Archive for the ‘Révolution espagnole’ Category

Autour de « Los comités de defensa de la CNT en Barcelona »

7 mai 2014

En attendant la parution de l’édition française du livre d’Agustín Guillamón, nous compilons en brochure pdf du matériel déjà publié sur notre site: un article en espagnol et trois textes en français.

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De Largo Caballero à Negrin (Lazarévitch, 1937)

5 mai 2014

Paru dans la Révolution prolétarienne N°252 du 10 août 1937.

Bilan d’une participation

Voilà plus de deux mois déjà que les organisations syndicales d’Espagne, C. N. T. et U. G. T., ont  vu leurs représentants chassés du gouvernement; en Catalogne, l’unique ministre représentant de la  C. N. T. après les événements de mai, Valerio Mas,  a été aussi éliminé au cours de la dernière crise  qui eut lieu il y a quelques semaines. Mais les dirigeants de la C. N. T., loin de s’orienter dans la voie d’une opposition déterminée, déploient tous leurs efforts pour réobtenir des sièges ministériels à partager avec les républicains bourgeois, socialistes et communistes. Une active campagne est menée en ce sens dans la presse et par meetings ; des pourparlers sont entamés comme le confirme la note suivante de Solidaridad Obrera du 7 juillet 1937 :

Aujourd’hui, après presque deux mois que dure l’expérience d’un gouvernement auquel ne participent pas les deux centrales syndicales, il semble que le bon sens se fraye la voie, que la nécessité est reconnue du retour de la C. N. T. et de l’U. G. T. au Conseil des ministres, et surtout que la nécessité est reconnue d’appliquer un programme d’action strictement conditionné par les exigences de la guerre, qui pourrait avoir immédiatement comme base celui élaboré par notre centrale.

Nous sommes autorisés à penser qu’il en est ainsi, vu le résultat d’une réunion qui s’est tenue dernièrement à Valence, sur invitation du Comité national de la C.N.T., à laquelle prirent part les différents partis et organisations antifascistes; il y fut convenu qu’un programme commun sera élaboré, en tenant compte à cet effet de celui qui présentera la C. N. T. réalisant en fait une véritable et loyale collaboration des secteurs antifascistes.

Au ministère de la justice

Aussi longtemps que les ministres anarchistes furent au pouvoir, ils ne présentèrent pas publiquement de rapports d’ensemble sur leur activité ; ce n’est que lorsqu’ils furent chassés, après les événements de Mai, qu’ils firent le bilan de leurs travaux, en l’expliquant devant de vastes meetings.

Évidemment, ils sont satisfaits de leurs œuvres, mais à travers les louanges qu’ils s’adressent à eux- mêmes lorsqu’ils essaient d’exposer leurs difficultés, la vérité se fait jour et c’est aux lecteurs de la R. P. qu’il appartiendra de trancher si cette participation a apporté des résultats importants.

Voici un extrait du discours de Garcia Oliver, rapporté par Solidaridad Obrera du 4-6-37 énumérant ses bienfaits :

Ainsi il réalisa son œuvre efficace, humaine, et profondément révolutionnaire, et dans sa tâche il fut aidé avec enthousiasme depuis le président du Tribunal suprême jusqu’au dernier huissier.

Il relate ensuite les décrets sur le droit du citoyen à se défendre lui-même devant n’importe quel tribunal, et ceux imposant des peines aux spéculateurs et commerçants de mauvaise foi, ceux effaçant toutes les peines antérieures au 15 juillet 1936 et créant les camps de travail. C’est ici que se détache l’esprit humaniste du législateur ouvrier dans un régime révolutionnaire. Dans les camps de travail la devise « Hais le péché et compâtis au délinquant » a été remplacée par cette autre « Travaille et ne perds pas l’espérance ».

La taxe judiciaire a été supprimée; c’est un filon qu’exploitaient les « caciques » et les fonctionnaires judiciaires. La justice, dans l’avenir, sera rapide et peu coûteuse. Une amnistie générale a été concédée. La capacité juridique a été accordée, a la femme. Cette œuvre transcendantale s’est faite sans simagrées et peut-être sans que les intéressés s’en aperçoivent. Les unions libres des miliciens sont reconnues; ainsi leurs veuves et leurs enfants ne  resteront pas abandonnés. Finalement une autre grande conquête révolutionnaire : le droit civil au-dessus du droit militaire. Il restait à légaliser la  municipalisation de l’habitation, ce qui représentait la remise aux municipalités de la propriété urbaine. C’est alors qu’arriva la crise du gouvernement de la victoire, sans que nous ayons encore pu nous expliquer les causes qui la motivèrent.

Un examen rapide de cette partie positive du bilan suffira à remettre les choses au point  et l’œuvre « profondément révolutionnaire » se réduira à une série de réformes existant dans plusieurs démocraties bourgeoises.

Les peines prononcées contre les spéculateurs et  agioteurs s’avèrent inopérantes; la montée verticale du prix des vivres continue. C’est ce qui avait été constaté déjà lors de la crise ministérielle d’avril en Catalogne. Il est vrai que les dirigeants de la F. A. I.-C. N. T. avaient protesté contre ce renchérissement et en avaient fait un problème essentiel. Mais ils n’ont pas osé proposer la seule solution qui s’imposait : la collectivisation du commerce.  Ils ont accepté tacitement le maintien du commerce privé, entraînant malgré les peines les plus draconiennes la continuation de l’agiotage.

