Archive for the ‘Révolution espagnole’ Category

Le message révolutionnaire des Amis de Durruti : Espagne 1937 (Fontenis, 1983)

5 mai 2014

Disponible au format pdf:

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Témoignage du Canadien Bill Wood (1937)

28 avril 2014

La lettre qui suit a été publiée dans le journal des IWW américains, le mensuel One Big Union en septembre 1937. Merci à gimenologues.org pour cet envoi.[texte en anglais ici]

RETOUR D’UN SOLDAT.

Introduction originale :

Le Mensuel One Big Union et l’Industrial Workers of the World sont corps et âme pour le succès du combat antifasciste en cours en Espagne, mais nous ne voyons aucune raison de nous cacher la tête dans le sable et de prétendre ne pas être informés de la présence d’éléments de la classe capitaliste au sein du gouvernement espagnol de Front Populaire, qui essaient de voler la victoire aux syndicalistes révolutionnaires espagnols.
Peu importe notre sentiment sur la sagesse de la conduite des Syndicalistes dans leur collaboration avec un gouvernement politique, les informations et les arguments contenus dans cette lettre d’un combattant de base dans la lutte pour la liberté de la classe ouvrière, et dans d’autres articles parus dans ce magazine, ne peuvent que rappeler qu’il y a encore des ennemis des travailleurs parmi ceux qui choisissent la « démocratie » par opposition au fascisme.

LA REDACTION.

Marseille. France.

Compagnon,

J’ai reçu ta lettre l’autre jour à Barcelone. J’ai tapé trois pages en réponse, mais je n’ai pas pu les faire sortir du pays. Alors je les ai déchirées.

Je suis hors d’Espagne. Les raisons sont nombreuses. J’étais de trop pour le gouvernement et j’étais dans le Bataillon International de Choc Durruti. Le gouvernement nous a sabotés depuis notre formation en mai et nous a mis dans l’impossibilité de rester au front. Pas d’argent, pas de tabac. Tout le temps que j’ai passé dans la milice, je n’ai pas touché d’argent. Je devais demander de l’argent pour des timbres poste, etc. J’ai été retiré du front pour une légère commotion due à un obus et mis dans un hôpital à Barcelone. À l’enregistrement à l’hôpital, je leur ai dit que j’étais du Bataillon International Durruti, et ils n’ont pas voulu m’enregistrer. En fait, ils m’ont dit de m’en aller et de demander à mes amis de l’argent et un endroit où dormir. Je leur ai expliqué que je venais du Canada et que je n’avais pas d’amis à Barcelone, et ils ont essayé de me retenir prisonnier dans l’hôpital. Je les ai traités de pouilleux. Je ne pouvais pas y croire.

De toute façon un jour je me suis échappé de l’hôpital pour rejoindre la section anglaise de la CNT-FAI, et là les gens ont insisté pour que je voie le consul britannique pour un visa de sortie d’Espagne. C’est ce que j’ai fait, même si j’avais en horreur l’idée de partir.

L’Espagne est un pays merveilleux. Je me souviens à présent des histoires que j’avais lues sur l’OGPU en Russie. Les prisons de l’Espagne loyaliste sont pleines de volontaires qui n’ont pas l’esprit borné. Je connais l’un d’entre eux qui est de Toronto, et qui est membre du L.R.W.P. Je me demande s’ils ne vont pas le supprimer. Les staliniens n’hésitent pas à tuer quiconque n’accepte pas aveuglément Staline comme un second Christ. Un des réfugiés qui ont quitté l’Espagne avec moi était membre de l’OGPU en Espagne qui, en fait, est contrôlée par la Russie. Tout volontaire des Brigades Internationales communistes est considéré comme un ennemi potentiel de Staline. Il est contrôlé et recontrôlé, chacun d’entre eux. S’il prononce un mot différent du vocabulaire coco, il est emmené « faire un tour ». Ce gars-là (ex-OGPU) est comme tous les autres cocos qui quittent l’Espagne, absolument anti-Staline et anti-communiste. Il a décampé du pays en exhibant son insigne de l’OGPU dans les trains. etc.

