Archive de la catégorie «Social-libéralisme»

Adresse aux militants PS de Marc Dolez

30 juin 2008

Contribution présentée par Marc DOLEZ et le réseau Forces Militantes rendue publique le 28 juin:

Debout la gauche !

Adresse aux militants, à l’occasion du prochain congrès du P.S

Extraits:
Le parti dont ont besoin les salariés comme les militants, c’est un parti qui défende leurs revendications, qui soit clairement à leurs côtés, qui propose une alternative politique au gouvernement de Sarkozy et, au-delà, qui inscrive son combat dans la seule perspective que l’on puisse opposer au capitalisme : celle du socialisme.
Alors que l’aggravation de la crise mondiale devrait conforter le caractère internationaliste et anticapitaliste du Parti Socialiste, celui-ci ne répond aucunement à ces exigences.

(…) Cette perspective suppose la mobilisation de tous les militants, d’horizons différents, qui ne se résignent pas à la faiblesse et à l’impuissance actuelles de la gauche. (…) L’état du Parti Socialiste est tel aujourd’hui que, pour réussir, nous les appelons à l’insurrection militante.

(…) Nous refusons de considérer le capitalisme comme l’horizon indépassable et ne renonçons pas à un autre mode d’organisation sociale, fondé sur la socialisation des moyens de production et d’échange car, pour reprendre le mot de Jaurès , « … les moyens de production et de richesse accumulés par l’humanité doivent être à la disposition de toutes les activités humaines et les affranchir. »

Rien n’est en effet plus urgent que de reconstruire une idéologie de rupture avec le capitalisme pour ouvrir une autre voie, après l’effondrement tragique du « communisme » d’Etat et le calamiteux ralliement de la social-démocratie au modèle néo-libéral.

[lire la contribution entière]

A droite toute ?

22 mai 2008

Ces jours-ci, les dirigeants du Parti dit “socialiste” ne cessent de proclamer en substance et à tour de rôle qu’être de gauche et moderne, ce serait être de droite.
Ces gens, qui n’ont strictement rien de socialistes, appartiennent aux classes les plus privilégiées de la société. De ce fait, il est logique qu’ils ne tiennent absolument pas leur rôle d’opposition, comme on le voit sur la durée de cotisation pour les retraites. Ils sont incapables de défendre les acquis sociaux, et plus : ils n’y voient aucun intérêt, car leur perspective n’est pas de défendre les travailleurs, mais seulement de gérer le système tel qu’il est.

L’adoption ou non du mot libéralisme ne change rien à l’affaire. Les dirigeants du PS ont depuis longtemps renié le socialisme pour se convertir au capitalisme, c’est cela le fond du problème. Que le terme libéralisme corresponde ici aux défenseurs fanatiques du capitalisme, ce n’est qu’un des exemples de ces mots qui sont vidés de leur sens. Même l’expression “économie de marché” n’est pas le problème : le fond de la trahison du PS, c’est sa défense du capitalisme.

C’est un parti qui n’a dans les faits plus rien de socialiste depuis des décennies. Soit le PS veut redevenir socialiste (ce qui n’est le cas d’aucun des dirigeants) et il faut changer radicalement sa politique et son fonctionnement, soit il continue comme maintenant et mieux vaut cesser de mentir et donc abandonner le nom socialisme. Cela permettra de rendre son vrai sens à ce mot (au passage, si le parti post-stalinien franchouillard - dit PCF - pouvait cesser de salir le mot communisme, ce serait une bonne chose aussi).

Bien entendu, ce sont les mêmes qui ont renoncé au socialisme qui renoncent à la démocratie. Comme l’écrivait Rosa Luxemburg : “renoncer à la lutte pour le socialisme, c’est renoncer en même temps au mouvement ouvrier et à la démocratie elle-même.” L’appareil du PS a d’ores et déjà, et depuis longtemps, renoncé à la fois au socialisme, au mouvement ouvrier, et à la démocratie (même la fin du cumul des mandats, petit projet d’amélioration de la non-démocratie actuelle, a été courageusement abandonnée par le PS).
L’appareil du PCF est dans le même cas, et depuis longtemps aussi : depuis sa soumission au stalinisme, entraînant son adhésion à un régime capitaliste d’Etat et anti-démocratique.