La portée de l’œuvre du législateur anarchiste diminue encore quand on réfléchit à tous les abus féodaux qui subsistent dans la législation espagnole. Le discours de Garcia Oliver avoue lui-même que le décret sur la municipalisation de l’habitation ne put être prononcé. Il n’y eut d’ailleurs aucune autre mesure juridique consacrant des modifications dans le droit de propriété 0u d’héritage. La procédure des détentions « gubernativas », c’est-à-dire de l’emprisonnement administratif par ordre des autorités policières, couvertes par les gouverneurs civils, n’a même pas été entamée. C’est sous le règne de Garcia Oliver que l’anarchiste Maroto, ainsi que des centaines de paysans du Levant furent emprisonnés, certains d’entre eux ne furent libérés que grâce à la pression de l’opinion publique protestant par meetings, tracts, manifestations, exactement comme si elle avait elle avait en face d’elle un ministre bourgeois.

Les décrets du gouvernement Negrin

La déclaration de la prédominance du droit Civil  sur le droit militaire apparaît n’avoir qu’une valeur symbolique. Elle n’a pas force de loi dans la réalité. En effet, il vient de paraître une série de décrets du ministre de la Guerre soulignant bien qu’il ne reconnaît pas les principes essentiels du droit civil et qu’il considère sa juridiction comme indépendante de celle du gouvernement. Voici quelques dispositions de ces décrets d’après Solidaridad Obrera du 20-6-37.

Le militaire qui, au cours d’un acte du service ou à l’occasion de celui-ci, maltraiterait par le fait ou par la parole un supérieur sera puni d’une peine allant de douze ans d’internement jusqu’à la peine de mort.

Le militaire qui, devant l’ennemi, rebelle ou séditieux, ou à l’occasion de n’importe quel acte de service, qu’il s’agisse de service armé ou non, désobéit aux ordres de ses supérieurs ou cesse d’observer ceux qui lui sont donnés, subira une peine allant de vingt ans d’internement à la peine de mort.

Un autre décret de la Défense nationale dispose que les coupables de délit militaire flagrant entrainant, comme ci-dessus signalé, les peines de mort ou celles atteignant trente ans d’internement, ou les délits qui, d’après le jugement du chef d’armée ou d’un corps d’armée, exigent une sanction immédiate, parce qu’affectant le moral et la discipline des troupes ou la sécurité des places fortes, des choses ou des personnes, seront jugés suivant la procédure extrêmement sommaire.

Les articles suivants établissent la procédure rapide à suivre et la constitution des tribunaux.

Les sentences condamnant à la peine de mort d0nt l’exécution immédiate est à conseiller d’après les circonstances, suivant le jugement du chef militaire ou du commissaire de Guerre, sans attendre que le gouvernement soit informé desdites sentences seront exécutées immédiatement par la procédure extrêmement sommaire.

Le juge d’instruction ne sera pas tenu de faire des démarches auprès des forces habituelles du droit commun; il suffira qu’il expose avec clarté et précision les déclarations qu’ils recueille, le crédit que celles-ci méritent et les résolutions qui sont adoptées.

La procédure extrêmement sommaire ne pourra dépasser le délai de 48 heures entre son début et la date d’exécution de la sentence.

Il existe une autre mesure, introduite elle aussi après le départ des ministres anarchistes; elle porte en soi quelques traces de la déclaration de Garcia Oliver, se vantant d’avoir établi la prédominance du droit civil sur le droit militaire, mais elle permet de comprendre les limites de cette prédominance. Il s’agit de la création d’un tribunal spécial destiné officiellement à poursuivre l’espionnage; en réalité, comme les lecteurs pourront en juger eux-mêmes dans les motifs d’inculpation à coté du crime d’espionnage peuvent être châtiés tous les délits d’opinion en les assimilant à ceux qui ébranlent la situation militaire. Voici les extraits de ce décret reproduits d’après Solidaridad Obrera du 23-6-37. Il y d’abord la constitution du tribunal.

1 Le tribunal siégera dans la localité réside le gouvernement; il sera constitué par trois juges ou magistrats de la juridiction ordinaire et deux militaires ou marins, avocats. Deux de ceux-ci seront nommés par le ministre de la Justice et un sur proposition du ministre de l’Intérieur. Les deux derniers seront nommés par le ministre de la Justice, sur proposition du ministre de l’Intérieur. Les deux derniers seront nommés par le ministre d la Justice, sur proposition du ministre de lafense nationale. (Ce passage traduit mot à mot comporte une contradiction, dont le traducteur n’est pas, responsable. L. N.) C’est le juge ou magistrat civil désigné par le ministère de la Justice qui présidera.

L accusation sera présentée par le procureur général de la République ou par la personne qu’il déléguera.