Je crois que l’IWW a perdu quelques-uns de ses membres ici, dans la mesure où je doute qu’ils restent tranquilles au front au vu de ce qui est en train de se passer.
C’est seulement par le sabotage que le gouvernement est arrivé à démanteler le Bataillon International des Anarchistes. Quatre de notre groupe sont morts de privations en un jour. Nos armes étaient pourries, alors que le gouvernement de Valence a plein d’armes et d’avions. Ils savent y faire pour ne pas donner d’armes aux milliers d’anarchistes du front d’ Aragon. Nous aurions pu sortir les fascistes de Huesca et de Saragosse si nous avions eu l’aide de l’aviation. Mais les anarchistes forment des collectivités partout où ils avancent, et ces camarades préfèreraient laisser Franco mettre la main sur ces villes plutôt que la CNT-FAI.

Fenner Brockway, éminent leader travailliste anglais, exposa la manière dont les communistes traitaient ces gars (les volontaires) dans les Brigades Internationales. Ils ne laisseront revenir aucun d’entre eux, à moins qu’il ne s’agisse de racketteurs à la Sam Scarlett qui diront tout ce qu’on leur dira de dire aussi longtemps que les « côtelettes de porc » seront de saison.

La CNT-FAI semble avoir perdu tout le pouvoir qu’elle avait dans l’armée. Il y a un fort important, au sommet d’une colline qui domine Barcelone, que les Anarchistes avaient pris aux fascistes. Quand je suis parti pour le front, il était toujours entre les mains de la FAI, mais quand je suis revenu, ce sont les communistes qui l’avaient. Les travailleurs d’Espagne sont contre les communistes, mais ces derniers s’en fichent. Ils mettent tout en œuvre pour le soutien de la bourgeoisie et autres combinards. Pour tout ce qui concerne l’industrie, la CNT est très puissante, bien plus que n’importe quelle autre organisation.

Voilà, compagnon, un jour est passé depuis que j’ai écrit ce qui précède. Hier soir, j’ai eu un mal de tête et j’ai dû remettre la fin de cette lettre. Je mange bien depuis que je suis en France.

Je crois que le consul britannique va m’envoyer en Angleterre ou au Canada. Si je n’étais pas dans un tel état, je prendrais un bateau anglais pour l’Espagne. Les salaires sont doublés sur la ligne espagnole, et les bateaux restent à quai faute d’équipages. J’ai été sur des bateaux anglais et personne de l’équipage ne savait parler anglais.

J’ai rencontré deux autres hommes des Brigades Internationales ce matin. Ils disent que beaucoup de Canadiens sont en prison en Espagne.

Avec mes vœux pour l’IWW

Bill Wood.

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Brochure "Portraits de militants révolutionnaires" (Agustin Guillamón)

27 avril 2014

Brochure de 40 pages au format pdf compilant les textes d’Agustin Guillamón en français déjà publiés en ligne sur notre site:

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Il faut réagir devant le péril contre-révolutionnaire (Nin, 1937)

25 avril 2014

Article paru dans La Révolution espagnole N°14 (bimensuel en langue française du POUM, Barcelone, 15 mars 1937), deux mois avant les Journées de mai à Barcelone.

Dans un article de "LA NOCHE" le camarade Jaime Balius met les travailleurs en garde contre l’avance évidente de la contre-révolution et il proclame la nécessité de réagir immédiatement sans accepter qu’on fasse un pas de plus en arrière.

Nous qui ne cessons de signaler cette avance de la réaction, nous nous félicitons que nos inquiétudes soient partagées par l’organe du soir d’une organisation (1) avec laquelle nous coïncidons fondamentalement dans l’appréciation du caractère du moment révolutionnaire actuel et du rôle de la classe ouvrière. Il nous plait encore plus que l’on reconnaisse les erreurs commises et qu’on l’affirme avec la franchise et la sincérité qui doivent toujours caractériser les révolutionnaires.

« Nous nous trouvons dans une époque semblable à celle que connut la France, au cours de sa révolution du XVIII° siècle, quand on exigeait à grands cris la suspension des Clubs, et dans un moment pareil à celui que vécut l’U.R.S.S. quand on réclama l’élimination des Soviets.

