Dommanget (1888-1976)
Maurice Dommanget

Instituteur syndicaliste en Picardie jusqu’à sa retraite en 1945, historien du mouvement ouvrier. Signataire du Manifeste des instituteurs syndiqués en 1912, il fonde le premier syndicat de l’enseignement de l’Oise en 1914. Il est secrétaire général de la fédération unitaire de l’enseignement (CGTU) d’août 1926 à 1928. Adhèrant au PCF en décembre 1920, il quitte ce parti en 1930, participe alors à l’Opposition Unitaire au sein de la CGTU et restera fidèle à la tendance syndicaliste-révolutionnaire l’Ecole émancipée qu’il contribue à reconstituer en 1944. Spécialiste de Babeuf et de Blanqui, il publie une cinquantaine d’ouvrages. À son décès, il lègue ses archives à l’Institut français d’histoire sociale, à Paris.
TEXTES:
- Blanquisme et marxisme (1924)
- L’enfance sous la Commune (1928)
- Intervention au Congrès de la Fédération autonome des fonctionnaires (1933)
- De la Marseillaise à l’Internationale (1938)
- Història del 1° de mayo (1953)
pdf
LIVRES:
- L’Histoire du drapeau rouge
- Les Grands Socialistes et l’éducation
- Le Curé Meslier
- Saint Just
- Blanqui
- Histoire du Premier Mai [cf. note de lecture par P. Souyri, 1967]
- La Jacquerie
- Babeuf et la conjuration des égaux
- L’Introduction du marxisme en France
- Sylvain Maréchal : l’égalitaire, l’homme sans dieu
|
|
|
|
|
|
|
|
![]() |
![]() |















































Avec flux RSS:










Journées de juin 1848
Manifeste du Parti communiste (1848)
Karl Marx
Congrès de Genève de l'A.I.T. (1866)
Commune de Paris
Programme du Parti ouvrier
Réunion annuelle des Communards au cimetière du Père Lachaise (Ilia Répin, 1883)
Haymarket Square (Chicago, 1886)
1° mai à Fourmies
Grève des verriers à Carmaux (1895)
Carte du Socialist Labor Party de l'écrivain Jack London (1896)
La grève au Creusot (Adler, 1899)
Grève de Montceau-les-Mines (1901)
Congrès d'Amsterdam (1904)
Daniel De Leon
..."Le parti socialiste est un parti de classe qui a pour but de socialiser les moyens de production et d’échange, c’est-à-dire de transformer la société capitaliste en une société collectiviste ou communiste, et pour moyen l’organisation économique et politique du prolétariat. Par son but, par son idéal, par les moyens qu’il emploie, le parti socialiste, tout en poursuivant la réalisation des réformes immédiates revendiquées par la classe ouvrière, n’est pas un parti de réforme, mais un parti de lutte de classe et de révolution."
Conférence du SPGB (1905)
Usine Michelin à Clermont-Ferrand (1905)
Grèves du Nord (1906)
Facteurs révoqués pour avoir fait grève (avril 1906)
Conférence aux grévistes, bois de Monteuil (1° mai 1906)
Rosa Luxemburg (1907)
Grève de Fougères (1907)
Guesde et Bracke sortant du congrès de Nancy (août 1907)
Mutins du 17° à Béziers (1907)
Grève des dockers à Nantes (1907)
Rosa Luxemburg parmi les enseignants de l'école du SPD (1907)
Grèves de Draveil-Vigneux (1908)
Grève de mineurs en Angleterre (1908)
Grève à Saint Ouen (Delance, 1908)
Rosa Luxemburg (vers 1908)
Grève à Mazamet (1909)
Grève des boutonniers de Méru (1909)

Ouvriers du bâtiment en grève face à la troupe (Paris, 1911)
Comité de grève du bâtiment (1911)
Grève des transports de Liverpool (1911)

Grève de Passaic (USA, 1912)
Ledebour à un meeting contre la guerre (Berlin, octobre 1912)
La Maison des Fédérations de la CGT en 1913
Almanach SFIO en 1913
Grève des boulangers (1913)
Brochure de Jean Longuet (1913)
Petit-Pierre sera socialiste, livre illustré de vulgarisation (1913)

Massacre des mineurs grévistes de Ludlow (Colorado, avril 1914)

Révolution russe (1917)
Grève des "midinettes" (Paris, mai 1917)
Manifestation du Parti socialiste du Canada contre la conscription (Montréal, 30 mai 1917)