Dans ces conditions, il n’y a rien à attendre de ces appareils politiciens dans notre lutte contre le système actuel, qui est capitaliste et non-démocratique. Comme l’avait annoncé Karl Marx, aujourd’hui plus que jamais “l’émancipation des classes travailleuses doit être conquise par les classes travailleuses elles-mêmes“.

Source : Extrême-gauche démocratique et unie

La disparition de la gauche du PS

10 mai 2008

Nous sommes dans une économie de marché, il faut l’admettre définitivement. ” M. Valls (08-2007)

Avec le silence complice de PRS (cf. l’article de La Sociale) et la prise de position tardive et décevante de Démocratie & socialisme (cf. ici)[*], on constate que les derniers noyaux de gauche au PS ont complètement capitulé devant la nouvelle déclaration de principes du PS. Seul Marc Dolez résiste désormais (cf. sa déclaration), comme il a souvent été le seul à résister ces dernières années.

La disparition de la gauche du PS quelques mois avant son congrès n’est que la disparition d’une caution trompeuse. Les salarié(e)s ont désormais besoin d’un nouveau parti qui défende leurs intérêts et uniquement les leurs, contre ceux d’une bourgeoisie conquérante; qui reprennent de véritables objectifs d’émancipation sociale, inconciliables avec l’organisation capitaliste de la société. Etre vraiment socialiste, c’est se référer par exemple à la déclaration de principes de 1905 et c’est surtout lutter au quotidien avec sa classe, non cotiser pour offrir une belle carrière à M. Valls et compagnie.

S.J.

* : D&S va jusqu’à écrire que “le projet de 2008 est plus avancé” qu’en 1990 et conclut par un circulez-y-a-rien-à-voir: “S’il y a urgence, elle n’est pas dans le débat sur cette déclaration de principes.”

Voir aussi:

Manuel Valls dans sa splendeur

29 avril 2008

Ce matin sur France inter, au lendemain de l’annonce et à la vielle du Premier Mai, le député-maire soi-disant socialiste d’Evry Manuel Valls soutient l’allongement de la durée de cotisation retraite à 41 ans:

Manuel Valls s’était déjà signalé en 2006 en proposant que le PS change de nom ou en 2007 par son soutien à la suppression des régimes spéciaux. Il fait aussi partie des parlementaires PS qui ont voté la modification de la Constitution afin de permettre la ratification du traité de Lisbonne. Directement passé des études à une brillante carrière bureaucratique, Manuel Valls déclare dans Le Point de samedi dernier qu’il veut “aider à concilier la gauche avec la pensée libérale”. Cela passe par “rompre avec le passé”:

“Je veux convaincre la gauche qu’elle doit être digne de son histoire. Pour cela, elle doit rompre avec son passé. Ce n’est pas un hasard si je conclus mon livre en comparant Jean Jaurès et Georges Clemenceau. (…) Malgré tout le respect que j’ai pour la figure du député de Carmaux, j’assume aujourd’hui ma préférence pour le Tigre.”

Qu’ajouter de plus?

Voir aussi:

Nouvelle déclaration de principes du PS: de la merde en tube

21 avril 2008

Le Parti soi-disant socialiste vient de publier et présenter à la presse sa nouvelle déclaration de principes (*). Il y est confirmé qu’il est l’héritier de l’ancien parti radical-socialiste et sûrement pas de la SFIO.

Extrait:

Article 6:

Les socialistes sont partisans d’une économie sociale et écologique de marché, une économie de marché régulée par la puissance publique, ainsi que par les partenaires sociaux.
Le système voulu par les socialistes est une économie mixte, combinant un secteur privé dynamique, des services publics de qualité, un tiers secteur d’économie sociale.

Faut-il rappeler que le patronat et son organisation de combat le MEDEF font partie des “partenaires sociaux”?

Evidemment, ne cherchez pas quoi que ce soit sur les luttes sociales et l’émancipation des producteurs. Le PS n’est plus une organisation ouvrière comme continue de le prétendre la doxa trotskyste, il n’est même plus vraiment réformiste, il vise juste à être un bon gestionnaire (”régulateur”) du capitalisme en crise. Sa “régulation” est tellement neutre sur le front de classe qu’elle met sur le même plan patronat et syndicats, les “partenaires sociaux”, pour “réguler” par contrat aux côtés de la loi.

