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Entretien avec le biographe de Fernand Loriot

21 avril 2013

Paru dans La Révolution prolétarienne N°780 (mars 2013).

Julien Chuzeville tu viens de publier la première biographie de Fernand Loriot (*), un des fondateurs du PCF et, pour moi qui suis instituteur, une grande figure du syndicalisme enseignant. D’où t’es venu ton intérêt pour Loriot ?

 En m’intéressant à l’histoire du mouvement ouvrier en France dans la première moitié du XXe siècle, en particulier sur la période 1914-1939. Parmi la poignée des plus actifs pacifistes en 14-18, on trouve Loriot. Parmi les principaux fondateurs du PC en 1920, on trouve Loriot. Parmi les premiers communistes oppositionnels au milieu des années 1920, on trouve Loriot. Mais souvent il n’était mentionné qu’en passant, et on ne voyait pas le lien entre ses engagements successifs. A un moment j’ai eu envie de savoir : qui au juste était ce type ? Je n’ai pas été déçu. Au départ, je voulais juste écrire un article sur lui, mais au fur et à mesure, étant donné ce que je trouvais, ça s’est transformé en une biographie.

Les relations entre Fernand Loriot et Pierre Monatte sont anciennes et chaleureuses. Ce sont deux syndicalistes qui résistent à l’Union sacrée pendant la guerre, et deux communistes qui ne feront pas de vieux os au nouveau Parti…

Loriot et Monatte avaient en commun un attachement à la CGT syndicaliste révolutionnaire des années 1900-1910. Ils tenaient tous deux fortement à l’unité syndicale. Par contre Loriot était nettement plus intégré à sa fédération professionnelle que Monatte, qui lui mettait plus l’accent sur la nécessaire vitalité des bourses du travail et des unions locales et départementales.

Au-delà de Loriot et Monatte, il y a plus largement un groupe de militants importants qui ont été contre la guerre au sein du Comité pour la reprise des relations internationales, puis au PC au début des années 1920, puis communistes oppositionnels. Il est remarquable que l’on retrouve ces mêmes militants aux avant-postes, dans des contextes différents, au fil des années.

Lorsqu’est fondée la Révolution prolétarienne en 1925, Loriot reste encore un peu au PCF avant de rejoindre la RP. Il est pourtant déjà oppositionnel. Qu’espère-t-il pouvoir encore y faire de l’intérieur ?

En 1925 les principaux fondateurs de la RP venaient d’être exclus du PC, mais ils n’appelaient pas pour autant leurs sympathisants à le quitter : pour ce courant il s’agissait de défendre une orientation communiste indépendante et oppositionnelle, à la fois dans et hors du PC. Il faut avoir à l’esprit qu’à l’époque on ne savait évidemment pas quelle serait la suite de l’évolution de ce parti : on sait aujourd’hui que la pente était fatale, mais à l’époque ces militants veulent croire à un possible « redressement ». Et puis il ne faut pas oublier que Loriot avait grandement travaillé à la création du PC, et qu’il était difficile pour lui de considérer cette organisation comme irrémédiablement perdue. Finalement, il finit par s’y résoudre début 1926 en démissionnant. Mais certains oppositionnels continuent leur action dans le parti, par exemple Marcel Hasfeld n’en est exclu qu’en décembre 1927.

Et puis, il s’agissait en restant dans le PC d’être au contact des militants et d’éviter qu’ils ne se fassent entraîner dans la « bolchevisation ». Les oppositionnels parlaient de ne pas « abandonner » les militants à la direction inféodée à Moscou. Ils avaient d’ailleurs une audience dans le parti, comme le montre la « lettre des 250 » d’octobre 1925, qui sera finalement signée par 280 militants du PC.

Des figures comme Loriot nous donnent l’image de militants d’une autre époque, complètement dévoués et désintéressés à toute "carrière". Crois-tu possible que nous retrouvions de tels militants de premier plan dans la société d’aujourd’hui ?

 Ces militants avaient été formés par le contact avec un milieu militant, et par des circonstances exceptionnelles. Adhérer à la CGT telle qu’elle existait en 1906, en ayant pleine conscience de l’esprit de ses statuts, c’est en soi un contexte particulier.

Aujourd’hui comme alors, il existe des militants parfaitement honnêtes et sérieux. On peut par contre se poser la question du fonctionnement des organisations actuelles, de ces multiples syndicats qui existent, et se demander s’ils ne font pas de fait une sorte de « promotion » des militants par la médiocrité. Il y a un siècle, il y avait extrêmement peu de permanents syndicaux. Je ne parle pas des décharges partielles, mais des militants qui sont permanents à temps complet depuis des années voire des décennies. Ce sont eux qui tiennent les appareils, et qui « sélectionnent » les militants. Un tel système ne favorise pas l’émergence de ce type de militants, qui vont au contraire se trouver en butte à bien des obstacles.

Mais pour répondre à la question, c’est évidemment possible que ça arrive de nouveau. De tels militants existent certainement aujourd’hui à la base : on le verra si les circonstances permettent qu’ils s’expriment pleinement, dans le cadre de puissantes luttes sociales à la fois unitaires et auto-organisées.

Entretien réalisé par Stéphane Julien

 (*) Julien Chuzeville, Fernand Loriot, le fondateur oublié du Parti communiste, Éditions L’Harmattan, collection Historiques – série « Travaux », Paris, 2012. 237 pages, ISBN 978-2-336-00119-7.

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Agustín Guillamón à Barcelone le 11 avril

6 avril 2013

Edition italienne du livre d’Agustín Guillamón

6 février 2013

Présentation en français de I Comitati di Difesa della Cnt a Barcellona (1933-1938):

CNT, présentation BatSoc

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Alle origini del partito comunista o il trattamento all’acido alla prova del tempo

27 janvier 2013

Note de lecture de Charles Reeve traduite en italien par Fabienne.

Gli anni 1924-25 furono particolarmente fecondi per il dibattito politico all’interno del giovane partito comunista in Francia. L’accettazione delle 21 condizioni di adesione all’Internazionale ha, in particolare, suscitato delle discussioni animate e sollevato importanti questioni teoriche.

Inizio 1925, prima che il riferimento a Trotski s’impose, una tendenza opposta alla bolscevizzazione s’organizzò nel partito. Quando, il 18 agosto 1925, una delegazione di oppositori fu ricevuta davanti al Comitato centrale per esporre i loro punti di vista ed affermare il loro sostegno a Souvarine, Monatte, Rosmer ed altri – precedentemente esclusi "come nemici del partito" – la sorte della corrente era già decisa. Appena avevano lasciato i luoghi uno dei membri influenti del Comitato centrale si rivolse ai suoi pari: "con quale acido tratteremo queste persone? ". Si trattava di Jacques Doriot, uno dei dirigenti che passerà, alcuni anni più tardi, dal socialismo nazionale al nazional socialismo.Per gli oppositori dell’epoca, l’accettazione delle 21 condizioni apriva le porte ad una trasformazione profonda della natura del partito. "In nome della bolscevizzazione, si pretende di imporre al Partito francese l’imitazione meccanica e servile del Partito russo.Ogni libertà di pensiero e di espressione, ogni critica, ogni iniziativa sono state bandite" (1). Questo era la fine di "un partito rivoluzionario [che] deve innanzi tutto essere un partito che pensa, un partito formato di uomini coscienti intellettualmente e moralmente. " (2).