« Il n’y a pas à chercher des parallèles historiques. Nous sommes les coupables, nous, qui tenant la révolution dans nos propres mains, nous effrayons devant la grandeur du moment et qui, de peur devant la mitraille des bateaux étrangers, cédons la révolution aux partis qui indubitablement doivent l’étrangler. N’est-ce pas vrai ? Sommes-nous à la hauteur des circonstances ? Certainement pas.

« Dans notre révolution on exige la dissolution des Comités et des Patrouilles de Contrôle. Il n’y a pas de doute que nous nous trouvons en pleine vague contre-révolutionnaire.

« Chaque moment de la vie des peuples a ses caractéristiques spécifiques. Si on n’opère pas le redressement nécessaire, les développement des faits journaliers aura des effets antagonistes à la Révolution sur le terrain politique et social. Pendant ces sept mois de guerre nous en trouvons des exemples innombrables. Nous, les anarchistes, nous sommes arrivés aux limites des concessions. Si nous continuons à céder des positions, il n’y a pas de doute que d’ici peu nous serons débordés et la révolution deviendra un souvenir de plus. C’est pour cette raison fondamentale qu’il faut désirer d’imprimer à notre mouvement une nouvelle direction.

« Il n’est pas justifié que pour amener les masses aux champs de bataille, il faille étouffer les désirs révolutionnaires. Cela devrait être tout le contraire ! Il faut étayer encore plus la Révolution pour que les ouvriers se lancent avec un allant inusité à la conquête du nouveau monde, qui en ces instants d’indécision n’est plus qu’une promesse. »

La responsabilité de ce qui est arrivé retombe, en effet, pour la plus grande part sur ceux qui exercent le contrôle des puissantes masses ouvrières et qui occupant des positions décisives, les ont abandonnées peu à peu aux partis qui devaient étrangler la Révolution et qui ont été injustement et sournoisement valorisés. La manoeuvre contre-révolutionnaire, réalisée avec ténacité et système, a atteint son point culminant dans la tentative de formation d’une Armée populaire du vieux style, apolitique — c’est à dire bourgeoise —, avec prédominance de l’officialité professionnelle et un seul drapeau, le républicain — ou ce qui est la même chose: le bourgeois. Cette manoeuvre s’est produite aussi lors de la réorganisation des Services d’Ordre Public, réorganisation qui n’a pas d’autre but que de supprimer les instruments répressifs créés pour reconstruire, purement et simplement, le mécanisme de répression bourgeois. Le couip porté à la Révolution ne pouvait pas ne pas être plus adroit: l’Etat démocratico-bourgeois dispose ainsi entièrement des forces coercitives, bras armé du Pouvoir. De là au désarmement total de la classe ouvrière, but surprême recherché par la bourgeoisie dans toutes les révolutions, il n’y a plus qu’un pas.

Persistera-t-on dans la voie des concessions —  voie fatale pour la révolution — ou comprendra-t-on à la fin qu’il est temps de réagir ? Il n’est pas trop tard pour le faire. Le prolétariat possède encore des positions importantes. Il faut les consolider résolument et se consacrer à la tâche de reconquérir celles qui ont été malheureusement perdues. La classe ouvrière, grâce à l’héroïsme duquel le fascisme ne put obtenir la victoire fulminante qu’il attendait, la classe ouvrière qui verse généreusement son sang dans les tranchées et est disposée à mourir plutôt que de permettre le triomphe de la plus barbare des réactions, cette classe ouvrière ne peut consentir qu’on retourne au passé. Le passé ne peut revenir. L’expérience de cinq années de République démocratique a été suffisamment douloureuse pour ne pas la renouveler, créant par celà les conditions favorables pour une nouvelle et victorieuse attaque du fascisme.

Le moment est grave et décisif. Tout l’avenir du prolétariat est en jeu. Le P.O.U.M., de nombreuses fois, a jeté le cri d’alarme. Sera-t-il entendu par les autres organisations révolutionnaires ? les concessions incompréhensibles faites en ce qui concerne la réorganisation de l’Ordre Public éveillent en nous les plus vives inquiétudes. Mais l’article que nous commentons et le Manifeste publié hier par le Comité Régional de la C.N.T. nous donne de l’espoir.

« Plus un pas en arrière. Il est l’heure de réagir. Sauvons la Révolution.» dit le manifeste du Comité Régional de la C.N.T.

