monnaie, terrible insécurité des personnes, crise dans les services de l’eau et de l’électricité, de l’éducation et de la santé des sols, manque de logement, travaux publics obsolètes ou dans une mise en œuvre précipitée, aides uniquement démagogiques pour les carences extrêmes des plus nécessiteux, et une longue liste qui n’en est pas moins désastreuse.

Ces problèmes ne sont pas la préoccupation centrale des deux camps en lice pour la Silla de Miraflores [siège de la présidence] et pour le butin pétrolier. Pour cette raison, notre réponse collective doit ignorer leur chantage qui exige de nous un soutien électoral en échange de solutions qui n’arrivent jamais ou qui sont ridiculement incomplètes.

C’est le moment de déborder ces directions politiques pourries et de construire, d’en bas, une véritable démocratie, avec égalité, justice sociale et liberté. Nous devons renforcer l’indignation généralisée par la situation dont nous souffrons, la transformer en luttes sociales autonomes, prolongées et autogérées, disant clairement aux politiciens du pouvoir que nous n’avons pas besoin d’eux comme intermédiaires ou comme puissants nous octroyant ce que nous, d’en bas et unis, pouvons récolter, sans « mains blanches » ni « bérets rouges ».

Le collectif éditeur de El Libertario / / ellibertario@nodo50.org

www.nodo50.org/ellibertariowww.periodicoellibertario.blogspot.com

3. Communiqué de l’Initiative communiste-ouvrière:

Venezuela : La mort d’un chef d’Etat bourgeois

Il n’est pas dans les habitudes de l’Initiative Communiste-Ouvrière de commenter les décès des "grands de ce monde". Mais avec la mort d’Hugo Chavez, de nombreux groupes, partis et organisations de la gauche radicale ou même de l’extrême-gauche multiplient les communiqués pour saluer « le révolutionnaires », et au mieux, lorsque des critiques sont formulées comme son soutien aux dictatures de Libye, de Syrie ou d’Iran, elles sont faites comme si le président vénézuélien avait été « un camarade avec qui on avait des divergences ».

Non, Hugo Chavez n’était pas de notre camp, celui des travailleurs. La base de son opposition aux Etats-Unis, qui plait tant à la gauche anti-impérialiste, était celle du nationalisme, c’est-à-dire une opposition verbale à des dirigeants de multinationales américaines pour mieux défendre les intérêts de la bourgeoisie nationale vénézuélienne. Au-delà des discours populistes et anti-impérialistes, l’Etat géré par Hugo Chavez a toujours su s’en prendre avec violences aux militants ouvriers et en particulier à ceux qui luttent pour des syndicats indépendants de l’appareil d’Etat et du patronat. Comme dans les autres pays du monde, l’appareil d’Etat au Venezuela, dirigé par Chavez, est toujours resté un instrument de la bourgeoisie tourné avant tout contre la classe ouvrière.

Pour nous, travailleuses et travailleurs, il n’y a pas de larmes à verser sur la mort d’un chef d’Etat bourgeois, que ce soit en Europe, en Amérique Latine ou ailleurs. Nous avons déjà bien assez de larmes à verser pour celles et ceux de notre classe qui meurent chaque jour sous les coups de la répression ou brisés par l’oppression quotidienne de l’exploitation capitaliste.

Voir aussi:

Rafael Uzcátegui

Livre de Rafael Uzcátegui publié en français par Spartacus

Assassinat de Sabino Romero au Venezuela

4 mars 2013

En plein procès contre deux associations ayant défendu les indiens yukpa contre les propriétaires fonciers, le chef yukpa Sabino Romero a été assassiné hier soir 3 mars par des hommes armés. En 2012, des indiens Yukpa avaient déjà été assassinés par des tueurs à gages. En 2009, c’est le père de Sabino Romero qui avait été aussi assassiné.

El Libertario salue dans son communiqué la mémoire de celui qui « rejoint la liste des militants tués sous le gouvernement bolivarien pour défendre leurs droits, comme Michael Martinez, Luis Hernandez, Richard Gallardo et Carlos Requena ». Pour le journal trotskyste Opción Obrera, « l’Etat est complice ». Le Parti Socialisme et Liberté considère que les commanditaires sont parmi les intérêts miniers dans la région, mais que l’Etat porte une responsabilité politique en raison de l’impunité ayant accompagné les derniers crimes.

Cacique-Sabino-romero

En anglais, lire:

La "disparition" de Landau et la grève de la faim de sa femme (1937)

4 mars 2013

Paru dans La Révolution prolétarienne N° 259 (25 novembre 1937).

Les assassins du Guépéou en Espagne
La "disparition" de Landau
et la grève de la faim de sa femme

La plupart des lecteurs de la R. P. connaissent sans doute de nom Kurt Landau, camarade autrichien communiste-oppositionnel, qui, après la défaite de Vienne, vint se réfugier en France, et y publia, sous le pseudonyme de Bertram Wolf, une brochure sur la guerre civile en Autriche, dont Giauffret rendit compte à l’époque.

Au début de la guerre d’Espagne, Landau alla à Barcelone se mettre à la disposition du POUM.

Aujourd’hui, comme Nin, comme tant d’autres, Landau. a disparu. Des sbires du Guépéou, camouflés officiellement en policiers espagnols, sont venus, sous prétexte de l’arrêter, l’enlever de la petite maison des environs de Barcelone, où il habitait. Depuis lors, aucune nouvelle. La police efficielle nie l’avoir arrêté, et le Guépéou, bien entendu, se tient coi.

Sa femme, qui avait été emprisonnée dès juin dernier, en même temps que Nin, Gorkin, etc. et qui, depuis lors, n’a été ni interrogée, ni inculpée de quoi que ce soit, a décidé de faire la grève de la faim.

Voici la lettre qu’elle a adressée au ministre de l’Intérieur de Catalogne, au chef supérieur de la police et au gouvernement de Valence :

1) Mon mari fut détenu par deux hommes qui se disaient agents de police. J’exige de la police de faire les recherches nécessaires pour savoir où il se trouve actuellement.

2) Je demande à la police de me faire savoir si, le 17 juin, j’ai été détenue en tant qu’otage pour mon mari. Si c’est le cas, je demande ma mise en liberté immédiate vu le fait qu’une détention ultérieure ne serait plus justifiée.

3) Pour le cas où je ne suis pas détenue en tant qu’otage, je demande qu’après 4 mois de détention (dont 10 jours dans le « grupo de informacion », 9 semaines dans la « Delegacion de l’Estado » et plus de 50 jours dans la prison de femmes) il y ait une accusation formelle et mon interrogatoire immédiat.

Dans le cas où je ne recevrai pas de réponse dans le délai de 8 jours, je me verrai obligée de déclarer la grève de faim. Je compte sur l’appui moral de mes camarades détenues comme moi depuis 4 mois sans accusation ni 4 interrogatoire. J’ai réussi à les convaincre de s’abstenir, pour le moment, d’une grève de solidarité.

JULIA LANDAU
Carcel de mujeres
Las Corts — Barcelona.

Cette lettre étant restée sans réponse, la camarade Julia Landau a commencé la grève de la faim le 10 novembre.

landau-rp


Suivre

Recevez les nouvelles publications par mail.

Joignez-vous à 122 followers