Telles sont donc les garanties « civiles » qui subsistent : présidence par un civil; majorité de juges civils; accusation présentée par un civil. Toutefois, même au point de vue de la structure du tribunal, il faut constater l’élimination des jurés, désignés par les comités des organisations anti-fascistes et faisant partie des tribunaux populaires. Le décret stipule en effet :

Les juges spéciaux inscrits dans les tribunaux populaires, ces tribunaux, ainsi que les juges militaires et les tribunaux spéciaux de guerre ou de marine et les autorités judiciaires de ces branches, qui examinaient des procès sommaires pour des délits compris dans ce décret, ou devant lesquels passeraient des causes ou des appels au sujet de pareils délits, se retireront en faveur des juges ou tribunal spécial, créé par ce décret, après avoir entendu au préalable le procureur, et avoir rendu compte de leur retrait au tribunal suprême.

Mais l’esprit de la militarisation de la justice apparaît avec évidence, c’est dans rénumération des délits relevant du tribunal spécial; à côté d’actes d’espionnage absolument caractérisés et dont le châtiment rigoureux rencontrera l’adhésion de tout révolutionnaire, le décret comprend des dispositions élastiques permettant de punir toute opinion différente de celle du gouvernement (ces dispositions ont été soulignées dans le texte par l’auteur de l’article) :

Tous les procès relatif s aux délits compris dans ce décret seront jugés suivant la procédure extrêmement sommaire.

Sont considérés comme délits d’espionnage:

Maintenir, sans raison justifiée, des relations directes ou indirectes avec un État étranger qui est en guerre avec la République; transmettre, sans motif légitime, des données de caractère militaire, politique, sanitaire, économique, industriel ou commercial, à un État étranger, à des organisations armées, à des organismes contraires au régime ou à des particuliers; accomplir des actes hostiles à la République, en dehors ou à l’intérieur du territoire national ; prêter aide, dans le même but, aux organisations soumises à l’influence des États étrangers qui, directement ou indirectement, favorisent la guerre contre le gouvernement légitime; réaliser des actes susceptibles de diminuer l’action défensive de la République, tels que sabotages dans les fabriques ou industries de guerre, destruction de ponts et autres actes analogues; s’introduire subrepticement ou sous un déguisement dans les places fortes ou postes militaires, dans le but de se procurer des données pour les remettre à l’ennemi; diffuser les communiqués ou informations de l’ennemi, et ne pas les remettre aux autorités légitimes en ayant la possibilité de le faire; lever des plans, des cartes ou photographier les objectifs et lieux militaires, les organismes de caractère sanitaire ou des industries de guerre; installer des appareils de correspondance ou de transmission; lancer des signaux acoustiques, optiques ou tous autres; se servir d’un pseudonyme ou de faux papiers.

Seront également de la compétence du tribunal créé par ce décret, les délits suivants :

Toute action ou omission qui, par sa propre nature ou en raison des circonstances du lieu et du moment, peut être réputée comme constituant de la haute trahison, parce que tendant à porter gravement préjudice à la République; défendre ou propager des nouvelles ou émettre des jugements défavorables à la marche des opérations de guerre ou au crédit et à l’autorité de la République à l’intérieur et à l’extérieur; diffuser les nouvelles de l’ennemi ou favoriser ses desseins, en émettant des jugements favorables à la capitulation d’une place forte ou convenant de pactiser avec les rebelles; la destruction ou ravage dans tout établissement militaire ou naval, ou dans leurs moyens de défense; s’emparer de façon indue, en portant manifestement dommage à l’intérêt public, de biens, richesses, ustensiles ou instruments nécessaires à la fense nationale; les actes ou manifestations tendant à affaiblir le moral public, démoraliser l’armée ou diminuer la discipline collective.

Les délits énumérés par ce décret seront punis de peines variant de six ans et un jour d’internement dans un camp de travail et allant jusqu’à la peine de mort. Lorsque les délits cités auront eu de graves conséquences pour la République, ou lorsqu’ils auront été commis par des fonctionnaires publics ou des personnes militarisées manquant aux devoirs de leurs fonctions, le tribunal imposera la peine de mort. Dans les autres cas, la peine s’appliquera suivant le prudent arbitre du tribunal.

La tentative et le délit subissant un échec, la conspiration et la proposition, ainsi que la complicité et la protection pourront être sanctionnées par des peines égales à celles fixées pour le délit accompli.

Lorsque les délits auront été commis en temps de paix les peines imposées seront inférieures de un ou deux degrés à celles signalées ci-dessus.

Seront exempts de peines ceux qui, après avoir donné leur accord pour commettre un de ces délits, le dénonceraient aux autorités avant qu’ils ne soient accomplis.

Il y a dans ce texte tout ce qu’il faut pour fusiller légalement les militants du P. O. U. M., des Jeunesses Libertaires, des « Amigos de Durruti », des socialistes de gauche; il est très facile d’assimiler à de pareils délits d’espionnage toute campagne de presse et de meetings; à plus forte raison condamnera-t-on comme espions les ouvriers révolutionnaires assez audacieux pour maintenir malgré la dissolution leurs groupements et garder les armes conquises depuis un an.