Soviet de Petrograd (1917)
Karl Liebknecht (Berlin, novembre 1918)
Librairie du Travail
Édition écossaise de K. Liebknecht (1918)
Occupation des locaux du Vorwärts par les spartakistes (Berlin, janvier 1919)
Barricade spartakiste (1919)
Inhumation de Rosa Luxemburg, dont le corps est retrouvé dans le canal Landwehr (13 juin 1919)

Réunion de la Vie ouvrière (1920)
Monatte, Souvarine et Loriot au procès pour "complot" des leaders du Comité de la III° Internationale (1921).
Brochure de Marthe Bigot

Le Populaire (29 juillet 1922)
Grève des sardinières de Douarnenez (1924)
Premier numéro de la
Grève à Durham (Angleterre, 1926)
Carte de la Fédération unitaire de l'enseignement, CGTU (1926)
Souvarine en 1926
Grève "des 10 sous" à Armentières (1928)
Chaîne de montage chez Ford (1928)
Groupe de 
Brochure de Marceau Pivert (1930)



Affiche de 1932
Brochure de la BS en 1932
Affiche hollandaise (1932)
1° numéro de Masses
Géographie de
Service de documentation de la Fédération SFIO de la Seine (1933)


Manifestation antifasciste, Paris février 1934
Brochure
Livre posthume de
Grève générale de San Francisco (1934)
N° de
L'Etincelle socialiste" (1934), journal d'une petite tendance de gauche de la SFIO: le Comité d'Action Socialiste Révolutionnaire
Gegen den Strom [Contre le courant], journal clandestin du PC d'opposition allemand (KPDO) (1934)
Insurrection des Asturies (1934)
Lancement de la revue Spartacus (décembre 1934)
Vadémécum du propagandiste
Jean Zyromski
Couverture de la R.P. (juillet 1935)
Les TPPS en 1935
Badge du service d'ordre de la SFIO


Dessin de Frans Holß (1935)

Militants à Paris
Affiche (1936)
Réunification de la C.G.T. (mars 1936)

Brochure d'Hélène Modiano (1936)
Affiche de la GR en mai 1936
Grèves avec occupations d'usines (1936)
Boulogne-Billancourt, juin 1936
Usines Delahaye (Paris), juin 1936

Ravitaillement des grévistes (1936)
Grévistes du 15° arrondissement de Paris (1936) [2 photos]
Parisiennes pour le Front populaire (1936)
Défilé du 14 juillet 1936 (Paris)
Meeting contre la guerre (juillet 1936)
Livre de
Barcelone, juillet 1936
Miliciens du POUM (4 photos)

N° 1 des Cahiers mensuels Spartacus (octobre 1936)
Funérailles de Durruti (novembre 1936)
N°2 des Cahiers mensuels Spartacus (novembre 1936)
De rode October, journal du RSAP hollandais de
Une de La Gauche révolutionnaire (octobre 1936)


Publicité poumiste dans le cahier Spartacus de décembre 1936.

Miliciens du POUM sur le front de Huesca (hiver 1936-37) [2 photos]
Orwell et ses camarades de la Colonne du POUM sur le front de Huesca (1937)

L'Internationale, journal de l'
4° brochure de 
Comité pour la Révolution espagnole (1937)

Affiche pour un meeting du POUM le 21-03-1937
Journées de mai 1937 à Barcelone
Manif contre la non-intervention en Espagne (mai 1937)


Pivertistes, anarchistes et syndicalistes s'unissent en 1937 dans Solidarité internationale antifasciste
Arrivée de camions français de SIA à Barcelone (1937)
Ambulance de l'I.L.P.

Les pivertistes prennent la Fédération de la Seine (janvier 1938)
Une de Juin 36 (1938), organe de la Fédé SFIO de la Seine puis du P.S.O.P.
Grève aux usines Citroën (mars 1938)
Meeting (mai 1938)
Meeting du Comité d'enquête sur les procès de Moscou (mars 1938)


Scission du P.S.O.P. après Royan (1938)
"Nous ne nous parons pas d'une passion mystique pour le Parti, mais nous lui étions attachés. Attachés cependant, dans la seule mesure où il demeurait un instrument de libération prolétarienne, une arme pour préparer la révolution. Qu'il cesse d'être cela, et tout ce que nous lui avions voué cesse d'avoir un sens."
(
Militants pivertistes en 1938

