Brizon (1878-1923)

Pierre Brizon

extrait d’une note de lecture de Pierre Brizon, pacifiste, député socialiste de l’Allier, pèlerin de Kienthal par Pierre Roy:

Le 16 mai 1878 à Franchesse (Allier), village du Bourbonnais, naît Pierre Brizon dans une très modeste famille d’agriculteurs. Élève surdoué, il devient professeur de l’enseignement supérieur.

Libre-penseur,  » actif pacifiste internationaliste « , enseignant à la retraite, Pierre Roy, d’une plume sympathique et chaleureuse, évoque l’existence d’un homme que son compatriote Émile Guillaumin, écrivain rural et appliqué, décrit ainsi :  » C’était un homme d’assez belle prestance, très bien de poil, peu halée, sourire énigmatique, voix de nez caverneuse, plutôt désagréable. Point timide, la parole abondante, il se laissait tout de suite aller à son tempérament d’orateur de réunion publique, utilisant les gros effets faciles.  » En cette fin d’été 1910, Pierre Brizon est, depuis le mois d’avril, député de l’Allier.

Au début de sa carrière, l’enseignant est trimbalé de poste en poste car il soutient les luttes ouvrières, rédige avec vigueur des articles dans les feuilles socialistes. Pour avoir exalté, en 1905, les marins du Potemkine, il reçoit une lettre de Bienvenu Martin, ministre de l’Instruction publique dans le gouvernement de Maurice Rouvier, qui succède à Émile Combes. Martin lui reproche de n’avoir pas eu  » la réserve de langage  » imposée aux fonctionnaires (surtout quand ils sont enseignants). Dans le même temps, il rédige une copieuse Histoire du travail et des travailleurs.

À la tribune du Palais-Bourbon, il demande  » des retraites pour les travailleurs, la nationalisation des assurances, des mines, des chemins de fer et l’impôt progressif sur les successions et les revenus « . Brizon souhaite  » la réunion du capital et du travail dans les mêmes mains par la socialisation des moyens de production et d’échange des grands domaines, grandes usines, grands magasins, mines, chemins de fer « . La droite trépigne et les radicaux s’étouffent en entendant ces justes revendications.

Réélu en 1914, il dénonce, rapidement,  » l’union sacrée  » où s’enfonce le Parti socialiste. Il adhère au Comité pour la reprise des relations internationales, participe, au printemps 1916, avec Alexandre Blanc et Raffin-Dugens à la Conférence socialiste internationale de Kienthal (Suisse). Favorable à la paix immédiate, Brizon saisit toutes les occasions pour s’opposer aux délires bellicistes. Il bénéficie, même, d’une expulsion temporaire de la Chambre des députés.

Battu en 1919, il ne participe pas au congrès de Tours qui voit la naissance du Parti communiste. Il y adhère, mais son exclusion est prononcée en octobre 1922.

Homme de presse, il lance en janvier 1918 la Vague, puis, après avoir dû l’abandonner, il publie le Bloc des rouges. Il s’éteint le 1er août 1923,  » à l’aube d’un nouvel âge du mouvement ouvrier dont il avait été, en quelque sorte, un précurseur  » selon J. Raymond et G. Rougeron, coauteur de sa notice dans le tome 20 du Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier.

Pierre Ysmal, L’Humanité du 3 juin 2004

LIVRES:

  • L’Eglise et la Révolution française des Cahiers de 1789 au Concordat (1904)
  • Histoire du travail et des travailleurs (1907, rééd° 1926)
  • L’apprentissage, hier, aujourd’hui, demain (1909)
  • La Coopération (volume de l’Encyclopédie socialiste, 1913)
  • La vérité sur les 3 ans et les secrets du militarisme (1913)
  • La grande trahison (1919)

Voir aussi:

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