Fernand Loriot (1870-1932) fu quello che, il 18 agosto 1925, difese le tesi degli oppositori davanti al Comitato centrale. Oggi quasi sconosciuto, Loriot fu un membro di primo piano nella sinistra della SFIO ed un amico dei sindacalisti rivoluzionari. Internazionalista partigiano di Zimmerwald, fu, durante la prima guerra mondiale, pacifista rivoluzionario – "quello che salvò l’onore del socialismo francese durante la guerra (1914-18)" dirà più tardi Souvarine.

 Ma, soprattutto, Loriot fu il redattore della mozione di rottura con la SFIO, durante il Congresso di Tours del dicembre 1920. Simpatizzante attivo della rivoluzione russa fin dalla prima ora, fu, di fatto, uno dei fondatori del Partito comunista, personaggio rispettato ed apprezzato da Lenin ed altri dirigenti bolscevici. Avendo raggiunto molto presto la corrente che si opponeva alla bolscevizzazione del partito, ecco come Loriot si esprimeva sulla questione dell’organizzazione: "L’ideologia rivoluzionaria non è fondata sul dogma; e la disciplina dei partiti non saprebbe essere un modo di asservamento della coscienza" (3). Durante il quarto congresso del 1925, insisteva: "La bolscevizzazione dei partiti si manifesta in pratica nella creazione di un formidabile mezzo di dittatura sul partito […] si arriva così, che lo si voglia o no, a creare un tipo di burocrazia terribile e estesa, la stessa burocrazia che c’è nel partito russo. "(4).

Si vede bene che c’era, in questo dibattito, più di uno scontro tra due concezioni dell’organizzazione. Le questioni di organizzazione coprono sempre delle questioni politiche fondamentali. Per Loriot ed i suoi amici, ciò che era in gioco era una concezione del movimento comunista. Si passava, secondo loro, da un partito di Comunisti ad un partito comunista inquadrando dei militanti asserviti ad una linea politica, decisa ai vertici secondo gli interessi dell’Internazionale tenuta da Mosca. Un’organizzazione burocratica sostituiva un’organizzazione vivente. Ne seguirebbe l’impossibilità di condurre una lotta per il rovesciamento dell’ordine sociale, di partecipare alla rifondazione della società su delle basi anti-capitalistie.Il partito comunista diventerebbe un partito che agisce nel quadro politico nazionale, articolando le lotte e rivendicazioni dei lavoratori francesi con gli interessi dello stato russo. La bolscevizzazione si accompagnerà così della "nazionalizzazione" del partito comunista, diventato partito comunista francese.

Dopo essere stato isolato dalla direzione, Loriot ed i suoi amici condurranno la lotta politica in quanto militanti in seno alle organizzazioni di base del partito. Poi, nel 1926, violentemente diffamati dalla stampa comunista ufficiale, Loriot finisce per licenziarsi. Proseguirà modestamente la sua attività politica in seno alla ristretta cerchia che pubblicava la rivista La Révolution prolétarienne ( La Rivoluzione proletaria). In un testo datato di 1928, ritornerà sull’esperienza russa. Per sottolineare una volta in più il legame tra forma di organizzazione e contenuto del socialismo, per ricordare che nella lotta per l’emancipazione sociale, gli scopi ed i mezzi sono indissociabili. "[…] L’avvenire dimostrerà ancora, con più evidenza, la divergenza degli interessi dello stato russo e della rivoluzione proletaria universale. È fuori dubbio, difatti, che la Russia non va verso il socialismo. […] L’economia russa si stabilizzerà forse sotto la forma di un tipo di capitalismo di stato, mantenendo delle sue origini rivoluzionarie certi aspetti originali, ma le sue caratteristiche essenziali resteranno quelle di un’economia capitalista e non di un’economia socialista. (5)" Bolscevizzazione, stalinismo e capitalismo di stato sono percepiti così come degli stadi successivi di un stesso processo di riproduzione dei rapporti di oppressione capitalista.

Conosciamo l’apporto delle correnti sindacaliste rivoluzionarie ed anarcho-comuniste nella formazione di certi partiti comunisti, (il partito comunista nordamericano o il partito comunista portoghese, per esempio). Nel caso della Francia, si tende piuttosto ad insistere sulla filiazione/rottura tra il partito comunista e la SFIO. La riscoperta di figure come quella di Fernand Loriot, porta un’illuminazione nuova sulla storia dei primi anni del partito comunista, ricordando l’influenza che ebbero dei militanti provenienti da ambienti pacifisti rivoluzionari e sindacalisti rivoluzionari. Furono tra i primi a percepire la natura autoritaria della bolscevizzazione e le sue conseguenze. Dopo la loro partecipazione alla conferenza di Zimmerwald, che avrebbe segnato la rottura col socialismo patriottico e guerriero, avevano mantenuto il contatto con i rivoluzionari russi ed italiani. Ma, probabilmente, per le ragioni storiche specifiche alla situazione francese, Loriot ed i suoi amici restarono lontani dal movimento rivoluzionario in Germania. Sembrano così avere ignorato i dubbi di Rosa Lussemburg riguardo all’autoritarismo bolscevico, essere passati accanto ai momenti forti della rivoluzione tedesca e dell’emergere della corrente comunista radicale, che prenderà più tardi il comunismo dei consigli come punto di riferimento in opposizione al comunismo di partito. Questo allontanamento peserà probabilmente nella loro debolezza davanti alla bolscevizzazione del partito.

Migliaia di pagine sono state scritte sulla storia del partito comunista francese, sui suoi dibattimenti e conflitti interni. Dalle varianti ufficiali, più o meno ortodosse, a quelle dell’anti-comunismo il più primario , passando per una vasta storiografia universitaria. Più rari sono i lavori dedicati allo studio delle dissidenze interne, soprattutto se lasciamo da parte gli studi dedicati più particolarmente alla corrente trotskista. Una lacuna è stata appena colmata con la pubblicazione di Fernand Loriot, Il Fondatore dimenticato del Partito comunista. In questo serio studio storico , condotto fuori dal quadro universitario, Julien Chuzeville ricostruisce il percorso politico di questo rivoluzionario atipico. Nonostante una forma di racconto in cui le ricche contraddizioni della vita politica di Loriot e dei suoi compagni si cancellano talvolta dietro il fattuale , Julien Chuzeville realizza il suo scopo di spezzare l’oblio per questi uomini che vissero in un secolo in cui trionfarono tutte le controrivoluzioni.Alla lettura delle sue pagine, (da cui abbiamo attinto le citazioni che riproduciamo qui), possiamo solo essere colpiti dalla chiaroveggenza di questi oppositori della prima ora. Quali presentivano senza ambiguità la conclusione a venire di questa operazione autoritaria di messa al passo dei partiti comunisti secondo gli interessi del nuovo Stato russo. Una volta in più, si ha la forza di constatare -e contro un certo materialismo storico deterministico per il quale le tappe giustificano spesso il compromesso col "realismo" dominante – che ogni epoca è carica di possibili, quelli che aprono verso il futuro e quelli che richiudono su un presente che si pensa insorpassabile. I dubbi e le questioni politiche di Loriot e dei suoi amici non hanno resistito all’efficacia bolscevica che partorì lo stalinismo. Ma, rileggendo le loro analisi, ci rendiamo conto che i principi che rivendicavano all’epoca, furono confermati dal movimento della storia e si rivelano un secolo dopo, di una stupefacente attualità, integrando sempre il progetto di emancipazione socialeLo sappiamo troppo bene, la storia è sempre la storia dei vincitori. Ed è per questo che è una storia morta. Secondo la formula incisiva di George Orwell, "Quelli che sono maestri del presente, perché non sarebbero maestri del passato? ". La storia dei vinti è, al contrario, l’unica che conta per il futuro umano, l’unica che porta i segreti di una possibile liberazione dalla barbarie, a condizione che le società si sveglino e si mettano in movimento. Riappropriarsi del’esperienza di Fernand Loriot e dei suoi compagni arricchisce la nostra capacità di opporci al presente.