Cette participation à la lutte armée est une réalisation concrète qu’il est bon de rappeler à ceux qui, aujourd’hui, demandent, entre autres : qu‘a donc fait le P. O. U. M. en matière de réalisation ? Une réponse excellente vient d’être faite à ce sujet par le journal C. N. T., cité par Guerra di classe du 8-7-37, parlant de l’infâme campagne menée contre le P. O. U. M. :

Pour continuer cette campagne, il fallut négliger le fait que le P. O. U. M. a des milliers de combattants sur la ligne de feu ils ont lutté aussi roïquement que les autres antifascistes espagnols.

Si l’on ajoute à cette action la campagne intense que le POUM a menée contre les tentatives du gouvernement russe cherchant à coloniser la résistance antifasciste en Espagne, si l’on songe que dans cette activité il était presque seul (soutenu seulement par les Jeunesses Libertaires et par quelques journaux de la C. N. T.) ; si l’on réfléchit qu’il ne disposait pour cela ni de l’immense crédit moral dont jouit la F. A. I.-C. N. T., ni des formidables effectifs en adhérents dont dispose l’anarcho-syndicalisme, il faut bien admettre que, proportionnellement à ses forces, le POUM a très largement fait sa part de travail utile à la cause du prolétariat.

 

L. NICOLAS.

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Autres textes de Nicolas Lazarévitch:

Le message révolutionnaire des Amis de Durruti : Espagne 1937 (Fontenis, 1983)

5 mai 2014

Disponible au format pdf:

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Voir aussi:

Témoignage du Canadien Bill Wood (1937)

28 avril 2014

La lettre qui suit a été publiée dans le journal des IWW américains, le mensuel One Big Union en septembre 1937. Merci à gimenologues.org pour cet envoi.[texte en anglais ici]

RETOUR D’UN SOLDAT.

Introduction originale :

Le Mensuel One Big Union et l’Industrial Workers of the World sont corps et âme pour le succès du combat antifasciste en cours en Espagne, mais nous ne voyons aucune raison de nous cacher la tête dans le sable et de prétendre ne pas être informés de la présence d’éléments de la classe capitaliste au sein du gouvernement espagnol de Front Populaire, qui essaient de voler la victoire aux syndicalistes révolutionnaires espagnols.
Peu importe notre sentiment sur la sagesse de la conduite des Syndicalistes dans leur collaboration avec un gouvernement politique, les informations et les arguments contenus dans cette lettre d’un combattant de base dans la lutte pour la liberté de la classe ouvrière, et dans d’autres articles parus dans ce magazine, ne peuvent que rappeler qu’il y a encore des ennemis des travailleurs parmi ceux qui choisissent la « démocratie » par opposition au fascisme.

LA REDACTION.

Marseille. France.

Compagnon,

J’ai reçu ta lettre l’autre jour à Barcelone. J’ai tapé trois pages en réponse, mais je n’ai pas pu les faire sortir du pays. Alors je les ai déchirées.

Je suis hors d’Espagne. Les raisons sont nombreuses. J’étais de trop pour le gouvernement et j’étais dans le Bataillon International de Choc Durruti. Le gouvernement nous a sabotés depuis notre formation en mai et nous a mis dans l’impossibilité de rester au front. Pas d’argent, pas de tabac. Tout le temps que j’ai passé dans la milice, je n’ai pas touché d’argent. Je devais demander de l’argent pour des timbres poste, etc. J’ai été retiré du front pour une légère commotion due à un obus et mis dans un hôpital à Barcelone. À l’enregistrement à l’hôpital, je leur ai dit que j’étais du Bataillon International Durruti, et ils n’ont pas voulu m’enregistrer. En fait, ils m’ont dit de m’en aller et de demander à mes amis de l’argent et un endroit où dormir. Je leur ai expliqué que je venais du Canada et que je n’avais pas d’amis à Barcelone, et ils ont essayé de me retenir prisonnier dans l’hôpital. Je les ai traités de pouilleux. Je ne pouvais pas y croire.

De toute façon un jour je me suis échappé de l’hôpital pour rejoindre la section anglaise de la CNT-FAI, et là les gens ont insisté pour que je voie le consul britannique pour un visa de sortie d’Espagne. C’est ce que j’ai fait, même si j’avais en horreur l’idée de partir.

L’Espagne est un pays merveilleux. Je me souviens à présent des histoires que j’avais lues sur l’OGPU en Russie. Les prisons de l’Espagne loyaliste sont pleines de volontaires qui n’ont pas l’esprit borné. Je connais l’un d’entre eux qui est de Toronto, et qui est membre du L.R.W.P. Je me demande s’ils ne vont pas le supprimer. Les staliniens n’hésitent pas à tuer quiconque n’accepte pas aveuglément Staline comme un second Christ. Un des réfugiés qui ont quitté l’Espagne avec moi était membre de l’OGPU en Espagne qui, en fait, est contrôlée par la Russie. Tout volontaire des Brigades Internationales communistes est considéré comme un ennemi potentiel de Staline. Il est contrôlé et recontrôlé, chacun d’entre eux. S’il prononce un mot différent du vocabulaire coco, il est emmené « faire un tour ». Ce gars-là (ex-OGPU) est comme tous les autres cocos qui quittent l’Espagne, absolument anti-Staline et anti-communiste. Il a décampé du pays en exhibant son insigne de l’OGPU dans les trains. etc.