Et très justement le même manifeste dénonce plus loin « l’intérêt marqué de certaines organisations politiques et syndicales à dévier les courants franchement révolutionnaires du pays au travers des lunettes de la guerre, guerre cependant trop tragique pour qu’on puise spéculer avec elle. »

Que ces positions soutenues par nous avec une insistance opiniâtre, se traduisent en une activité claire et résolue et la Révolution, en péril mortel aujourd’hui, sera sauvée.

André NIN,

secrétaire du P.O.U.M.

(1) "LA NOCHE" est un journal du soir de Barcelone placé sous le contrôle de la C.N.T.

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Quelques textes du P.O.U.M. (2: mars-juin 1937)

21 avril 2014

Brochure (en français) de 20 pages au format pdf:

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Voir aussi:

Quelques textes du P.O.U.M. (1: février 1936 – février 1937)

19 avril 2014

Brochure (en français) de 40 pages au format pdf:

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La contre-révolution en Espagne (Louzon, 1937)

27 mars 2014

Article de Robert Louzon dans La Révolution prolétarienne du 10 juin 1937 puis édité en brochure en espagnol en 1938 (cf. ici).

Les journées de mai furent-elles un "15 mai"?

Le 24 février 1848, le peuple de Paris était maître de la ville, il venait de battre l’armée régulière, il avait des armes, il était la force.

Force à laquelle ne pouvait tenter de s’opposer le gouvernement bourgeois issu de la révolution que le peuple avait faite; il lui allait, pour le moins, composer avec lui : les hommes du peuple, le socialiste Louis Blanc et « ouvrier » Albert furent admis à faire partie du gouvernement.

Dès ce moment, la bourgeoisie républicaine n’a qu’une pensée : mater cette force ouvrière qu’elle a dû subir. Pour cela il lui faut à elle-même une force : elle crée la garde mobile; avec tous les chenapans paresseux ou incapables, désireux de vivre sans rien faire, comme il en pullule dans les grandes villes, elle crée la « garde mobile», garde mercenaire qu’elle paie grassement.

Cela fait, elle se sent en mesure d’affronter les ouvriers parisiens. Au début de mai, en espace de quelques jours, les provocations se succèdent : Louis Blanc, Albert, tous les partisans de la «République Sociale», ayant rempli leur rôle de bouclier de la bourgeoisie durant le temps où elle se trouvait sans force, sont écartés du gouvernement, — on interdit l’accès de la Chambre aux délégués populaires, — le gouvernement proclame qu’il " saura maintenir avec vigueur et partout la tranquillité menacée ».

Ces mesures atteignent leur but.

Le 15 mai le peuple de Paris répond en faisant entendre de force sa parole à la Chambre.

Celle-ci est envahie; l’Assemblée est déclarée dissoute; un nouveau gouvernement, un gouvernement ouvrier, est proclamé à l’Hôtel de Ville.

Mais le gouvernement bourgeois fait appel à ses séides. La garde mobile, appuyée par les plus courageux des gardes nationaux des quartiers bourgeois, se rassemble aux alentours de l’Hôtel de Ville. Les deux forces sont face à face. Il va y avoir bataille? — Non. – Peine quelques coups de feu ici et là, et, sans autrement insister, les ouvriers quittent l’Hôtel de Ville, le gouvernement bourgeois redevient l’unique gouvernement.

Aussitôt, Albert, Barbès, Raspail, Blanqui etc. sont arrêtés. La contre-révolution bourgeoise commence. Elle devait avoir son épilogue le mois suivant, avec les terribles « journées de Juin ». A la suite d’une nouvelle provocation, la dissolution des ateliers nationaux, les ouvriers parisiens se lèvent à nouveau; cette fois, entre les travailleurs en armes et les gardes mobiles, c’est une lutte acharnée, une lutte à mort, durant laquelle 10.000 ouvriers trouvent la mort, et qui se termine par la défaite du prolétariat.

Le souvenir de ce 15 mai parisien vient inévitablement à l’esprit devant les journées barcelonaises des 4, 5 et 6 mai dernier.

Les points de ressemblance

Le 19 juillet 1936, le peuple de Barcelone et de Madrid bat les militaires soulevés, il s’empare des armes, il est la force.

