Archives de la catégorie ‘Social-libéralisme’

Un « congrès » « socialiste » ?

18 novembre 2008

aubry-reims

Le congrès de Reims du Parti dit socialiste s’est tenu les 14, 15 et 16 novembre. Mais peut-on vraiment parler d’un congrès ? La « commission des résolutions », tenue dans la nuit de samedi à dimanche, avait en réalité les attributions qu’un congrès devrait avoir. En séance plénière, seuls quelques « chefs » ont le droit de s’exprimer longuement et à plusieurs reprises à la tribune, quand les militants de base ne peuvent pas y accéder. Du coup, le samedi les « chefs » disaient à la tribune : « voilà ce que je dirai ce soir à la commission des résolutions », et le dimanche ils y disaient : « voilà ce que j’ai dit à la commission des résolutions » ! Les congressistes étaient plus considérés comme un public de meeting que comme des délégués mandatés par les adhérents pour décider collectivement des contenus politiques.

Comment ces soi-disant « socialistes » pourraient-ils lutter contre le principe hiérarchique et oligarchique, alors qu’ils l’appliquent dans leur parti, y compris lors de leur « congrès » qui est supposé être un lieu de débat et de décision démocratique ?

Sur le fond, les discours n’avaient rien de socialiste, et les références verbales à Jaurès étaient manifestement là pour servir d’alibi à une continuité qui, dans les faits, n’existe plus depuis longtemps.

La crise du PS est aussi un épisode supplémentaire de la décomposition de la social-démocratie européenne. Que ce PS ait gagné les dernières élections municipales et régionales importe peu à sa direction, qui désespère surtout d’en refaire une machine à gagner les présidentielles, clé du pouvoir d’État en France.

Enregistrant la disparition électorale du PCF, nombreux sont ceux – qu’ils le disent en congrès ou non – qui louchent vers une alliance avec les centristes, force d’appoint de rechange rendue d’autant plus compatible que le PS a systématiquement fait des choix « sociaux-capitalistes » ces dernières années. Le PS français, que certains nous disaient être « le plus à gauche » en Europe à l’époque d’un gouvernement Jospin qui, pourtant, rétablissait le travail de nuit pour les femmes, a décroché de son électorat, ce décrochage ayant été particulièrement visible lors du référendum de 2005.

Ses succès électoraux sont devenus de nature instable, de type protestataire (lui qui n’a pourtant rien de protestataire), faute de mieux pour battre la droite. La crise financière et économique ne sera pas pour ce parti une base pour contester le capitalisme, ne serait-ce que de façon strictement réformiste. Par sa nouvelle déclaration de principes (qui met sur le même plan patronat et syndicats en tant que « partenaires sociaux » pour « réguler » par contrat aux côtés de la loi), par ses abstentions répétées au parlement qui laissent un boulevard à la droite, le PS n’a à opposer à la crise que la même incantation pieuse que Sarkozy d’une « régulation » du « marché », plus une relance keynésienne que l’UMP finira peut-être par adopter sous le poids du réel.

Que le PS n’ait plus rien de « socialiste », plus rien d’un « parti ouvrier », cela est devenu pour tout un chacun une triste évidence et ne peut plus nous surprendre. Mais que dans un régime politique quasiment bipolaire ce parti ne fasse pas un minimum de travail d’opposition, cela interpelle quant à la disparition de tout clivage idéologique réel entre les partis bourgeois, de droite comme « de gauche ».

Sur la modification de la Constitution ayant permis la ratification du traité de Lisbonne, sur la guerre en Afghanistan, sur le plan de sauvetage des banques, les parlementaires PS n’ont pas combattu, n’ont pas voté contre. Certains comme Manuel Valls ont même soutenu publiquement l’allongement de la durée de cotisation retraite. Le premier secrétaire sortant préférait s’attaquer aux syndicats SUD (« le syndicalisme qu’on doit combattre, c’est celui de SUD », François Hollande, entretien à Sud Ouest le 26-11-2007) que soutenir les nombreuses luttes de ces dernières années. Beaucoup de militants voient qu’aux USA, la démocratie bourgeoise s’est réduite à une offre entre deux partis bourgeois, mais s’illusionnent encore sur la nature du bipartisme français. Ils s’émeuvent de la disparition de la gauche parlementaire en Italie sans tirer les leçons du comportement de celle-ci en France. La disparition de la gauche ex-réformiste italienne dans un centre démocrate n’était pas un hasard. Que ce soit dit franchement avec Ségolène Royal ou que ça se fasse plus hypocritement avec Martine Aubry, la logique même de l’évolution de ce parti est déjà dans cette direction.

