2006-01 Une année 2005 qui se termine en répression et terreur pour les masses populaires [Bataye Ouvriye]

Durant la fin de l’année 2005, particulièrement au cours de ces deux dernières semaines, tandis que les politiciens se débattaient dans un processus électoral nébuleux et que les impérialistes renforçaient quotidiennement leur emprise sur le processus électoral ainsi que la vie nationale généralement, la répression et la terreur ont continué avec toujours plus d’ardeur. Dès novembre, ce phénomène avait atteint un climat à Pelé, quand les soldats de la MINUSTAH avaient littéralement mitraillé la population. Aujourd’hui, davantage encore et avec une intensité accrue, ce climat s’étend à travers le pays, particulièrement à Port-au-Prince.

Les quartiers spécialement ciblés sont ceux de Cité Soleil et Drouillard. Les habitants incapables de trouver à se reloger ailleurs y sont soumis à rude épreuve. Elles sont prises dans un étau. D’un côté, les gangs armés continuent à y exercer la terreur. La presse, télévision y compris, diffuse largement ces exactions afin de dénoncer ces gangs et ainsi atteindre ses objectifs politiques. Certes, ces actes doivent être dénoncés, mais nous devons également dévoiler leurs connections politiques, connaître leurs vrais commanditaires et comprendre leur nature dans le cadre du pourrissement où le pays s’engouffre davantage de jour en jour.

Nous, de Batay Ouvriye, dénonçons ces crimes dans ce contexte précis ; pour nous, en final : ce sont les masses qui en subissent les conséquences. Incontestablement, la hausse des cas de kidnapping s’inscrit aussi dans le cadre de ce pourrissement. Nous les dénonçons également en tant que pratiques enlisant davantage encore la situation, car le caractère dévoyé de cette violence a cette conséquence de multiplier encore plus le nombre de gangsters, ce qui constitue un effet important dans le climat de terreur qui sévit. Nous devons dénoncer tout cela. Et tout cela doit être résolu ! Rappelons, cependant, que Lavalas n’a pas introduit les premiers gangs dans cette zone. L’industriel Mevs en avait mis sur pied depuis belle lurette à des fins antisyndicales, pour tenter de résoudre ses problèmes le confrontant aux ouvriers de la HASCO (Haitian-American Sugar Company) et pour avoir un meilleur contrôle de la zone, cherchant ainsi à faciliter ses activités et les divers trafics de son port. De même, Dr. Boulos fonctionnait aussi avec des gangs, toujours dans l’objectif de maîtriser la zone et pour bénéficier de meilleures conditions pour réaliser ses « expériences ». On voudrait nous faire croire que ces pratiques n’ont commencé que récemment mais, en réalité, leurs racines sont profondes et ce qu’il nous faut comprendre clairement c’est qu’elles prennent toujours souche au sein des classes dominantes, bourgeois « traditionnels » ou bourgeois bureaucratiques lavalassiens.

A la fin de l’année 2005, suite à la mort d’un policier et d’un soldat de l’ONU, les forces d’occupation ont ainsi déclenché une gigantesque offensive de terreur dans les zones de Cité Soleil et Drouillard. La « pacification » de ces quartiers leur est difficile mais leurs patrons, les impérialistes américains, leur a intimé l’ordre d’intervenir malgré tout. La seule forme possible, dans cette contradiction, est par l’emploi de la TERREUR. En effet, tandis que les gangs armés festoyaient pour la Noël, les soldats de l’ONU intervenaient brutalement et aveuglément, ce qui implique nécessairement : sur la population, les masses populaires. De manière systématiquement répétée, jour après jour, avec une intensité variable. Accompagnés d’indicateurs cagoulés, ce qui renforçait davantage la terreur dans ces quartiers. Le 25 décembre, cette répression atteignait son paroxysme. De nombreuses personnes ont été blessées, les forces d’occupation ayant mitraillé maisons et même églises. Jusqu’aux porcs dans la rue gisaient, victimes des projectiles balayés par jets de façon criminelle. Des balles portaient même jusqu’au quartier avoisinant de Cité Brisson. Ces actes dévoilent non seulement l’impuissance des forces d’occupation onusiennes à mener des opérations réellement ciblées, mais encore leur parfait mépris pour la population.

Également répréhensible est l’attitude de la presse face à ces attaques sanguinaires des forces d’occupation. Le silence est gardé. Et si parfois des informations percent, elles sont fort rares et jamais accompagnées de réelles dénonciations. Ce qui montre comment fonctionne cette presse devant l’occupation, comment elle s’y accommode. Batay Ouvriye dénonce ces actes de terreur de toute ses forces, tout comme nous dénonçons en même temps la présence même des forces de l’ONU sur le terrain, dans le pays. A BAS LA TERREUR EXERCÉ SUR LES MASSES POPULAIRES ! A BAS L’OCCUPATION ! Deux situations qui vont ensemble. Nous le répétons : la seule solution est que les masses reprennent leur vie en main. Leur organisation dans les quartiers populaires, avec les travailleurs en position centrale, seule peut arriver à bout des gangs et, en même temps, combattre l’occupation, la présence dans le pays des forces étrangères, sur la base de leurs intérêts propres. Les travailleurs, alliés au reste du camp du peuple, sont ceux qui, réellement, peuvent mener une telle lutte. Elle ne sera certainement pas facile. Le chemin peut paraître long et difficile. Mais il n’en existe pas d’autre.

A BAS LA RÉPRESSION ET LA TERREUR SUR LES MASSES POPULAIRES, PARTICULIÈREMENT À CITÉ SOLEIL ET DROUILLARD !

VIVE LA LUTTE DES MASSES POPULAIRES !

VIVE LA LUTTE DES TRAVAILLEURS !

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