Charles Reeve,Gennaio 2013

 (1) tribuna di discussione", Cahiers du bolchevisme (Quaderni del bolscevismo), 1 maggio 1925. Citato da Julien Chuzeville, Fernand Loriot, le fondateur oublié du Parti communiste, (Fernand Loriot, il fondatore dimenticato del Partito comunista), l’Harmattan, collection Historiques, Paris, 2012.

(2) corrispondenza di due comunisti dell’opposizione, Ibid.

(3) lettera degli oppositori, detta "lettera degli 80", inviata per Loriot a Zinoviev, 14 febbraio 1925. Ibid

(4) intervento di Loriot, 17 gennaio 1925, Ibid.(5) "che vale l’esperienza russa? ", La Révolution prolétarienne (La Rivoluzione proletaria), 15 marzo 1928.


 

I Comitati di Difesa della Cnt a Barcellona (1933-1938)

25 janvier 2013

Agustín Guillamón / I Comitati di Difesa della Cnt a Barcellona (1933-1938)

Dai Quadri di difesa ai Comitati rivoluzionari di quartiere

le Pattuglie di Controllo e le Milizie Popolari,

Introduzione: Dino Erba, Spagna 36. Una rivoluzione impossibile? O l’impossibilità della rivoluzione?

Appendice: Gilles Dauvé, Quando muoiono le insurrezioni.

All’Insegna del Gatto Rosso, Milano, 2013. Pp. 226.

Contributo € 15 (comprese le spese di spedizione).

Richiedere a: dinoerba@libero.it/

La sinistra comunista radicale ha giudicato che la rivoluzione spagnola del 1936 fosse impossibile. I toni possono essere diversi, ma la sostanza è la medesima. Nel complesso, tutte le tendenze che si richiamano alla sinistra comunista hanno sentenziato che la rivoluzione spagnola fosse fuori dal tempo massimo concesso dall’ondata rivoluzionaria sorta con l’Ottobre russo del 1917. Di cui, nel 1936, i processi di Mosca sancivano la fine, anche sotto il profilo formale.

Questa valutazione nasce – oltre che dal senno di poi, di cui son piene le fosse – da una concezione politicante della storia, che prescinde dalla reale dinamica dei conflitti sociali, riducendo il tutto a giochi di camarille. D’altro canto, l’accanimento che si scatenò contro i proletari e contro la rivoluzione spagnola dovrebbe far capire che qualche cosa bolliva in pentola, e quello che bolliva non piaceva certo alla borghesia, di destra e di sinistra.

Nei fatti, i proletari spagnoli affrontarono uno scontro di classe che, solo per evidenti fattori contingenti, presentava aspetti diversi da quelli che, storicamente, i proletari avevano già affrontato. E se furono sconfitti, non fu solo per colpa dello stalinismo e del «non» intervento delle Grandi Democrazie. La rivoluzione fallì per cause intrinseche, che non sono neppure da vedere in un eccesso di quell’«anarchica spontaneità», che da alcuni fu condannata e da altri fu osannata. Di fronte a questo capzioso dilemma – e alla luce dei fatti di Spagna –, c’è invece da domandarsi dove finisce la spontaneità e dove inizia l’organizzazione; e poi, dobbiamo anche chiederci: dove finisce l’organizzazione e inizia la burocrazia?

La rivoluzione non è certo una questione di organizzazione. Anche se richiede organizzazione. E gli anarchici spagnoli entrarono nel merito della questione, facendo mille errori ma tracciando un solco netto sulla via dell’organizzazione di classe, da cui una seria ricostruzione storica non può prescindere. Sono questi gli aspetti che il libro di Agustín Guillamón mette in luce, esaminando l’attività dei Comitati di Difesa della Cnt dal luglio 1936 al maggio 1937.

La sconfitta che il popolo di Barcellona inflisse all’esercito fascista il 19 luglio 1936 è uno dei miti più radicati della storia della Rivoluzione sociale spagnola. In realtà, la «spontaneità» della risposta operaia e popolare al golpe militare fu catalizzata e coordinata dai Comitati di Difesa della Cnt, che già da due anni li stava organizzando. I Comitati di Difesa furono i nuclei dell’esercito di miliziani che sostenne il Fronte d’Aragona; essi costituirono inoltre la base dei numerosi comitati rivoluzionari di quartiere, che avrebbero provveduto alla vita quotidiana di Barcellona (cibo, casa, sanità, istruzione…), fino alla restaurazione del potere borghese della Generalitad, imposto grazie alla connivenza dei comitati superiori della Cnt e della Fai. Neppure l’insurrezione «spontanea» del maggio 1937 per fermare la controrivoluzione, fomentata dallo stalinismo, può avere una spiegazione senza la presenza dei Comitati di Difesa nei quartieri di Barcellona.

Il libro di Guillamón analizza ed evidenzia l’esistenza di differenti modi di intendere (e di vivere) la Cnt e l’essenza stessa della Rivoluzione libertaria in seno al movimento anarcosindacalista di quell’epoca. Queste differenze, già presenti nel periodo repubblicano, durante la Guerra Civile produssero numerosi scontri fra i coerenti difensori della rivoluzione nell’ambito dei comitati di base e coloro che, invece, concepivano la Cnt-Fai come un partito in più nel campo dell’antifascismo, ripetendo la solita litania che «il momento era grave ed eccezionale». Una giustificazione che, recitata come un mantra, è divenuta un articolo di fede, facendo dimenticare che MAI l’antifascismo ha vinto il fascismo. Anzi, è SEMPRE avvenuto il contrario.

Pur nei drammatici frangenti della guerra e dei contrasti politici che l’inasprirono, Guillamón riesce a mostrare la forma e la sostanza che la società libertaria avrebbe potuto assumere in una Barcellona proletaria, solida e organizzata attraverso i comitati di quartiere, protetti dai Comitati di Difesa.

Agustin COPERTINA

AGUSTÍN GUILLAMÓN dal 1993 pubblica in Spagna «Balance», rivista di storia del movimento operaio internazionale e della guerra di Spagna. Libri:

Aux origines du parti communiste ou le traitement par l’acide à l’épreuve du temps

24 janvier 2013

Les années 1924-25 furent particulièrement fécondes pour le débat politique au sein du jeune parti communiste en France. L’acceptation des 21 conditions d’adhésion à l’Internationale a, en particulier, suscité de vives discussions et soulevé d’importantes questions théoriques.