Hommage à la Catalogne d'Orwell (1938)
Dessin de Frans Holß dans la presse du RSAP (1938)
Brochure de Robert Louzon en 1938
Siège de SIA à Barcelone (1938)
Meeting commun du PSOP, de l'Union anarchiste et du POI contre les décrets-lois (novembre 1938)
Aide matérielle du PSOP aux réfugiés espagnols (février 1939)

Camp de réfugiés espagnols à Argelès-sur-Mer (1939)
Camp de réfugiés espagnols de Barcarès
Meeting du PSOP (mars 1939)
D. Guérin & M. Pivert au congrès du P.S.O.P. (mai 1939)
Pivert à la tribune du Congrès du PSOP (1939)
Socialist Standard (mai 1939)
Pacte germano-soviétique (août 1939)
Carte des amis du PSOP (1939)
Brochure clandestine
Protestation contre le départ d'ouvriers pour l'Allemagne (STO) (1941)
Pivert, Gorkin et Gironella (Mexique, 1941)
Manifeste commun
"A los ciudadanos"
Brochure
Le Populaire clandestin en 1943
Brochure 
Cahier Spartacus (février 1946)


Brochure
Brochure de P. Monatte (mai 1946)
Cahier Spartacus (mai 1946)

Cahier Spartacus (septembre 1946)
Revue Masses (n° de novembre 1946)
Journal des Jeunesses socialistes (1946) avant leur exclusion.
Turner, orateur du SPGB (Londres, 1946)
Congrès de la FEN (1947)
Cahier Spartacus (mars 1947)

Grève des usines Renault (Boulogne-Billancourt, 1947)
Une de la nouvelle série de la BS qui reparaît en juillet 1947

Répression à Madagascar (1947)
Brochure
Cahier Spartacus (octobre 1947)
Brochure Spartacus (février 1948)
Brochure de
Revue Socialisme et liberté (N°2, mars 1948)
Une de cette BS 2° série contre Jules Moch (29/10/1948)
Une de la BS du 5-11-1948

Liebknecht et Luxemburg
Une de la BS du 30-12-1949

Berlin, juin 1953
Histoire du 1° mai de 
Grève des fonctionnaires (août 1953)
Grève des travailleurs de la United Fruit Co. (Honduras, 1954)
Grève de Saint-Nazaire (1955)
Grèves de Detroit (1955)
Hongrie, 1956
C. Audry, C. Bourdet, M. Pivert, A. Breton et B. Péret au
Mort de Marceau Pivert en 1958
Congrès de l'U.S.T.A. (1959)
Bidonville de l'agglomération parisienne (1960)
Naissance du PSU en opposition à la guerre d'Algérie en 1960.
Turin, 1962




Brochure de News & letters (1965)
Brochure du SPGB
Mémorial de
Archives Monatte (1914-1924) (publ. 1968)
Pouvoir ouvrier N°90
Brochure ICO (1968)
Brochure Spartacus (1969)
Traduction française de 1969 rééditée par Spartacus en 1982

(1971)


(1972)
Chili, 1973
Traduction française de 1972
Édition de poche de textes de Castoriadis (1973)
Édition de poche compilant des articles publiés de 1934 à 1939 dans les revues animées par Paul Mattick (1973)




Livre de 



Etudes de marxologie (Cahiers de l'ISMEA)


Combattants communistes au Kurdistan iranien (v. 1983)
Grève des mineurs anglais, 1984
Couverture du Socialist standard (juillet 1984)
Insurrection et mouvement des conseils ouvriers (shuras) au Kurdistan irakien (1991)




Grèves de mai 2003 pour la défense des retraites

Falah Alwan, secrétaire général de Fédération des conseils ouvriers et syndicats en Irak, lors d'un meeting contre l'occupation à Bagdad (2005)


Grève du textile de Mahalla (Egypte, décembre 2006)


Bulletin Echanges, depuis 1975.
Grèves des travailleurs sans papiers (France, 2008)
Grève interpro du 29 janvier 2009
Manifestation à Ispahan, 14 juin 2009
Répression des manifestations à Téhéran, juin 2009



