Archives de la catégorie ‘Social-libéralisme’

Nouvelle déclaration de principes du PS: de la merde en tube

21 avril 2008

Le Parti soi-disant socialiste vient de publier et présenter à la presse sa nouvelle déclaration de principes (*). Il y est confirmé qu’il est l’héritier de l’ancien parti radical-socialiste et sûrement pas de la SFIO.

Extrait:

Article 6:

Les socialistes sont partisans d’une économie sociale et écologique de marché, une économie de marché régulée par la puissance publique, ainsi que par les partenaires sociaux.
Le système voulu par les socialistes est une économie mixte, combinant un secteur privé dynamique, des services publics de qualité, un tiers secteur d’économie sociale.

Faut-il rappeler que le patronat et son organisation de combat le MEDEF font partie des "partenaires sociaux"?

Evidemment, ne cherchez pas quoi que ce soit sur les luttes sociales et l’émancipation des producteurs. Le PS n’est plus une organisation ouvrière comme continue de le prétendre la doxa trotskyste, il n’est même plus vraiment réformiste, il vise juste à être un bon gestionnaire ("régulateur") du capitalisme en crise. Sa "régulation" est tellement neutre sur le front de classe qu’elle met sur le même plan patronat et syndicats, les "partenaires sociaux", pour "réguler" par contrat aux côtés de la loi.

S.J.

(*) Pour la méthode: pas de discussion à la base parmi les adhérents qui l’apprennent par voie de presse.

Voir aussi:

PS: Il faut laisser les morts enterrer leurs morts

8 avril 2008

Denis Collin a posté dimanche sur son site La Sociale un article où il poursuit sa rupture désillusionnée avec la social-démocratie, fut-elle de gauche, récapitulant un siècle de trahisons (c’est donc que le problème n’était pas nouveau) et utilisant des images inhabituelles chez un auteur ayant son parcours.

Extrait:

Pourquoi sur le long terme, le seul mouvement de masse représentant les travailleurs (dans toute leur diversité) a-t-il été la social-démocratie ? Une explication est qu’elle est parfaitement représentative de la situation de l’ouvrier dominé socialement et politiquement et exploité économiquement, ce travailleur qui a perdu l’espoir d’être libre un jour et qui veut surtout desserrer le collier et allonger la chaîne mais a renoncé à courir où bon lui semble.

Collin estime que le PS est politiquement mort depuis le référendum de 2005. Mais qu’il faut "laisser les morts enterrer leurs morts":

Au-delà du destin des appareils sociaux-démocrates – qui, étant devenus des rouages de la machine de domination capitaliste trouvent toujours de quoi se nourrir – il est nécessaire de mener une réflexion plus générale sur le destin du mouvement ouvrier.

Lire l’article: Réflexions sur le délabrement de la social-démocratie

Relire aussi:

et quelques billets sur la BS:

Vote du Congrès

4 février 2008
L’Assemblée et le Sénat, réunis en Congrès du Parlement à Versailles, a adopté aujourd’hui par 560 voix contre 181 le projet de loi qui modifie la Constitution afin de permettre la ratification du traité européen de Lisbonne (prévue sans recours au référendum).
Quels ont été les votes des élus de la gauche parlementaire?

Ont voté POUR:

  • 17 députés du groupe SOCIALISTE, RADICAL, CITOYEN ET DIVERS GAUCHE à l’Assemblée: Dominique Baert, Christophe Caresche, Paul Giacobbi, Annick Girardin, Armand Jung, Jack Lang, Michel Lefait, Annick Lepetit, Albert Likuvalu, Victorin Lurel, Jeanny Marc, Dominique Orliac, Sylvia Pinel, Philippe Tourtelier, Manuel Valls, André Vézinhet et Jean‑Claude Viollet.
  • 15 sénateurs "socialistes": Robert Badinter, Jean Besson, Nicole Bricq, Monique Cerisier‑Ben Guiga, MM. Charles Josselin, Alain Journet, Gérard Miquel, Bernard Piras, Jean‑Pierre Plancade, Daniel Raoul, André Rouvière, Patricia Schillinger, Jean‑Pierre Sueur, Catherine Tasca et Richard Yung.