Impossible de s’opposer à lui puisqu’il reste à peu près la seule force armée de l’Espagne républicaine. Il faut donc composer avec lui.

En conséquence la bourgeoisie républicaine lui laisse organiser son propre pouvoir, installer ses propres organes de pouvoir, en marge et sous le couvert des anciennes institutions politiques bourgeoises que d’un commun accord on laisse comme façade.

Puis, plus tard, la bourgeoisie sollicite la participation des représentants ouvriers à cette façade; elle demande, exige même presque, l’entrée des Louis Blanc et des Albert au gouvernement, l’entrée des délégués de la C.N.T. au gouvernement de la Généralité de Catalogne d’abord, puis, au moment du plus grand péril, au gouvernement central.

Mais en même temps, tout comme le gouvernement provisoire de 48, les gouvernements de Madrid et de Barcelone, qui ont eu soin de conserver entre les mains des plus bourgeois de leurs membres, le ministère fondamental : celui de la Police, s’arment.

Les quelques forces gouvernementales restées, le 19 juillet, fidèles à la République, avaient été fortement contaminées par l’esprit révolutionnaire durant les journées où ouvriers et gardes d’assaut avaient ensemble fait le coup de feu. Il faut donc d’abord que l’État « reprenne en mains » sa police. Pour cela, la séparer le plus possible de la classe ouvrière, l’enfermer dans ses casernes, lui redonner un uniforme, lui réapprendre le pas de parade, et surtout susciter le plus possible d’incidents entre elle et le prolétariat, notamment avec la police particulière de celui-ci (1). Préparation psychologique.

Entre outre : préparation matérielle. Le nombre des gardes d’assaut est considérablement augmenté (surtout par le gouvernement central), et, tandis qu’on refuse aux troupes de certains fronts des armes modernes, tandis que celles-ci doivent se contenter d’anciens fusils arrachés aux troupes factieuses le 19 juillet, les nouveaux gardes d’assaut sont munis des armes les plus récentes et les plus perfectionnées.

Fin avril, ces préparatifs sont suffisamment poussés pour que la bourgeoisie se puisse croire en mesure de livrer bataille : elle a une force à opposer à la force ouvrière.

Les provocations commencent donc.

C’est d’abord une circulaire des derniers jours d’avril par laquelle les autorités du ministère catalan de l’Ordre public interdisent tout contrôle de la voie publique par les comités ouvriers et ordonnent le désarmement des délégués de ces comités qui s’y livreraient.

Dès que cette circulaire arrive à la connaissance des travailleurs, ceux-ci prennent les devants : trois nuits de suite, ils s’installent aux points stratégiques de Barcelone, et, en fait d’être désarmés, ce sont eux qui désarment les forces policières gouvernementales : 250 gardes nationaux et d’assaut.

Cela d’ailleurs s’est passé sans bruit, à l’insu même de la ville. La première provocation est donc un fiasco total; il faut en trouver une autre.

C’est alors l’attentat de la Telefonica.

Depuis le 19 juillet, le service des téléphones (2) est assuré, comme tous les autres services publics, par les syndicats, en l’espèce le syndicat de la C.N.T. et celui de l’U.G.T.

Comme tous ies autres services publics, le téléphone, sous le nouveau régime, marche très bien; personne n’a à s’en plaindre. D’autre part, les rapports administratifs ou autres avec le gouvernement sont très corrects : pas d’incidents; c’est précisément ce qu’il faut, la provocation n’en sera que plus provocante.

Donc, le 3 mai, au beau milieu de la journée, agissant sur l’ordre du ministre de l’Intérieur de la Généralité, le bourgeois Ayguade, représentant de l’Esquerra catalane au sein du gouvernement, le stalinien Roger Salas, commissaire de l’Ordre public, envahit, à la tête de plusieurs camions de gardes d’assaut, le Central téléphonique de Barcelone situé en plein centre de la ville, sur la place de Catalogne, l’équivalent de notre place de l’Opéra.

Il envahit, ou, plutôt, il tente d’envahir. Car, après qu’il s’est emparé, par surprise, des premiers étages, la résistance s’organise dans les étages supérieurs, et les forces policières bourgeoiso-staliniennes doivent abandonner la partie.

Mais l’effet cherché est obtenu.
Tout Barcelone est en émoi.