10 novembre 2007 à 14:40 |
euh je voulais juste dire que la CGTU ce n’est pas là fédération unitaire de l’enseignement mais la Confédération Fénérale du Travail Unitaire…
Sinon c’est un bon article
10 novembre 2007 à 14:46 |
La Fédération unitaire de l’enseignement était affiliée à la CGTU (confédération).
18 janvier 2009 à 14:14 |
[...] des Égaux By lucien Réédition le 26 janvier prochain par les amis de Spartacus du livre de Maurice Dommagnet (première édition du titre: Librairie de l’Humanité, 1922. première édition Spartacus: [...]
19 octobre 2009 à 19:40 |
DOMMANGET Maurice. Pseudonymes : Jean Prolo, Jean Social
Né le 14 janvier 1888 à Paris (IXe arr.), mort le 2 avril 1976 à l’hôpital de Senlis (Oise) ; instituteur ; militant socialiste, communiste puis oppositionnel ; syndicaliste et libre-penseur ; secrétaire général de la Fédération unitaire de l’enseignement de 1926 à 1928 ; historien du mouvement ouvrier et socialiste.
Né à Paris, Maurice Dommanget passa son enfance à Chouy près de Neuilly-Saint-Front (Aisne) puis, après un court séjour à Compiègne (Oise), revint à Paris en 1899. Sa famille paternelle venait de la Meuse et sa famille maternelle de Troyes (Aube). Son père, fils d’un coutelier, exerçait le métier de boucher. Lecteur du Radical, profondément anticlérical, il ne fit pas baptiser Maurice. Celui-ci obtint le certificat d’études puis fréquenta les cours complémentaires de la rue Montgolfier (IIIe arr.) et de la rue Pihet (XIe arr.). Reçu au brevet élémentaire il entra à l’école Turgot. Maurice gardait la nostalgie du canton de Neuilly-Saint-Front ; il découvrit dans l’histoire et la géographie locale un moyen de vivre l’amour de sa contrée. Dès la classe de « fin d’études » il accumula de la documentation. Ainsi prit forme son premier livre, La Rivière d’Ourcq et ses affluents, 132 pages, publiés après son succès au Brevet supérieur. Les articles d’Aulard dans La Révolution française étaient ses lectures favorites. C’est dans cette revue que le collégien découvrit une étude sur Sylvain Maréchal, écrivain athée, ami de Babeuf. Maurice Dommanget pensa avoir trouvé sa voie : il sera l’historien de « l’homme sans dieu », pouvant ainsi marier son anticléricalisme déjà vif et sa soif de connaissance historique. La lecture du « Manifeste des Égaux » éveilla sa conscience sociale et politique : il jeta sur un cahier d’écolier les bases d’un livre sur Sylvain Maréchal.
Nommé instituteur suppléant dans l’Oise, il devint titulaire à Montataire où il adhéra à la section socialiste locale. Il prit également à titre individuel. — l’Oise n’ayant pas de syndicat. — sa carte de la Fédération des syndicats d’instituteurs. Il aurait organisé dans sa ville une des premières grèves d’enseignants. En juillet 1909, Dommanget publia son premier article dans le Travailleur de l’Oise puis il accomplit son service militaire à Monbéliard (Doubs), collaborant sous le pseudonyme Jean Social à la Franche-Comté socialiste. Il assista en uniforme à diverses réunions socialistes, en présida une autre, en civil cette fois, et participa pendant une permission à un congrès au cours duquel il prit la défense de Frossard, soldat de sa garnison inquiété pour ses idées antimilitaristes. Libéré, il fut nommé à Morvilliers en octobre 1911 et reprit sa collaboration à La Franche-Comté socialiste (Jean Social) et au Travailleur de l’Oise (Jean Prolo).
Dommanget avait dès sa première nomination donné libre cours à sa passion pour la recherche historique. Il fit imprimer à ses frais La Révolution dans le canton de Neuilly-Saint-Front dont Albert Mathiez*, alors professeur à l’université de Besançon, fit un compte rendu élogieux dans les Annales de la Révolution française. À sa demande, Dommanget consacra un Diplôme d’études supérieures à Sylvain Maréchal et en fit un livre, son meilleur livre affirmait-il à la fin carrière universitaire à Paris ; il refusa. Nostalgie de la province de son enfance et convictions syndicalistes révolutionnaires se conjuguaient pour le maintenir à son poste d’instituteur rural. S’il passa avec succès l’écrit du concours d’admission aux fonctions d’inspecteur primaire (il ne se présenta pas à l’oral), c’était pour mieux ébranler l’autorité de ses « supérieurs » et non pour quitter son poste.