La longue histoire de la transformation d’un parti socialiste en parti bourgeois reste à écrire, mais les prochains épisodes ne seront que des péripéties : l’œuvre est d’ores et déjà accomplie, depuis bien avant ce congrès.

Bref : électrocardiogramme plat.

[avec Critique sociale]

Voir aussi:

PS: Union sacrée avec la droite

22 octobre 2008

Après une série d’abstentions complaisantes (Traité de Lisbonne, RSA, plan de sauvetage des banques…), les députés du PS choisissent maintenant de voter avec la droite la loi-cadre de Borloo, relative à la mise en oeuvre du "Grenelle de l’environnement". C’est que face à la majorité réactionnaire qui sévit au service d’un patronat de combat, le PS "n’a pas de préjugés":

"Ce n’est pas le début d’une jurisprudence, ce n’est pas destiné à faire oublier des votes d’abstention précédents", a déclaré l’élu du Gers Philippe Martin, l’un des spécialistes de l’environnement au PS.*

"Le PS n’a pas de préjugés, dès lors qu’un texte peut être utile", confirme le député de Paris Jean-Christophe Cambadélis. [AFP]

Seuls 4 députés de gauche ont voté contre:  Jean-Jacques Candelier (PCF, Nord), Jacques Desallangre (ex-MDC, app. PCF, Aisne), André Gerin (PCF, Rhône) et Maxime Gremetz (ex-PCF, Somme). Marc Dolez a voté pour, la plupart des députés communistes se sont abstenus. L’opposition à ce gouvernement n’est décidément pas parlementaire.

La fin du système ?

16 octobre 2008

Article publié sur le site Socialiste de gauche 65 (blog animé comme son nom l’indique par des militants des Hautes-Pyrénées)

Il ne faut pas confondre la crise du système et la fin de celui-ci. Il faut noter à ce propos que la situation actuelle disqualifie la majorité des « économistes » bien comme il faut, pour traiter la suite d’une crise qu’ils ont été incapables de prévoir malgré l’avalanche quotidienne de résultats et de statistiques dont ils disposaient. Par ailleurs , bon nombre de ceux que l’on qualifie de « marxistes » en parlent régulièrement depuis 2004, dans le désert le plus important, celui des sourds que croisent ceux qui ne veulent pas entendre. Et puis le silence et les silencieux se font tonitruants « c’est la fin du capitalisme ! ».Il y a même ceux qui le disait indépassable et le meilleur système. Ségolène Royal, admiratrice de Tony Blair, devant les salariés de FORD à Bordeaux fait un grand écart à se démembrer le bassin en décrétant la fin du capitalisme financier quelle adulait tant il y a quelques mois à peine et son adhésion au très néo libéral TCE. La « madone » fait dans la réincarnation de « Jennie » la fille de Karl devant la masse du prolétariat en lutte et annonce enfin le début du grand soir. Les socialistes dit-elle en substance , ont toujours cru que le capitalisme s’effondrerait seul, ça y est, c’est la fin du capitalisme. Et bien non, les socialistes n’ont jamais cru cela, c’est la raison pour laquelle ils se sont organisés en Parti Politique et en syndicat. Pour en finir avec ce système il faut d’abord le vouloir et s’organiser en conséquence, animer les luttes sociales et créer un rapport des forces favorable au salariat face à la bourgeoisie. La lutte des classes est le théâtre de l’affrontement social , sans elle le capitalisme surmontera sa crise pour une nouvelle mutation et le maintien de l’exploitation. Il faut au salariat une puissante organisation de classe capable d’imposer un programme de transformation sociale et économique en rupture avec le système en place. Pour si importante que soit la crise, elle n ‘engendre pas forcément la disparition du capitalisme. Il est une crise permanente des rapports sociaux et économiques avec des phases plus ou moins critiques et il appartient à ceux qui le subissent de le transformer en une société différente qui ne soit plus une source d’antagonisme par la suppression des classes sociales et des « castes dirigeantes ». Ce qui est intéressant, c’est de connaître et de voir les réactions des partis de gauche par rapport à un tel événement. On régule ou on change un système pourri. Réguler c’est l’admettre en accompagnant ses effets et permettre sa nouvelle mutation qui s’avérera pire que la phase précédente et ainsi de crise en crise, puisque son seul moteur c’est le profit. Le capitalisme exige que l’on reconduise ses profits et les gouvernements s’exécutent en prenant dans les poches des contribuables ce que le capitalisme a accumulé par ailleurs. C’est la privatisations des bénéfices et la socialisation des pertes à l’échelle de la planète. Les ingénus désignent cela « nationalisation » au lieu de « racket » et les petits épargnants, comme les salariés sont captifs du système. L’épargne est captive du bon vouloir et selon les intérêts immédiats des milieux financiers. La valeur récupérée par le capital sera fournie par le travail des salariés et le prochain slogan risque fort d’être : » il faut se retrousser les manches ! » et l’on sait par avance et par expérience à qui cela s’adresse. Etre de gauche ne signifie pas pour autant avoir une conscience de classe. Etre un Parti de gauche actuellement ne le signifie pas d’avantage. La crise peut effectivement réveiller cette conscience nécessaire à la remise en cause du capitalisme mais de longues luttes sont encore en perspective car le système ne sombrera pas de lui même quelques soient ses contradictions. Il faut le vouloir et les organisations capables de le traduire avec un programme de rupture et d’émancipation sociale et économique qui réponde aux aspirations du plus grand nombre tant sur le plan national, européen et international . On ne peut à la fois se satisfaire du TCE, lui trouver toutes les vertus et décréter la fin du système qu’il justifie et impose. Où sont passées les internationales et les « principes déclarés » qui veulent mettre fin au capitalisme, que ceux qui les ont effacés se taisent parce qu’ils n’ont pas vu , pas su ou pas voulu, menteurs ou par erreur, ils sont disqualifiés au même titre que les « économistes à posteriori » . Le mécontentement des uns fait gauchir le discours des autres , le discours seulement. La fin du capitalisme c’est la révolution sociale et Madame Royal devrait se souvenir qu’elle a effacé ce terme de tout principe. Elle a des valeurs, elle. Comme à la bourse ça s’achète et ça se vend, ça monte et ça descend. Une crise n’est pas forcément la fin et souvent le début d’autre chose, socialisme ou barbarie, voilà l’alternative. La fin il faut la vouloir et pour cela l’incantation ne suffit pas.


S. Royal à l’usine Ford de Blanquefort (Gironde), 15-10-2008

Loi anti-grève: Delanoë bon républicain

3 octobre 2008

Extrait de dépêche AFP:

"De son côté, le maire PS de Paris, Bertrand Delanoë a annoncé hier qu’il assurerait le service minimum dans les écoles parisiennes. «La loi est promulguée. Nous sommes républicains, nous l’appliquerons», tout en jugeant «peu réaliste» le délai de 48 heures fixé par la loi pour organiser l’accueil."

Faut-il supposer que le nombre croissant de conseils municipaux refusant d’appliquer l’obligation d’accueil dans les écoles en grève relève d’une conspiration d’affreux anti-républicains? Monsieur le soi-disant "socialiste" maire de Paris est donc un bon républicain discipliné. Il sous-entend seulement qu’on aurait dû obliger les enseignants à se déclarer futurs grévistes avec un préavis encore plus grand, pour faciliter la faisabilité du dispositif anti-grève. Mais Monsieur le maire de Paris n’avait pas besoin d’en faire tant: il n’y a pas d’appel à la grève dans les écoles parisiennes pour le 7 octobre prochain.

Ensemble

Pas de collectivistes au PS

30 septembre 2008

"On voudrait nous faire croire que s’opposent, au Parti socialiste, partisans et adversaires de l’économie de marché. Pas de collectivistes chez les socialistes. Pour nous, la question n’est pas celle de l’acceptation ou non de l’existence du marché, mais celle des réponses politiques proposées pour le réguler et redistribuer les richesses. "

Extrait de la motion C présentée par… la gauche pour le congrès de Reims du Parti soi-disant socialiste, issue d’une fusion des 7 contributions initiales signées par Benoit Hamon, Henri Emmanuelli, Marie-Noëlle Lienemann, Gérard Filoche, Jean-Luc Mélenchon, Marc Dolez, Jacques Fleury, Pierre Larrouturou, qui s’engagent juste à ne pas faire d’alliance avec le centre [1].

On comprend mieux le silence général sur la dernière déclaration de principes. "Réguler le marché" ça tombe bien, c’est justement ce qu’a demandé Sarkozy à l’ONU. C’est aussi ce que prône la bureaucratie syndicale: "La tâche fondamentale de réglementer les marchés financiers" (CSI).
Rappelons une fois de plus qu’à l’origine, le Parti socialiste était "un parti de classe qui a pour but de socialiser les moyens de production et d’échange, c’est-à-dire de transformer la société capitaliste en une société collectiviste ou communiste, et pour moyen l’organisation économique et politique du prolétariat. Par son but, par son idéal, par les moyens qu’il emploie, le parti socialiste, tout en poursuivant la réalisation des réformes immédiates revendiquées par la classe ouvrière, n’est pas un parti de réforme, mais un parti de lutte de classe et de révolution." (Déclaration de principes, 1905)

Non seulement le PS n’est pas un parti de lutte de classe [2] et de révolution, mais sa gauche s’affirme partisane de l’économie de marché en pleine crise financière. "Transformer la société capitaliste en une société collectiviste" en 1905 est devenu "Pas de collectivistes chez les socialistes" en 2008. Quant à même modestement réguler et redistribuer les richesses, on n’avait de toute façon pas remarqué que le bilan des législatures PS ( 1981-86, 1988-93 et 1997-2002) allait dans ce sens… Mais tout le monde s’en fout au PS, ce qui compte c’est de laisser entrouvertes les portes pour une synthèse où chacun aura une bonne place dans l’appareil. Donner des gages de non-collectivisme à gauche est dès lors un exercice obligé.

Quand c’est la gauche du PS elle-même qui dit "Pas de collectivistes chez les socialistes", cela veut dire: il n’y en a pas, il ne peut pas y en avoir, il n’y a pas de place pour eux, pour les anti-capitalistes, au PS. Reprenons la citation de la motion C et remplaçons "économie de marché" par "capitalisme" et "collectivistes" par "anti-capitalistes". On obtiendrait:

On voudrait nous faire croire que s’opposent, au Parti socialiste, partisans et adversaires du capitalisme. Pas d’anti-capitalistes chez les socialistes. Pour nous, la question n’est pas celle de l’acceptation ou non de l’existence du capitalisme, mais celle des réponses politiques proposées pour le réguler et redistribuer les richesses.

Il n’y a pas de "collectivistes" au PS, c’est la gauche du Parti qui vous le dit.

S.J.

Notes:

[1] Pour une critique plus générale de la motion C, lire Denis Collin sur le site La sociale. Il conclut ainsi: “Élaboré par le concile des grands chefs de cette petite gauche, Dolez et Mélenchon étant sommé de le prendre tel qu’il est, ce texte, loin de traduire le renouveau de la gauche du PS, en montre au contraire la décomposition politique et morale.”
[2] François Hollande vient d’ailleurs récemment d’avouer qu’un parti réformiste ne peut plus être un parti ouvrier:

Du reste, la part des ouvriers dans la société française est aujourd’hui très faible. Peut être certains le regrettent-il, mais c’est un fait. Cela ne veut pas dire que le PS doivent les oublier, bien au contraire, mais il doit présenter un projet de société plus juste pour l’ensemble des citoyens, sinon nous devons renoncer à la voie parlementaire et au réformisme.”

(extrait d’un courrier de François Hollande du 19-09-2008 au groupuscule trotskyste Militant qui… milite au PS).

Voir aussi:

 

 

Jospin dans le DVD It’s a free world

8 août 2008

Extrait de Rouge du 31/07/2008

- It’s a free world, de Ken Loach. On a déjà dit, dans Rouge, tout le bien qu’on pense de ce dernier film et qu’il faut voir et avoir. Le DVD présente le film, puis une deuxième version, commentée par l’auteur, ce qui nous réjouit. En revanche, on s’interroge sur le complément, qui montre un débat avec Lionel Jospin, entouré d’un syndicaliste de l’Unsa, d’un contrôleur de l’Urssaf, de deux patrons et d’un adhérent de la Fédération Léo-Lagrange. Jospin, très docte, affirme que le capitalisme sauvage montré par Loach est très marginal. Pour l’ancien Premier ministre, le travail en CDI domine la société française, laquelle ne permettrait pas la forme anglaise de la déréglementation du travail. Et de nous assurer de sa lutte contre une telle précarisation du travail. On croit rêver ! Son gouvernement n’a rien fait contre l’accélération de la précarisation du travail, ni permis la régularisation des sans-papiers, ni accordé le droit de vote comme l’avait promis le Parti socialiste, au moins aux élections locales. Quant au syndicaliste de l’Unsa, il se plaint ici de la faiblesse des syndicats, dans l’immigration en particulier. Qu’il se rassure, depuis l’enregistrement de ce débat, de nombreux travailleurs immigrés sont entrés en lutte et ont choisi de s’organiser, notamment dans la CGT. Quant au chef d’entreprise qui se plaint de la dureté de certains syndicats, il est révélateur de ce type de patron qui rêve de paix sociale, de syndicats dociles, pour faire leurs profits. Et quand Jospin conclut qu’il faut prendre le film de Loach comme une création et non pour image du réel, on se dit que l’ancien Premier Ministre est vraiment « à l’Ouest » (Édition TF1 vidéo, 1 DVD, avec deux versions des films, dont une commentée par Ken Loach, un débat avec Lionel Jospin et sept scènes coupées).

Laura Laufer

Adresse aux militants PS de Marc Dolez

30 juin 2008

Contribution présentée par Marc DOLEZ et le réseau Forces Militantes rendue publique le 28 juin:

Debout la gauche !

Adresse aux militants, à l’occasion du prochain congrès du P.S

Extraits:
Le parti dont ont besoin les salariés comme les militants, c’est un parti qui défende leurs revendications, qui soit clairement à leurs côtés, qui propose une alternative politique au gouvernement de Sarkozy et, au-delà, qui inscrive son combat dans la seule perspective que l’on puisse opposer au capitalisme : celle du socialisme.
Alors que l’aggravation de la crise mondiale devrait conforter le caractère internationaliste et anticapitaliste du Parti Socialiste, celui-ci ne répond aucunement à ces exigences.

(…) Cette perspective suppose la mobilisation de tous les militants, d’horizons différents, qui ne se résignent pas à la faiblesse et à l’impuissance actuelles de la gauche. (…) L’état du Parti Socialiste est tel aujourd’hui que, pour réussir, nous les appelons à l’insurrection militante.

(…) Nous refusons de considérer le capitalisme comme l’horizon indépassable et ne renonçons pas à un autre mode d’organisation sociale, fondé sur la socialisation des moyens de production et d’échange car, pour reprendre le mot de Jaurès , « … les moyens de production et de richesse accumulés par l’humanité doivent être à la disposition de toutes les activités humaines et les affranchir. »

Rien n’est en effet plus urgent que de reconstruire une idéologie de rupture avec le capitalisme pour ouvrir une autre voie, après l’effondrement tragique du « communisme » d’Etat et le calamiteux ralliement de la social-démocratie au modèle néo-libéral.

[lire la contribution entière]

A droite toute ?

22 mai 2008

Ces jours-ci, les dirigeants du Parti dit "socialiste" ne cessent de proclamer en substance et à tour de rôle qu’être de gauche et moderne, ce serait être de droite.
Ces gens, qui n’ont strictement rien de socialistes, appartiennent aux classes les plus privilégiées de la société. De ce fait, il est logique qu’ils ne tiennent absolument pas leur rôle d’opposition, comme on le voit sur la durée de cotisation pour les retraites. Ils sont incapables de défendre les acquis sociaux, et plus : ils n’y voient aucun intérêt, car leur perspective n’est pas de défendre les travailleurs, mais seulement de gérer le système tel qu’il est.

L’adoption ou non du mot libéralisme ne change rien à l’affaire. Les dirigeants du PS ont depuis longtemps renié le socialisme pour se convertir au capitalisme, c’est cela le fond du problème. Que le terme libéralisme corresponde ici aux défenseurs fanatiques du capitalisme, ce n’est qu’un des exemples de ces mots qui sont vidés de leur sens. Même l’expression "économie de marché" n’est pas le problème : le fond de la trahison du PS, c’est sa défense du capitalisme.