Ont voté CONTRE:

  • 91 députés du groupe SOCIALISTE, RADICAL, CITOYEN ET DIVERS GAUCHE à l’Assemblée: Sylvie Andrieux, Jean‑Paul Bacquet, Jean‑Pierre Balligand, Gérard Bapt, Claude Bartolone, Jacques Bascou, Christian Bataille, Christophe Bouillon, François Brottes, Thierry Carcenac, Laurent Cathala, Bernard Cazeneuve, Jean‑Paul Chanteguet, Alain Claeys, Jean‑Michel Clément, Gilles Cocquempot, Pierre Cohen, Pascal Deguilhem, Marc Dolez, Jean‑Pierre Dufau, William Dumas, Jean‑Louis Dumont, Laurence Dumont, Jean‑Paul Dupré, Philippe Duron, Olivier Dussopt, Christian Eckert, Henri Emmanuelli, Laurent Fabius, Albert Facon, Martine Faure, MM. Hervé Féron, Pierre Forgues, Valérie Fourneyron, Michel Françaix, Jean‑Claude Fruteau, Geneviève Gaillard, Daniel Goldberg, David Habib, Sandrine Hurel, Christian Hutin, Jean‑Louis Idiart, Mme Françoise Imbert, Michel Issindou, Serge Janquin, Régis Juanico, Jean‑Pierre Kucheida, Conchita Lacuey, Jérôme Lambert, Jean Launay, Patrick Lebreton, Gilbert Le Bris, Catherine Lemorton, Jean‑Claude Leroy, Serge Letchimy, Michel Liebgott, Martine Lignières‑Cassou, François Loncle, Jean Mallot, Marie‑Lou Marcel, Philippe Martin, Martine Martinel, Frédérique Massat, Gilbert Mathon, Didier Mathus, Kléber Mesquida, Jean Michel, Didier Migaud, Arnaud Montebourg, Philippe Nauche, Henri Nayrou, Alain Néri, Michel Pajon, Christian Paul, Germinal Peiro, Jean‑Luc Pérat, Jean‑Claude Perez, Catherine Quéré, Simon Renucci, Marie‑Line Reynaud, Chantal Robin‑Rodrigo, Patrick Roy, Odile Saugues, Christophe Sirugue, Christiane Taubira, Pascal Terrasse, Jacques Valax, Michel Vauzelle, Michel Vergnier, Alain Vidalies et Jean‑Michel Villaumé.
  • 21 députés du groupe gauche démocrate et républicaine: Marie‑Hélène Amiable, François Asensi, Huguette Bello, Martine Billard, Alain Bocquet, Patrick Braouezec, Jean‑Pierre Brard, Marie‑George Buffet, Jean‑Jacques Candelier, André Chassaigne, Jacques Desallangre, Jacqueline Fraysse, André Gerin, Pierre Gosnat, Maxime Gremetz, Jean‑Paul Lecoq, Alfred Marie‑Jeanne, Roland Muzeau, Daniel Paul, Jean‑Claude Sandrier et Michel Vaxès.
  • 30 sénateurs socialistes: MM. Bernard Angels, David Assouline, Maryse Bergé‑Lavigne, Alima Boumediene‑Thiery, Jean‑Louis Carrère, Michel Charasse, Pierre‑Yves Collombat, Roland Courteau, Jean Desessard, Michel Dreyfus‑Schmidt, Josette Durrieu, Charles Gautier, Jean‑Pierre Godefroy, Claude Haut, Annie Jarraud‑Vergnolle, Bariza Khiari, André Lejeune, Alain Le Vern, Jean‑Pierre Masseret, Marc Massion, Jean‑Luc Mélenchon, Jean‑Pierre Michel, Michel Moreigne, Daniel Percheron, Marcel Rainaud, Gérard Roujas, Claude Saunier, Jean‑Marc Todeschini, Robert Tropeano et André Vantomme.
  • 23 sénateurs du groupe communiste républicain et citoyen: Eliane Assassi, François Autain, Marie‑France Beaufils, Pierre Biarnès, Michel Billout, Nicole Borvo Cohen‑Seat, Robert Bret, Jean‑Claude Danglot, Annie David, Michelle Demessine, Evelyne Didier, Guy Fischer, Thierry Foucaud, Mmes Brigitte Gonthier‑Maurin, Gélita Hoarau, Robert Hue, Gérard Le Cam, Josiane Mathon‑Poinat, Jack Ralite, Ivan Renar, Odette Terrade, Bernard Vera et Jean‑François Voguet.