C’est vers 1910 qu’il rencontra Eugénie Germain. — née le 15 août 1889 à Paris, Xe arr. — institutrice à Méru qui devint sa femme en août 1912 et qui le suivit, l’encouragea, participa à ses travaux et à son action militante. Ensemble ils signèrent en cette année 1912, le Manifeste des instituteurs syndiqués, ce qui leur valut une peine disciplinaire.
Paradoxalement, la Première Guerre mondiale donna un nouvel élan à son œuvre historique. Il avait été nommé dans les services auxiliaires à Beauvais (Oise) et affecté à la surveillance de l’Hôtel de ville. Pendant ses heures de garde et celles des autres soldats qui lui cédaient volontiers leur tour, il se faisait communiquer les archives. – par la suite détruites dans un bombardement. Il publia ainsi une monographie sur la Déchristianisation à Beauvais et dans l’Oise (1922). Avec Marcel Rigault, il fonda un groupe zimmerwaldien en relation avec Merrheim, Sébastien Faure* et les militants de la Vie ouvrière.
Démobilisé, il reprit son poste et mena de front ses activités de militant socialiste, de syndicaliste, de journaliste et d’historien. Ses articles lui valurent des blâmes et deux censures (1920 et 1922) d’un inspecteur d’académie qui considérait les « violences de langage, impardonnables sous la plume d’un instituteur et d’autant moins excusables que Maurice Dommanget est un esprit cultivé qui sait la valeur des termes qu’il emploie et dont les violences sont voulues et calculées ». Il constitua, semble-t-il, un groupe de la fédération communiste des soviets dans l’Oise (Christiane Magry, mémoire de maîtrise, Paris I) puis adhéra au Parti communiste après le congrès de Tours (décembre 1920), et, ne le quitta qu’en 1930.
Secrétaire du syndicat des instituteurs de l’Oise depuis 1919, Maurice Dommanget fit sa première intervention importante dans un congrès fédéral, à Paris, le 18 août 1920. Les militants furent frappés par la clarté de son exposé, la richesse du contenu et la fermeté de ses positions. Au congrès de Brest (5-7 août 1923) il se prononça pour une amélioration de la revue l’École émancipée en introduisant des articles scientifiques, littéraires, une rubrique « secrétaires de mairies », des pages réservées aux travaux de la campagne Dommanget apparaissait alors comme un des militants communistes les plus influents dans le syndicalisme enseignant avec Louis Bouët* et Rollo. En avril 1924, Treint, secrétaire du Parti communiste, et le délégué de l’Internationale communiste sollicitèrent de sa vie. Mathiez aurait souhaité le voir tenter une Bouët et Dommanget pour succéder à Monatte et Rosmer à la rédaction de l’Humanité : ils refusèrent. Maurice Dommanget fut le porte-parole de la majorité communiste au XXe congrès fédéral (19-21 août 1925). Face aux attaques de Josette Cornec* et de Georges Thomas* qui dénonçaient les fractions communistes dans le mouvement syndical, il présenta celles-ci comme « de simples organes de liaison ayant pour but de rendre effective l’obligation syndicale inscrite dans les statuts du Parti communiste, de parfaire l’éducation syndicale des communistes et de leur faire jouer, dans la CGT, la CGTU et les syndicats autonomes, le rôle qui leur échoit comme ennemis du capitalisme et adversaires du réformisme » (Le Syndicalisme dans l’Enseignement, t. 2, p. 280). Le congrès vota à l’unanimité la première partie de sa motion qui déclarait : « la gestion du bureau fédéral est conforme aux décisions du congrès de 1924 » mais la deuxième partie, affirmant que le bureau fédéral n’avait été subordonné à aucune organisation extérieure, ne reçut pas les voix de la minorité (138 voix et demi contre 30 et demi et 10 abstentions).