C’est un parti qui n’a dans les faits plus rien de socialiste depuis des décennies. Soit le PS veut redevenir socialiste (ce qui n’est le cas d’aucun des dirigeants) et il faut changer radicalement sa politique et son fonctionnement, soit il continue comme maintenant et mieux vaut cesser de mentir et donc abandonner le nom socialisme. Cela permettra de rendre son vrai sens à ce mot (au passage, si le parti post-stalinien franchouillard – dit PCF – pouvait cesser de salir le mot communisme, ce serait une bonne chose aussi).

Bien entendu, ce sont les mêmes qui ont renoncé au socialisme qui renoncent à la démocratie. Comme l’écrivait Rosa Luxemburg : "renoncer à la lutte pour le socialisme, c’est renoncer en même temps au mouvement ouvrier et à la démocratie elle-même." L’appareil du PS a d’ores et déjà, et depuis longtemps, renoncé à la fois au socialisme, au mouvement ouvrier, et à la démocratie (même la fin du cumul des mandats, petit projet d’amélioration de la non-démocratie actuelle, a été courageusement abandonnée par le PS).
L’appareil du PCF est dans le même cas, et depuis longtemps aussi : depuis sa soumission au stalinisme, entraînant son adhésion à un régime capitaliste d’Etat et anti-démocratique.

Dans ces conditions, il n’y a rien à attendre de ces appareils politiciens dans notre lutte contre le système actuel, qui est capitaliste et non-démocratique. Comme l’avait annoncé Karl Marx, aujourd’hui plus que jamais "l’émancipation des classes travailleuses doit être conquise par les classes travailleuses elles-mêmes".

Source : Extrême-gauche démocratique et unie

La disparition de la gauche du PS

10 mai 2008

"Nous sommes dans une économie de marché, il faut l’admettre définitivement. " M. Valls (08-2007)

Avec le silence complice de PRS (cf. l’article de La Sociale) et la prise de position tardive et décevante de Démocratie & socialisme (cf. ici)[*], on constate que les derniers noyaux de gauche au PS ont complètement capitulé devant la nouvelle déclaration de principes du PS. Seul Marc Dolez résiste désormais (cf. sa déclaration), comme il a souvent été le seul à résister ces dernières années.

La disparition de la gauche du PS quelques mois avant son congrès n’est que la disparition d’une caution trompeuse. Les salarié(e)s ont désormais besoin d’un nouveau parti qui défende leurs intérêts et uniquement les leurs, contre ceux d’une bourgeoisie conquérante; qui reprennent de véritables objectifs d’émancipation sociale, inconciliables avec l’organisation capitaliste de la société. Etre vraiment socialiste, c’est se référer par exemple à la déclaration de principes de 1905 et c’est surtout lutter au quotidien avec sa classe, non cotiser pour offrir une belle carrière à M. Valls et compagnie.

S.J.

* : D&S va jusqu’à écrire que "le projet de 2008 est plus avancé" qu’en 1990 et conclut par un circulez-y-a-rien-à-voir: "S’il y a urgence, elle n’est pas dans le débat sur cette déclaration de principes."

Voir aussi:

Manuel Valls dans sa splendeur

29 avril 2008

Ce matin sur France inter, au lendemain de l’annonce et à la vielle du Premier Mai, le député-maire soi-disant socialiste d’Evry Manuel Valls soutient l’allongement de la durée de cotisation retraite à 41 ans:

Manuel Valls s’était déjà signalé en 2006 en proposant que le PS change de nom ou en 2007 par son soutien à la suppression des régimes spéciaux. Il fait aussi partie des parlementaires PS qui ont voté la modification de la Constitution afin de permettre la ratification du traité de Lisbonne. Directement passé des études à une brillante carrière bureaucratique, Manuel Valls déclare dans Le Point de samedi dernier qu’il veut "aider à concilier la gauche avec la pensée libérale". Cela passe par "rompre avec le passé":

"Je veux convaincre la gauche qu’elle doit être digne de son histoire. Pour cela, elle doit rompre avec son passé. Ce n’est pas un hasard si je conclus mon livre en comparant Jean Jaurès et Georges Clemenceau. (…) Malgré tout le respect que j’ai pour la figure du député de Carmaux, j’assume aujourd’hui ma préférence pour le Tigre."

Qu’ajouter de plus?

Voir aussi:


Suivre

Recevez les nouvelles publications par mail.

Joignez-vous à 122 followers