Il est manifeste que cette attaque de la Telefonica, la tentative d’expulser les travailleurs de la garde et de la direction d’un service public, n’est que le début d’une tentative d’expropriation généralisée des travailleurs, une tentative pour leur enlever tout ce qu’ils ont conquis depuis le 19 juillet : les usines, les ateliers, les champs repris aux capitalistes et qu’ils font maintenant marcher pour leur propre compte, sous leur propre direction.

En conséquence, spontanément, tout le monde prend les armes en cette fin de journée et durant la nuit qui suit.

Tout le monde.

D’un côté les ouvriers.

De l’autre côté :
les forces policières gouvernementales, tout au moins celles qui le veulent et le peuvent (une partie seulement des gardes d’assaut et des gardes nationaux, mais la totalité des « mozos », gardes spéciaux de la Généralité recrutés spécialement parmi les catalanistes);
les membres de l’Estat Catala, parti nettement fasciste, qui appartient à la coalition soi-disant « antifasciste » uniquement parce qu’il est séparatiste catalan, ce qui l’oppose nettement aux fascistes de Madrid;
servant de cadres au tout, les membres du parti dit « communiste ».

telefonica (more…)

35 photographies du POUM en 1936-37

24 mars 2014
POUM - colonne internationale

colonne internationale du POUM

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Présence du POUM dans les rues de Barcelone

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caserne Lénine (1)

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Miliciens sur le front de Huesca, hiver 1936-37

POUM - salle de presse de l'Espurna

Salle de presse de L’Espurna à Gérone

Miliciens du POUM dans la sierra de Alcubierre, sur le front d’Aragon.

Combattants au front sous le commandement de Mika Etchebehere

Combattants au front sous le commandement de Mika Etchebehere

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Un local

POUM - cavaliers

cavaliers sur le front (agence Keystone)

POUM - Militants à  Lecinena, Frente de  Aragon août 1936

Miliciens à Lecinena, sur le front d’Aragon (août 1936)

POUM - Militant août-sept 1936

Un militant photographié par Robert Capa en août ou septembre 1936

POUM (2) - Barcelone août 1936

Barcelone, août 1936

POUM - Façade du localo à Barcelone

Façade du local à Barcelone

POUM - miliciens (2)

Miliciens

POUM (3) - blindé

Blindé

POUM (21) - comité-militar-poum-josep-rovira

comité militaire avec Josep Rovira

POUM - miliciens (3)

miliciens

POUM (8) - camion des milices

camion des milices

POUM (24) - marinos del destructor Almirante Miranda. Verano 1936

marins, été 1936

POUM (28)

caserne Lénine (2)

POUM (14) - Nin et Maurin en 1936

Nin et Maurin en 1936

POUM (3) - caballera del poum

cavalerie

POUM (38) -miliciens (1)

miliciens

POUM (31) - Oficina de alistamiento del POUM en Barcelona (Teatro Principal). été 1936

Bureau d’enrôlement à Barcelone

POUM (35) - secours rouge

Militantes du Secours rouge

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juillet 1936 (archives Pivert)

POUM - blindé

blindé

POUM - Acte de propaganda del POUM en homenatge a Miguel Pedrola 1937

Hommage à Miguel Pedrola (février 1937)

JCI-POUM - local à Barcelone 1936

local des Jeunesses du POUM

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A. Nin et W. Solano

gorkin sur le front d'aragon

Visite de J. Gorkin sur le front d’Aragon

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Repas sur le front

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Défilé du secrétariat féminin

Banderas del Socorro Rojo y de los pioneros del POUM. Barcelona, otoño 1936

Défilé des pionniers

local del POUM en Lleida

local du POUM à Lleida

Aquarelles de la Révolution espagnole (Rey Vila)

23 mars 2014

Aquarelles de José Luis Rey Vila, dit Sim, qui publia deux carnets sur le sujet: Estampas de la revolución española: 19 de julio de 1936, en décembre 1936, et 12 escenas de guerra en 1938. La plupart furent éditées en cartes postales de propagande.

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Les journées de mai 1937 à Barcelone

10 mars 2014

Brochure pdf de 18 pages compilant 3 textes traduits de Josep Rebull, Paul Mattick et Andreu Nin.

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