Le congrès de Grenoble (6-8 août 1926) fut marqué par un rapprochement entre la minorité et une majorité qui avait pris ses distances d’avec la direction du Parti communiste. Dommanget apparaissait comme l’artisan de la reconstitution du Bloc fédéral. Le syndicat de la Seine aurait souhaité sa désignation au poste de secrétaire fédéral permanent à Paris (l’ancien secrétaire, Rollo, n’était pas permanent). Il déclara nettement que s’il était choisi comme secrétaire fédéral, il ne serait pas permanent et continuerait à mener de front dans son village ses tâches professionnelles et syndicales. Le congrès l’élut à l’unanimité : « L’émotion fut à son comble quand Dommanget, au pied de la tribune, se leva le visage en larmes pour remercier le congrès. Alors le congrès debout entonna l’Internationale. Dommanget qui, sous des dehors durs, cache une forte émotivité, avoua par la suite à des camarades qui ne s’expliquaient pas son émotion, qu’il avait été particulièrement sensible à la confiance que lui accordaient ceux-là même qu’il avait combattus dans la Fédération » (Le Syndicalisme dans l’Enseignement, t. 3, p. 7). Le bureau comprenait en outre Barne (Seine, secrétaire corporatif 1er degré), Carlier (Oise, secrétaire à la propagande), Yvonne Clavel*-Orlianges (Seine-et-Marne, relations internationales et caisse de solidarité), Molinier (Seine, secrétaire corporatif 2e et 3e degré), Thénevaut (Seine-et-Oise, trésorerie) et Vaquez (Oise, pédagogie). Réélu au congrès fédéral de Tours en août 1927, Dommanget laissa le secrétariat à Jean Aulas* en août 1928 et resta un animateur de la majorité fédérale qui, dès cette date, fut l’objet de vives attaques du PCF et le l’IC. Lorsqu’en 1930 la rupture avec la direction communiste fut consommée, Dommanget contribua à la création de l’Opposition unitaire au sein de la CGTU. Ce courant regroupant des communistes oppositionnels, des trotskistes, publia le Combat unitaire, mais les querelles de fractions affaiblirent l’OU dans le printemps 1931.
Invitée, à Moscou par Losovsky, secrétaire de l’Internationale syndicale rouge, une délégation de la fédération unitaire composée de Jean Aulas*, Maurice Dommanget, Gilbert Serret* et Jean Cornec* quitta Paris le 8 août 1931. Trois passeports avaient été refusés par les autorités françaises, Dommanget avait jugé plus prudent de ne rien demander. Les services de l’ISR devaient leur fournir des faux papiers. Ils attendirent à Berlin jusqu’au 18 août, sans résultat, et conclurent que l’ISR ne souhaitait plus leur présence en URSS (Jean Cornec*, Instituteurs, p. 223-233).
L’intervention de Dommanget constitua un des grands moments du congrès fédéral de Bordeaux (août 1932) : « servi par une éloquence puissante », il fit une analyse de la situation économique et sociale pour mieux démontrer les erreurs de l’IC, puis, avisant dans la salle le secrétaire confédéral Marcel Gitton*, il le somma de justifier immédiatement les attaques personnelles contre les militants de la Fédération unitaire. La puissance de sa plaidoirie laissa Gitton sans voix. En août 1934, à l’issue du congrès de Montpellier, Maurice et Eugénie Dommanget, Gilbert et France Serret, Jean et Suzanne Aulas, Lagrange et Lèbre rendirent visite à Léon Trotsky alors logé discrètement à Domène (Isère) chez Laurent Beau, militant de la Fédération. L’entrevue eut lieu à Noyarey chez Raoul Faure. Trotsky souligna l’urgence de l’unité syndicale et souhaita que les enseignants rejoignent en nombre le Parti socialiste SFIO pour y renforcer la tendance révolutionnaire. La discussion n’aboutit pas à un accord et l’exilé russe en conçut quelque amertume.
Dommanget participa aux activités du Comité de vigilance des antifascistes de Beauvais. Un discours prononcé dans le cadre à Sérifontaine (Oise) lui valut de nouvelles sanctions à l’automne 1935. Le conseil départemental le censura. – pour la troisième fois. – par sept voix contre six et une abstention. La fusion syndicale réalisée dans l’Enseignement le 27 décembre 1935 éloigna Dommanget des postes de direction. Il reprit alors avec passion son œuvre historique – qu’il n’avait jamais complètement abandonnée – et donna à la presse militante, en particulier l’École émancipée, revue de la tendance révolutionnaire, des articles où il alliait avec bonheur culture historique et polémique politique.