Se sont abstenus:

  • 93 députés du groupe SOCIALISTE, RADICAL, CITOYEN ET DIVERS GAUCHE à l’Assemblée.
  • 3 députés du groupe gauche démocrate et républicaine ( Yves Cochet, Noël Mamère et François de Rugy)
  • 49 sénateurs socialistes.
Source: Site de l’Assemblée Nationale
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Le point de vue de J.-L. Mélecnchon:

LE VOTE DE VERSAILLES: LA HONTE

Ce soir je suis très amer. L’analyse du scrutin du congrès du parlement à Versailles donne raison à l’analyse et au décompte publiés ici et répétés tant de fois. Lisez bien : le total des voix de droite, du centre et des non inscrits qui ont voté oui à la réforme Constitutionnelle est de 523 voix. C’est-à-dire 519 exprimés plus quatre votes en « abstention » ou « contre » rectifiés ensuite. 523 voix c’est 22 voix de moins que la majorité requise qui était de 545 voix ! Ce sont donc les 40 voix venues de gauche qui ont permis d’interdire le référendum : 17 députés PS et PRG, 15 sénateurs PS et Verts, 8 sénateurs PRG et divers gauche !

A l’inverse si tous les parlementaires de gauche présents avaient voté contre la réforme, le total aurait été de 355 voix. La minorité requise était de 363 voix. Il aurait manqué 8 suffrages, exactement comme prévu. Mais compte tenu du vote négatif de 14 parlementaires de droite (comme prévu par les décomptes publiés sur mon blog) il y aurait eu 369 voix « contre » soit 6 voix de plus que le total requis !
Ce n’est pas tout. Compte tenu des abstentions et des refus de vote (NPPV) à droite et au centre (15 voix ce 4 février), le seuil de la minorité de blocage serait même descendu à 357 voix. Cela aurait donné au vote « contre » la réforme une avance de 12 voix.
La gauche aidant la droite à empêcher le vote du peuple : la honte. Un parlement votant en deux heures la censure du peuple : la honte. Une combine politicienne pour rendre tout ça possible : la honte !

Pour le récit de la journée par un observateur engagé, le Délégué général de PRS, François Delapierre : http://www.pourlarepubliquesociale.org

[Source: blog de JL Mélenchon]

Le PS a perdu ses adhérents à 20 euros

19 janvier 2008

En un an, le PS a perdu près d’un quart de ses militants

Reuters & Libération, 19-01-08

Entre 40.000 et 60.000 adhérents ont quitté le parti depuis le vote d’investiture pour l’élection présidentielle de novembre 2006.

Le Parti socialiste a perdu entre 40.000 et 60.000 adhérents depuis le vote d’investiture pour l’élection présidentielle de novembre 2006, a-t-on appris vendredi auprès de la direction du PS.

"On est entre 160.000 et 180.000" contre un peu plus de 218.000 au moment de la primaire interne qui a vu la victoire de Ségolène Royal devant Laurent Fabius et Dominique Strauss-Kahn, a expliqué à Reuters Kader Arif, secrétaire national chargé des fédérations.Ces chiffres représentent une décrue de 17 à 27%, huit mois après la défaite présidentielle du PS, la troisième consécutive.

La fourchette approximative s’explique par le fait que "les gens peuvent reprendre leur carte jusqu’à mi-février" 2008, a précisé Kader Arif, démentant que la perte s’élève à 40% de militants, comme l’ont évoqué certains journaux.

Il a en revanche confirmé qu’une majorité des nouveaux adhérents – les militants à 20 euros – qui s’étaient inscrits dans la perspective de l’investiture avaient quitté le PS.

"Dans les cartes à 20 euros, on n’en récupère que 30% même si cela varie beaucoup d’une fédération à l’autre", a-t-il déclaré.

"C’est un ressac important mais c’est toujours la même chose pour une année de congrès ou de désignation. On assiste à une élévation forte (du nombre de militants) avant une perte importante", a-t-il assuré.

L’Internationale pourrie

30 décembre 2007

L’assassinat de Benazir Bhutto a non seulement remis en avant les conjonctions entre l’armée, les USA et les islamistes au Pakistan ("Le président pakistanais est le meilleur allié de Washington alors qu’il est allié avec les islamistes qui soutiennent les talibans", L’Humanité du 28-12-07), mais accessoirement l’appartenance de son parti, le Pakistan People’s Party (PPP), à l’Internationale socialiste. Si ce n’est une minuscule tendance trotskyste animée par le courant grantiste [cf. l'article d'A. Woods* &*, idolâtres de Chavez qui militent en France au sein du PCF], ce PPP est considéré unanimement comme le défenseur des intérêts de la grande bourgeoisie du sud. Faudrait-il être surpris de son appartenance à l’I.S. ?

L’Internationale socialiste est un vestige formel des anciennes Internationales ouvrières. Qu’en reste-t-il? Dans ses principes, édulcorés au dernier degré, on y lit vaguement que "les socialistes sont unis dans leur vision d’une société mondiale pacifique et démocratique alliant la liberté, la justice et la solidarité". On y défend donc "la liberté individuelle", "la liberté de pensée et d’expression, à la liberté d’association et à la protection face à la torture". Enfin, "les différentes cultures au sein de chaque société doivent jouir de chances et de droits égaux". Même si ça n’est même pas du réformisme, soit. Ce qu’il faut regarder ce sont les membres de cette I.S., et là on n’est pas déçus. On y retrouve non seulement le Labour britannique converti au libéralisme et le SPD qui préfère gouverner avec la droite qu’avec sa scission de gauche, mais aussi pêle-mêle le Front sandiniste du Nicaragua qui a criminalisé l’avortement et collabore avec le régime théocratique iranien, l’Action démocratique totalement discréditée au Venezuela, l’UPK du Kurdistan irakien qui tire sur les ouvriers en grève et participe au gouvernement compradore collaborant avec les troupes d’occupation. En Italie on ne sait plus trop qui. En France le PS évidemment.

Ce genre d’usine à gaz anti-ouvrière n’est sûrement pas ce qui pourra donner le moindre début de légitimité au PS français à prétendre incarner l’héritage socialiste.

Voir aussi:

- sur le Pakistan:

- sur l’I.S. et l’Irak:

Réunion du groupe de travail de l’IS avec la direction de l’UPK à Kirkuk

- divers:

Recomposition en Italie d’une gauche délavée

27 décembre 2007

Le centre-gauche et la gauche parlementaire continuent leur recomposition en Italie après l’intégration des ex-communistes "démocrates de gauche" (DS) dans un Parti démocrate de centre-gauche [cf. Parti démocrate italien: Pepone vote don Camillo].

La scission de gauche des DS , Sinistra Democratica, qui a vu l’adhésion de l’ex dernier secrétaire général du PCI (et 1° du PDS) Achille Occhetto, a formé les 8-9 décembre dernier une nouvelle formation confédérée "arc-en-ciel" avec les Verts et deux partis issus de l’ex-PC: Rifondazione Comunista (que les militants de la IV° Internationale ont quitté [*]) et le Parti des Communistes Italiens (PdCI). Assemblage électoral recollant des morceaux mais sur quelles bases politiques? "Notre objectif est d’arriver à 15% des voix aux prochaines élections", a déclaré le leader des Verts et ministre de l’Environnement, Alfonso Pecoraro Scanio. Le regroupement a 93 députés et 41 sénateurs, avec un logo sans faucille ni marteau. Rose-rouge-vert, ça fait "gauche plurielle"? Le mensuel Aprile a d’ailleurs lancé une réflexion "per una sinistra plurale"[*]. Ce n’est donc même pas un rassemblement de la gauche "radicale" dans laquelle se fondent les derniers restes de l’ex-PCI qui continuaient de s’appeler "communistes". Qu’attendre de l’arc-en-ciel sinon d’être la béquille parlementaire gauche d’un gouvernement centriste qui pratique les attaques anti-ouvrières, notamment sur les retraites, et les envois militaires au Moyen-Orient (Liban juste après le retrait d’Irak)?

le logo de la confédération arc-en-ciel

le logo de la confédération arc-en-ciel

Voir aussi:

Le "dérapage" de Hollande contre SUD

8 décembre 2007

Dans un article paru dans Sud-Ouest (disponible ici), François Hollande, toujours premier secrétaire du Parti soi-disant socialiste, déclare rien moins que:" le syndicalisme que l’on doit combattre, c’est celui de SUD".

Communiqué de SUD-Ratp, 7-12-07

Haro Politique contre SUD

Dans un entretien accordé à SUD OUEST le 26 novembre 2007, le 1er secrétaire du parti socialiste, François HOLLANDE, se félicite de « l’évolution réformiste de la CGT », en ajoutant que « le syndicalisme que l’on doit combattre c’est celui de SUD » !

Il n’en fallait pas tant pour confirmer que SUD est désormais le seul adversaire social digne de ce nom dans notre pays, et qu’en matière de syndicalisme, comme en politique, le réformisme au service de la régression sociale est une valeur communément partagée.

SUD RATP rejette la qualification de « gauchistes », car son seul but a toujours été celui de la défense des salariés qu’il représente, sans jamais s’interdire de combattre les politiques de droite, comme de gauche, dès lors qu’elles sont néfastes à ces intérêts.

Les Adhérents, militants et sympathisants de SUD RATP n’oublierons pas cette prise de position politique, indigne d’un parti se prétendant investi des valeurs du Socialisme.

Dolez n’a "plus guère d’illusions sur le PS"

1 décembre 2007

Article de Marc Dolez sur le site Forces militantes:

Vers des Etats généraux de toutes les forces de transformation sociale

Le forum organisé par « Maintenant à gauche ! », le 24 Novembre à Paris, a été d’un grand intérêt.

Les débats ont confirmé l’objectif, largement partagé, de faire converger l’ensemble de la gauche de transformation sociale.

Dans cette perspective, il a été notamment convenu :

- d’organiser en 2008 des Etats Généraux de toutes les forces de transformation sociale et de mettre en place un comité unitaire de préparation qui garantisse le pluralisme et l’ouverture de cette grande initiative.
- d’initier partout des espaces des débats avec le type de démarche que « Maintenant à gauche ! » a mis en œuvre pour ce forum.
- de saisir toutes les occasions de mobilisation sociale pour proposer et débattre des alternatives nécessaires et de faire de la campagne pour l’exigence d’un référendum sur le nouveau traité européen un axe fort de l’action commune de la gauche de transformation.

Avec ces propositions, il nous appartient désormais de créer la dynamique permettant de réunir les conditions pour la construction d’une nouvelle force politique à gauche.

Pour ma part, j’entends m’y impliquer pleinement. Ci-après le texte de mon intervention lors de ce forum.

Marc DOLEZ

"Mes chers camarades,

Pour rentrer immédiatement dans le vif de mon propos, je dirai qu’il y a urgence à enclencher le processus de construction d’une nouvelle force politique à gauche, urgence dictée à la fois par la situation politique et sociale, dont nous partageons largement l’analyse, et par l’état actuel de la gauche.

La construction de cette nouvelle force politique est en effet indispensable pour porter le projet de transformation sociale, que je crois aussi nous appelons largement de nos vœux, pour imposer majoritairement à gauche la rupture avec toutes les politiques économiques menées depuis 25 ans, c’est-à-dire depuis le tournant libéral de 1983.

Avant de s’avoir avec qui construire cette nouvelle force, il faut d’abord répondre à la question : pour quoi faire ?

Nous y avons répondu pour l’essentiel dans le courant de la journée, ce qui exclut de construire une chapelle de plus tout comme l’idée d’un parti de toute la gauche qui irait des communistes au Modem !

Cette nouvelle force a donc vocation à rassembler toutes les forces de la transformation sociale, qui peuvent venir d’horizons différents : républicains, communistes, écologistes, altermondialistes, féministes… et bien sûr socialistes.

A cet égard, et s’il était besoin de vous rassurer, je vous indique qu’au Parti Socialiste il y a beaucoup de militants qui ne se résignent pas et qui ne renoncent pas, beaucoup de militants qui veulent lutter contre le capital et son système.

S’ils n’ont pas encore renoncé à se battre à l’intérieur du Parti Socialiste, beaucoup, dont je suis, ne se font plus guère d’illusions sur la possibilité d’enrayer sa mutation en parti démocrate et la possibilité de le replacer au cœur de la gauche.

Pour réussir la construction de cette nouvelle force politique, la participation de socialistes, aux côtés de beaucoup d’autres, est absolument indispensable, comme cela a été le cas, il y a 2 ans, dans la bataille du non au T.C.E.

Construire cette nouvelle force c’est en réalité refuser le bipartisme actuel : nous le constatons aujourd’hui de manière affligeante, que cela soit sur les retraites, l’université et le traité européen, UMP et PS sont d’accord sur le fond, mise à part la méthode !

Nous, nous affirmons que droite et gauche ont de profondes divergences sur le fond.

Il y a urgence à engager le processus car la situation l’exige et c’est pourquoi je ne pense pas qu’il faille attendre davantage pour en afficher clairement la perspective et prendre des initiatives en ce sens.

Attendre d’avantage ne faciliterait rien, car il y aura toujours une bonne raison d’attendre : une échéance électorale, le congrès de telle ou telle organisation.

Cela pourrait être l’une des conclusions de notre journée, nous pourrions par exemple décider de l’organisation d’Etats Généraux de la gauche pour la transformation sociale et ce dès le printemps 2008.

Dans la période qui vient, il importe aussi de jeter les bases de cette nouvelle force en menant ensemble la bataille pour l’exigence démocratique du référendum et refuser que la souveraineté populaire soit bafouée. Dans le débat sur l’avenir des retraites, nous devrions ensemble récuser l’idée de devoir travailler plus longtemps et plaider pour un alignement par le haut.

Le parti que nous avons à construire doit être à la fois celui de la protestation et de la proposition.

C’est notre responsabilité collective, une responsabilité historique, que de participer à cette construction. Si non, qui d’autre le fera ?

Parce que cette perspective répond à une aspiration profonde de notre peuple, nous allons la concrétiser. Alors, au travail ! "

Voir aussi:

Le PS et la contre-réforme des retraites

15 novembre 2007

2 articles récents sur le sujet:

Article paru dans Lutte ouvrière d’aujourd’hui (daté de demain):

L’attitude du Parti Socialiste : un soutien… à la « réforme » des retraites.

Interrogée sur France Inter, lundi 12 novembre, sur son soutien aux grévistes, cheminots et agents de la RATP, Ségolène Royal a d’abord déclaré : « Bien sûr qu’il faut réformer le système des retraites globalement ».

De la politique de Sarkozy, elle n’a critiqué finalement que la méthode, qualifiée d’ « arrogante ». Elle soutient « la demande des organisations syndicales de s’asseoir autour d’une table de façon tripartite, c’est-à-dire avec les entreprises, les représentants des salariés et l’État. » Et d’ajouter : « Ce qu’il ne faut pas faire – et ce que fait malheureusement le gouvernement – c’est faire de la provocation ou aller à l’affrontement pour l’affrontement. »

Autrement dit, Sarkozy s’y prendrait mal. La gauche au pouvoir serait plus « efficace » car moins provocatrice… pour imposer des sacrifices aux travailleurs. Voilà ce qu’on peut déduire de telles déclarations. Et cette position n’est pas celle de la seule ancienne candidate socialiste à la présidentielle. Elle est celle de tous les dirigeants socialistes, qui se gardent de prendre une position en faveur d’un mouvement social qui pourrait faire reculer le patronat et le gouvernement. Mais elle n’est guère différente de celle de tous les dirigeants confédéraux, qui acceptent l’idée qu’une réforme des régimes spéciaux est nécessaire, et qui n’en discutent que les modalités.

Rappelons, d’ailleurs, que le PS, lorsqu’il était au gouvernement, n’est pas revenu sur les mesures de Balladur concernant les retraites, qui ont ouvert la voie à celles appliquées par le gouvernement Raffarin et par Sarkozy-Fillon aujourd’hui.

Pourtant, la productivité au cours des siècles passés a fait de tels progrès que, même s’il y a moins d’actifs par rapport au nombre de retraités, il y aurait de quoi financer largement le maintien de l’âge de la retraite à 60 ans, voire moins, avec une durée de cotisation qui ne dépasse jamais 37 ans et demi, et augmenter le montant des pensions. Mais aucun dirigeant politique du Parti Socialiste n’ose le dire ; cela ferait trop de peine au patronat.

Les quelques contorsions des dirigeants du PS, qui ne portent que sur la façon de faire passer la pilule, ne parviennent pas à masquer le fait qu’ils sont en fait, en matière de retraite, sur la même longueur d’onde que la droite, et surtout le patronat.

Aline RETESSE.

***

Article de Denis Collin paru le 12 novembre 2007 sur le site La sociale:

Union sacrée…
OU QUAND JULIEN DRAY SOUTIENT SARKOZY CONTRE LES CHEMINOTS

Voici ce qu’on peut lire dans la presse (dépêche de l’AFP)

« Le député socialiste Julien Dray, le 1er septembre 2007 à la Rochelle. Le député socialiste Julien Dray a jugé dimanche que la grève de défense des régimes spéciaux de retraite pouvait encore être évitée à condition que le président Nicolas Sarkozy s’implique. La grève est évitable "si le président de la République bouge beaucoup, se déplace partout et prend ses responsabilités", a-t-il estimé dans une interview à Europe 1, TV5-Monde et Le Parisien – Aujourd’hui en France. Selon M. Dray, les syndicats "ont été mis dos au mur, et c’est le gouvernement qui porte la responsabilité de cette grève". "Je pense qu’il y a aujourd’hui au gouvernement un certain nombre de gens qui poussent à l’épreuve de force pour l’épreuve de force", a-t-il dit avant de préciser qu’il visait le ministre du Travail Xavier Bertrand. Se disant lui-même favorable à une réforme qui conduirait l’ensemble des salariés à cotiser 40 annuités, Julien Dray a encore affirmé que si "on ne veut pas de la grève, on a encore 24 heures, 36 heures pour discuter". "C’est la responsabilité du président", a-t-il conclu : "Il s’est trop mis en avant pour se défiler cette fois-ci". »

Un discours assez simple à décoder. Il tient en deux points.

1) L’essentiel réside dans l’affirmation selon laquelle Julien Dray est d’accord avec Sarkozy sur le fond, savoir la « réforme » (c’est-à-dire la liquidation) des régimes spéciaux. Sur ce point, il est comme l’ensemble de la direction du parti socialiste et conformément aux discours de Mme Royal pendant la campagne présidentielle.

2) Julien Dray est en désaccord avec la méthode Sarkozy puisque celle-ci pousse les travailleurs à la grève. D’où l’urgence : éviter la grève. Julien Dray a raison. Si la grève radicalise les positions des travailleurs, la « réforme » pourrait avoir du plomb dans l’aile. Sarkozy pourrait reculer, comme s’en inquiète aussi un éditorialiste de Marianne qui accuse Sarkozy d’être un « faux dur » qui délégitime les réformes (voir Marianne).

Conclusion : « l’opposition » du porte-parole du PS à Sarkozy est une simple apparence qui masque de plus en plus difficilement un soutien ouvert au président de la république. Julien Dray est-il le prochain ministre « d’ouverture » comme la rumeur en court ? Toute spéculation à ce sujet est inutile. Julien Dray exprime la logique politique de la direction du PS, engagée de facto dans une stratégie d’union sacrée avec l’actuel président de la république. L’approbation du nouveau traité européen Sarkozy-Merkel n’est donc pas une affaire strictement européenne. Elle est un élément d’une politique d’ensemble du parti prétendument socialiste.

Il est temps de tirer de tout cela les conclusions qui s’imposent.

1) Pas un militant de gauche ne peut rester membre de ce parti de droite. Les militants et responsables de gauche qui restent membres du PS y sont de plus en plus de simples faire-valoir : ils n’ont aucune chance d’infléchir la politique de ce parti (l’expérience l’a amplement prouvé) mais la direction du parti se sert d’eux pour camoufler son orientation réelle.

2) Ce parti étant un parti de droite, il faut le considérer comme les autres partis de droite, sur tous les plans. C’est-à-dire qu’il n’y a aucune raison de continuer à faire prévaloir aux élections cette discipline républicaine qui n’est plus que l’assurance tous risques de hommes de main de la grande bourgeoisie.

Voir aussi:

Traité "simplifié": La débandade du parti soi-disant socialiste

27 octobre 2007

Extrait de l’article de Denis Collin publié aujourd’hui sur les sites La sociale et Le Grand Soir: "Le PS se rallie à Nicolas Sarkozy" (article entier ici)

« Sarkozy nous a tendu un piège » dit le fabiusien Bacheley à propos du nouveau traité « simplifié » remplaçant feu le TCE. C’est une mauvaise plaisanterie : Sarkozy n’a tendu aucun piège au PS puisqu’il ne fait que mettre en œuvre, à la lettre, ce qu’il avait annoncé dans sa campagne électorale. (…) Le seul responsable de ce prétendu « piège » est le parti socialiste lui-même.

Les choses sont en effet très simples : le programme du PS (congrès du Mans) et le programme de la candidate Royal disaient clairement : tout nouveau traité doit être soumis au référendum. A l’unanimité, les socialistes se plaignent du « déficit démocratique » dans la construction de l’Europe. La logique voudrait donc que les socialistes fassent tout leur possible pour contraindre Nicolas Sarkozy à organiser un référendum sur le traité simplifié. Et le seul moyen de le faire est de voter « non » à la révision constitutionnelle préalable à l’adoption du traité par le Parlement. Personne ne demande donc aux socialistes de renoncer à leurs convictions. Les adeptes du traité « relifté » pourront voter « oui » au référendum et même convaincre leurs concitoyens que c’est une bonne chose.

Au lieu de suivre cette logique et cette honnêteté élémentaire, les dirigeants socialistes ont décidé d’apporter un soutien décisif à Nicolas Sarkozy. Les Jouyet, Besson, Kouchner, Bockel and Co ne suffisaient pas. C’est maintenant tout le gratin de la rue de Solferino qui rallie le président sur cette question décisive : la mise hors jeu de la volonté populaire, la liquidation de l’article 3 de la déclaration des droits de l’homme et du citoyen qui stipule que « le principe de toute souveraineté réside essentiellement dans la nation ».

En effet, Moscovici, Poignant et une vingtaine d’autres hiérarques ont d’ores et déjà annoncé qu’ils voteraient « oui » au parlement, oui à la révision et oui au traité. Mme Royal leur a emboîté le pas. Rien de plus normal, la droite socialiste, ces socialistes de droite qui ressemblent comme deux gouttes d’eau aux prétendus « sarkozystes de gauche » font bloc avec leurs maîtres, la bureaucratie européiste, les rois de la finance, les spéculateurs, profiteurs, agioteurs et autres exploiteurs pour qui la construction européenne est un moyen indispensable pour liquider toutes les conquêtes sociales et tout ce qui reste de service public.

Mais le plus inquiétant ne vient pas de ces gens qu’on connaît bien et qui sont la honte du socialisme, à l’égal de leurs compères, les Blair et Brown, les dirigeants italiens noyés dans le PD de Prodi, les SPDistes collaborateurs de Mme Merkel, etc. Non, le plus inquiétant vient de tous ceux qui se proclamaient la « vraie gauche », ceux qui avaient dit « non » en 2005 et qui, les uns après les autres retournent leur veste. Les fabiusiens et une partie du NPS (Hamon) veulent conjurer le spectre de la division du PS et proposent l’abstention, ce qui revient, comme on l’a montré sur ce site, à dire « oui » à Sarkozy. Courageux et intransigeant en parole, Emmanuelli, comme à son habitude, fait demi-tour quand il y a une bataille à livrer et propose de ne pas prendre part au vote, histoire de laisser M. Sarkozy en paix. Et, last but not least, Vincent Peillon, autre ex-leader du « non » socialiste, appelle purement et simplement à voter « oui » ! Avec sens de l’absurde assez déconcertant, cet ex-professeur de philosophie prétend qu’il faut dire oui quand on a dit non… Une chance qu’il n’enseigne plus !

Voir aussi:


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