Archives de la catégorie ‘Actualité’

Entrevista amb Agustí Guillamón

30 avril 2013

Le numéro d’avril 2013 de la revue mensuelle de la CGT catalane publie un entretien avec Agustin Guillamón (qui cite La Bataille socialiste):

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Voir aussi:

Tract 1er Mai du Réseau syndical international de solidarité et de luttes

29 avril 2013

Plus de soixante organisations de différents pays et de quatre continents ont participé à Paris à la Rencontre internationale du syndicalisme alternatif du 22 au 24 mars 2013. Nous, qui nous sommes réunis à Paris, nous optons pour un syndicalisme de confrontation, opposé au syndicalisme des pactes sociaux. Nous affirmons que la lutte est la seule voie vers la transformation sociale. Nous croyons à la démocratie directe, au syndicalisme assembléiste face au syndicalisme des états-majors bureaucratiques, à l’internationalisme, à la lutte internationale de la classe ouvrière et des opprimé-es.

À l’occasion de la célébration du 1er mai, la journée internationale de lutte de la classe ouvrière, nous déclarons que:

1) La crise-escroquerie économique, politique et sociale actuelle du système capitaliste pousse les travailleurs/ses et les peuples à la misère. Et elle devient une véritable catastrophe sociale dans de nombreux pays.

2) Les gouvernements et les institutions internationales appliquent des plans de guerre sociale et la catastrophe qui les accompagne contraste avec les aides multimillionnaires scandaleuses de ces gouvernements et institutions aux banques, avec des cas de corruption éhontée qui touchent les hiérarques du système.

3) On ne peut pas continuer ainsi. Les gouvernements, loin de tenir compte du rejet social, annoncent de nouvelles coupes sombres dans les emplois, les salaires et les aides sociales, de nouvelles privatisations et le pillage de pays entiers.

La défense des travailleurs/ses et des peuples exige une lutte résolue contre ce système qui conduit l’humanité à la barbarie et à la destruction de la planète. Elle exige d’abandonner toute illusion politique de concertation sociale avec les gouvernements qui mettent en œuvre ces plans de guerre sociale. Il n’y a pas de retour en arrière dans ce processus de lutte.

4) La classe ouvrière du monde et en particulier d’Europe qui mène aujourd’hui des combats décisifs contre les gouvernements de la troïka, doit opposer à ces plans de guerre sociale ses propres mesures et ses solutions pour offrir une issue sociale et populaire à cette crise-escroquerie.

C’est pourquoi nous disons:

À bas les plans d’austérité ! Abrogation immédiate des coupes sociales et des réformes du travail !

La défense d’un salaire digne, de l’emploi, de la santé et de l’éducation publique, exige que les multiples luttes partielles, d’entreprises et de secteurs qui secouent le « vieux continent » s’unissent autour d’une demande urgente : dehors les gouvernements et les politiques d’austérité! Qu’ils s’en aillent! Pas de retour en arrière!

Nous disons qu’il y a vraiment des ressources, qu’on peut vraiment donner une solution à la crise en défendant les intérêts ouvriers et populaires. Mais cela exige de mettre en oeuvre des mesures résolument anticapitalistes. C’est pourquoi nous défendons l’arrêt immédiat du paiement de la dette, une dette illégitime que nous, les travailleurs/ses et le peuple, n’avons pas contracté.

La lutte pour l’emploi, pour le partage du travail et de la richesse exige d’arracher les ressources financières des mains des spéculateurs et des banquiers : nationalisation sans indemnisation du secteur bancaire et des entreprises clés, réformes fiscales faisant payer davantage ceux qui ont le plus, afin de mettre toutes ces ressources au service de l’unique plan de sauvetage qui manque, un Plan de sauvetage des travailleurs/ses et de la majorité sociale (99 %).