Révoqué par le gouvernement de Vichy, Dommanget travailla comme courtier d’assurances et, en 1944, participa avec Marcel Valière* et Marcel Pennetier à la reconstitution de la tendance syndicaliste révolutionnaire « Les amis de l’École émancipée ». Il fut réintégré à son poste après la guerre et prit bientôt sa retraite à Orry-la-Ville (Oise). Il milita à la Libre-pensée, écrivit pour la presse syndicale, notamment à l’École libératrice qui publiait ses articles sur les grandes questions d’histoire, mais, surtout, se consacra à son œuvre historique. Spécialiste de Babeuf, de Blanqui et des blanquistes, il fut aussi l’historien des symboles, des chants, des drapeaux. Dans son bureau devenu un véritable musée Blanqui, Dommanget travailla jusqu’à sa dernière année à un recueil d’études sur Jean Jaurès*, en méditant, lui l’athée militant, sur les « faiblesses » déistes du tribun socialiste auquel il vouait une grande admiration.
En décembre 1963, il écrivit à Marcel Pennetier qui lui propasait de soutenir un appel de la tendance SR (gauche du Psu : « Votre tentative est intéressante et nécessaire. J’ai vu dernièrement le fondateur et animateur du PSU de Senlis, PUGET (EE). Il en est dégoûté. Prigent est venu faire une conférence à Creil. Il paraît que c’était du socialisme à la sauce bourgeoise d’un bout à l’autre. Les camarades de l’Oise qui ont tout de même une autre formation, en étaient écœurés. Je ne peux pas signer votre appel. En dehors de la L[ibre] P[ensée] et de l’EE, je me tiens en dehors des groupes, suivant leur action et les réunissant synthétiquement : à partir des libertaire (ou prétendus tels car eux aussi s’affaissent) jusqu’au PSU. Il m’arrive d’envoyer un article à l’un ou à l’autre rappelant le passé. Je ne veux pas aller plus loin. Tu vois mon attitude. » (Orry-la-Ville, 31 décembre 1963, papier de Marcel Pennetier).
Hospitalisé à Senlis le 1er mars 1976, il mourut de vieillesse le 2 avril et fut enterré le 7 avril à Orry, en présence de deux cents amis, libres penseurs, militants de l’École émancipée, historiens. La presse d’extrême gauche commenta longuement la disparition de cet historien militant (voir en particulier Rouge quotidien des 7 et 9 avril 1976). Dans l’Humanité du 7 avril 1976 Jean Bruhat* tint à préciser : « En dépit de ce qui nous a séparés, Maurice Dommanget est pour nous l’historien qui a contribué à exalter les grandes luttes menées par le peuple français depuis la Jacquerie jusqu’à la Commune ».
ŒUVRE : Nous ne pouvons énumérer ici la cinquantaine d’ouvrages et les centaines d’articles signés par Maurice Dommanget. Il donnait sa bibliographie complète en tête de ses livres. Ses études inédites, sa correspondance, ses notes, sa documentation constituent le Fonds Dommanget déposé à l’Institut français d’histoire sociale (Archives nationales). Une bibliographie plus complète établie par Laurence Bénichou a notamment été déposée au CRHMSS, la bibliographie sélective est parue dans les Actes du colloque international de Beauvais.
SOURCES : Arch. PPo., cabinet du préfet, dossier n° 50. — Bulletin communiste, 1921 et 3 octobre 1924. — Cahiers du Bolchevisme, 1928 et mai 1930. — La Raison, n° 206, mai 1976. — Rouge, 9 avril 1976. — Le Monde, 3 mai 1973 et 6 avril 1976. — L’Humanité, 7 avril 1976. — La Libre-pensée des Bouches-du-Rhône, n° 47-48, avril-juillet 1981. — L. Bouët, Les militants du syndicalisme universitaire. Ceux de la relève, Avignon, s.d. — Le Syndicalisme dans l’enseignement, op. cit. — Jean Cornec*, Josette et Jean Cornec*, instituteurs, Paris, Clancier-Guénaud, 1981. — Jean-Louis Rouch, Prolétaire en veston : une approche de Maurice Dommanget*, « Les Monédières », Le Loubanel, Treignac, 1984 (publication d’un mémoire de maîtrise). — Notes de Maurice Dommanget. — Renseignements fournis par Georges Vedel, son exécuteur testamentaire. — Interview de Maurice Dommanget par Claude Pennetier, février 1974. — Actes du colloque international Maurice Dommanget 1888-1976, citoyen, pédagogue, historien, Beauvais, 6 et 7 mai 1994.
Jean Maitron, Claude Pennetier
2007-2009 © Copyright Maitron