Je crois que l’IWW a perdu quelques-uns de ses membres ici, dans la mesure où je doute qu’ils restent tranquilles au front au vu de ce qui est en train de se passer.
C’est seulement par le sabotage que le gouvernement est arrivé à démanteler le Bataillon International des Anarchistes. Quatre de notre groupe sont morts de privations en un jour. Nos armes étaient pourries, alors que le gouvernement de Valence a plein d’armes et d’avions. Ils savent y faire pour ne pas donner d’armes aux milliers d’anarchistes du front d’ Aragon. Nous aurions pu sortir les fascistes de Huesca et de Saragosse si nous avions eu l’aide de l’aviation. Mais les anarchistes forment des collectivités partout où ils avancent, et ces camarades préfèreraient laisser Franco mettre la main sur ces villes plutôt que la CNT-FAI.

Fenner Brockway, éminent leader travailliste anglais, exposa la manière dont les communistes traitaient ces gars (les volontaires) dans les Brigades Internationales. Ils ne laisseront revenir aucun d’entre eux, à moins qu’il ne s’agisse de racketteurs à la Sam Scarlett qui diront tout ce qu’on leur dira de dire aussi longtemps que les « côtelettes de porc » seront de saison.

La CNT-FAI semble avoir perdu tout le pouvoir qu’elle avait dans l’armée. Il y a un fort important, au sommet d’une colline qui domine Barcelone, que les Anarchistes avaient pris aux fascistes. Quand je suis parti pour le front, il était toujours entre les mains de la FAI, mais quand je suis revenu, ce sont les communistes qui l’avaient. Les travailleurs d’Espagne sont contre les communistes, mais ces derniers s’en fichent. Ils mettent tout en œuvre pour le soutien de la bourgeoisie et autres combinards. Pour tout ce qui concerne l’industrie, la CNT est très puissante, bien plus que n’importe quelle autre organisation.

Voilà, compagnon, un jour est passé depuis que j’ai écrit ce qui précède. Hier soir, j’ai eu un mal de tête et j’ai dû remettre la fin de cette lettre. Je mange bien depuis que je suis en France.

Je crois que le consul britannique va m’envoyer en Angleterre ou au Canada. Si je n’étais pas dans un tel état, je prendrais un bateau anglais pour l’Espagne. Les salaires sont doublés sur la ligne espagnole, et les bateaux restent à quai faute d’équipages. J’ai été sur des bateaux anglais et personne de l’équipage ne savait parler anglais.

J’ai rencontré deux autres hommes des Brigades Internationales ce matin. Ils disent que beaucoup de Canadiens sont en prison en Espagne.

Avec mes vœux pour l’IWW

Bill Wood.

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Voir aussi:

Brochure « Portraits de militants révolutionnaires » (Agustin Guillamón)

27 avril 2014

Brochure de 40 pages au format pdf compilant les textes d’Agustin Guillamón en français déjà publiés en ligne sur notre site:

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Il faut réagir devant le péril contre-révolutionnaire (Nin, 1937)

25 avril 2014

Article paru dans La Révolution espagnole N°14 (bimensuel en langue française du POUM, Barcelone, 15 mars 1937), deux mois avant les Journées de mai à Barcelone.

Dans un article de « LA NOCHE » le camarade Jaime Balius met les travailleurs en garde contre l’avance évidente de la contre-révolution et il proclame la nécessité de réagir immédiatement sans accepter qu’on fasse un pas de plus en arrière.

Nous qui ne cessons de signaler cette avance de la réaction, nous nous félicitons que nos inquiétudes soient partagées par l’organe du soir d’une organisation (1) avec laquelle nous coïncidons fondamentalement dans l’appréciation du caractère du moment révolutionnaire actuel et du rôle de la classe ouvrière. Il nous plait encore plus que l’on reconnaisse les erreurs commises et qu’on l’affirme avec la franchise et la sincérité qui doivent toujours caractériser les révolutionnaires.

« Nous nous trouvons dans une époque semblable à celle que connut la France, au cours de sa révolution du XVIII° siècle, quand on exigeait à grands cris la suspension des Clubs, et dans un moment pareil à celui que vécut l’U.R.S.S. quand on réclama l’élimination des Soviets.

« Il n’y a pas à chercher des parallèles historiques. Nous sommes les coupables, nous, qui tenant la révolution dans nos propres mains, nous effrayons devant la grandeur du moment et qui, de peur devant la mitraille des bateaux étrangers, cédons la révolution aux partis qui indubitablement doivent l’étrangler. N’est-ce pas vrai ? Sommes-nous à la hauteur des circonstances ? Certainement pas.

« Dans notre révolution on exige la dissolution des Comités et des Patrouilles de Contrôle. Il n’y a pas de doute que nous nous trouvons en pleine vague contre-révolutionnaire.

« Chaque moment de la vie des peuples a ses caractéristiques spécifiques. Si on n’opère pas le redressement nécessaire, les développement des faits journaliers aura des effets antagonistes à la Révolution sur le terrain politique et social. Pendant ces sept mois de guerre nous en trouvons des exemples innombrables. Nous, les anarchistes, nous sommes arrivés aux limites des concessions. Si nous continuons à céder des positions, il n’y a pas de doute que d’ici peu nous serons débordés et la révolution deviendra un souvenir de plus. C’est pour cette raison fondamentale qu’il faut désirer d’imprimer à notre mouvement une nouvelle direction.

« Il n’est pas justifié que pour amener les masses aux champs de bataille, il faille étouffer les désirs révolutionnaires. Cela devrait être tout le contraire ! Il faut étayer encore plus la Révolution pour que les ouvriers se lancent avec un allant inusité à la conquête du nouveau monde, qui en ces instants d’indécision n’est plus qu’une promesse. »

La responsabilité de ce qui est arrivé retombe, en effet, pour la plus grande part sur ceux qui exercent le contrôle des puissantes masses ouvrières et qui occupant des positions décisives, les ont abandonnées peu à peu aux partis qui devaient étrangler la Révolution et qui ont été injustement et sournoisement valorisés. La manoeuvre contre-révolutionnaire, réalisée avec ténacité et système, a atteint son point culminant dans la tentative de formation d’une Armée populaire du vieux style, apolitique — c’est à dire bourgeoise —, avec prédominance de l’officialité professionnelle et un seul drapeau, le républicain — ou ce qui est la même chose: le bourgeois. Cette manoeuvre s’est produite aussi lors de la réorganisation des Services d’Ordre Public, réorganisation qui n’a pas d’autre but que de supprimer les instruments répressifs créés pour reconstruire, purement et simplement, le mécanisme de répression bourgeois. Le couip porté à la Révolution ne pouvait pas ne pas être plus adroit: l’Etat démocratico-bourgeois dispose ainsi entièrement des forces coercitives, bras armé du Pouvoir. De là au désarmement total de la classe ouvrière, but surprême recherché par la bourgeoisie dans toutes les révolutions, il n’y a plus qu’un pas.

Persistera-t-on dans la voie des concessions —  voie fatale pour la révolution — ou comprendra-t-on à la fin qu’il est temps de réagir ? Il n’est pas trop tard pour le faire. Le prolétariat possède encore des positions importantes. Il faut les consolider résolument et se consacrer à la tâche de reconquérir celles qui ont été malheureusement perdues. La classe ouvrière, grâce à l’héroïsme duquel le fascisme ne put obtenir la victoire fulminante qu’il attendait, la classe ouvrière qui verse généreusement son sang dans les tranchées et est disposée à mourir plutôt que de permettre le triomphe de la plus barbare des réactions, cette classe ouvrière ne peut consentir qu’on retourne au passé. Le passé ne peut revenir. L’expérience de cinq années de République démocratique a été suffisamment douloureuse pour ne pas la renouveler, créant par celà les conditions favorables pour une nouvelle et victorieuse attaque du fascisme.

Le moment est grave et décisif. Tout l’avenir du prolétariat est en jeu. Le P.O.U.M., de nombreuses fois, a jeté le cri d’alarme. Sera-t-il entendu par les autres organisations révolutionnaires ? les concessions incompréhensibles faites en ce qui concerne la réorganisation de l’Ordre Public éveillent en nous les plus vives inquiétudes. Mais l’article que nous commentons et le Manifeste publié hier par le Comité Régional de la C.N.T. nous donne de l’espoir.

« Plus un pas en arrière. Il est l’heure de réagir. Sauvons la Révolution.» dit le manifeste du Comité Régional de la C.N.T.

Et très justement le même manifeste dénonce plus loin « l’intérêt marqué de certaines organisations politiques et syndicales à dévier les courants franchement révolutionnaires du pays au travers des lunettes de la guerre, guerre cependant trop tragique pour qu’on puise spéculer avec elle. »

Que ces positions soutenues par nous avec une insistance opiniâtre, se traduisent en une activité claire et résolue et la Révolution, en péril mortel aujourd’hui, sera sauvée.

André NIN,

secrétaire du P.O.U.M.

(1) « LA NOCHE » est un journal du soir de Barcelone placé sous le contrôle de la C.N.T.

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Quelques textes du P.O.U.M. (2: mars-juin 1937)

21 avril 2014

Brochure (en français) de 20 pages au format pdf:

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Voir aussi:

Quelques textes du P.O.U.M. (1: février 1936 – février 1937)

19 avril 2014

Brochure (en français) de 40 pages au format pdf:

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La contre-révolution en Espagne (Louzon, 1937)

27 mars 2014

Article de Robert Louzon dans La Révolution prolétarienne du 10 juin 1937 puis édité en brochure en espagnol en 1938 (cf. ici).

Les journées de mai furent-elles un « 15 mai »?

Le 24 février 1848, le peuple de Paris était maître de la ville, il venait de battre l’armée régulière, il avait des armes, il était la force.

Force à laquelle ne pouvait tenter de s’opposer le gouvernement bourgeois issu de la révolution que le peuple avait faite; il lui allait, pour le moins, composer avec lui : les hommes du peuple, le socialiste Louis Blanc et « ouvrier » Albert furent admis à faire partie du gouvernement.