Début 1925, avant que la référence à Trotski s’impose, une tendance opposée à la bolchevisation s’organisa dans le parti. Lorsque, le 18 août 1925, une délégation d’oppositionnels fut reçue devant le Comité central pour exposer leurs vues et affirmer leur soutien à Souvarine, Monatte, Rosmer et autres – précédemment exclus « comme ennemis du parti »- le sort du courant était déjà scellé. A peine avaient-ils quitté les lieux, qu’un des membres influents du Comité central, s’adressa à ses pairs : « Par quel acide allons-nous traiter ces gens-là ? ». Il s’agissait de Jacques Doriot, un des dirigeants qui passera, quelques années plus tard, du socialisme national au national socialisme.
Pour les oppositionnels de l’époque, l’acceptation des 21 conditions ouvrait la porte à une transformation profonde de la nature du parti. « Au nom de la bolchevisation, on prétend imposer au Parti français l’imitation mécanique et servile du Parti russe. On a banni toute liberté de pensée et d’expression, toute critique, toute initiative » (1). C’en était fini d’ « un parti révolutionnaire [qui] doit d’abord être un parti qui pense, un parti formé d’hommes conscients intellectuellement et moralement. » (2).

Fernand Loriot (1870-1932) fut celui qui, le 18 août 1925, défendit les thèses des oppositionnels devant le Comité central. Aujourd’hui quasiment inconnu, Loriot fut un membre de premier plan dans la gauche de la SFIO et un proche des syndicalistes révolutionnaires. Internationaliste partisan de Zimmerwald, il fut, pendant la première guerre mondiale, pacifiste révolutionnaire -« celui qui sauva l’honneur du socialisme français pendant la guerre (1914-18) » dira plus tard Souvarine. Mais, surtout, Loriot fut le rédacteur de la motion de rupture avec la SFIO, lors du Congrès de Tours de décembre 1920. Sympathisant actif de la révolution russe dès la première heure, il fut, de fait, un des fondateurs du Parti communiste, personnage respecté et apprécié de Lénine et autres chefs bolcheviques. Ayant rejoint très tôt le courant qui s’opposait à la bolchevisation du parti, voici, comment Loriot s’exprimait sur la question de l’organisation : « L’idéologie révolutionnaire n’est pas fondée sur le dogme ; et la discipline des partis ne saurait être un mode d’asservissement de la conscience » (3). Lors du IVe congrès de 1925, il insistait : « La bolchevisation des partis se traduit dans la pratique par la création d’un appareil formidable de dictature sur le parti […] On arrive ainsi, qu’on le veuille ou non, à créer une sorte de bureaucratisme terrible et étendu, le même bureaucratisme que dans le parti russe. «  (4).

On voit bien qu’il y avait, dans ce débat, plus qu’un affrontement entre deux conceptions de l’organisation. Les questions d’organisation recouvrent toujours des questions politiques fondamentales. Pour Loriot et ses amis, ce qui était en jeu c’était une conception du mouvement communiste. On passait, selon eux, d’un parti de Communistes à un parti communiste encadrant des militants asservis à une ligne politique, décidée au sommet selon les intérêts de l’Internationale tenue par Moscou. Une organisation bureaucratique remplaçait une organisation vivante. S’ensuivrait l’impossibilité de mener une lutte pour le renversement de l’ordre social, de participer à la refondation de la société sur des bases anti-capitalistes. Le parti communiste allait devenir un parti agissant dans le cadre politique national, articulant les luttes et revendications des travailleurs français avec les intérêts de l’Etat russe. La bolchevisation s’accompagnera ainsi de la « nationalisation » du parti communiste, devenu parti communiste français.

Après avoir été isolés par la direction, Loriot et ses amis vont mener le combat politique en tant que militants au sein des organisations de base du parti. Puis, en 1926, violemment diffamé par la presse communiste officielle, Loriot finit par démissionner. Il poursuivra modestement son activité politique au sein du cercle restreint qui publiait la revue La Révolution prolétarienne. Dans un texte daté de 1928, il reviendra sur l’expérience russe. Pour souligner une fois de plus le lien entre forme d’organisation et contenu du socialisme, pour rappeler que dans la lutte pour l’émancipation sociale, les buts et les moyens sont indissociables. « […] L’avenir montrera avec plus d’évidence encore la divergence des intérêts de l’Etat russe et de la révolution prolétarienne universelle. Il est hors de doute, en effet, que la Russie ne va pas au socialisme. […] L’économie russe se stabilisera peut-être sous les formes d’une sorte de capitalisme d’Etat gardant de ses origines révolutionnaires certains aspects originaux, mais ses caractéristiques essentielles resteront celles d’une économie capitaliste et non d’une économie socialiste. (5) » Bolchevisation, stalinisme et capitalisme d’Etat sont ainsi perçus comme des stades successifs d’un même processus de reproduction des rapports d’oppression capitaliste.

On connaît l’apport des courants syndicalistes révolutionnaires et anarcho-communistes dans la formation de certains partis communistes (le parti communiste nord-américain ou le parti communiste portugais, par exemple). Dans le cas de la France, on a plutôt tendance à insister sur la filiation/rupture entre le parti communiste et la SFIO. La redécouverte de figures comme celle de Fernand Loriot, apporte un éclairage nouveau sur l’histoire des premières années du parti communiste, rappelant l’influence qu’y jouèrent des militants provenant des milieux pacifistes révolutionnaires et syndicalistes révolutionnaires. Ils furent parmi les premiers à percevoir la nature autoritaire de la bolchevisation et ses conséquences. Après leur participation à la conférence de Zimmerwald, qui allait marquer la rupture avec le socialisme patriotique et guerrier, ils avaient gardé le contact avec les révolutionnaires russes et italiens. Mais, sans doute pour des raisons historiques spécifiques à la situation française, Loriot et ses amis restèrent éloignés du mouvement révolutionnaire en Allemagne. Ils semblent ainsi avoir ignoré les doutes de Rosa Luxembourg vis-à-vis de l’autoritarisme bolchevique, être passés à côté des moments forts de la révolution allemande et de l’émergence du courant communiste radical, qui prendra plus tard le communisme de conseils comme référence en opposition au communisme de parti. Cet éloignement pèsera sans doute dans leur faiblesse face à la bolchevisation du parti.

Des milliers de pages ont été écrites sur l’histoire du parti communiste français, sur ses débats et conflits internes. Allant des variantes officielles, plus ou moins orthodoxes, à celles de l’anti-communisme le plus primaire en passant par une vaste historiographie universitaire. Plus rares sont les ouvrages dédiés à l’étude des dissidences internes, surtout si on laisse de côté les études consacrées plus particulièrement au courant trotskiste. Une lacune vient d’être comblée avec la publication de Fernand Loriot, Le Fondateur oublié du Parti communiste. Dans cette étude historique sérieuse, menée en dehors du cadre universitaire, Julien Chuzeville reconstruit le parcours politique de ce révolutionnaire atypique. Nonobstant une forme de récit où les riches contradictions de la vie politique de Loriot et de ses compagnons s’effacent parfois derrière le factuel, Julien Chuzeville accomplit son but de briser l’oubli pour ces hommes qui vécurent dans un siècle où triomphèrent toutes les contre-révolutions.
A la lecture de ses pages (où nous avons puisé les citations que nous reproduisons ici), on ne peut qu’être frappé par la clairvoyance de ces oppositionnels de la première heure. Lesquels pressentaient sans ambiguïtés l’aboutissement à venir de cette opération autoritaire de mise au pas des partis communistes selon les intérêts du nouvel Etat russe. Une fois de plus, force est de constater – et à l’encontre d’un certain matérialisme historique déterministe pour lequel les étapes justifient souvent le compromis avec le « réalisme » dominant – que chaque époque est chargée de possibles, ceux qui ouvrent vers l’avenir et ceux qui referment sur un présent qui se veut indépassable. Les doutes et les questionnements politiques de Loriot et de ses amis n’ont pas résisté à l’efficacité bolchevique qui enfanta le stalinisme. Mais, en relisant leurs analyses, on se rend compte que les principes qu’ils revendiquaient à l’époque, furent confirmés par le mouvement de l’histoire et se révèlent un siècle plus tard, d’une étonnante actualité, intégrant toujours le projet d’émancipation sociale
Nous le savons trop bien, l’histoire est toujours l’histoire des vainqueurs. Et c’est pourquoi elle est une histoire morte. Selon la formule incisive de George Orwell, « Ceux qui sont maîtres du présent, pourquoi ne seraient-ils pas maîtres du passé ? ». L’histoire des vaincus est, au contraire, la seule qui compte pour le devenir humain, la seule qui porte les secrets d’un possible délivré de la barbarie, pour peu que les sociétés se réveillent et se mettent en mouvement. Se réapproprier l’expérience de Fernand Loriot et de ses camarades enrichit notre capacité de s’opposer au présent.

Charles Reeve,
Janvier 2013

(1) Tribune de discussion », Cahiers du bolchevisme, 1er mai 1925. Cité par Julien Chuzeville, Fernand Loriot, le fondateur oublié du Parti communiste, l’Harmattan, collection Historiques, Paris, 2012.
(2) Correspondance de deux communistes oppositionnels, Ibid.
(3) Lettre des oppositionnels, dite « lettre des 80 », envoyée par Loriot à Zinoviev, 14 février 1925. Ibid
(4) Intervention de Loriot, 17 janvier 1925, Ibid.
(5) « Que vaut l’expérience russe ? », La Révolution prolétarienne, 15 mars 1928.


A l’école du socialisme

16 janvier 2013

Rosa Luxemburg /A l’école du socialisme : Oeuvres complètes, tome 2.

Ce recueil de textes de Rosa Luxemburg (1871-1919), tous inédits en français, est le second volume de l’édition française des Oeuvres complètes qui en comprendra quinze. Il regroupe ses discours et articxles polémiques sur la formation théorique, au sein du mouvement ouvrier, ses recensions des oeuvres posthumes de Karl Marx, ainsi que ses manuscrits historico-économiques rédigés de 1907 à 1913.

Elle y interroge ce que pourrait être une "éducation révolutionnaire", pourquoi lire Marx, quel rôle assigner à la critique de l’économie politique.

C’est par la discussion, l’échange libre avec le professeurE que l’on peut obtenir l’attention, la concentration des esprits, car un institut de formation pour des prolétaires engagéEs dans la lutte des classes doit considérer comme sa tâche principale la formation à une pensée systématique et indépendante et non l’ingurgitation mécanique d’une somme de savoir positif. Des réflexions qui restent d’actualité.

L’Emancipation syndicale et pédagogique, janvier 2013.

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Wobblies et hobos à Ivry-sur-Seine le 6 février

6 janvier 2013
Conférence littéraire et musicale, entrée libre.

LES GOMMARDS : AUTOUR DE "WOBBLIES ET HOBOS" DE JOYCE KORNBLUH

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A l’initiative de la librairie Envie de Lire dans le cadre du festival Sons d’hiver.

La librairie Envie de lire est une coopérative ouvrière, attentive aux publications portant sur l’histoire du mouvement ouvrier à travers le monde. C’est ainsi qu’elle a découvert le magnifique "Wobblies et Hobos" paru aux éditions de l’Insomniaque.

L’édition en français de cet ouvrage de référence est composée d’une quarantaine de documents écrits et de plus de 130 illustrations provenant de l’édition originale. Cette édition abrégée est une véritable réussite ; l’oeuvre de Joyce Kornbluh a retrouvé là, une seconde jeunesse. Maquette, format et mise en page sont un véritable régal. L’ouvrage est accompagné d’un CD qui contient 22 chansons : des blues inédits écrits et chanté par des hobos noirs dont la plupart sont devenus célèbres (tel Sleepy John Estes) et des chants ouvriers et protest-songs dus à la plume de Joe Hill, de T-Bone Slim ou d’autres, soit dans d’anciennes versions, soit joués par un groupe de blues rock montreuillois : les "Gommards".

Wobblies et Hobos?

Les militants des IWW, sont communément appelés Wobblies. Les IWW étaient nés en opposition au syndicat confédéral corporatiste, raciste et chauvin, AFL, fondé par Samuel Gompers en 1886. Les Wobblies recrutaient quant à eux parmi les travailleurs non qualifiés de toute race et de tout sexe : la main-d’oeuvre féminine sous-payée du textile, les mineurs et journaliers noirs comme blancs, les immigrés fraîchement débarqués et parlant à peine l’anglais, et surtout les travailleurs saisonniers qui sillonnaient le continent en resquillant dans des trains de marchandise :  les vagabonds du rail ou hobos.

Renseignements et infos : www.lehangar94.fr

All Power to the Councils!

5 janvier 2013

Le livre (en anglais) All Power to the Councils! A Documentary History of the German Revolution of 1918–1919 compilant de nombreux textes a été mis en ligne au format pdf par le site Libcom.

Sommaire / Table of Contents:

  • Introduction Gabriel Kuhn xi
  • Glossary xvi
  • Timeline xxiv
  • Wilhelmshaven and Kiel 1
  • The Wilhelmshaven Revolt: A Chapter of the Revolutionary Movement in the German Navy, 1918–1919 Icarus 5
  • With the Red Flag to Vice-Admiral Souchon Karl Artelt 19
  • Berlin 25
  • The Revolutionary Stewards
  • Report by the Executive Council of the Workers’ and Soldiers’ Councils of Great Berlin Richard Müller 31
  • The National Assembly Means the Councils’ Death Ernst Däumig 40
  • The Council Idea and Its Realization Ernst Däumig 51
  • Democracy or Dictatorship Richard Müller 59
  • “Revolutionary Gymnastics” Richard Müller 76
  • Spartacus
  • The Next Objectives of the Struggle Gruppe Internationale (Spartakusgruppe) 79
  • The Beginning Rosa Luxemburg 81
  • The Usual Game Rosa Luxemburg 84
  • The New Burgfrieden Karl Liebknecht 87
  • The National Assembly Rosa Luxemburg 90
  • That Which Is Karl Liebknecht 93
  • On the Executive Council Rosa Luxemburg 96
  • What Does the Spartacus League Want? Rosa Luxemburg 99
  • Confront the Counterrevolution! Karl Liebknecht 107
  • To the Entrenchments Rosa Luxemburg 109
  • National Assembly or Council Government? Rosa Luxemburg 113
  • A Pyrrhic Victory Rosa Luxemburg 116
  • About the Negotiations with the Revolutionary Stewards Karl Liebknecht 119
  • Despite It All! Karl Liebknecht 122
  • Noske and the Beginning of the Comrades’ Murders Karl Retzlaw 126
  • Brunswick 143
  • The Revolution Has Come Volksfreund 147
  • Bremen 149
  • We Fought in Bremen for the Council Republic Karl Jannack 152
  • Shame! Bloodshed by the Government Troops Der Kommunist 161
  • The Council Idea in Germany Karl Plättner 164
  • Bavaria 167
  • Letters from Bavaria Gustav Landauer 171
  • The United Republics of Germany and Their Constitution Gustav Landauer 199
  • From Eisner to Leviné: The Emergence of the Bavarian Council Republic Erich Mühsam 205
  • Appendix 1: Ruhr Valley 265
  • Documents from the Red Ruhr Army 268
  • Dortmund after the Bielefeld Resolution Anton Kalt 273
  • What Has Been Really Bothering Me All Those Years… Johannes Grohnke 275
  • Appendix 2: Vogtland 277
  • From the “White Cross” to the Red Flag: Youth, Struggle, and Prison Experiences (Excerpts) Max Hoelz 280
  • Bibliography 305
  • Index 315
Gabriel Kuhn

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La révolution des comités

5 janvier 2013

Repris de Philippe Bourrinet avec son autorisation, qui nous signale que la traduction est du forum Controverses, Bruxelles.

La revolución de los comités, de Agustín Guillamón, publiée par Aldarull/El Grillo Libertario (2012), est un ouvrage indispensable sur la guerre civile en Catalogne. Dans une nouvelle rédaction historique, les protagonistes eux-mêmes expliquent, à la première personne du présent, les événements tels qu’ils ont été vécus dans la Barcelone révolutionnaire au cours du second semestre de 1936.

revComites

Les révolutions sociales, ces tentatives de réorganisation de la production et de la société sur de nouvelles bases, sont extrêmement rares dans l’histoire. Au XXe siècle ont surgi : la Révolution russe, dont l’âme fut les soviets, la Révolution allemande, caractérisée par les Räte (conseils) et la Révolution espagnole, s’identifiant aux comités. Les soviets, les Räte et les Comités furent les organes potentiels de pouvoir de la classe ouvrière dans chacune de ces révolutions. L’étude de ces organes de pouvoir permet une connaissance profonde des dynamiques sociales, des problèmes et des faiblesses de chacune de ces révolutions. Au-delà des circonstances politiques, sociales et économiques dans lesquelles elles ont surgi, ils nous apportent toujours une expérience irremplaçable, tant dans ses succès que, surtout, dans ses échecs. Pour les révolutionnaires, le grand enseignement de la révolution des comités, en 1936, a été l’inéluctable nécessité de la destruction de l’État.

Chronologiquement, cet ouvrage traite la période courant de juillet à décembre 1936 : c’est la période cruciale de la révolution des Comités. Les Comités de quartier exerçaient tout le pouvoir dans les rues de Barcelone, s’affrontant, à l’occasion, d’abord au Comité central des milices antifascistes et, à partir du 26 septembre, aux Comités supérieurs cénétistes , intégrés au gouvernement de la Généralité (Generalidad). Cet ouvrage étudie, l’origine de l’organisme révolutionnaire connu sous le nom de Comite Central de Abastos (Comité central du ravitaillement), et son intégration ultérieure dans la Consejería de Abastos de la Generalidad (Ministère du ravitaillement de la Generalidad), qui se fit presque sans problèmes grâce à la présence de la même personne : Josep Juan Doménech. Émerge de façon impétueuse la figure de l’économiste Joan Pau Fábregas, Conseiller à l’Économie et signataire du Décret des collectivisations. Ses propositions économiques originales, parmi lesquelles on remarque le monopole du commerce extérieur comme solution d’urgence à la pénurie de vivres, se trouvèrent confrontés au rejet ou au silence des autres conseillers jusqu’à ce que se produise son expulsion définitive du gouvernement de la Generalidad, conjointement à celle de Nin, le 17 décembre 1936, fait à peine mentionné par l’historiographie académique.

Le prix des vivres avait commencé à monter de façon incontrôlée, à cause de la spéculation, en confrontant les travailleurs à des situations dramatiques, dont la menace de famine était l’aspect visible.

La faim fut utilisée aussi bien par le gouvernement de la Generalidad que par les staliniens comme une arme puissante de contre-révolution pour mettre à genoux les révolutionnaires. De façon répétée, le gouvernement a refusé les fonds nécessaires à la constitution de réserves adéquates d’aliments. LA GENERALIDAD ET LES STALINIENS ONT VOULU FAIRE PLIER LA RÉVOLUTION PAR LA FAIM.

Un autre protagoniste de ce type est la violence politique révolutionnaire des premiers mois, qui se heurte à des tentatives précoces de peu à peu l’institutionnaliser et la domestiquer. L’ordre public ne peut se comprendre que comme une violence institutionnelle. L’État défend toujours les institutions de la société bourgeoise et détient le monopole de la violence, qu’il exerce au moyen desdites Forces de l’ordre public qui imposent de façon autoritaire la « normalité » de la société capitaliste par la répression et la terreur exercée contre la classe ouvrière. La violence révolutionnaire qui brise ce monopole étatique est invariablement présentée comme un phénomène exceptionnel, chaotique, arbitraire et anormal, c’est-à-dire comme une altération de la loi et de l’ordre bourgeois et donc comme une délinquance. Et ses meneurs sont des « criminels ».

La restauration de l’Ordre public bourgeois, à partir d’octobre 1936, s’opposa et s’affronta à cette violence révolutionnaire.

Le soulèvement militaire de juillet 1936 a ouvert la voie à l’exercice de la violence comme solution aux conflits sociaux et politiques. Dans une guerre, les conflits se résolvent par la mise à mort de l’ennemi.

La situation exceptionnelle de la conjonction d’une crise institutionnelle et d’une révolution sociale, provoquée par le soulèvement militaire et la guerre civile, furent le terrain fertile sur lequel proliférèrent les révolutionnaires – diffamés comme « incontrôlés » – qui prirent alors la justice en main. Dans une situation de faillite de toutes les institutions et de vide du pouvoir, les Comités révolutionnaires et aussi quelques Comités d’investigation spécialisés s’attribuèrent le droit de juger et d’exécuter l’ennemi fasciste, ou aussi quiconque était suspecté de l’être simplement par le fait d’être curé, propriétaire, de droite, riche ou membre de la Cinquième colonne. Et les armes qu’ils empoignèrent leur donnèrent le pouvoir et le « devoir » d’exterminer l’ennemi. Parce que c’était l’heure de mettre à mort le fascisme, sans autre alternative que de mourir ou de tuer. Pourquoi personne ne serait accusé de tuer l’ennemi embusqué à l’arrière ? si ce n’est que dans une guerre, on tue l’ennemi parce qu’il est l’ENNEMI : il n’y avait pas d’autre loi, ni d’autre règle morale, ni une quelconque forme de haute philosophie.

Aujourd’hui, dans la presse, des chiens de garde au service de leurs maîtres, apparentés à certains cercles bourgeois et franquistes, étalant une morgue aristocratique, continuent d’aboyer de peur devant la «brute anarchiste», diabolisée en vampire assoiffé de sang. A de nombreuses années de distance, des savants académiques (en majorité héritiers du stalinisme) élaborent des explications et théories compliquées visant à accuser les seuls anarchistes; mais tous les documents historiques sur cette question de la violence nous indiquent que le milicien (cénétiste, républicain, poumiste ou stalinien) qui partait « faire un tour » (dar un paseo) avec un curé, un patron ou un fasciste appliquait une règle très simple : dans une guerre, tu tues l’ennemi ou il te tue. Depuis Federica Montseny, Ministre de santé, jusqu’à Pascual Fresquet, Chef de la Brigade de la mort; depuis Vidiella, Conseiller à la justice pour le PSUC, jusqu’à África de las Heras, leader d’un cercle du PSUC stalinien; depuis Joan Pau Fábregas, Conseiller cénétiste à l’économie, jusqu’au milicien ou au patrouilleur le plus modeste, tous, absolument tous, tenaient ce même raisonnement.

Le phénomène de la violence révolutionnaire des miliciens, dans l’arrière-garde aragonaise ou catalane, doit être étudié dans le contexte de la lutte pour le pouvoir local : formation du comité révolutionnaire, châtiment et liquidation (« nettoyage ») des prêtres et de fascistes, expropriation des terres, du bétail et des propriétés des gens de droite (dans leur majorité assassinés ou en fuite) et de l’Église. Ce qui renforça économiquement la Collectivité du peuple. Dans ce processus, les conflits sociaux antérieurs ont joué un rôle majeur, nourrissant un bouillon de culture de vengeances et de règlement de comptes dans chaque village, ce qui explique la plus ou moins grande virulence du « nettoyage ».

Violence et révolution sont inséparables. Violence et pouvoir aussi. Dans les époques de révolution, la violence, qu’elle soit destructive (de l’ordre ancien) ou constructive (d’un nouvel ordre), ne peut pas être maîtrisée, et trouve toujours des exécutants, anonymes ou pas. Il en a été et il en aura été ainsi depuis la Révolution française jusqu’à la révolution de demain. Mais quand cette violence incontrôlée, liée à la situation révolutionnaire de juillet et à un pouvoir atomisé, commença à être régulée à partir d’octobre 1936 (depuis sa nouvelle nature de violence légitime et/ou légale exercée par le « nouvel » ordre public) par les nouvelles autorités antifascistes, elle cessa d’être une violence révolutionnaire, collective, populaire, justicière, festive et spontanée, parce qu’elle se transformait déjà en un phénomène cruel, extérieur et incompréhensible à un nouvel ordre contre-révolutionnaire, bourgeois et républicain, centralisé et monopolisateur qui s’instaura, précisément, par le contrôle et l’éradication de la situation révolutionnaire antérieure.

En octobre 1936, le retour à un « nouvel » ordre public, par agrément mutuel entre le Gouvernement de la Generalidad et les Comités supérieurs libertaires, supposait que l’on considère comme « anormale » et transitoire la violence révolutionnaire de l’été. En tout cas, on ne reconnaissait déjà plus ce qui s’était passé en juillet : il fallait tourner la page. Seule importait l’unité antifasciste pour gagner la guerre.

Certains n’ont pas suivi et ne s’habituèrent jamais à cette mutation : d’une situation de justice révolutionnaire spontanée et individuelle, qui dura quelques semaines, à une restauration lente du monopole de la violence par les institutions étatiques, qui marqua la transition vers une justice républicaine. Et ils souffrirent d’une sorte de « décalage » temporaire, tel Fresquet.

D’autres, au contraire, ont agi, sont intervenus et ont vécu ces changements en première ligne, marquant les moments et les avancées de cette transformation, comme Aurelio Fernández, organisateur des Patrouilles de Contrôle (Patrullas de Control) ; par la suite, secrétaire de la Junta de Seguridad (Junte de Sécurité), depuis laquelle il tenta de faire accepter le nouvel ordre par les patrouilleurs, non sans se poser, à quelques moments, la nécessité de rompre l’unité antifasciste ; conseiller de la Generalidad en avril et, paradoxalement, prisonnier antifasciste depuis août 1937; accusé d’abord de l’attentat contre Josep Andreu i Abelló puis, ensuite, d’être impliqué dans l’affaire des Frères maristes.

Dans de très rares cas, celui de Ruano, il s’agissait d’un délinquant que les syndicats ont condamné à mort et finalement exécuté.

Mais déjà, immédiatement après la défaite des révolutionnaires en mai 1937, l’infamie bourgeoise et stalinienne étendit le processus de criminalisation à tout le mouvement anarchiste, multipliant le nombre des réprimés à l’infini, exprimant ainsi une peur infinie des révolutionnaires, mais dédouanant curieusement les républicains, poumistes et staliniens de toute implication dans le phénomène répressif de l’été 1936. Soler Arumí et la Tcheka de l’ERC; África de las Heras et sa garde stalinienne, organisatrice (selon Miravitlles) d’orgies de sang et de sexe, le terrible José Gallardo Escudero, Salvador González, et tant d’autres du PSUC, ont été rayés de la liste des agents de la répression pour n’accuser que les seuls anarchistes, et surtout, dans le but de faire oublier le contexte historique, celui d’un peuple attaqué sauvagement par sa propre armée, de transformer les attaqués en assassins pour l’unique raison qu’ils se défendaient face à l’agression des attaquants. Le monde à l’envers, cent mille fois répété par l’omniprésente propagande bourgeoise, franquiste, cléricale et stalinienne.

Un exemple : celui des tribunaux franquistes fusillant pendant douze ans les éléments loyaux au régime républicain pour crime de rébellion militaire. D’autres exemples : la fade historiographie staliniennne, intangible dans son ignominie, les articles pleins de rancune, d’ignorance et de haine de Massot dans La Vanguardia ; la « production » éditoriale nauséabonde, fallacieuse et forcenée de Mir et Cie contre les libertaires, contre Tarradellas , financée par des lobbies bourgeois, nobiliaires et franquistes.

Ce travail d’historien, au fil des pages, a pour seule ambition de faire entendre la voix des acteurs de l’histoire, de redonner la parole à ceux qui ont vécu et enduré des événements, aujourd’hui historiques; mais dans le devenir de l’instant, celui d’un présent plein de problèmes, de misère, de luttes et d’espoirs.

Le livre présente l’intérêt et a l’audace de situer dans leur contexte historique – en essayant de les comprendre du point de vue du prolétariat révolutionnaire –, deux des épisodes les plus horribles – mais manipulés et mystifiés – de la répression révolutionnaire anarchiste : l’action de la Brigade de la mort de Fresquet et l’assassinat des 42 frères maristes par Aurelio Fernández et Antonio Ordaz, en y apportant une documentation inédite.

A chaque moment, à chaque ligne, on fait en sorte que le lecteur puisse se faire sa propre opinion sur les événements, les discours, les débats en cours, les positions des différents protagonistes. Mais les seuls documents ne parlent jamais par eux-mêmes, ils doivent être interprétés, contextualisés et expliqués. Et le travail de l’historien, s’il est honnête – en plus de les repérer et de les sélectionner, selon son aptitude – n’est rien d’autre que de les rendre compréhensibles ou de les situer chronologiquement et idéologiquement. Pour ce faire on a recours aux notes de bas de page mais, en plus, quand le narrateur doit intervenir pour compléter l’information du document, ou pour donner sa propre interprétation (inévitable et nécessaire) des faits, on utilise les italiques, parce que cela ajoute au document, ou parce que cette interprétation de l’auteur peut être discutable, ou encore pourrait ne pas être partagée par le lecteur. Rien à voir avec la méthode stalinienne et/ou bourgeoise.