5) La classe ouvrière et d’autres mouvements sociaux mènent les luttes avec les opprimé-es du monde. Nous devons mener haut et fort la lutte contre le machisme et toutes les formes d’oppression des femmes ; la lutte contre la xénophobie, le racisme et toute forme d’oppression des travailleurs immigrés, et la lutte au droit à l’autodétermination des peuples, à la défense du droit de toutes les nationalités opprimées à exercer leur souveraineté. Sans une lutte conséquente contre toutes ces formes d’oppression, l’unité de la classe ouvrière pour la transformation et la justice sociale ne sera pas possible.

6) A l’occasion d’une journée de lutte internationale comme le 1er mai, nous réaffirmons notre solidarité la plus résolue avec tous les travailleurs/ses et les peuples du monde qui font face à l’impérialisme et aux dictatures. Notre solidarité va en particulier aux peuples arabes, du Moyen-Orient, aux communautés indigènes et à toutes les luttes populaires.

7) Nous nous engageons à préparer un 1er mai internationaliste et de lutte, en appelant l’ensemble des organisations du syndicalisme alternatif et des mouvements sociaux à faire de grands rassemblements et des manifestations alternatives à celles du syndicalisme institutionnel et bureaucratisé, qui seront une référence claire de classe et de combativité.

8) La situation particulière que nous vivons sur le continent européen et l’expérience récente du 14 novembre dernier exige que nous menions toute une activité d’explication, de coordination et d’initiatives pour arriver à une nouvelle grève générale continentale, qui ait une continuité jusqu’à ce que nous fassions sauter les politiques de la troïka et que nous, travailleurs/ses du monde entier, soyons les protagonistes d’une nouvelle société basée sur la démocratie, la liberté et la justice sociale.

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Pour la France : Union syndicale Solidaires (Solidaires), Émancipation tendance intersyndicale (Émancipation) ; Confédération Nationale du Travail-Solidarité Ouvrière (CNT SO). Courant Syndicaliste Révolutionnaire (CSR). Confédération Nationale du Travail (CNT-f)

Ces rencontres ont été organisées par les organisations syndicales interprofessionnelles suivantes :

Central Sindical e Popular Conlutas (CSP-Conlutas>) – Brésil, Confederación General del Trabajo (CGT) – Etat espagnol, Union syndicale Solidaires (Solidaires) – France.

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Entretien avec le biographe de Fernand Loriot

21 avril 2013

Paru dans La Révolution prolétarienne N°780 (mars 2013).

Julien Chuzeville tu viens de publier la première biographie de Fernand Loriot (*), un des fondateurs du PCF et, pour moi qui suis instituteur, une grande figure du syndicalisme enseignant. D’où t’es venu ton intérêt pour Loriot ?

 En m’intéressant à l’histoire du mouvement ouvrier en France dans la première moitié du XXe siècle, en particulier sur la période 1914-1939. Parmi la poignée des plus actifs pacifistes en 14-18, on trouve Loriot. Parmi les principaux fondateurs du PC en 1920, on trouve Loriot. Parmi les premiers communistes oppositionnels au milieu des années 1920, on trouve Loriot. Mais souvent il n’était mentionné qu’en passant, et on ne voyait pas le lien entre ses engagements successifs. A un moment j’ai eu envie de savoir : qui au juste était ce type ? Je n’ai pas été déçu. Au départ, je voulais juste écrire un article sur lui, mais au fur et à mesure, étant donné ce que je trouvais, ça s’est transformé en une biographie.

Les relations entre Fernand Loriot et Pierre Monatte sont anciennes et chaleureuses. Ce sont deux syndicalistes qui résistent à l’Union sacrée pendant la guerre, et deux communistes qui ne feront pas de vieux os au nouveau Parti…

Loriot et Monatte avaient en commun un attachement à la CGT syndicaliste révolutionnaire des années 1900-1910. Ils tenaient tous deux fortement à l’unité syndicale. Par contre Loriot était nettement plus intégré à sa fédération professionnelle que Monatte, qui lui mettait plus l’accent sur la nécessaire vitalité des bourses du travail et des unions locales et départementales.

Au-delà de Loriot et Monatte, il y a plus largement un groupe de militants importants qui ont été contre la guerre au sein du Comité pour la reprise des relations internationales, puis au PC au début des années 1920, puis communistes oppositionnels. Il est remarquable que l’on retrouve ces mêmes militants aux avant-postes, dans des contextes différents, au fil des années.

Lorsqu’est fondée la Révolution prolétarienne en 1925, Loriot reste encore un peu au PCF avant de rejoindre la RP. Il est pourtant déjà oppositionnel. Qu’espère-t-il pouvoir encore y faire de l’intérieur ?

En 1925 les principaux fondateurs de la RP venaient d’être exclus du PC, mais ils n’appelaient pas pour autant leurs sympathisants à le quitter : pour ce courant il s’agissait de défendre une orientation communiste indépendante et oppositionnelle, à la fois dans et hors du PC. Il faut avoir à l’esprit qu’à l’époque on ne savait évidemment pas quelle serait la suite de l’évolution de ce parti : on sait aujourd’hui que la pente était fatale, mais à l’époque ces militants veulent croire à un possible « redressement ». Et puis il ne faut pas oublier que Loriot avait grandement travaillé à la création du PC, et qu’il était difficile pour lui de considérer cette organisation comme irrémédiablement perdue. Finalement, il finit par s’y résoudre début 1926 en démissionnant. Mais certains oppositionnels continuent leur action dans le parti, par exemple Marcel Hasfeld n’en est exclu qu’en décembre 1927.

Et puis, il s’agissait en restant dans le PC d’être au contact des militants et d’éviter qu’ils ne se fassent entraîner dans la « bolchevisation ». Les oppositionnels parlaient de ne pas « abandonner » les militants à la direction inféodée à Moscou. Ils avaient d’ailleurs une audience dans le parti, comme le montre la « lettre des 250 » d’octobre 1925, qui sera finalement signée par 280 militants du PC.

Des figures comme Loriot nous donnent l’image de militants d’une autre époque, complètement dévoués et désintéressés à toute "carrière". Crois-tu possible que nous retrouvions de tels militants de premier plan dans la société d’aujourd’hui ?

 Ces militants avaient été formés par le contact avec un milieu militant, et par des circonstances exceptionnelles. Adhérer à la CGT telle qu’elle existait en 1906, en ayant pleine conscience de l’esprit de ses statuts, c’est en soi un contexte particulier.

Aujourd’hui comme alors, il existe des militants parfaitement honnêtes et sérieux. On peut par contre se poser la question du fonctionnement des organisations actuelles, de ces multiples syndicats qui existent, et se demander s’ils ne font pas de fait une sorte de « promotion » des militants par la médiocrité. Il y a un siècle, il y avait extrêmement peu de permanents syndicaux. Je ne parle pas des décharges partielles, mais des militants qui sont permanents à temps complet depuis des années voire des décennies. Ce sont eux qui tiennent les appareils, et qui « sélectionnent » les militants. Un tel système ne favorise pas l’émergence de ce type de militants, qui vont au contraire se trouver en butte à bien des obstacles.

Mais pour répondre à la question, c’est évidemment possible que ça arrive de nouveau. De tels militants existent certainement aujourd’hui à la base : on le verra si les circonstances permettent qu’ils s’expriment pleinement, dans le cadre de puissantes luttes sociales à la fois unitaires et auto-organisées.

Entretien réalisé par Stéphane Julien

 (*) Julien Chuzeville, Fernand Loriot, le fondateur oublié du Parti communiste, Éditions L’Harmattan, collection Historiques – série « Travaux », Paris, 2012. 237 pages, ISBN 978-2-336-00119-7.

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Arthur Goldstein (1887-1943) et Jacob Feingold (1899-1943)

18 avril 2013

On nous signale

Le site www.left-dis.nl vient de publier deux biographies par Philippe Bourrinet de juifs internationalistes assassinés en 1943 par le nazisme :

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Agustín Guillamón à Barcelone le 11 avril

6 avril 2013

Guy Debord est vivant et nous sommes morts

30 mars 2013

Tract de Critique sociale.

La BNF organise en ce printemps 2013 une exposition (payante !) sur Guy Debord, cofinancée par l’Etat et le lobby alcoolier. L’alliance entre l’aliénation étatique et l’aliénation privée est donc réalisée une fois de plus – cette fois sur le dos de l’un de leurs ennemis.

Curieuse exposition en vérité : une partie des notes de lecture de Debord sont placées entre 50 cm et plus de 2 mètres de hauteur, ce qui en rend une bonne partie absolument illisibles. Elles ne manquent pourtant pas d’intérêt, entre autres concernant des textes de Rosa Luxemburg, Karl Korsch, Anton Ciliga, Maximilien Rubel, etc.

Tout comme ces derniers, Debord était engagé « contre tous les aspects de la vie sociale aliénée ». En luttant pour l’auto-émancipation universelle, il s’agissait pour lui d’élaborer et de construire « la forme désaliénante de la démocratie réalisée », qu’il voyait dans l’expérience historique des conseils ouvriers. Debord participait donc à la critique impitoyable de nos conditions d’existence au sein de la société capitaliste traditionnelle, ainsi qu’à une tout aussi impitoyable critique du capitalisme d’État léniniste de l’URSS, qui était « la continuation du pouvoir de l’économie » et le maintien du « travail-marchandise », donc de l’exploitation et de l’oppression.

Hier comme aujourd’hui, on est intellectuellement mort si l’on se résout à la résignation ambiante, si l’on accepte cette société de l’ersatz généralisé à la viande de cheval avariée et à l’eau en bouteille contaminée. Contre cet état de choses, nous pouvons participer à la critique active de la société hiérarchique-capitaliste, par les luttes sociales en insistant sur leur aspect auto-organisé, pour l’abolition du système du salariat, des États et des frontières.

 Le tract en PDF

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Craintes pour la vie du syndicaliste iranien emprisonné Mohammad Jarahi

24 mars 2013

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Il y a des craintes croissantes pour la vie du militant syndical emprisonné Mohammad Jarahi, connu pour être atteint d’un cancer de la thyroïde. Jarahi, qui est membre du Comité de Coordination pour Aider à la Formation d’Organisations de travailleurs, a été arrêté en juin et condamné à cinq ans de prison. Il est maintenant dans la deuxième année de sa peine.

Jarahi subi une intervention chirurgicale le 16 février de cette année. Les résultats des tests suite à l’opération montrent qu’il a un cancer thyroïdien. Selon ses médecins, Jarahi devrait commencer son traitement dès que possible. Malgré les efforts de sa famille pour qu’il ait immédiatement un traitement médical hors de la prison, Jarahi continue d’être emprisonné.

Mohammad Jarahi est en prison uniquement pour ses activités syndicales. Il ne devrait pas être en prison, il devrait être en mesure de recevoir des soins médicaux d’urgence et un traitement hors de la prison.

Free Them Now! appelle à la libération immédiate et inconditionnelle de Mohammad Jarahi.

Maryam Namazie.

Iran: Cinq militants ouvriers arrêtés

12 mars 2013

Le jeudi 7 mars à 6 heures du matin, cinq militants ouvriers et membres du « Comité de Coordination pour Aider à la Formation d’Organisations Ouvrières » ont été arrêtés par les agents du ministère des renseignements dans la ville de Sanandaj.

Les militants arrêtés le 7 mars sont : Wafa Ghaderi, un célèbre militant ouvrier, Khaled Husseini, Behzad Farajolahi, Hamed Mahmoud Nejad et Ali Azadi.

Le Comité de Coordination pour Aider à la Formation d’Organisations Ouvrières appelle toutes les organisations ouvrières,  de défense des droits humains et les particuliers à exprimer leur forte condamnation de cette attaque contre les organisations ouvrières et les militants en Iran et à demander la libération immédiate et sans condition de toutes les personnes arrêtées.

Coordinating Committee to Help Form workers’ organisation (http://www.khamahangy.com. komite.hamahangi@gmail.com)

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On Thursday 7th of March 2013 at 6 in the morning, about 5 worker activists and members of “Coordinating Committee to Help Form workers’ organisation” were arrested by the agent of intelligence ministry in city of Sanandaj.

The worker activists arrested on March 7th included: Wafa Ghaderi a well known worker activist, khaled Husseini, Behzad Farajolahi, Hamed MahmoudNejad and Ali Azadi.

“Coordinating Committee to Help Form workers’ organisation” is calling on all labour and human rights organisations and concerned individuals to express their strong condemnation for this attack on labour organisations and activists in Iran and demand the immediate and unconditional release of all detainees.

Critique sociale N°25

10 mars 2013

Le numéro 25 de Critique Sociale (mars 2013) est disponible au format PDF.

Au sommaire :

- Actualité :

- Histoire et théorie :

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Pour recevoir chaque numéro de Critique Sociale en PDF, envoyez un mail à : critiquesociale-subscribe@yahoogroupes.fr

http://www.critique-sociale.info/

3 communiqués sur la mort de Chávez

7 mars 2013

En pleine vague de chavezolâtrie en France, nous reproduisons les textes suivants:

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Image publiée en septembre 2011 dans le journal vénézuelien (pro-Chavez) Correo del Orinoco.

1.Réaction d’Alternative libertaire:

Chavez, fin d’un caudillo

Le président du Venezuela est mort, la gauche latino-américaine et européenne pleure son modèle, celui qui prétendait réaliser un « socialisme du XXIe siècle » et qui, en réalité, a surtout cherché à bâtir un capitalisme national, main dans la main avec un patronat patriote. S’il a mis la rente pétrolière au service des programmes sociaux, le régime chaviste a, pour le reste, toujours étranglé toute voix dissidente sur sa gauche, toute manifestation d’un mouvement social autonome. Chavez était un caudillo, dans la tradition latino-américaine : un leader charismatique porté par les masses. C’est l’occasion de relire ce qu’Alternative libertaire a écrit à son sujet :

- « Venezuela : Les deux visages du chavisme », dans les pages International de janvier 2007.
- « 1992 : Chávez, du putschiste au caudillo », les pages Histoire de février 2012.

2. La traduction du communiqué d’El Libertario par l’OCL:

Ni en deuil, ni en fête ! L’heure de l’autonomie des luttes sociales est arrivée !

Lorsque s’additionnent une très grave maladie, des soins médicaux conditionnés par des décisions politiques à courte vue, et un patient halluciné par le pouvoir, seule une telle fin était attendue : le chef est mort, et alors, nous nous retrouvons avec un changement substantiel sur la scène politique vénézuélienne.

En un instant, ce qui fut la plus grande force du régime est devenu sa principale faiblesse : Chávez était tout et, s’il n’est plus là, il ne reste plus qu’à conjurer la fidélité absolue à sa mémoire avec l’obéissance à ses dispositions successorales ; ce qui met en évidence la faiblesse d’un gouvernement qui a cherché à renforcer son caractère prétendument « socialiste et populaire » avec la pratique d’un grotesque culte de la personnalité, devenue désormais l’invocation vide de son âme. Le défunt lui-même est le principal responsable de ce dénouement. Le secret qui a entouré sa maladie a été actionné par les mêmes ressorts de la centralisation extrême du pouvoir, ce qui, par manque de cohérence idéologique interne, laisse ses disciples se débrouiller entre eux pour l’héritage du commandement, avec un clair avantage pour les hauts bureaucrates ‟rojo-rojitos” [rouges foncés] et la caste militaire, dans des tâches de négociation afin de s’assurer l’impunité pour leur corruption.

Quant à l’opposition de droite et social-démocrate, la nouvelle situation les trouve sans qu’elle ait surmonté les défaites des élections présidentielle du 7-O [7 octobre] et régionales du 16-D [16 décembre], élections dans lesquelles ils s’étaient engagés avec des illusions gigantesques et avec l’offre d’un « populisme de riches », promettant aux électeurs de maintenir et d’être efficaces dans l’usage des instruments clientélistes qui ont tant profité à Chávez. Maintenant, cette opposition accommodante veut croire qu’une métastase fortuite a enfin placé à sa portée son ascension à ce pouvoir politique duquel ses ambitions et ses erreurs, sa paresse et son incompétence les avaient tenus éloignés depuis de nombreuses années, un pouvoir qu’ils exerceraient avec une bêtise et une ardeur prédatrice similaires à celles que la bobibourgeoisie chaviste [bourgeoisie bolivarienne] a pratiqué.