S.J.

(*) Pour la méthode: pas de discussion à la base parmi les adhérents qui l’apprennent par voie de presse.

Voir aussi:

PS: Il faut laisser les morts enterrer leurs morts

8 avril 2008

Denis Collin a posté dimanche sur son site La Sociale un article où il poursuit sa rupture désillusionnée avec la social-démocratie, fut-elle de gauche, récapitulant un siècle de trahisons (c’est donc que le problème n’était pas nouveau) et utilisant des images inhabituelles chez un auteur ayant son parcours.

Extrait:

Pourquoi sur le long terme, le seul mouvement de masse représentant les travailleurs (dans toute leur diversité) a-t-il été la social-démocratie ? Une explication est qu’elle est parfaitement représentative de la situation de l’ouvrier dominé socialement et politiquement et exploité économiquement, ce travailleur qui a perdu l’espoir d’être libre un jour et qui veut surtout desserrer le collier et allonger la chaîne mais a renoncé à courir où bon lui semble.

Collin estime que le PS est politiquement mort depuis le référendum de 2005. Mais qu’il faut “laisser les morts enterrer leurs morts”:

Au-delà du destin des appareils sociaux-démocrates - qui, étant devenus des rouages de la machine de domination capitaliste trouvent toujours de quoi se nourrir - il est nécessaire de mener une réflexion plus générale sur le destin du mouvement ouvrier.

Lire l’article: Réflexions sur le délabrement de la social-démocratie

Relire aussi:

et quelques billets sur la BS:

Vote du Congrès

4 février 2008
L’Assemblée et le Sénat, réunis en Congrès du Parlement à Versailles, a adopté aujourd’hui par 560 voix contre 181 le projet de loi qui modifie la Constitution afin de permettre la ratification du traité européen de Lisbonne (prévue sans recours au référendum).
Quels ont été les votes des élus de la gauche parlementaire?

Ont voté POUR:

  • 17 députés du groupe SOCIALISTE, RADICAL, CITOYEN ET DIVERS GAUCHE à l’Assemblée: Dominique Baert, Christophe Caresche, Paul Giacobbi, Annick Girardin, Armand Jung, Jack Lang, Michel Lefait, Annick Lepetit, Albert Likuvalu, Victorin Lurel, Jeanny Marc, Dominique Orliac, Sylvia Pinel, Philippe Tourtelier, Manuel Valls, André Vézinhet et Jean‑Claude Viollet.
  • 15 sénateurs “socialistes”: Robert Badinter, Jean Besson, Nicole Bricq, Monique Cerisier‑Ben Guiga, MM. Charles Josselin, Alain Journet, Gérard Miquel, Bernard Piras, Jean‑Pierre Plancade, Daniel Raoul, André Rouvière, Patricia Schillinger, Jean‑Pierre Sueur, Catherine Tasca et Richard Yung.

Ont voté CONTRE:

  • 91 députés du groupe SOCIALISTE, RADICAL, CITOYEN ET DIVERS GAUCHE à l’Assemblée: Sylvie Andrieux, Jean‑Paul Bacquet, Jean‑Pierre Balligand, Gérard Bapt, Claude Bartolone, Jacques Bascou, Christian Bataille, Christophe Bouillon, François Brottes, Thierry Carcenac, Laurent Cathala, Bernard Cazeneuve, Jean‑Paul Chanteguet, Alain Claeys, Jean‑Michel Clément, Gilles Cocquempot, Pierre Cohen, Pascal Deguilhem, Marc Dolez, Jean‑Pierre Dufau, William Dumas, Jean‑Louis Dumont, Laurence Dumont, Jean‑Paul Dupré, Philippe Duron, Olivier Dussopt, Christian Eckert, Henri Emmanuelli, Laurent Fabius, Albert Facon, Martine Faure, MM. Hervé Féron, Pierre Forgues, Valérie Fourneyron, Michel Françaix, Jean‑Claude Fruteau, Geneviève Gaillard, Daniel Goldberg, David Habib, Sandrine Hurel, Christian Hutin, Jean‑Louis Idiart, Mme Françoise Imbert, Michel Issindou, Serge Janquin, Régis Juanico, Jean‑Pierre Kucheida, Conchita Lacuey, Jérôme Lambert, Jean Launay, Patrick Lebreton, Gilbert Le Bris, Catherine Lemorton, Jean‑Claude Leroy, Serge Letchimy, Michel Liebgott, Martine Lignières‑Cassou, François Loncle, Jean Mallot, Marie‑Lou Marcel, Philippe Martin, Martine Martinel, Frédérique Massat, Gilbert Mathon, Didier Mathus, Kléber Mesquida, Jean Michel, Didier Migaud, Arnaud Montebourg, Philippe Nauche, Henri Nayrou, Alain Néri, Michel Pajon, Christian Paul, Germinal Peiro, Jean‑Luc Pérat, Jean‑Claude Perez, Catherine Quéré, Simon Renucci, Marie‑Line Reynaud, Chantal Robin‑Rodrigo, Patrick Roy, Odile Saugues, Christophe Sirugue, Christiane Taubira, Pascal Terrasse, Jacques Valax, Michel Vauzelle, Michel Vergnier, Alain Vidalies et Jean‑Michel Villaumé.
  • 21 députés du groupe gauche démocrate et républicaine: Marie‑Hélène Amiable, François Asensi, Huguette Bello, Martine Billard, Alain Bocquet, Patrick Braouezec, Jean‑Pierre Brard, Marie‑George Buffet, Jean‑Jacques Candelier, André Chassaigne, Jacques Desallangre, Jacqueline Fraysse, André Gerin, Pierre Gosnat, Maxime Gremetz, Jean‑Paul Lecoq, Alfred Marie‑Jeanne, Roland Muzeau, Daniel Paul, Jean‑Claude Sandrier et Michel Vaxès.
  • 30 sénateurs socialistes: MM. Bernard Angels, David Assouline, Maryse Bergé‑Lavigne, Alima Boumediene‑Thiery, Jean‑Louis Carrère, Michel Charasse, Pierre‑Yves Collombat, Roland Courteau, Jean Desessard, Michel Dreyfus‑Schmidt, Josette Durrieu, Charles Gautier, Jean‑Pierre Godefroy, Claude Haut, Annie Jarraud‑Vergnolle, Bariza Khiari, André Lejeune, Alain Le Vern, Jean‑Pierre Masseret, Marc Massion, Jean‑Luc Mélenchon, Jean‑Pierre Michel, Michel Moreigne, Daniel Percheron, Marcel Rainaud, Gérard Roujas, Claude Saunier, Jean‑Marc Todeschini, Robert Tropeano et André Vantomme.
  • 23 sénateurs du groupe communiste républicain et citoyen: Eliane Assassi, François Autain, Marie‑France Beaufils, Pierre Biarnès, Michel Billout, Nicole Borvo Cohen‑Seat, Robert Bret, Jean‑Claude Danglot, Annie David, Michelle Demessine, Evelyne Didier, Guy Fischer, Thierry Foucaud, Mmes Brigitte Gonthier‑Maurin, Gélita Hoarau, Robert Hue, Gérard Le Cam, Josiane Mathon‑Poinat, Jack Ralite, Ivan Renar, Odette Terrade, Bernard Vera et Jean‑François Voguet.

Se sont abstenus:

  • 93 députés du groupe SOCIALISTE, RADICAL, CITOYEN ET DIVERS GAUCHE à l’Assemblée.
  • 3 députés du groupe gauche démocrate et républicaine ( Yves Cochet, Noël Mamère et François de Rugy)
  • 49 sénateurs socialistes.
~~~
Le point de vue de J.-L. Mélecnchon:

Ce soir je suis très amer. L’analyse du scrutin du congrès du parlement à Versailles donne raison à l’analyse et au décompte publiés ici et répétés tant de fois. Lisez bien : le total des voix de droite, du centre et des non inscrits qui ont voté oui à la réforme Constitutionnelle est de 523 voix. C’est-à-dire 519 exprimés plus quatre votes en « abstention » ou « contre » rectifiés ensuite. 523 voix c’est 22 voix de moins que la majorité requise qui était de 545 voix ! Ce sont donc les 40 voix venues de gauche qui ont permis d’interdire le référendum : 17 députés PS et PRG, 15 sénateurs PS et Verts, 8 sénateurs PRG et divers gauche !

A l’inverse si tous les parlementaires de gauche présents avaient voté contre la réforme, le total aurait été de 355 voix. La minorité requise était de 363 voix. Il aurait manqué 8 suffrages, exactement comme prévu. Mais compte tenu du vote négatif de 14 parlementaires de droite (comme prévu par les décomptes publiés sur mon blog) il y aurait eu 369 voix « contre » soit 6 voix de plus que le total requis !
Ce n’est pas tout. Compte tenu des abstentions et des refus de vote (NPPV) à droite et au centre (15 voix ce 4 février), le seuil de la minorité de blocage serait même descendu à 357 voix. Cela aurait donné au vote « contre » la réforme une avance de 12 voix.
La gauche aidant la droite à empêcher le vote du peuple : la honte. Un parlement votant en deux heures la censure du peuple : la honte. Une combine politicienne pour rendre tout ça possible : la honte !

Pour le récit de la journée par un observateur engagé, le Délégué général de PRS, François Delapierre : http://www.pourlarepubliquesociale.org

[Source: blog de JL Mélenchon]

Le PS a perdu ses adhérents à 20 euros

19 janvier 2008

En un an, le PS a perdu près d’un quart de ses militants

Reuters & Libération, 19-01-08

Entre 40.000 et 60.000 adhérents ont quitté le parti depuis le vote d’investiture pour l’élection présidentielle de novembre 2006.

Le Parti socialiste a perdu entre 40.000 et 60.000 adhérents depuis le vote d’investiture pour l’élection présidentielle de novembre 2006, a-t-on appris vendredi auprès de la direction du PS.

On est entre 160.000 et 180.000” contre un peu plus de 218.000 au moment de la primaire interne qui a vu la victoire de Ségolène Royal devant Laurent Fabius et Dominique Strauss-Kahn, a expliqué à Reuters Kader Arif, secrétaire national chargé des fédérations.Ces chiffres représentent une décrue de 17 à 27%, huit mois après la défaite présidentielle du PS, la troisième consécutive.

La fourchette approximative s’explique par le fait que “les gens peuvent reprendre leur carte jusqu’à mi-février” 2008, a précisé Kader Arif, démentant que la perte s’élève à 40% de militants, comme l’ont évoqué certains journaux.

Il a en revanche confirmé qu’une majorité des nouveaux adhérents - les militants à 20 euros - qui s’étaient inscrits dans la perspective de l’investiture avaient quitté le PS.

Dans les cartes à 20 euros, on n’en récupère que 30% même si cela varie beaucoup d’une fédération à l’autre“, a-t-il déclaré.

C’est un ressac important mais c’est toujours la même chose pour une année de congrès ou de désignation. On assiste à une élévation forte (du nombre de militants) avant une perte importante“, a-t-il assuré.

« Ne pas aller à Versailles, une désertion »

14 janvier 2008

Par Jean-Luc Mélenchon, sénateur (PS) de l’Essonne. Paru dans L’Humanité des débats, 12-01-08

Comment jugez-vous la décision de Jean-Marc Ayrault et de François Hollande d’appeler au boycottage du Congrès de Versailles ?