Ainsi, donc, les italiques sont toujours utilisées pour indiquer que l’auteur donne sa propre interprétation des faits, afin d’aider à les comprendre; mais avec le vif désir de ne pas tromper le lecteur, en lui laissant accroire qu’il s’agirait de la seule interprétation possible. L’objectif, qu’il soit atteint ou non, est le respect absolu porté au jugement du lecteur qui, à tout moment, doit être libre et capable de maintenir sa propre opinion sur les faits ainsi présentés. Mais que personne ne s’y trompe : la lecture des textes sélectionnés et le « climat » créé par les documents les plus divers, depuis des lettres et articles jusqu’aux statistiques, ou les discours dans les meetings et les interventions orales, dans les réunions des comités ou du conseil de la Generalidad, modifieront sans doute quelques-uns des a-priori que le lecteur pouvait avoir sur la révolution, l’anarchisme, les comités, la CNT, le PSUC, la FAI et la violence politique. Devrait aussi changer l’opinion du lecteur sur les principes (ce que l’on pense ou ce que l’on croit), la tactique (ce qui se fait) et la stratégie (comment aboutir à ce que l’on veut) dont il pouvait présupposer qu’ils animaient des personnalités historiquement remarquables, de Companys et Tarradellas à García Oliver, Santillán ou Federica Montseny. Et, au cours de la lecture, surgiront de nouveaux problèmes – ou apparaitront avec un relief correspondant à leur importance des personnalités pratiquement inconnues ou très secondaires : la guerre du pain, Joan Pau Fábregas, Josep Juan Doménech, le monopole du commerce extérieur, Manuel Escorza, Dionisio Eroles, José Asens, Valerio Mas, les comités révolutionnaires de quartier, les coopératives, la dualité des pouvoirs entre les cénétistes et les staliniens pour le contrôle de l’ordre public, etc.

La majeure partie de la documentation utilisée est inédite, ou très peu connue, elle provient d’archives du monde entier, depuis l’Université de Stanford en Californie jusqu’à la Tamiment Library de New York, depuis le Centre russe de Préservation de l’Histoire Contemporaine de Moscou jusqu’à la Bibliothèque Anarchiste d’Etudes Libertaires de Buenos Aires, en passant par la Bibliothèque de Documentation Internationale Contemporaine de Nanterre, même si les archives fondamentales et de la plus grande richesse viennent de l’Institut d’Histoire Sociale d’Amsterdam, du Centre de Documentation de la Mémoire Historique de Salamanque, de l’Archive Tarradellas du monastère de Poblet et de l’Ateneu Enciclopèdic Popular de Barcelone.

Parmi les documents inédits ou méconnus, publiés dans ce livre, se détachent, la Soli du lundi 20 juillet 1936; le discours radiophonique de Durruti au début de novembre; les débats des comités libertaires sur les nombreuses désertions des colonnes confédérales; les réprimandes à Ortiz, Fresquet, Ruano et d’autres dirigeants des colonnes; la démoralisation des miliciens de la colonne Durruti, convaincus de l’assassinat de leur leader par les staliniens; l’approbation et la justification de l’élimination d’une quarantaine de frères maristes par les comités supérieurs, car considérés comme des ennemis cachés de l’intérieur ; les attaques constantes contre Joan Pau Fábregas, l’économiste cénétiste qui promulgua le Décret des collectivisations, jusqu’à obtenir son exclusion du gouvernement de la Generalidad ; le bilan de Doménech sur le travail cénétiste mené aux comités de ravitaillement (comites de abastos) de juillet à décembre 1936; l’existence d’un très fort réseau de distribution d’aliments, géré par les comités de quartier (et les coopératives), etc.

Sont repris tous les procès-verbaux des réunions des hauts comités anarchistes, des séances du Comité central de milices antifascistes, du Conseil de la Generalidad, de la Junte de Sécurité intérieure et du Conseil municipal de Barcelone ; complétés par les articles plus significatifs de la presse de l’époque, de Solidaridad Obrera à La Vanguardia, du Boletín de Información de la CNT-FAI à Treball ou au Diario Oficial de la Generalidad. D’autres documents proviennent des réunions de la Comisión de Industrias de Guerra, du Sindicato de Alimentación de la CNT ou du Comité Económico de la Industria del Pan.

Le livre reprend et donne un choix élaboré de quelques extraits documentaires significatifs, qui s’expliquent parfois ou se contredisent les uns les autres, mais qui sont indispensables pour comprendre ce qui se passait et la nature des problèmes qui accablaient et occupaient ces hommes et ces femmes, qu’ils soient dirigeants ou humbles gens du peuple, et font que le lecteur saisit intensément l’époque, sent le climat que l’on vivait à chaque instant, assiste aux débats qui se développaient dans les réunions des hauts comités ou au Conseil de la Generalidad, parvient à partager les angoisses et les peurs de la vie quotidienne et peut visualiser dans le moment actuel toute connaissance profonde de ces événements aujourd’hui historiques.

Il y a deux grandes leçons à tirer de la révolution de 1936

1. – La question, en juillet 1936, n’était pas tant de prendre le pouvoir (par une minorité de dirigeants) mais celle de détruire l’État, à travers la coordination, l’extension et l’approfondissement des tâches appropriées par les comités. Les comités révolutionnaires de quartier (et certains des comités locaux) ne faisaient pas ou ne cessaient pas de faire la révolution, ils étaient la révolution sociale.

2. – La destruction de l’État était un processus très concret, dans lequel les comités exerçaient des fonctions arrachées aux institutions officielles, parce que l’État était incapable de les assumer

Ce livre renforce les volontés, ouvre des perspectives, découvre des horizons et nous arme d’un programme s’enracinant dans les combats de nos grands-parents. La révolution sociale, collective, populaire, internationale et anonyme de demain, sans guide ni dirigeants, commencera par la destruction de l’État. Et elle s’avance, déjà, maintenant, dans cette réalité pourrie, avec la lutte pour la création d’une société parallèle, à la marge des valeurs capitalistes caduques, avec l’objectif clair et précis d’abolir tous les États, toutes les frontières, toutes les polices et les armées, le travail salarié, la plus-value et l’exploitation de l’homme sur toute la planète, en abaissant tous les drapeaux, en réduisant au silence les fanfares de tous les hymnes nationaux, en faisant front à la menace nucléaire et à la destruction de la planète par le capitalisme, en imposant la démocratie directe des assemblées et de l’auto-organisation du prolétariat, qui continue d’exister malgré tous ses fossoyeurs, qu’ils se situent à la droite ou à la gauche du capital.

GUILLAMÓN, Agustín : La revolución de los comités. Hambre y violencia en la Barcelona revolucionaria. De julio a diciembre de 1936 [La révolution des comités. Faim et violence dans la Barcelone révolutionnaire. De juillet à décembre 1936]. Aldarull y El grillo libertario, Barcelona, 2012.

Autres ouvrages de l’auteur :

  • Barricadas en Barcelona, Espartaco Internacional, 2007 [Barricades à Barcelone 1936-1937, Paris, Spartacus, 2009.]
  • Los comités de defensa de la CNT en Barcelona (1933-1938). Aldarull, 2011. (En préparation, 3e édition, avec modifications et ajouts)

Librairies où l’on peut trouver ces ouvrages ainsi que Balance. Cuadernos de historia:

  • Aldarull. Torrent de l’Olla, 72 (Gracia), Barcelona.
  • Anónims. Ricomá 57, Granollers.
  • La Ciutat Invisible. Riego 35 (Sants), Barcelona. (Tél. (0034) 932 989 947)
  • El grillo libertario. c/. Florida, 40. Cornellá.
  • La Malatesta, calle Jesús y María, 24. Madrid
  • La Rosa de Foc. Joaquín Costa, 34. Barcelona. (Tél. (0034) 933.188.834)

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