Face à ce tableau de calculs mesquins et opportunistes, où s’équivalent le Gran Polo Patriótico et l’opposition de la Mesa de Unidad Democrática, nous avons la grave situation du pays : inflation galopante, chômage en hausse et précarité des emplois, dévaluation de la monnaie, terrible insécurité des personnes, crise dans les services de l’eau et de l’électricité, de l’éducation et de la santé des sols, manque de logement, travaux publics obsolètes ou dans une mise en œuvre précipitée, aides uniquement démagogiques pour les carences extrêmes des plus nécessiteux, et une longue liste qui n’en est pas moins désastreuse.

Ces problèmes ne sont pas la préoccupation centrale des deux camps en lice pour la Silla de Miraflores [siège de la présidence] et pour le butin pétrolier. Pour cette raison, notre réponse collective doit ignorer leur chantage qui exige de nous un soutien électoral en échange de solutions qui n’arrivent jamais ou qui sont ridiculement incomplètes.

C’est le moment de déborder ces directions politiques pourries et de construire, d’en bas, une véritable démocratie, avec égalité, justice sociale et liberté. Nous devons renforcer l’indignation généralisée par la situation dont nous souffrons, la transformer en luttes sociales autonomes, prolongées et autogérées, disant clairement aux politiciens du pouvoir que nous n’avons pas besoin d’eux comme intermédiaires ou comme puissants nous octroyant ce que nous, d’en bas et unis, pouvons récolter, sans « mains blanches » ni « bérets rouges ».

Le collectif éditeur de El Libertario / / ellibertario@nodo50.org

www.nodo50.org/ellibertariowww.periodicoellibertario.blogspot.com

3. Communiqué de l’Initiative communiste-ouvrière:

Venezuela : La mort d’un chef d’Etat bourgeois

Il n’est pas dans les habitudes de l’Initiative Communiste-Ouvrière de commenter les décès des "grands de ce monde". Mais avec la mort d’Hugo Chavez, de nombreux groupes, partis et organisations de la gauche radicale ou même de l’extrême-gauche multiplient les communiqués pour saluer « le révolutionnaires », et au mieux, lorsque des critiques sont formulées comme son soutien aux dictatures de Libye, de Syrie ou d’Iran, elles sont faites comme si le président vénézuélien avait été « un camarade avec qui on avait des divergences ».

Non, Hugo Chavez n’était pas de notre camp, celui des travailleurs. La base de son opposition aux Etats-Unis, qui plait tant à la gauche anti-impérialiste, était celle du nationalisme, c’est-à-dire une opposition verbale à des dirigeants de multinationales américaines pour mieux défendre les intérêts de la bourgeoisie nationale vénézuélienne. Au-delà des discours populistes et anti-impérialistes, l’Etat géré par Hugo Chavez a toujours su s’en prendre avec violences aux militants ouvriers et en particulier à ceux qui luttent pour des syndicats indépendants de l’appareil d’Etat et du patronat. Comme dans les autres pays du monde, l’appareil d’Etat au Venezuela, dirigé par Chavez, est toujours resté un instrument de la bourgeoisie tourné avant tout contre la classe ouvrière.

Pour nous, travailleuses et travailleurs, il n’y a pas de larmes à verser sur la mort d’un chef d’Etat bourgeois, que ce soit en Europe, en Amérique Latine ou ailleurs. Nous avons déjà bien assez de larmes à verser pour celles et ceux de notre classe qui meurent chaque jour sous les coups de la répression ou brisés par l’oppression quotidienne de l’exploitation capitaliste.

Voir aussi:

Rafael Uzcátegui

Livre de Rafael Uzcátegui publié en français par Spartacus


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