Dès ce moment, la bourgeoisie républicaine n’a qu’une pensée : mater cette force ouvrière qu’elle a dû subir. Pour cela il lui faut à elle-même une force : elle crée la garde mobile; avec tous les chenapans paresseux ou incapables, désireux de vivre sans rien faire, comme il en pullule dans les grandes villes, elle crée la « garde mobile», garde mercenaire qu’elle paie grassement.

Cela fait, elle se sent en mesure d’affronter les ouvriers parisiens. Au début de mai, en espace de quelques jours, les provocations se succèdent : Louis Blanc, Albert, tous les partisans de la «République Sociale», ayant rempli leur rôle de bouclier de la bourgeoisie durant le temps où elle se trouvait sans force, sont écartés du gouvernement, — on interdit l’accès de la Chambre aux délégués populaires, — le gouvernement proclame qu’il  » saura maintenir avec vigueur et partout la tranquillité menacée ».

Ces mesures atteignent leur but.

Le 15 mai le peuple de Paris répond en faisant entendre de force sa parole à la Chambre.

Celle-ci est envahie; l’Assemblée est déclarée dissoute; un nouveau gouvernement, un gouvernement ouvrier, est proclamé à l’Hôtel de Ville.

Mais le gouvernement bourgeois fait appel à ses séides. La garde mobile, appuyée par les plus courageux des gardes nationaux des quartiers bourgeois, se rassemble aux alentours de l’Hôtel de Ville. Les deux forces sont face à face. Il va y avoir bataille? — Non. – Peine quelques coups de feu ici et là, et, sans autrement insister, les ouvriers quittent l’Hôtel de Ville, le gouvernement bourgeois redevient l’unique gouvernement.

Aussitôt, Albert, Barbès, Raspail, Blanqui etc. sont arrêtés. La contre-révolution bourgeoise commence. Elle devait avoir son épilogue le mois suivant, avec les terribles « journées de Juin ». A la suite d’une nouvelle provocation, la dissolution des ateliers nationaux, les ouvriers parisiens se lèvent à nouveau; cette fois, entre les travailleurs en armes et les gardes mobiles, c’est une lutte acharnée, une lutte à mort, durant laquelle 10.000 ouvriers trouvent la mort, et qui se termine par la défaite du prolétariat.

Le souvenir de ce 15 mai parisien vient inévitablement à l’esprit devant les journées barcelonaises des 4, 5 et 6 mai dernier.

Les points de ressemblance

Le 19 juillet 1936, le peuple de Barcelone et de Madrid bat les militaires soulevés, il s’empare des armes, il est la force.

Impossible de s’opposer à lui puisqu’il reste à peu près la seule force armée de l’Espagne républicaine. Il faut donc composer avec lui.

En conséquence la bourgeoisie républicaine lui laisse organiser son propre pouvoir, installer ses propres organes de pouvoir, en marge et sous le couvert des anciennes institutions politiques bourgeoises que d’un commun accord on laisse comme façade.

Puis, plus tard, la bourgeoisie sollicite la participation des représentants ouvriers à cette façade; elle demande, exige même presque, l’entrée des Louis Blanc et des Albert au gouvernement, l’entrée des délégués de la C.N.T. au gouvernement de la Généralité de Catalogne d’abord, puis, au moment du plus grand péril, au gouvernement central.

Mais en même temps, tout comme le gouvernement provisoire de 48, les gouvernements de Madrid et de Barcelone, qui ont eu soin de conserver entre les mains des plus bourgeois de leurs membres, le ministère fondamental : celui de la Police, s’arment.

Les quelques forces gouvernementales restées, le 19 juillet, fidèles à la République, avaient été fortement contaminées par l’esprit révolutionnaire durant les journées où ouvriers et gardes d’assaut avaient ensemble fait le coup de feu. Il faut donc d’abord que l’État « reprenne en mains » sa police. Pour cela, la séparer le plus possible de la classe ouvrière, l’enfermer dans ses casernes, lui redonner un uniforme, lui réapprendre le pas de parade, et surtout susciter le plus possible d’incidents entre elle et le prolétariat, notamment avec la police particulière de celui-ci (1). Préparation psychologique.

Entre outre : préparation matérielle. Le nombre des gardes d’assaut est considérablement augmenté (surtout par le gouvernement central), et, tandis qu’on refuse aux troupes de certains fronts des armes modernes, tandis que celles-ci doivent se contenter d’anciens fusils arrachés aux troupes factieuses le 19 juillet, les nouveaux gardes d’assaut sont munis des armes les plus récentes et les plus perfectionnées.

Fin avril, ces préparatifs sont suffisamment poussés pour que la bourgeoisie se puisse croire en mesure de livrer bataille : elle a une force à opposer à la force ouvrière.

Les provocations commencent donc.

C’est d’abord une circulaire des derniers jours d’avril par laquelle les autorités du ministère catalan de l’Ordre public interdisent tout contrôle de la voie publique par les comités ouvriers et ordonnent le désarmement des délégués de ces comités qui s’y livreraient.

Dès que cette circulaire arrive à la connaissance des travailleurs, ceux-ci prennent les devants : trois nuits de suite, ils s’installent aux points stratégiques de Barcelone, et, en fait d’être désarmés, ce sont eux qui désarment les forces policières gouvernementales : 250 gardes nationaux et d’assaut.

Cela d’ailleurs s’est passé sans bruit, à l’insu même de la ville. La première provocation est donc un fiasco total; il faut en trouver une autre.

C’est alors l’attentat de la Telefonica.

Depuis le 19 juillet, le service des téléphones (2) est assuré, comme tous les autres services publics, par les syndicats, en l’espèce le syndicat de la C.N.T. et celui de l’U.G.T.

Comme tous ies autres services publics, le téléphone, sous le nouveau régime, marche très bien; personne n’a à s’en plaindre. D’autre part, les rapports administratifs ou autres avec le gouvernement sont très corrects : pas d’incidents; c’est précisément ce qu’il faut, la provocation n’en sera que plus provocante.

Donc, le 3 mai, au beau milieu de la journée, agissant sur l’ordre du ministre de l’Intérieur de la Généralité, le bourgeois Ayguade, représentant de l’Esquerra catalane au sein du gouvernement, le stalinien Roger Salas, commissaire de l’Ordre public, envahit, à la tête de plusieurs camions de gardes d’assaut, le Central téléphonique de Barcelone situé en plein centre de la ville, sur la place de Catalogne, l’équivalent de notre place de l’Opéra.

Il envahit, ou, plutôt, il tente d’envahir. Car, après qu’il s’est emparé, par surprise, des premiers étages, la résistance s’organise dans les étages supérieurs, et les forces policières bourgeoiso-staliniennes doivent abandonner la partie.

Mais l’effet cherché est obtenu.
Tout Barcelone est en émoi.

Il est manifeste que cette attaque de la Telefonica, la tentative d’expulser les travailleurs de la garde et de la direction d’un service public, n’est que le début d’une tentative d’expropriation généralisée des travailleurs, une tentative pour leur enlever tout ce qu’ils ont conquis depuis le 19 juillet : les usines, les ateliers, les champs repris aux capitalistes et qu’ils font maintenant marcher pour leur propre compte, sous leur propre direction.

En conséquence, spontanément, tout le monde prend les armes en cette fin de journée et durant la nuit qui suit.

Tout le monde.

D’un côté les ouvriers.

De l’autre côté :
les forces policières gouvernementales, tout au moins celles qui le veulent et le peuvent (une partie seulement des gardes d’assaut et des gardes nationaux, mais la totalité des « mozos », gardes spéciaux de la Généralité recrutés spécialement parmi les catalanistes);
les membres de l’Estat Catala, parti nettement fasciste, qui appartient à la coalition soi-disant « antifasciste » uniquement parce qu’il est séparatiste catalan, ce qui l’oppose nettement aux fascistes de Madrid;
servant de cadres au tout, les membres du parti dit « communiste ».

telefonica (more…)

35 photographies du POUM en 1936-37

24 mars 2014
POUM - colonne internationale

colonne internationale du POUM

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Présence du POUM dans les rues de Barcelone

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caserne Lénine (1)

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Miliciens sur le front de Huesca, hiver 1936-37

POUM - salle de presse de l'Espurna

Salle de presse de L’Espurna à Gérone

Miliciens du POUM dans la sierra de Alcubierre, sur le front d’Aragon.

Combattants au front sous le commandement de Mika Etchebehere

Combattants au front sous le commandement de Mika Etchebehere

poum

Un local

POUM - cavaliers

cavaliers sur le front (agence Keystone)

POUM - Militants à  Lecinena, Frente de  Aragon août 1936

Miliciens à Lecinena, sur le front d’Aragon (août 1936)

POUM - Militant août-sept 1936

Un militant photographié par Robert Capa en août ou septembre 1936

POUM (2) - Barcelone août 1936

Barcelone, août 1936

POUM - Façade du localo à Barcelone

Façade du local à Barcelone

POUM - miliciens (2)

Miliciens

POUM (3) - blindé

Blindé

POUM (21) - comité-militar-poum-josep-rovira

comité militaire avec Josep Rovira

POUM - miliciens (3)

miliciens

POUM (8) - camion des milices

camion des milices

POUM (24) - marinos del destructor Almirante Miranda. Verano 1936

marins, été 1936

POUM (28)

caserne Lénine (2)

POUM (14) - Nin et Maurin en 1936

Nin et Maurin en 1936

POUM (3) - caballera del poum

cavalerie

POUM (38) -miliciens (1)

miliciens

POUM (31) - Oficina de alistamiento del POUM en Barcelona (Teatro Principal). été 1936

Bureau d’enrôlement à Barcelone

POUM (35) - secours rouge

Militantes du Secours rouge

poum270

juillet 1936 (archives Pivert)

POUM - blindé

blindé

POUM - Acte de propaganda del POUM en homenatge a Miguel Pedrola 1937

Hommage à Miguel Pedrola (février 1937)

JCI-POUM - local à Barcelone 1936

local des Jeunesses du POUM

Solano y Nin

A. Nin et W. Solano

gorkin sur le front d'aragon

Visite de J. Gorkin sur le front d’Aragon

milicien poum

Repas sur le front

secrfem poum

Défilé du secrétariat féminin

Banderas del Socorro Rojo y de los pioneros del POUM. Barcelona, otoño 1936

Défilé des pionniers

local del POUM en Lleida

local du POUM à Lleida


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