Jean-Luc Mélenchon. Très sévèrement, pour deux raisons. La première tient à la vie du Parti socialiste. Cette décision n’est prise dans aucun organe de délibération. C’est sans précédent. Il n’y a eu ni vote au groupe socialiste, ni discussion, ni vote au bureau national. C’est un vrai coup de force. Sur le fond, il s’agit d’une désertion, d’une hypocrisie absolue, puisque le fait de ne pas aller à Versailles revient en réalité non pas à s’opposer, comme les apparences pourraient le laisser croire, mais au contraire à laisser passer le traité de Lisbonne.Voyez-vous dans ce renoncement qui ne dit pas son nom à la revendication d’un référendum un tournant de fond, à la veille du congrès du PS ?Jean-Luc Mélenchon. C’est un événement. C’est la première fois que, d’une manière aussi spectaculaire, des dirigeants socialistes décident de se mettre en opposition à un processus qui donne la parole au peuple. Tout cela aura des conséquences en cascade sur la vie du Parti socialiste. Ce n’est plus le même parti avant et après cette décision.

Cette posture de retrait ne séduit-elle pas certains parlementaires socialistes pourtant favorables à un référendum ?

Jean-Luc Mélenchon. J’ai plutôt des échos contraires. Cette position indigne de nombreux socialistes, qu’ils soient favorables ou non à ce traité européen. Des parlementaires ont d’ores et déjà annoncé, de façon ferme, leur intention de se rendre à Versailles. Je pense en particulier à Henri Emmanuelli et à Laurent Fabius.

Le PS abandonne-t-il là, selon vous, un terrain privilégié d’opposition à Sarkozy ?

Jean-Luc Mélenchon. C’est le grand paradoxe. Au moment où Sarkozy est affaibli, où il est en pleine offensive antisociale, lui faciliter la tâche sur le prétendu traité simplifié, qui est en réalité un concentré de tout ce que nous combattons dans sa politique nationale, clui faire un cadeau inespéré. Il est invraisemblable de lui donner ainsi de l’espace au moment où il en manque.

Cette décision compromet-elle définitivement l’espoir de réunir les deux cinquièmes de parlementaires pour ouvrir la voie à un nouveau référendum ?

Jean-Luc Mélenchon. Elle rend ce scénario plus difficile. Mais la partie reste très ouverte. On ne sait pas comment vont réagir les parlementaires socialistes. L’attitude des parlementaires de droite constitue une autre inconnue : certains, soucieux de ne pas apparaître comme cautionnant ce déni de démocratie, pourraient à leur tour décider de ne pas prendre part au vote.

Entretien réalisé par R. M.

Voir aussi:

L’Internationale pourrie

30 décembre 2007

L’assassinat de Benazir Bhutto a non seulement remis en avant les conjonctions entre l’armée, les USA et les islamistes au Pakistan (”Le président pakistanais est le meilleur allié de Washington alors qu’il est allié avec les islamistes qui soutiennent les talibans”, L’Humanité du 28-12-07), mais accessoirement l’appartenance de son parti, le Pakistan People’s Party (PPP), à l’Internationale socialiste. Si ce n’est une minuscule tendance trotskyste animée par le courant grantiste [cf. l'article d'A. Woods* &*, idolâtres de Chavez qui militent en France au sein du PCF], ce PPP est considéré unanimement comme le défenseur des intérêts de la grande bourgeoisie du sud. Faudrait-il être surpris de son appartenance à l’I.S. ?

L’Internationale socialiste est un vestige formel des anciennes Internationales ouvrières. Qu’en reste-t-il? Dans ses principes, édulcorés au dernier degré, on y lit vaguement que “les socialistes sont unis dans leur vision d’une société mondiale pacifique et démocratique alliant la liberté, la justice et la solidarité“. On y défend donc “la liberté individuelle“, “la liberté de pensée et d’expression, à la liberté d’association et à la protection face à la torture“. Enfin, les différentes cultures au sein de chaque société doivent jouir de chances et de droits égaux“. Même si ça n’est même pas du réformisme, soit. Ce qu’il faut regarder ce sont les membres de cette I.S., et là on n’est pas déçus. On y retrouve non seulement le Labour britannique converti au libéralisme et le SPD qui préfère gouverner avec la droite qu’avec sa scission de gauche, mais aussi pêle-mêle le Front sandiniste du Nicaragua qui a criminalisé l’avortement et collabore avec le régime théocratique iranien, l’Action démocratique totalement discréditée au Venezuela, l’UPK du Kurdistan irakien qui tire sur les ouvriers en grève et participe au gouvernement compradore collaborant avec les troupes d’occupation. En Italie on ne sait plus trop qui. En France le PS évidemment.

Ce genre d’usine à gaz anti-ouvrière n’est sûrement pas ce qui pourra donner le moindre début de légitimité au PS français à prétendre incarner l’héritage socialiste.

Voir aussi:

- sur le Pakistan:

- sur l’I.S. et l’Irak:

Réunion du groupe de travail de l’IS avec la direction de l’UPK à Kirkuk

- divers: