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	<title>La Bataille socialiste</title>
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		<title>La Bataille socialiste</title>
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		<title>Être femme et rester mère (Kollontaï, 1922)</title>
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		<pubDate>Wed, 25 Jan 2012 10:40:06 +0000</pubDate>
		<dc:creator>lucien</dc:creator>
				<category><![CDATA[Documents historiques]]></category>
		<category><![CDATA[Révolution russe]]></category>

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		<description><![CDATA[Article paru dans Clarté N°32 du 1er mars 1923, le chapeau indiquant qu&#8217;il date de plusieurs mois. Dans ses recherches pour établir de nouvelles formes de l&#8217;économie publique et privée, la République des Soviets devait commettre inévitablement nombre d&#8217;erreurs qui l&#8217;obligèrent fréquemment à modifier sa ligne de conduite. Mais dans le domaine de l&#8217;éducation sociale [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=bataillesocialiste.wordpress.com&amp;blog=669189&amp;post=29323&amp;subd=bataillesocialiste&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<blockquote><p>Article paru dans <em>Clarté</em> N°32 du 1er mars 1923, le chapeau indiquant qu&#8217;il date de plusieurs mois.</p></blockquote>
<p style="text-align:justify;">Dans ses recherches pour établir de nouvelles formes de l&#8217;économie publique et privée, la République des Soviets devait commettre inévitablement nombre d&#8217;erreurs qui l&#8217;obligèrent fréquemment à modifier sa ligne de conduite. Mais dans le domaine de l&#8217;éducation sociale et de la protection de la maternité, la République prolétarienne s&#8217;est engagée d&#8217;emblée dans la bonne voie. Et c&#8217;est précisément dans le domaine des mœurs et des idées que s&#8217;opère, à l&#8217;heure actuelle, la plus vaste et la plus profonde révolution. Insolubles dans la société bourgeoise, les problèmes de ce genre trouvent une solution simple et naturelle sous un régime où la propriété privée est abolie et où toute la politique est inspirée par le désir de favoriser l&#8217;essor de l&#8217;économie nationale.</p>
<div id="attachment_29349" class="wp-caption aligncenter" style="width: 460px"><a href="http://bataillesocialiste.files.wordpress.com/2012/01/institut.jpg"><img class="size-full wp-image-29349" title="institut" src="http://bataillesocialiste.files.wordpress.com/2012/01/institut.jpg?w=450&#038;h=293" alt="" width="450" height="293" /></a><p class="wp-caption-text">Institut pour la protection de la maternité et de l&#039;enfance</p></div>
<p style="text-align:center;"><strong>Le rôle social de la femme</strong></p>
<p style="text-align:justify;">La Russie des Soviets a abordé la question de la protection de la maternité en s&#8217;inspirant de l&#8217;idée que la tâche primordiale de la République ouvrière, c&#8217;était de développer les forces productrices du pays, de relever et d&#8217;accroître sa production. L&#8217;accomplissement de cette œuvre exigeait en premier lieu qu&#8217;on pût libérer de tout travail improductif le plus de main-d’œuvre possible, et assurer, en second lieu, à la République ouvrière un inépuisable appoint de nouvelles forces ouvrières.</p>
<p style="text-align:justify;">Dès qu&#8217;on se place à ce point de vue, la question de l&#8217;affranchissement de la femme du fardeau de la maternité se solutionne d&#8217;elle-même. L&#8217;Etat prolétarien proclame un principe entièrement nouveau: que les soins à donner aux enfants ne sont pas une tâche familiale, mais une tâche sociale, gouvernementale même. La maternité doit être protégée non seulement dans l&#8217;intérêt de la femme, mais aussi dans l&#8217;intérêt des problèmes d&#8217;économie nationale qui se posent dans la période de transition qui conduit au régime prolétarien. Il faut épargner les forces que la femme consacre à d&#8217;infimes travaux, pour les utiliser plus rationnellement dans l&#8217;intérêt de la collectivité. De même, la santé de la femme doit être protégée pour assurer à la République ouvrière de robustes générations de travailleurs.</p>
<p style="text-align:justify;">Dans l&#8217;Etat bourgeois, le problème de la maternité ne peut pas être posé de la sorte. Les antagonismes de classe, le manque d&#8217;unité entre les intérêts des économies domestiques individuelles et ceux de l&#8217;économie nationale, s&#8217;y opposent. Dans la république prolétarienne, par contre, où l&#8217;économie domestique individuelle se fond dans l&#8217;économie nationale et où les classes se nivellent, et disparaissent, une semblable solution de la question de la maternité est dictée impérieusement par les nécessités de la vie même. La République prolétarienne voit, avant tout, dans la femme une force ouvrière, une unité de travail vivant; elle considère les fonctions de la maternité comme une tâche évidemment très importante, mais complémentaire, non plus familiale, mais sociale.</p>
<p style="text-align:justify;">« <em>Notre politique de protection de la maternité et de l&#8217;enfance, comme le dit fort justement la camarade Lebedeff, est inspirée par le fait que nous avons toujours en vue la femme dans le processus de travail</em> ».</p>
<p style="text-align:justify;">Or, pour donner la possibilité à la femme de prendre part à la production, sans toutefois faire violence à sa nature et sans la détacher de la maternité, une deuxième mesure s&#8217;imposait: la délivrer de tous les soucis inhérents à la maternité, en charger la collectivité et reconnaître, ce faisant, que l&#8217;éducation des enfants sort des cadres de la famille et devient un devoir social à la charge exclusive de l&#8217;Etat.</p>
<p style="text-align:justify;">Désormais, la maternité est envisagée sous un angle nouveau: le gouvernement des Soviets la considère comme une obligation sociale. Partant de ce principe, il a élaboré toute une série de mesures destinées à soulager la femme du fardeau de la maternité, pour le mettre à la charge de l&#8217;Etat. C&#8217;est ainsi que par l&#8217;organe de l&#8217;Office de la protection de la Maternité et de l&#8217;Enfance et du Commissariat de l&#8217;Instruction publique, le gouvernement des Soviets se charge des soins de la maternité, du secours matériel à donner aux enfants, et de l&#8217;organisation régulière de leur éducation sociale.</p>
<p style="text-align:justify;">« <em>Délivrer la femme du fardeau de la maternité pour ne lui en laisser que les joies</em> », tel est le principe dont s&#8217;inspire le gouvernement des Soviets pour solutionner le problème de la maternité. Il va de soi que ce principe est encore loin d&#8217;être réalisé. En réalité, nous restons fort en-deçà de nos intentions. Dans l&#8217;édification des nouvelles formes de vie pour la femme affranchie des charges familiales, nous nous heurtons toujours aux mêmes obstacles: notre pauvreté, notre faiblesse économique. Mais les fondements sont jetés; les jalons sont posés tout le long de la route qui mène vers l&#8217;avenir; il ne reste plus qu&#8217;à la suivre résolument.</p>
<p style="text-align:justify;">La République prolétarienne ne se borne pas à assurer une aide pécuniaire à la mère, elle s&#8217;efforce surtout de transformer les conditions de vie pour donner à la femme la possibilité de combiner les travaux du dehors et ses fonctions de mère. En même temps, elle protège l&#8217;enfant en l&#8217;entourant de tous les soins nécessaires pour faire de lui un digne artisan de la République ouvrière.</p>
<p style="text-align:center;"><strong>L&#8217;art d&#8217;être mère</strong></p>
<p style="text-align:justify;">Mais il est évident que la tâche essentielle des Soviets sera de délivrer la travailleuse des soins physiques qu&#8217;elle doit donner à l&#8217;enfant. La maternité ne consiste aucunement pour la mère à changer elle-même les langes de l&#8217;enfant, à le laver, à être rivée à son berceau. Le devoir social de la mère est, avant tout, de donner naissance à des enfants sains et viables. A cet effet, l&#8217;Etat prolétarien doit placer la femme enceinte dans les meilleures conditions possibles. De son côté, la femme doit observer tous les soins hygiéniques qui lui sont prescrits au moment de sa grossesse en se souvenant qu&#8217;à ce moment, elle cesse de s&#8217;appartenir, qu&#8217;elle est au service de la collectivité, qu&#8217;elle « <em>fabrique</em> » avec sa chair et son sang une nouvelle unité de travail, un nouveau membre de la République prolétarienne. Le deuxième devoir de la mère est de nourrir elle-même son enfant. Ce n&#8217;est qu&#8217;après avoir nourri l&#8217;enfant de son propre lait que la mère, membre de la collectivité ouvrière, a le droit de dire que son devoir social envers son enfant est rempli. Quant aux autres soins, la collectivité peut s&#8217;en charger. L&#8217;instinct de la maternité est très fort et il est évident que l&#8217;on ne doit pas chercher à l&#8217;étouffer. Mais pourquoi limiter cet instinct de la femme à n&#8217;aimer et à ne se soucier que de son enfant ? Pourquoi ne pas donner à cet instinct si précieux pour l&#8217;humanité laborieuse, la possibilité de s&#8217;épanouir et d&#8217;atteindre son maximum de grandeur en accordant à tous ces frêles petits êtres, sans distinction de mères, les soins et les chaudes caresses maternelles ?</p>
<p style="text-align:justify;">La devise des ouvrières de la République prolétarienne: « <em>Sois la mère non seulement de ton enfant, mais de tous les enfants ouvriers et paysans</em> », doit amener les travailleuses à envisager la maternité à la lumière de ce nouveau principe. Est-il admissible, par exemple, qu&#8217;une mère, à plus forte raison une mère communiste, puisse refuser son sein à un enfant étranger s&#8217;étiolant faute de lait, sous prétexte que ce n&#8217;est pas le sien ? L&#8217;humanité future, après s&#8217;être assimilé les sentiments et les principes communistes, s&#8217;étonnera de cet acte égoïste et anti-social comme nous nous étonnons aujourd&#8217;hui qu&#8217;une sauvage, pleine d&#8217;amour pour son enfant, a mangé gaiement l&#8217;enfant d&#8217;une femme étrangère à sa tribu.</p>
<p style="text-align:justify;">De même est-il admissible qu&#8217;une mère refuse de nourrir son enfant pour s&#8217;épargner les soins qu&#8217;il exige ? Et pourtant il est incontestable que le nombre des enfants abandonnés s&#8217;accroît en Russie avec une intolérable rapidité. Ce symptôme tient, évidemment, à ce que le problème de la maternité n&#8217;a pas encore reçu, chez nous, sa complète solution. Dans cette pénible période de transition, des centaines de milliers de femmes sont courbées sous un double joug: les travaux du dehors et les soins de la maternité. Nous n&#8217;avons pas assez de crèches, pas assez de maisons de maternité: les secours pécuniers ne parviennent pas à rattraper la hausse des prix. Et c&#8217;est pourquoi l&#8217;ouvrière et l&#8217;employée de bureau redoutent le fardeau de la maternité et que les mères se voient contraintes d&#8217;abandonner leurs enfants à l&#8217;Etat. Mais cet accroissement du nombre des enfants abandonnés est aussi la preuve que les femmes de la République prolétarienne ne sont <em></em> pas<span style="color:#888888;"> [<em>n'ont pas</em> ? ]</span> assez suffisamment assimilé le sentiment du devoir et qu&#8217;elles n&#8217;ont pas encore assez compris que la maternité n&#8217;est pas une affaire privée, mais une obligation sociale.</p>
<p style="text-align:center;"><strong>Les véritables devoirs de la mère vis-à-vis de son enfant</strong></p>
<p style="text-align:justify;">Nous avons déjà indiqué qu&#8217;il n&#8217;est nullement nécessaire que la mère garde constamment son enfant auprès d&#8217;elle, pour se consacrer à son éducation physique et morale. Une exacte compréhension des devoirs de la mère envers son enfant consiste à placer celui-ci dans les conditions les plus favorables à une croissance saine et normale. Toute mère consciente de la grandeur de sa tâche, se rend compte que l&#8217;éducation sociale fait plus pour le développement de son enfant que ne pourrait le faire tout son amour.</p>
<p style="text-align:justify;">Quelle est, en régime bourgeois, la classe dont les enfants sont les mieux portant ? Il est évident que ce sont ceux de la classe privilégiée et nullement de la classe pauvre. La raison ? me direz-vous. Vous croyez peut-être que les mères bourgeoises se consacrent entièrement à l&#8217;éducation de leurs enfants ? Rien de semblable. Les mamans bourgeoises confient volontiers leurs enfants aux bons soins des nourrices ou des gouvernantes. Ce n&#8217;est que dans les familles déshéritées que les mères supportent la lourde charge de la maternité, et c&#8217;est alors que, le plus souvent, les enfants sont abandonnés à tous les hasards et à l&#8217;éducation de la rue. Dans la classe ouvrière, et de façon générale dans les couches pauvres de la population des pays bourgeois, les enfants vivent auprès des mères et la mort prélève sur eux un lourd tribut.</p>
<p style="text-align:justify;">Dans les couches privilégiées de la société bourgeoise où une plus grande importance est donnée à l&#8217;éducation des enfants &#8211; éducation bourgeoise bien entendu &#8211; les parents confient leurs enfants aux mains expertes de nourrices, de médecins et de professeurs d&#8217;hygiène. Des personnes rétribuées se chargent de se substituer à la mère pour donner à l&#8217;enfant les soins et l&#8217;éducation nécessaires. Dès lors, les mères n&#8217;ont plus qu&#8217;une obligation naturelle et intransmissible: donner naissance à l&#8217;enfant.</p>
<p style="text-align:center;"><strong>Les enfants doivent être élevés collectivement</strong></p>
<p style="text-align:justify;">La République ouvrière n&#8217;arrache nullement l&#8217;enfant à la mère, comme ont voulu le faire croire les journaux des pays bourgeois en décrivant les « horreurs » du « régime bolchevique ». Elle s&#8217;efforce, au contraire, de créer des institutions susceptibles de donner à toutes les mères sans distinctions, la possibilité d&#8217;éduquer leurs enfants dans des conditions saines, normales et heureuses. Plutôt que de voir la mère abandonner son enfant à la première nourrice venue, la République ouvrière veut que chaque mère ouvrière ou paysanne puisse vaquer d&#8217;un cœur tranquille à ses occupations en sachant son enfant en sûreté à la crèche, à l&#8217;asile ou à la maison de l&#8217;Enfance.</p>
<p style="text-align:justify;">Dans la vivifiante atmosphère de ces établissements d&#8217;éducation sociale, les enfants au-dessous de 16 ans reçoivent, sous la surveillance d&#8217;instituteurs et de médecins et sous le contrôle des mères (dans les crèches, les mères sont soumises à un tour de garde obligatoire) une éducation morale et physique digne de former l&#8217;homme nouveau. Dans l&#8217;ambiance des maisons de l&#8217;Enfance, des asiles, des écoles, nos petits bonhommes s&#8217;imprègnent des sentiments et des mœurs qui doivent animer les futurs artisans du communisme. L&#8217;homme qui aura été élevé dans les écoles de la République prolétarienne sera infiniment mieux adapté aux conditions de la communauté ouvrière que l&#8217;homme qui aura grandi dans l&#8217;étroite atmosphère des coutumes égoïstes de la famille.</p>
<p style="text-align:justify;">Prenez nos petits gars qui, dans les premières années de la révolution, ont eu la chance d&#8217;entrer dans nos asiles et dans nos maisons d&#8217;enfance. Ils ne ressemblent nullement à ces enfants élevés et choyés par des mamans individualistes. L&#8217;esprit collectiviste est en eux enraciné et leurs pensées sont toujours empreintes du souci de la communauté. Laissez-moi vous citer un exemple de ce qui se passe dans une maison d&#8217;enfance ? Une fillette nouvellement arrivée refuse de faire ce que fait le groupe dont elle fait partie. Aussitôt, notre groupe de l&#8217;entourer pour la persuader. Est-il possible de refuser d&#8217;aller en promenade quand tout notre « groupe » y va ? Peut-on ne pas nettoyer le local, alors que c&#8217;est le tour de notre « groupe » ? Peut-on faire du bruit quand notre « groupe » travaille ? Loin de se développer, le sentiment de la propriété s&#8217;éteint chez ces enfants. « <em>Le mien et le tien n&#8217;existent pas chez nous</em> ». « ce qui est à l&#8217;un est à l&#8217;autre », déclare sentencieusement un petit bonhomme de quatre ans. Par contre, le respect de tout ce qui appartient au « groupe » est la règle intangible de la vie de ces petits gars. Et si, parfois, il s&#8217;en trouve un pour détériorer ce qui appartient à « tous », il s&#8217;attire aussitôt des représailles collectives.</p>
<div id="attachment_29338" class="wp-caption aligncenter" style="width: 310px"><a href="http://bataillesocialiste.files.wordpress.com/2012/01/kollontac3af-avec-des-enfants-c3a0-kiev-1919.jpg"><img class="size-full wp-image-29338" title="Kollontaï avec des enfants à Kiev (1919)" src="http://bataillesocialiste.files.wordpress.com/2012/01/kollontac3af-avec-des-enfants-c3a0-kiev-1919.jpg?w=450" alt=""   /></a><p class="wp-caption-text">Kollontaï avec des enfants à Kiev (1919)</p></div>
<p style="text-align:center;"><strong>Le régime des filles-mères</strong></p>
<p style="text-align:justify;">Mais retournons à nos mères. En vue de protéger la femme en tant que mère, la République prolétarienne a organisé, partout où le besoin s&#8217;en faisait sentir, des maisons de la maternité. En 1921, on comptait en Russie 135 maisons de ce genre. Celles-ci offrent un asile à la fille-mère dans la période la plus difficile de sa vie et permettent aux femmes mariées, dans les derniers mois de la grosses et dans les premiers mois de la naissance de l&#8217;enfant, de s&#8217;isoler du ménage et de tous les soins qu&#8217;il nécessite pour rétablir complètement leur santé et pour veiller sur leur enfant dans la période critique des premiers jours de celui-ci. Par la suite, la présence de la mère n&#8217;est déjà plus si importante. Mais, au cours des premières semaines qui suivent la naissance, une sorte de lien physiologique semble exister entre la mère et l&#8217;enfant, qui rend indispensable la présence de la mère auprès du nourrisson.</p>
<p style="text-align:justify;">Le malheur est que les ressources de la Russie, notre pauvreté, notre désorganisation nous empêchent de multiplier les 135 maisons de la maternité sur tout le territoire de la Russie. C&#8217;est ainsi que dans les campagnes nous ne disposons pas de maisons de ce genre et que, jusqu&#8217;à présent, notre aide aux paysannes-mères est demeurée très faible. Tout ce que l&#8217;on a pu faire pour elles a été d&#8217;organiser des crèches pour la durée de l&#8217;été. Cela permet aux paysannes-mères de vaquer aux travaux des champs sans préjudice pour l&#8217;enfant.</p>
<p style="text-align:justify;">Au cours de l&#8217;année 1921, 689 crèches de ce genre ont été organisées et 32.180 enfants y ont été hébergés.</p>
<p style="text-align:justify;">A l&#8217;usage des ouvrières-mères, des crèches ont été organisées dans les usines, dans les institutions gouvernementales et dans les quartiers ouvriers des villes. Et point n&#8217;est besoin de souligner le soulagement qu&#8217;elles apportent à la femme laborieuse.</p>
<p style="text-align:justify;">Outre les crèches, existent les maisons de l&#8217;enfance où orphelins et enfants abandonnés sont élevés jusqu&#8217;à l&#8217;âge de trois ans.</p>
<p style="text-align:justify;">De plus, les mères peuvent envoyer leurs enfants aux institutions suivantes: les jardins d&#8217;enfants, pour les enfants de trois à sept ans; les foyers d&#8217;enfants, pour les enfants des écoles; les clubs d&#8217;enfants, les communes d&#8217;enfants et les colonies de travail enfantines. Au nombre des établissements d&#8217;éducation sociale, dont le but est de soulager les parents des soins à donner à l&#8217;enfant pour en charger l’État, il faut compter également les cantines gratuites à l&#8217;usage des écoliers et autres enfants dont l&#8217;initiative appartient à la camarade Vera Boncht Bruevitch, morte depuis à son poste de combat. Comme vous le savez, ces cantines nous ont été tout particulièrement précieuses au cours des pénibles années d&#8217;âpre guerre civile et nombreux sont les enfants d&#8217;ouvriers qui ont été sauvés par elles de l&#8217;épuisement et de la mort. Là ne s&#8217;arrêtent pas les soucis de l’État pour l&#8217;enfant. Il lui assure encore gratuitement du lait, fournit des vêtements et des chaussures aux plus nécessiteux et accorde aux enfants en bas âge un supplément de denrées alimentaires.</p>
<div id="attachment_29337" class="wp-caption aligncenter" style="width: 348px"><a href="http://bataillesocialiste.files.wordpress.com/2012/01/vera-mikhailovna-bonch-bruevich.jpg"><img class="size-full wp-image-29337" title="vera-mikhailovna-bonch-bruevich" src="http://bataillesocialiste.files.wordpress.com/2012/01/vera-mikhailovna-bonch-bruevich.jpg?w=450" alt=""   /></a><p class="wp-caption-text">Vera Mikhailovna Velichkina ép. Bonch-Bruevich (1868-1918)</p></div>
<p style="text-align:justify;">Mais ce n&#8217;est là qu&#8217;une partie de la tâche que s&#8217;est assignée la République prolétarienne. Elle vise encore à créer pour la femme des conditions d&#8217;existence individuelle telles, qu&#8217;elle n&#8217;aura plus besoin de se cramponner à un mari souvent désagréable pour la seule raison qu&#8217;elle ne sait où aller, elle et ses enfants. Ainsi, la fille-mère n&#8217;aura plus à craindre de succomber, faute d&#8217;un asile où reposer sa tête.</p>
<p style="text-align:justify;">Ce n&#8217;est ni par philantropie, ni par avilissante bienfaisance que les ouvriers et les paysans cherchent à soulager la femme du fardeau de la maternité, mais parce qu&#8217;elle est leur compagnon de travail dans l&#8217;organisation de la société nouvelle. Supportant au même titre que l&#8217;homme les durs travaux du relèvement économique du pays, participant à la guerre civile, la femme, aux heures les plus difficiles de sa vie, quand elle dote la société d&#8217;un nouveau membre, est en droit d&#8217;exiger de la République prolétarienne que la collectivité se soucie de celui qui sera plus tard un citoyen.</p>
<p style="text-align:justify;">A l&#8217;heure actuelle, les Services de l&#8217;éducation sociale et de la protection de la maternité disposent, en Russie, de 524 établissements et, malgré tout, cela ne suffit pas. La période de dictature met la femme dans des conditions particulièrement pénible: les vieilles formes de vie sont bouleversées, les nouvelles ne sont qu&#8217;en voie de formation.</p>
<p style="text-align:center;"><strong>L&#8217;avortement légal</strong></p>
<p style="text-align:justify;">Il ne me reste plus qu&#8217;à dire quelques mots d&#8217;une question étroitement liée au problème de la maternité: je veux parler de l&#8217;attitude de la Russie des Soviets vis-à-vis de l&#8217;avortement. Par la loi du 20 novembre 1920, la République prolétarienne a reconnu la légalité de l&#8217;avortement. Quelles sont les raisons qui ont motivé cette attitude ? Nous savons que la Russie ne souffre pas de ce que sa main-d’œuvre reste inemployée, mais plutôt de ce que celle-ci lui fait défaut. La Russie est un pays relativement peu peuplé. La main-d’œuvre y est rigoureusement comptée. Dès ors, comment se fait-il que l&#8217;avortement soit légal ?</p>
<p style="text-align:justify;">Le prolétariat, dans sa politique, méprise l&#8217;hypocrisie. L&#8217;avortement, qui est un fait intimement lié au problème de la maternité, découle de la situation précaire de la femme (nous ne parlerons pas de la classe bourgeoise où l&#8217;avortement est motivé par d&#8217;autres raisons, notamment par le désir d&#8217;éviter le &#8220;démembrement de l&#8217;héritage&#8221;, par la crainte pour les femmes menant une vie de luxe de supporter les douleurs de l&#8217;enfantement, de s&#8217;enlaidir et de perdre quelques mois de leur jeunesse).</p>
<p style="text-align:justify;">L&#8217;avortement existe et fleurit dans tous les pays sans qu&#8217;aucune loi ou autres mesures pénales ne puissent le faire disparaître. On y trouve toujours moyen de contourner la loi. Or, les avortements clandestins altèrent la santé de la femme, en font pour longtemps ne charge pour l’État prolétarien et diminuent la quantité de main-d’œuvre. L&#8217;avortement effectué dans des conditions chirurgicales normales est infiniment moins nuisible et dangereux. La femme peut presque aussitôt après se remettre au travail. Le gouvernement des Soviets – comprenant que l&#8217;avortement ne cessera que le jour où la Russie possèdera un vaste réseau d&#8217;établissements d&#8217;éducation sociale et de protection de la maternité et surtout lorsque la femme se pénétrera de cette idée que donner naissance à un enfant, c&#8217;est accomplir un devoir social, – autorise ouvertement l&#8217;avortement.</p>
<p style="text-align:justify;">La tâche de la Russie prolétarienne est de donner un large développement à l’œuvre de protection de la maternité, de fortifier dans la femme le robuste instinct de la maternité, de faire en sorte que la mère puisse combiner ses fonctions de mère avec son travail pour la collectivité. C&#8217;est de cette manière que la République prolétarienne a abordé la solution de ce problème qui se pose encore dans toute son ampleur devant les femmes des pays bourgeois.</p>
<p style="text-align:justify;">Dans les pays bourgeois, la femme gémit sous un double joug: les travaux du dehors et les fonctions de la maternité et cela dans les pénibles conditions économiques, engendrées par la ruine universelle. Dans la Russie laborieuse, l&#8217;ouvrière et la paysanne, en aidant le parti communiste à poser les nouvelles bases de l&#8217;économie, sapent les vieilles conditions d&#8217;existence qui asservissaient la femme.</p>
<p style="text-align:justify;">Dès que la femme deviendra, du point de vue de l&#8217;économie nationale, une unité de travail indispensable, on ara trouvé la clé des questions complexes et embrouillées de son existence. Dans la société bourgeoise, où la vie de famille complète le système d&#8217;économie capitaliste, où la propriété crée la stabilité des étroites formes familiales, il n&#8217;est aucune issue pour la femme qui travaille.</p>
<p style="text-align:justify;">L’affranchissement des femmes ne s&#8217;accomplira qu&#8217;avec la transformation radicale des conditions de vie. Les conditions d&#8217;existence elles-mêmes ne se transformeront qu&#8217;avec la complète organisation de la production sur les nouvelles bases de l&#8217;économie communiste.</p>
<p style="text-align:justify;">Sous nos yeux, la révolution des conditions d&#8217;existence est en train de s&#8217;opérer et avec elle, l&#8217;affranchissement effectif de la femme devient une réalité.</p>
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			<media:title type="html">Kollontaï avec des enfants à Kiev (1919)</media:title>
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		<item>
		<title>Critique Sociale N° 19</title>
		<link>http://bataillesocialiste.wordpress.com/2012/01/23/critique-sociale-n-19/</link>
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		<pubDate>Mon, 23 Jan 2012 10:41:25 +0000</pubDate>
		<dc:creator>leaud</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualité]]></category>
		<category><![CDATA[Luxemburgisme]]></category>
		<category><![CDATA[Revues]]></category>

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		<description><![CDATA[Le numéro 19 de Critique Sociale (janvier 2012) est disponible au format PDF. Au sommaire : - Actualité : * En finir avec la société hiérarchique-capitaliste * Contre le nouveau plan de rigueur du gouvernement * Les inégalités sont en forte hausse depuis 2004 * Ni dieu, ni césar, ni Mélenchon - Histoire : * [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=bataillesocialiste.wordpress.com&amp;blog=669189&amp;post=29317&amp;subd=bataillesocialiste&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Le numéro 19 de <em>Critique Sociale</em> (janvier 2012) est <a href="http://bataillesocialiste.files.wordpress.com/2012/01/critique19.pdf">disponible au format PDF</a>.</p>
<p>Au sommaire :</p>
<p>- Actualité :<br />
* En finir avec la société hiérarchique-capitaliste<br />
* Contre le nouveau plan de rigueur du gouvernement<br />
* Les inégalités sont en forte hausse depuis 2004<br />
* Ni dieu, ni césar, ni Mélenchon</p>
<p>- Histoire :<br />
* Les Mémoires politiques de Paul Frölich<br />
* Les rapports de force électoraux dans la République de Weimar</p>
<p><a href="http://bataillesocialiste.files.wordpress.com/2012/01/critique19.pdf"><img class="aligncenter size-medium wp-image-29315" title="CS19" src="http://bataillesocialiste.files.wordpress.com/2012/01/cs19.jpg?w=218&#038;h=300" alt="" width="218" height="300" /></a></p>
<p>Site : <a href="http://www.critique-sociale.info/">http://www.critique-sociale.info</a></p>
<p>Pour recevoir régulièrement ce bulletin, envoyez un mail à : <a href="mailto:critiquesociale-subscribe@yahoogroupes.fr">critiquesociale-subscribe@yahoogroupes.fr</a></p>
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			<media:title type="html">CS19</media:title>
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	</item>
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		<title>L&#8217;enseignement du 24 mars (Rosa Luxemburg, 1916)</title>
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		<pubDate>Sat, 21 Jan 2012 10:26:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>lucien</dc:creator>
				<category><![CDATA[Documents historiques]]></category>
		<category><![CDATA[Luxemburgisme]]></category>

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		<description><![CDATA[Tract clandestin du groupe Spartacus, publié en document annexe dans Rosa Luxemburg &#8211; Lettres et tracts de Spartacus (1972). La version en allemand est attribuée à Rosa Luxemburg et le tract daté d&#8217;avril 1916 (Gesammelte Werke, Bd.4, Berlin 2000, S.181-186). Contexte: le 24 mars 1916, suite à un discours de Hugo Haase au Reichstag et [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=bataillesocialiste.wordpress.com&amp;blog=669189&amp;post=29198&amp;subd=bataillesocialiste&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<blockquote>
<p style="text-align:justify;">Tract clandestin du groupe Spartacus, publié en document annexe dans Rosa Luxemburg &#8211; <em>Lettres et tracts de Spartacus</em> (1972). La version en allemand est attribuée à Rosa Luxemburg et le tract daté d&#8217;avril 1916 (<em>Gesammelte Werke</em>, Bd.4, Berlin 2000, S.181-186). Contexte: le 24 mars 1916, suite à un discours de Hugo Haase au Reichstag et un vote de la minorité social-démocrate, 18 députés sont promptement exclus du groupe parlementaire (par 58 voix contre 33). Jusqu&#8217;à ce 24 mars, les seuls députés sociaux-démocrates à avoir pris position contre la guerre avaient été Karl Liebknecht et Otto Rühle.</p>
</blockquote>
<p style="text-align:justify;">Les événements du Reichstag du 24 mars qui ont provoqué le départ de dix-huit députés du groupe officiel social-démocrate sont un symptôme aigu de la politique insoutenable menée par les instances du parti depuis le 4 août 1914. On peut tout repro­cher aux camarades Haase et Ledebour et à leurs amis sauf un manque d&#8217;acharnement et un excé­dent de résolution, de sévérité et de persévérance. Ces dix-huit camarades ont supporté patiemment le joug de la majorité du groupe pendant près de deux ans. Ils ont admis que le groupe vote les crédits de guerre au nom de la classe ouvrière alle­mande sans oser faire d&#8217;autre protestation contre cette trahison inouïe du socialisme que de sortir de la salle de l&#8217;assemblée, c&#8217;est-à-dire en acceptant leur propre élimination à l&#8217;heure des décisions historiques très importantes. Quand enfin, ils se dressèrent lors du quarantième milliard le 21 dé­cembre 1915, pour voter au Reichstag contre les crédits, ils se prirent par la main pour donner une déclaration motivée de leur refus, ce qui repré­sentait une concession au point de vue fondamental de la majorité — les frontières de l&#8217;Allemagne étant assurées — et un coup contre la solidarité avec les camarades français, belges, russes et serbes. Ils ont déclaré, dans la célèbre affaire Baralong, par la voix du camarade Ledebour leur accord de principe à la politique de compensation de Noske et ils ont contenté avec cela, même les agitateurs de guerre d&#8217;Oertel. Ils n&#8217;ont pas utilisé une seule fois, obéissant au commandement et à la conception de la majorité, l&#8217;arme inestimable des petites inter­pellations pour inquiéter le bloc de gouvernement impérialiste, pour fouetter l&#8217;opinion publique et pour encourager les masses ouvrières à la lutte. Oui, ils ont même appuyé la majorité du groupe, quand celle-ci, avec les partis bourgeois, voulait priver Karl Liebknecht de l&#8217;arme des petites inter­pellations. Ils ont enfin toléré que Karl Liebknecht et avec lui Otto Rühle soient exclus du groupe exactement de la même manière que maintenant Haase, Ledebour et leurs camarades ; ils sont restés tranquillement dans le groupe officiel sans se soli­dariser avec Liebknecht et Rühle.</p>
<p style="text-align:justify;">Et encore à la dernière heure, ils ont dressé dans les « Losen Blätter » un programme sur le pro­blème des impôts très important dans la lutte pour la paix qui correspondait fondamentalement à celui de la majorité du groupe ; au lieu de refuser tout impôt en principe au gouvernement de l&#8217;état de guerre et de l&#8217;Alliance, ils veulent accorder des impôts directs, la main dans la main avec la majo­rité du groupe !</p>
<p style="text-align:justify;">Les dix-huit camarades ont formé alors pendant près de deux ans au sein du groupe non pas une opposition dans le vrai sens, mais seulement l&#8217;ombre d&#8217;une opposition. Et qu&#8217;est-ce qui se passe aujour­d&#8217;hui ? Il se passe qu&#8217;il n&#8217;y a pas de place au sein du groupe soi-disant social-démocrate pour une op­position la plus timide, la plus craintive, la plus pâle, même pas l&#8217;ombre d&#8217;une opposition ! La logi­que de fer des choses donne ici une dure leçon aux camarades, le devoir de chaque ouvrier réfléchissant est de l&#8217;apprendre. Les événements du 24 mars mon­trent que modestie, tolérance, longanimité, sou­plesse envers les traîtres du parti ne conduisent qu&#8217;au détournement et à l&#8217;ajournement du procès du parti. Les dix-huit autour de Haase et Ledebour se sont condamnés pendant deux ans à une exis­tence d&#8217;ombre pleine de contradictions et d&#8217;ambi­guïté par peur des slogans démagogiques, discipline et unité, ils sont arrivés enfin exactement à la situa­tion dans laquelle Liebknecht était arrivé beaucoup plus tôt par la représentation persévérante et virile des principes du parti. Tout éloignement de Lieb­knecht, tout recul devant les décisions ne les ont pas sauvés enfin de l&#8217;alternative : ou devenir complices des trahisons avec les traîtres au socialisme et à l&#8217;Internationale, ou bien se libérer de la dictature des traîtres pour créer au moins la possibilité de faire une politique social-démocrate, de représenter les intérêts des ouvriers. Personne ne peut éviter ce choix, cette alternative devant les instances du parti officiel, s&#8217;il veut sauver le parti et le socialisme de la honte actuelle. Le 24 mars, la formation de la « communauté de travail » social-démocrate est, vue d&#8217;ici, la faillite des petits pas, de la politique de recul devant les décisions, de la politique des faiblesses, des demi-mesures et des concessions à la droite. Le 24 mars a démontré grossièrement que cette politique n&#8217;empêche au sein du parti ni scissions, ni explications publiques sévères. Ce rejet du subtil double jeu social-impérialiste du groupe aurait été depuis longtemps inévitable, si Haase et Ledebour avaient osé faire une opposition de prin­cipe persévérante contre les traîtres du parti. Si tous ceux qui se disent opposition avaient agi sans compromis et avec conséquence, le procès doulou­reux pour l&#8217;amélioration du parti aurait été consi­dérablement raccourci, l&#8217;instruction et le rassem­blement des masses prolétaires facilités, la coalition internationale de la social-démocratie réalisée et avec elle la fin de l&#8217;assassinat des peuples accé­lérée.</p>
<p style="text-align:justify;">Camarades ! L&#8217;impératif suprême de devoir en­vers nos tâches historiques est de tirer au moins des leçons de nos erreurs. La misère immense entre­tenue par une guerre impie, l&#8217;écroulement moral du parti et de l&#8217;Internationale, qui nous étaient très chers devraient au moins apprendre aux masses des ouvriers instruits à prendre en mains leur destin, forcer leurs chefs à progresser et à rester dans la ligne de la lutte de classes révolutionnaire.</p>
<p style="text-align:justify;">Les expériences des dix-huit députés du Reichstag ont définitivement démontré que la politique de faiblesse et des demi-mesures ne mène à rien, que le parti ne peut être sauvé que par une politique énergique et fondamentale. Soyez en garde, cama­rades, soyez vigilants, afin que vos intérêts soient compris et représentés comme il convient aux hom­mes. Les agneaux patients ne deviennent pas lions en vingt-quatre heures. Les députés, qui depuis près de deux ans n&#8217;ont pas su tirer une ligne de sépa­ration entre eux-mêmes et les traîtres de la majo­rité du groupe, ne deviendront pas lutteurs révo­lutionnaires par le seul fait d&#8217;avoir rompu avec cette majorité. La « Communauté de travail social-démocrate » croit être obligée d&#8217;excuser son exis­tence devant la droite, au lieu d&#8217;accuser ouver­tement cette droite de trahison envers le parti. Ce groupe nouveau semble s&#8217;efforcer de démontrer au monde qu&#8217;il ne veut pas troubler la sérénité du parti, au lieu de devenir le drapeau visible de la rébellion contre la dictature des instances traîtresses du parti. Camarades, si cette minorité timide reste hésitante, poussez-la en avant. Exigez, de Haase-Ledebour :</p>
<p style="text-align:justify;">1.qu&#8217;ils refusent dans l&#8217;avenir tout crédit de guerre avec motivation des principes socia­listes, sans tenir compte de la situation mili­taire ;</p>
<p style="text-align:justify;">2.qu&#8217;ils refusent toutes sortes d&#8217;impôts au gouvernement de l&#8217;état d&#8217;exception et de la guerre mondiale ;</p>
<p style="text-align:justify;">3. qu&#8217;ils utilisent les petites interpellations et tous les moyens de l&#8217;ordre du jour parlementaire pour lutter continuellement contre les partis impérialistes et pour réveiller les masses popu­laires.</p>
<p style="text-align:justify;">La nouvelle scission du groupe ne peut servir à sauver l&#8217;honneur du socialisme international que sous une pression énergique et continuelle.</p>
<p style="text-align:justify;">Mais en même temps, camarades, debout pour la lutte sur toute la ligne contre la majorité du groupe et contre la direction du parti qui ne veut pas tolérer la plus petite opposition à sa politique de trahison du socialisme ! Cette majorité de groupe et cette majorité de direction collaborent aujour­d&#8217;hui encore avec les impérialistes bourgeois, elles ne sont qu&#8217;une succursale des Hydebrand et Cie. Comme les agitateurs de guerre et leur gouverne­ment veulent nous imposer silence par l&#8217;état d&#8217;ex­ception pour faire leurs affaires capitalistes sur notre dos, de même les Scheidemann, Heine, David, et consorts veulent utiliser leurs mandats et leurs fonctions pour étrangler à l&#8217;intérieur du parti tout élément contestataire, toute opposition socialiste. Camarades ! Le parti ce n&#8217;est pas les fonctionnaires, députés ou rédacteurs, le parti c&#8217;est la masse des ouvriers organisés, c&#8217;est l&#8217;esprit de la lutte de classes socialiste. Le parti c&#8217;est vous ! Alors, au travail pour reconquérir le parti dont une bande de traîtres haut-placés s&#8217;est fait un appendice de l&#8217;impérialisme bourgeois. N&#8217;acceptez pas le coup d&#8217;état du 24 mars.</p>
<p style="text-align:justify;">Déclarez à haute voix que vous ne reconnaissez plus la majorité de groupe des David-Heine-Noske com­me représentation social-démocrate, exigez la dé­mission des traîtres.</p>
<p style="text-align:justify;">Refusez le versement de vos cotisations à la direc­tion du parti qui s&#8217;en sert pour faire de vous la chair à canon de l&#8217;impérialisme et pour prolonger l&#8217;assassinat du peuple, car vous avez besoin de vos sous amèrement gagnés pour la promotion d&#8217;une politique, pour l&#8217;édition des écrits. Les organisations doivent décider le refus des cotisations à la direction du parti des Scheidemann-Ebert qui accordent l&#8217;ar­gent du peuple au moloch de la guerre mondiale, au gouvernement de famine et de l&#8217;état d&#8217;excep­tion.</p>
<p style="text-align:justify;">L&#8217;état d&#8217;exception dans l&#8217;empire, comme l&#8217;état d&#8217;exception dans le parti ne peuvent être surmontés que si les masses éclairées des prolétaires se dres­sent, déclarent et exécutent énergiquement leur vo­lonté. Le 24 mars a démontré que sous la dicta­ture des instances actuelles du parti le moindre mouvement de politique socialiste est impossible. Il a en même temps prouvé que le chemin des demi-mesures et des accommodements envers ces ins­tances est le chemin le plus long et le plus difficile à la fin duquel une séparation et une décision claires seront quand même inévitables. Montrez que vous savez ce que vous voulez et que vous êtes décidés à traduire votre volonté en actes. L&#8217;organisation, la discipline doivent servir à forger la volonté des masses et non pas à faire de vous l&#8217;outil des volon­tés d&#8217;une petite minorité de fonctionnaires et de députés. Pour cela en avant sur toute la ligne dans un but double, mais unique :</p>
<p style="text-align:justify;">Reconquête du parti pour le principe de la lutte des classes !</p>
<p style="text-align:justify;">Fin de l&#8217;assassinat des peuples par le rétablissement de l&#8217;Internationale prolétarienne !</p>
<div id="attachment_29278" class="wp-caption aligncenter" style="width: 210px"><a href="http://bataillesocialiste.files.wordpress.com/2012/01/haase2.jpg"><img class="size-full wp-image-29278" title="haase2" src="http://bataillesocialiste.files.wordpress.com/2012/01/haase2.jpg?w=450" alt=""   /></a><p class="wp-caption-text">Hugo Haase.</p></div>
<br />  <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/bataillesocialiste.wordpress.com/29198/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/bataillesocialiste.wordpress.com/29198/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/bataillesocialiste.wordpress.com/29198/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/bataillesocialiste.wordpress.com/29198/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gofacebook/bataillesocialiste.wordpress.com/29198/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/facebook/bataillesocialiste.wordpress.com/29198/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gotwitter/bataillesocialiste.wordpress.com/29198/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/twitter/bataillesocialiste.wordpress.com/29198/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/bataillesocialiste.wordpress.com/29198/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/bataillesocialiste.wordpress.com/29198/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/bataillesocialiste.wordpress.com/29198/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/bataillesocialiste.wordpress.com/29198/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/bataillesocialiste.wordpress.com/29198/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/bataillesocialiste.wordpress.com/29198/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=bataillesocialiste.wordpress.com&amp;blog=669189&amp;post=29198&amp;subd=bataillesocialiste&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
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	</item>
		<item>
		<title>Nouvelles tropicales du front pseudo-anti-impérialiste</title>
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		<pubDate>Sat, 21 Jan 2012 09:16:02 +0000</pubDate>
		<dc:creator>lucien</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualité]]></category>

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		<description><![CDATA[Le dirigeant de la République islamique d’Iran, Mahmoud Ahmadinejad, a fait une nouvelle tournée en Amérique latine, s’arrêtant à Caracas les 9 et 10 janvier où il a été reçu en « frère » par Chavez et le 11 à Cuba où il a déclaré que « Cuba et l’Iran sont dans le même front de lutte pour [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=bataillesocialiste.wordpress.com&amp;blog=669189&amp;post=29282&amp;subd=bataillesocialiste&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align:justify;">Le dirigeant de la République islamique d’Iran, Mahmoud Ahmadinejad, a fait une nouvelle tournée en Amérique latine, s’arrêtant à Caracas les 9 et 10 janvier où il a été reçu en « frère » par Chavez et le 11 à Cuba où il a déclaré que « Cuba et l’Iran sont dans le même front de lutte pour les droits des peuples ». Outre les intérêts partagés avec le Venezuela en matière de rente pétrolière, la visite au vieux Fidel Castro présentait l’intérêt de s’adjoindre des cautions « de gauche » face aux menaces de sanctions occidentales liées au programme nucléaire iranien. Les nombreux chavezolâtres et nostalgiques du capitalisme d’État ont donc un beau titre pour toute alliance avec la vermine : le « front de lutte pour les droits des peuples ». Naturellement, les sites rouges-bruns se sont empressés d’applaudir.</p>
<p style="text-align:right;">S.J.</p>
<div id="attachment_29283" class="wp-caption aligncenter" style="width: 445px"><a href="http://bataillesocialiste.files.wordpress.com/2012/01/chavez-accueilli-homologue-iranien.jpg"><img class=" wp-image-29283" title="chavez-accueilli-homologue-iranien" src="http://bataillesocialiste.files.wordpress.com/2012/01/chavez-accueilli-homologue-iranien.jpg?w=435&#038;h=290" alt="« Nous sommes unis pour toujours »" width="435" height="290" /></a><p class="wp-caption-text">« Nous sommes unis pour toujours »</p></div>
<p style="text-align:center;"><a href="http://bataillesocialiste.files.wordpress.com/2012/01/ahma-castro.jpg"><img class="aligncenter  wp-image-29284" title="ahma-castro" src="http://bataillesocialiste.files.wordpress.com/2012/01/ahma-castro.jpg?w=437&#038;h=248" alt="" width="437" height="248" /></a></p>
<br />  <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/bataillesocialiste.wordpress.com/29282/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/bataillesocialiste.wordpress.com/29282/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/bataillesocialiste.wordpress.com/29282/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/bataillesocialiste.wordpress.com/29282/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gofacebook/bataillesocialiste.wordpress.com/29282/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/facebook/bataillesocialiste.wordpress.com/29282/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gotwitter/bataillesocialiste.wordpress.com/29282/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/twitter/bataillesocialiste.wordpress.com/29282/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/bataillesocialiste.wordpress.com/29282/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/bataillesocialiste.wordpress.com/29282/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/bataillesocialiste.wordpress.com/29282/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/bataillesocialiste.wordpress.com/29282/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/bataillesocialiste.wordpress.com/29282/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/bataillesocialiste.wordpress.com/29282/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=bataillesocialiste.wordpress.com&amp;blog=669189&amp;post=29282&amp;subd=bataillesocialiste&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
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			<media:title type="html">ahma-castro</media:title>
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	</item>
		<item>
		<title>Intervention sur les mandats polonais au Congrès socialiste international de Paris (Rosa Luxemburg, 1900)</title>
		<link>http://bataillesocialiste.wordpress.com/2012/01/20/intervention-sur-les-mandats-polonais-au-congres-socialiste-international-de-paris-rosa-luxemburg-1900/</link>
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		<pubDate>Fri, 20 Jan 2012 18:23:17 +0000</pubDate>
		<dc:creator>lucien</dc:creator>
				<category><![CDATA[Documents historiques]]></category>
		<category><![CDATA[Luxemburgisme]]></category>

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		<description><![CDATA[Rosa Luxemburg demande au Congrès de valider cinq mandats contestés par l&#8217;autre délégation polonaise. Le compte-rendu précise: &#8220;La citoyenne Rosa Luxemburg a parlé en français.&#8221; (Source: Minkoff, 1980). C&#8217;est avec la plus profonde douleur que je me vos obligée de vous soumettre encore les plaintes de mes camarades contre la majorité des délégués polonais. Ce [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=bataillesocialiste.wordpress.com&amp;blog=669189&amp;post=29260&amp;subd=bataillesocialiste&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<blockquote>
<p style="text-align:justify;">Rosa Luxemburg demande au Congrès de valider cinq mandats contestés par l&#8217;autre délégation polonaise. Le compte-rendu précise: &#8220;La citoyenne Rosa Luxemburg a parlé en français.&#8221; (Source: Minkoff, 1980).</p>
</blockquote>
<p style="text-align:justify;">C&#8217;est avec la plus profonde douleur que je me vos obligée de vous soumettre encore les plaintes de mes camarades contre la majorité des délégués polonais. Ce n&#8217;est d&#8217;ailleurs pas la première fois qu&#8217;on va scandaliser un Congrès international socialiste, par le spectacle des discordes et des animosités qui existent au sein de la délégation polonaise. Vous avez certainement tous, citoyens, gardé le souvenir des querelles qui s&#8217;élevèrent sur les mandats polonais au Congrès international de Zurich en 1893, de celles du Congrès de Londres en 1896; et aujourd&#8217;hui encore, la majorité des délégués polonais veut abuser de ses droits monopolisés et essaie de dégrader la Pologne socialiste devant le monde entier.</p>
<p style="text-align:justify;">Il ne s&#8217;agit point ici de formalités, ni d&#8217;irrégularités, ni même de doutes sur la validité des mandats contestés; il s&#8217;agit au fond de controverses de programme, de tactique, de politique socialistes.</p>
<p style="text-align:justify;">Vous savez tous qu&#8217;il y a dans le mouvement socialiste polonais deux courants. D&#8217;une part, les socialistes purement internationalistes, qui acceptent l&#8217;annexion, et qui veulent marcher la main dans la main avec leurs frères de tous les pays, sans s&#8217;occuper du malheureux partage qui s&#8217;est opéré entre la Russie, l&#8217;Allemagne et l&#8217;Autriche ; ce sont mes amis et moi qui avons l&#8217;honneur de représenter cette fraction. D&#8217;autre part les socialistes plus ou moins nationalistes, qui suivent avant tout le plan utopique et fantaisiste de la reconstitution de la Pologne. C&#8217;est précisément contre cette utopie nuisible, contre cette tendance nationaliste, que nous luttons énergiquement, convaincus que le prolétariat n&#8217;est pas en état de changer la géographie politique et capitaliste, ni de reconstruire des États bourgeois, mais qu&#8217;il est contraint de s&#8217;organiser sur les bases politiques existantes, créées historiquement, pour réaliser la conquête du pouvoir socialiste et la République sociale (<em>Applaudissements</em>) qui seule pourra délivrer le prolétariat du monde entier.</p>
<p style="text-align:justify;">Dans toutes nos rencontres sur le champ des principes et des théories, ce sont toujours eux, les socialistes nationalistes, qui sont obligés de capituler; ce sont eux-mêmes qui se mettent en fuite; battus, ils n&#8217;osent plus nous rencontrer en plein jour et ils ne leur reste comme moyen de lutte contre nous que l&#8217;intrigue et la et la calomnie. Fidèles au principe de la politique jésuitique, que le but consacre et légitime les moyens, ils cherchent à nous frapper dans le dos ; ils cherchent à nous calomnier, disant que nous sommes au service de la police, les porte-parole de la politique germanisatrice du gouvernement; ils cherchent à venir aux Congrès socialistes en nombre assez grand pour former la majorité et mettre à la porte, de la façon la plus simple et la plus commode, leurs adversaires politiques.</p>
<p style="text-align:justify;">D&#8217;ailleurs, citoyens, il ne s&#8217;agit point ici de donner la possibilité à mes deux amis et moi, dont les mandats étaient contestés, d&#8217;assister aux délibérations du Congrès. Moi, fidèle à mes principes de socialisme international, j&#8217;appartiens aussi à la délégation allemande; j&#8217;y suis, j&#8217;y reste (<em>Applaudissements</em>) Mais il s&#8217;agit des prolétaires polonais dépossédés de délégués de la Haute-Silésie et de Varsovie, qui veulent participer aux délibérations de leurs frères du monde entier et qui y ont droit; il s&#8217;agit ensuite des principes de la justice et de l&#8217;honneur socialistes. Croyez-moi, citoyens, j&#8217;ai la gorge pleine de larmes d&#8217;être obligée de vous dénoncer ici les procédés honteux de mes camarades polonais. Comment ! nous nous sommes réunis ici pour délibérer des voies et moyens de lutte; comment ! nous nous sommes réunis pour délivrer l&#8217;humanité de la morale bourgeoise et des mensonges dogmatiques, et nous avons recours entre nous aux mêmes procédés ! Qu&#8217;ils aient honte, qu&#8217;ils rougissent, ceux qui viennent aux délibérations sur les questions les plus pures, les plus nobles de l&#8217;humanité, avec la morale de la bourgeoisie et avec la mauvaise foi des jésuites ! (<em>Vifs applaudissements</em>). Je leur donne l&#8217;assurance de mon mépris le plus profond, et je les dénonce au monde socialiste tout entier comme indignes du nom honorable de polonais et de socialiste ! Quant à vous, citoyens, je vous prie de valider à l&#8217;unanimité tous les cinq mandats contestés, qui se trouvent entre les mains de socialistes sincères. (<em>Nouveaux applaudissements</em>) Vous montrerez ainsi à ces socialistes que l&#8217;idéal de notre cause n&#8217;est pas seulement l&#8217;égalité économique et la liberté politique, mais qu&#8217;il est fait encore des principes essentiels de la bonne foi, de la justice et de la fraternité ! <em>(Applaudissements prolongés) </em></p>
<p style="text-align:justify;"><img class="aligncenter" src="http://bataillesocialiste.files.wordpress.com/2008/07/rosa-cp.jpg?w=440&#038;h=680" alt="" width="440" height="680" /></p>
<br />  <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/bataillesocialiste.wordpress.com/29260/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/bataillesocialiste.wordpress.com/29260/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/bataillesocialiste.wordpress.com/29260/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/bataillesocialiste.wordpress.com/29260/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gofacebook/bataillesocialiste.wordpress.com/29260/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/facebook/bataillesocialiste.wordpress.com/29260/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gotwitter/bataillesocialiste.wordpress.com/29260/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/twitter/bataillesocialiste.wordpress.com/29260/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/bataillesocialiste.wordpress.com/29260/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/bataillesocialiste.wordpress.com/29260/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/bataillesocialiste.wordpress.com/29260/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/bataillesocialiste.wordpress.com/29260/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/bataillesocialiste.wordpress.com/29260/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/bataillesocialiste.wordpress.com/29260/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=bataillesocialiste.wordpress.com&amp;blog=669189&amp;post=29260&amp;subd=bataillesocialiste&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
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		<media:content url="http://bataillesocialiste.files.wordpress.com/2008/07/rosa-cp.jpg" medium="image" />
	</item>
		<item>
		<title>Deux martyrs: Rosa Luxembourg &#8211; Karl Liebknecht (1920)</title>
		<link>http://bataillesocialiste.wordpress.com/2012/01/15/deux-martyrs-rosa-luxembourg-karl-liebknecht/</link>
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		<pubDate>Sun, 15 Jan 2012 10:25:15 +0000</pubDate>
		<dc:creator>lucien</dc:creator>
				<category><![CDATA[Documents historiques]]></category>

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		<description><![CDATA[Article de Fernand Caussy paru à la Une de l&#8217;Humanité du 16 janvier 1920. Entre toutes les victimes de la réaction allemande, Karl Liebknecht et Rosa Luxembourg, assassinés il y a eu un an hier au soir, sont celles dont le souvenir nous émeut davantage. D&#8217;autres, et le premier de tous, ce grand Kurt Eisner, [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=bataillesocialiste.wordpress.com&amp;blog=669189&amp;post=29208&amp;subd=bataillesocialiste&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<blockquote><p>Article de <a href="http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?page=articleCD&amp;id_article=104341">Fernand Caussy</a> paru à la Une de l&#8217;<em>Humanité</em> du 16 janvier 1920.</p></blockquote>
<p style="text-align:justify;">Entre toutes les victimes de la réaction allemande, Karl Liebknecht et Rosa Luxembourg, assassinés il y a eu un an hier au soir, sont celles dont le souvenir nous émeut davantage. D&#8217;autres, et le premier de tous, ce grand Kurt Eisner, par la pénétration de leur regard, par la richesse de leurs idées, n&#8217;ont pas cessé d&#8217;occuper nos esprits. Mais par l&#8217;ampleur de leurs sentiments humains, par leur dévouement à la cause des pauvres, c&#8217;est à notre cœur que parlent Liebknecht et Rosa.</p>
<p style="text-align:justify;"><a href="http://bataillesocialiste.files.wordpress.com/2012/01/karl.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-29221" title="karl" src="http://bataillesocialiste.files.wordpress.com/2012/01/karl.jpg?w=450" alt=""   /></a></p>
<p style="text-align:justify;">Après avoir fait ses études de droit à Leipzig, Liebknecht s&#8217;installa en 1899 comme avocat à Berlin. En 1907, une brochure, <em>Militarisme et antimitarisme</em>, lui vaut un an et demi de prison. A sa libération, il est élu député au Landtag; deux ans après au Reichstag, où il se manifeste surtout l&#8217;adversaire du militarisme.</p>
<p style="text-align:justify;">On sait que Liebknecht, par discipline à l&#8217;égard de son parti, a, comme tous les socialistes allemands, voté les crédits de guerre le 4 août 1914. Mais ayant fait en octobre un voyage en Belgique, il en revint absolument opposé à la continuation de la guerre, et lors du second vote des crédits, en décembre 1914, il les refusa, en criant au gouvernement:<em> c&#8217;est vous qui avez voulu la guerre !</em></p>
<p style="text-align:center;"><strong>Une voix contre le massacre</strong></p>
<p style="text-align:justify;">Exclu du parti socialiste pour son attitude, empêché d&#8217;écrire dans les journaux du parti, Liebknecht, sous le nom de Spartakus, publie tracts sur tracts, protestant contre le massacre des peuples, dénonçant l&#8217;ambition des princes et les manœuvres des socialistes bellicistes. Pour le punir, le gouvernement l&#8217;incorpora dans une compagnie de landsturm. Bientôt après il est envoyé sur le front occidental, puis sur le front oriental, où est il constamment exposé au feu.</p>
<p style="text-align:justify;">A la fin d&#8217;avril 1916, Liebknecht vient en permission à Berlin. Il en profite pour lancer le 1er mai un <em>Appel à la lutte révolutionnaire</em>. Il le distribue lui-même sur la Postdamer Platz. Arrêté, et accusé de haute trahison, il est condamné à deux ans et demi de prison; la peine est portée à quatre ans sur appel du procureur impérial. Il n&#8217;est libéré qu&#8217;en octobre 1918 lors de l&#8217;entrée des socialistes dans le cabinet Max de Bade.</p>
<p style="text-align:justify;">Le 9 novembre, Liebknecht arborait de ses mains le drapeau rouge sur le balcon impérial et y proclamait la République.</p>
<p style="text-align:justify;">L&#8217;attitude des socialistes majoritaires au pouvoir ne tarda pas à convaincre Liebknecht qu&#8217;une seconde révolution était nécessaire. Cette seconde révolution, il la voyait au terme d&#8217;une action de propagande intense, dont les élections à l&#8217;Assemblée nationale devaient être l&#8217;occasion. Cette conception, qui était aussi celle de Rosa Luxemburg, ne prévalut pas au Congrès du parti communiste, qui se tint à Berlin du 1er au 3 janvier. Sur la suggestion de Radek et de Rühle, le Congrès, à une majorité des trois quarts des votants, repoussa la proposition de Liebknecht.</p>
<p style="text-align:justify;">Deux jours plus tard, mettant à profit le mécontentement des soldats de la garnison, impatients d&#8217;être démobilisés, les Spartaciens tentaient de s&#8217;emparer du pouvoir par l&#8217;émeute. Après avoir occupé une grande partie de Berlin, ils sont refoulés par les troupes gouvernementales et finalement complètement vaincus.</p>
<p style="text-align:justify;">Liebknecht et Rosa, arrêtés le 15, sont assassinés par les soldats de leur escorte.</p>
<p style="text-align:center;"><strong>Rosa la rouge</strong></p>
<p style="text-align:justify;">Rosa Luxembourg, elle, était d&#8217;origine polonaise. Dès l&#8217;âge de 16 ans elle militait contre le tsarisme et devait s&#8217;exiler pour échapper à la Sibérie. Elle avait fait ses études en Suisse, où elle prit les doctorats e, droit et en philosophie.</p>
<p style="text-align:justify;">Dès les premiers jours de la guerre, elle prit position contre l’impérialisme allemand. Une brochure de sa façon, publiée sous le pseudonyme de Junius, <em>la Guerre et la social-démocratie allemande</em>, lui valut 18 mois de prison. Quand sa peine fut terminée, le gouvernement l&#8217;interna de nouveau, sous prétexte de la  « protéger contre elle-même ».</p>
<p style="text-align:justify;">Lors de la révolution allemande de novembre, elle associa étroitement ses efforts à ceux de Liebknecht, fonda avec lui le <em>Rote Fahne</em> (le drapeau rouge) et finalement partagea son sort après l&#8217;échec de l&#8217;insurrection de janvier.</p>
<p style="text-align:justify;"><a href="http://bataillesocialiste.files.wordpress.com/2012/01/rosa.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-29222" title="rosa" src="http://bataillesocialiste.files.wordpress.com/2012/01/rosa.jpg?w=450" alt=""   /></a></p>
<p style="text-align:justify;">Au moment où l&#8217;anniversaire de Liebknecht et de Rosa Luxembourg est marqué à nouveau par des massacres populaires à Berlin, qu&#8217;il nous soit permis de rappeler le beau discours prononcé par Rosa au Congrès du parti communiste de janvier. Elle rappelait l&#8217;enseignement d&#8217;Engels qui, devant les progrès de l&#8217;armement militaire, considérait comme insensée l&#8217;idée de faire la révolution dans la rue.</p>
<p style="text-align:justify;">La fidélité de Liebknecht et de Rosa au parti communiste, quand il eut pris la décision tragique à laquelle ils étaient opposés, est peut-être le trait le plus admirable de leur carrière. Comme il les sépare, cet ardent dévouement, des petites habiletés qui ont caractérisé les profiteurs de la révolution de novembre ! Comme il rend compréhensible la haine, dont après leur mort, a continué de les poursuivre le gouvernement de Noske et de Scheidemann ! Devant ces pures lumières,  leurs bourreaux apparaissent comme des êtres de ténèbres, et l&#8217;on se demande si ce n&#8217;est pas la hantise du premier crime qui les a engagés depuis a redoubler de forfaits.</p>
<p style="text-align:right;">F. CAUSSY.</p>
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		<item>
		<title>Introduction aux Lettres et tracts de Spartacus (Lefeuvre, 1972)</title>
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		<pubDate>Sat, 14 Jan 2012 23:04:28 +0000</pubDate>
		<dc:creator>lucien</dc:creator>
				<category><![CDATA[Luxemburgisme]]></category>

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		<description><![CDATA[Ce volume contient les articles tirés des « Lettres de Spartacus » ainsi que les tracts écrits par Rosa Luxembourg elle-même ou avec sa collaboration. La sélection en a été faite par Daniel Guérin d&#8217;après l&#8217;excellente biographie de Rosa Luxembourg par l&#8217;historien anglais Nettl. A la lecture de ces textes nous pouvons suivre le dur [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=bataillesocialiste.wordpress.com&amp;blog=669189&amp;post=29201&amp;subd=bataillesocialiste&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align:justify;">Ce volume contient les articles tirés des « Lettres de Spartacus » ainsi que les tracts écrits par <a href="http://bataillesocialiste.wordpress.com/biographies/biographie-luxemburg/">Rosa Luxembourg </a>elle-même ou avec sa collaboration. La sélection en a été faite par Daniel Guérin d&#8217;après l&#8217;excellente biographie de Rosa Luxembourg par l&#8217;historien anglais Nettl.</p>
<p style="text-align:justify;">A la lecture de ces textes nous pouvons suivre le dur combat mené par le petit groupe révolutionnaire de Rosa Luxembourg et Karl Liebknecht durant la période difficile qui s&#8217;ouvre le 4 août 1914 avec le vote des crédits de guerre par la fraction social-démocrate et qui s&#8217;étend jusqu&#8217;à l&#8217;aube de la Révolution allemande. Rosa, plus lucide que Lénine, avait dès 1910 décelé les tendances opportunistes de son vieux maître Kautsky et l&#8217;avait fermement combattu en compagnie de Franz Mehring. Le geste de Liebknecht qui, le 2 décembre 1914, refusa de voter les crédits de guerre et le tract « Le monde crache le sang » paru durant l&#8217;hiver 1914-1915, furent les premières manifestations publiques importantes de ce qui allait être appelé « l&#8217;Opposition ».</p>
<p style="text-align:justify;">Le 18 février 1915 Rosa entrait en prison pour un an. Elle devait purger une condamnation à un an de prison que lui avait valu, avant la guerre, son combat contre le militarisme. Cela ne l&#8217;empêcha pas de continuer à travailler à la parution de « <em>l&#8217;Internationale</em> », revue théorique du groupe, qui n&#8217;aura qu&#8217;un numéro et sera aussitôt interdite. Dans cette revue, réalisée en collaboration avec Mehring, Rosa définissait ainsi la tâche des socialistes conséquentes: « <em>soit Bethmann-Hollweg</em> [1], <em>soit Liebknecht, soit l&#8217;impérialisme, soit le socialisme comme Marx l&#8217;entendait</em> ».</p>
<p style="text-align:justify;">C&#8217;est cette intransigeance révolutionnaire qui distingue le « Groupe l&#8217;Internationale » ainsi qu&#8217;il sera appelé non seulement par rapport aux hautes instances droitières du parti, mais encore par rapport au centre, à l&#8217;opposition modérée de Bernstein, Eisner, Kautsky et Ledebour.</p>
<p style="text-align:justify;">En prison Rosa rédige « <a href="http://bataillesocialiste.wordpress.com/documents-historiques/1915-la-crise-de-la-social-democratie-luxemburg/">La crise de la démocratie socialiste</a><em></em> » (Junius brochure), analyse profonde de la nature et des origines de la guerre et dénonciation impitoyable de l&#8217;attitude chauvine du SPD. Puis en décembre 1915 Rosa se consacre à la rédaction d&#8217;un projet de « lignes directrices<em></em> » (<em>Leitsätze</em>) pour la délégation du groupe à Zimmerwald. Cette pénétrante étude de la situation qui, allant au fond des choses, se démarquait notablement de l&#8217;analyse léniniste, est une critique radicale du rôle contre-révolutionnaire de la Social-démocratie [2]. Elle permettait de déterminer la tâche immense que se devait d&#8217;assumer un groupe réellement révolutionnaire, c&#8217;est-à-dire ayant une perspective internationale. En douze points, où elle tirait les leçons de l&#8217;effondrement de la II° Internationale et de l&#8217;état de guerre «&#8230; <em>défaite pour le socialisme et la démocratie</em> », Rosa montrait que l&#8217;impérialisme &#8230; <em>est l&#8217;ennemi commun des classes ouvrières de tous les pay</em>s, que « <em>dans l&#8217;état présent de l&#8217;impérialisme les guerres nationales ne sont plus possibles</em> » et que « <em>la principale tâche du socialisme à l&#8217;heure actuelle est de réunir le prolétariat de tous les pays pour en faire une force révolutionnaire vivante</em> ». Puis Rosa jugeait « <em>absolument nécessaire que le socialisme crée une nouvelle Internationale ouvrière qui reprendra en main la direction et la coordination de la guerre des classes révolutionnaires contre l&#8217;impérialisme partout dans le monde</em> ».</p>
<p style="text-align:justify;">Suivaient six propositions où l&#8217;accent était mis constamment sur l&#8217;internationalisme et « <em>le devoir d&#8217;appliquer les résolutions de l&#8217;Internationale, devoir plus important que tous les autres devoirs</em> ».</p>
<p>« <em>Il n&#8217;y a pas de socialisme en dehors de la solidarité internationale du prolétariat</em> ». L&#8217;éducation des « <em>plus grandes masses possibles pour qu&#8217;elles soient prêtes à prendre des initiatives d&#8217;action politique</em> » est la tâche tactique principale; la cohésion, la coordination pour « <em>transformer les décisions de l&#8217;Internationale en actions de la classe ouvrière dans tous les pays</em> ».</p>
<p>Seconde tâche: « <em>Libérer le prolétariat de la tutelle de la bourgeoisie, de l&#8217;idéologie et de la phraséologie nationalistes qui ne sont rien d&#8217;autre qu&#8217;un moyen de domination bourgeoise</em> ».</p>
<p style="text-align:justify;">Ce sont ces principes directeurs qui furent adoptés comme programme du noyau d&#8217;opposition, dont la constitution fut décidée le 1er janvier 1916, par une conférence de délégués venus secrètement de toute l&#8217;Allemagne et réunis chez Liebknecht. Des lettres d&#8217;information devaient paraître régulièrement sous le nom de Lettres Politiques et sous la signature de « Spartacus<em></em> ». D&#8217;où le nom de « Groupe Spartacus<em></em> » qui fut désormais adopté.</p>
<p style="text-align:justify;">Cependant, par la suite, la tendance « extrême-internationaliste<em></em> » qui s&#8217;exprime en ces principes fut délaissée pour le mot d&#8217;ordre de Liebknecht: « L&#8217;ennemi principal se trouve, pour chacun, dans son propre pays », mot d&#8217;ordre déjà ancien puisqu&#8217;il était le titre d&#8217;un tract rédigé en mai 1915, lors de l&#8217;entrée en guerre de l&#8217;Italie.</p>
<p style="text-align:justify;">C&#8217;est cette conférence du 1er janvier 1916 qui consacra la rupture entre le centre et le groupe Spartacus. Le 27 janvier Liebknecht publia la première lettre politique signée Spartacus dans laquelle il se démarqua vigoureusement du groupe Ledebour-Haase: « Les Décembristes de 1915<em></em> ». Il s&#8217;agissait de cette minorité de la fraction social-démocrate au Reichstag qui le 21 décembre 1915 refusa les crédits de guerre, mais donna une « <em>explication de son geste qu&#8217;elle était l&#8217;équivalent d&#8217;une justification des crédits de guerre</em> » [3].</p>
<p style="text-align:justify;">Rosa Luxembourg, dans un article intitulé «<em> Soit l&#8217;un soit l&#8217;autre</em> », se livre à une attaque plus profonde et plus violente des conceptions centristes. Cet article fut publié sous forme de tract simple dactylographié (document p. 151). Tous les efforts du groupe Ledebour pour éviter la scission avec la fraction social-démocrate au Parlement furent vains. Un nouveau vote négatif, le 20 mars, aboutit à l&#8217;exclusion du groupe tout entier et à sa constitution en « Groupe de Travail ». Dans le tract du 24 mars (document p. 172) Rosa Luxemburg montre que la logique de fer des choses a conduit le groupe Ledebour à accepter ce choix entre la classe ouvrière et le Pouvoir, qu&#8217;il a fui pendant deux ans, en multipliant les concessions fondamentales à la majorité. Cependant, au niveau local, la distinction entre les partisans de Spartacus et ceux du Groupe de Travail restait très difficile à faire et, bien souvent, n&#8217;existait même pas à la base dans l&#8217;esprit des opposants à la guerre.</p>
<p style="text-align:justify;">Le Groupe Spartacus appela à manifester le 1er mai à Berlin, en dépit de l&#8217;opposition du groupe de Travail. Liebknecht fut arrêté en tête de la manifestation sur la Postdammerplatz. Sa condamnation, le 28 juin, à deux ans de travaux forcés entraîna la première grande grève politique de la guerre mais «<em> sa qualité de député au Reichstag et au Landtag ne le protéga pas. Le Reichstag donna volontiers son approbation à son arrestation et à sa condamnation. Plus choquante que l&#8217;attitude de libéraux et des conservateurs fut là-dessus celle des politiciens sociaux-démocrates jusqu&#8217;au-boutistes. David eut l&#8217;insolence d&#8217;excuser ainsi Karl Liebknecht: &#8220;Un chien qui aboie ne mord pas.&#8221; Rosa Luxemburg répondit à cette infamie par un tract: &#8220;Politique de chien&#8221; </em>» [4] (document p. 180).</p>
<p style="text-align:justify;">Le 10 juillet Rosa était de nouveau arrêtée. Quelque temps auparavant elle avait écrit un des deux articles parus dans la « <em>Lettre de Spartacus</em> »  du 20 septembre 1916. Il s&#8217;agit du texte intitulé « Der Rhodus<em></em> » dans lequel une fois de plus elle dénonçait les Ebert-Scheidemann, et tentait de dissiper les illusions des masses et de montrer que la seule voie possible était celle de leur auto-émancipation. Le second texte de cette « Lettre<em></em> » du 20 septembre rédigé en prison, et intitulé « Liebknecht&#8230; », réaffirme, à travers la défense de ce dernier, les mêmes principes intransigeants. Le nom de Liebknecht devait devenir le mot de ralliement de toute la gauche: c&#8217;est sur le combat pour sa libération que se développait l&#8217;agitation dans les masses, et c&#8217;est lui qui pour tout le monde, des bourgeois allemands à Lénine, incarnait la tendance socialiste révolutionnaire. Ce sont ces circonstances politiques qui, en plus de la vieille amitié qui les unissait, expliquent le nombre élevé d&#8217;écrits traitant du cas Liebknecht émanant de Rosa (cf. « Qu&#8217;en est-il de Liebknecht<em></em> »,  « Pour quoi luttait Liebknecht<em></em>&#8230; »).</p>
<p style="text-align:justify;">La conférence nationale du parti social-démocrate du 21 septembre 1916 réunit pour une dernière confrontation au sein d&#8217;un même parti les groupes Spartacus, les centristes d&#8217;opposition et les partisans de la direction. Le 17 octobre 1916 la direction du parti s&#8217;empara du « Vorwärts<em></em> », remplaçant l&#8217;éqipe de rédaction de tendance oppositionnelle par une équipe à sa dévotion (cf. « Le coup de force du Vorwärts<em></em> », document p. 35).</p>
<p style="text-align:justify;">Le 7 janvier 1917 eut lieu à Berlin une conférence nationale de l&#8217;opposition qui consacra la rupture avec le SPD et en avril 1917 se tint le Congrès de fondation du Parti Social-Démocrate Indépendant (USPD). Vers la même époque paraissait le numéro 4 des « Lettre<em></em>s de Spartacus » dans lequel l&#8217;article « <a href="http://bataillesocialiste.wordpress.com/2010/11/11/un-nouveau-waterloo-du-socialisme-rosa-luxemburg-1917/">Un nouveau Waterloo du socialisme</a> » (document p. 50) d&#8217;une rédaction sans doute bien antérieure reflète un grand pessimisme quant aux capacités révolutionnaires du prolétariat allemand. Pourtant, dans le congrès de fondation de l&#8217;USPD se fit déjà sentir l&#8217;influence de la Révolution russe de février 1917. Mais on n&#8217;alla pas plus loin que des déclarations de sympathie. Rosa Luxemburg elle-même, manquant d&#8217;informations dans sa prison, se contenta tout d&#8217;abord de donner une analyse historique et rétrospective dans la lettre de Spartacis d&#8217;avril 1917: « <a href="http://www.marxists.org/francais/luxembur/spartakus/rl19170400.htm">La Révolution en Russie</a> ».</p>
<p style="text-align:justify;">Le plan de paix de de Wilson éveilla chez les socialistes centristes, pacifistes européens, beaucoup d&#8217;espoirs. Rosa reprenant le thème de Liebknecht « Pas de paix bourgeoise, mais guerre civile » dénonce toutes les illusions dans les possibilités de la diplomatie bourgeoise (cf. Wilson socialismus). « <em>Aucun  &#8220;arrangement&#8221; diplomatique, aucune mission Wilson, mais</em> [...] <em>seule l&#8217;action révolutionnaire du prolétariat peut offrir une porte de sortie au cul de sac de la guerre</em>. » C&#8217;est la leçon que tire Rosa des développements de la révolution en Russie dans les deux articles « <a href="http://www.marxists.org/francais/luxembur/spartakus/rl19170500.htm">La Vieille Taupe</a> » et « <a href="http://www.marxists.org/francais/luxembur/spartakus/rl19170500a.htm">Deux messages de Pâques</a> » de la « Lettre de Spartacus » suivante (mai 1917). Rosa raillait les centristes qui, partant de l&#8217;expérience russe, concluaient à la nécessité pour le prolétariat allemand de suivre la voie parlementaire. Il y a donc un enseignement à double sens pour le sage: en Russie, on fait la Révolution, en Allemagne, on se bat au Reichstag.</p>
<p style="text-align:justify;">Dans ces articles ainsi que dans ceux qui suivirent traitant de la Révolution russe (« Brûlante actualité », « <a href="http://www.marxists.org/francais/luxembur/spartakus/rl19180100.htm">La responsabilité historique</a> ») Rosa défendait une position particulièrement lucide dont l&#8217;histoire ne devait pas tarder à montrer la justesse: «<em> La dictature du prolétariat en Russie &#8211; si jamais une révolution prolétarienne internationale ne la soutient pas à temps est condamnée à subir une défaite retentissante, en comparaison de laquelle le destin tragique de la Commune de Paris n&#8217;aura été qu&#8217;un jeu d&#8217;enfant</em>. »</p>
<p style="text-align:justify;">Les points principaux de la critique que fit Rosa de la politique des bolcheviks sont bien connus. Dans l&#8217;article « La Responsabilité historique » elle montre une grande amertume quant à la politique de paix des bolcheviks avec le gouvernement allemand. Rosa exprimait le point de vue de la plupart de ses camarades du groupe Spartacus. Cependant une tendance s&#8217;affirmait, animée notamment par Klara Zetkin et E. Meyer, qui défendait le soutien inconditionnel (déjà !) de la Révolution russe. Face aux attaques des centristes l&#8217;unanimité se fit au sein du groupe Spartacus pour la défense des Bolcheviks. C&#8217;est pourquoi l&#8217;article de Rosa dans la « Lettre de Spartacus » de septembre 1918 « <a href="http://www.marxists.org/francais/luxembur/spartakus/rl19180900.htm">La Tragédie Russe</a> » ne fut accepté qu&#8217;en raison de la personnalité de son auteur. Il était accompagné d&#8217;une note rédactionnelle dans laquelle Ernst Meyer, éditeur du moment des « Lettres de Spartacus » prenait ses distances par rapport aux si prophétiques critiques luxemburgistes. Plus tard Rosa dut renoncer à publier « La Révolution russe » en raison de l’opposition de ses amis (de Lévy notamment, qui plus tard devait la divulguer).</p>
<p style="text-align:justify;">Le moment allait venir où l&#8217;échec du soulèvement prolétarien allemand allait entraîner la vérification totale de l&#8217;essentiel des analyses de Rosa: la Révolution russe isolée contrainte de faire redémarrer une économie nationale exangue ne dépasserait pas le stade d&#8217;une révolution bourgeoise, et la tâche d&#8217;accumulation capitaliste allait être assumée par la nouvelle classe dirigeante issue de l&#8217;appareil du parti bolchevik. Noske (le chien sanglant) et Scheidemann faisant assassiner Rosa et Karl étaient à l&#8217;origine d&#8217;un inexorable processus contre-révolutionnaire à l&#8217;échelon mondial dont l&#8217;aboutissement le plus infernal serait, parallèlement au fascisme, l&#8217;avènement du sanglant affameur et massacreur du peuple russe et de la « Vieille Garde » bolchevique (un million deux cent mille communistes torturés, avilis, déshonorés, exécutés), Staline, le bourreau.</p>
<p style="text-align:justify;">Le « Testament » de Rosa, son dernier article: « <a href="http://www.marxists.org/francais/luxembur/spartakus/rl19190114.htm">L&#8217;ordre règne à Berlin</a> », écrit au lendemain de la défaite, la veille de sa mort, nous trace notre chemin pour les luttes futures: « &#8230; <em>La Direction peut et doit être créée par les masses et sortir des masses. Les masses sont le facteur décisif, elles sont le rocher sur lequel la victoire finale de la révolution sera édifiée. Les masses étaient à la hauteur, elles ont fait de cette &#8220;défaite&#8221; un chaînon de ces défaites historiques qui sont l&#8217;orgueil et la force du socialisme international. Et à cause de cela, c&#8217;est de cette &#8220;défaite&#8221; que fleurira la victoire prochaine</em> .»</p>
<p style="text-align:justify;">Mais la lutte de Rosa Luxembourg qui misait tout sur la prise de conscience des masses, et ses pénétrantes analyses montrent par-delà les échecs passés des révolutions prolétariennes, la voie d&#8217;une nécessaire clarification théorique tant des buts que des moyens des révolutions prolétariennes à venir.</p>
<p style="text-align:right;"><a href="http://bataillesocialiste.wordpress.com/biographies/biographie-lefeuvre/">René</a> et Serge <a href="http://bataillesocialiste.wordpress.com/biographies/biographie-lefeuvre/">Lefeuvre</a>.</p>
<p><img class="aligncenter" src="http://bataillesocialiste.files.wordpress.com/2011/11/spartac.jpg?w=224&#038;h=353" alt="" width="224" height="353" /></p>
<p><span style="text-decoration:underline;">Notes:</span><font size="-2"></p>
<p>[1] Bethmann-Hollweg (1856-1921), Chancelier d&#8217;Empire et premier ministre de Prusse de 1909 à 1917.</p>
<p>[2] Reproduite intégralement dans le tract &#8220;<a title="Lien Permanent vers Soit l’un… soit l’autre (Spartacus, 1916)" href="http://bataillesocialiste.wordpress.com/2011/11/26/soit-lun-soit-lautre-spartacus-1916/" rel="bookmark"><em> Soit l’un… soit l’autre </em>&#8220;</a> (document 18).</p>
<p>[3] Ernst Meyer, préface à « Spartakus im Kriege », recueil des tracts illégaux, 1927.</p>
<p>[4] E. Meyer, op. cit.</font></p>
<p><em><span style="text-decoration:underline;">Voir aussi</span></em>:</p>
<ul>
<li><a title="Lien Permanent vers Soit l’un… soit l’autre (Spartacus, 1916)" href="http://bataillesocialiste.wordpress.com/2011/11/26/soit-lun-soit-lautre-spartacus-1916/" rel="bookmark">Soit l’un… soit l’autre (Spartacus, 1916)</a></li>
<li><a title="Lien Permanent vers Spartacus (Thalheimer, 1924)" href="http://bataillesocialiste.wordpress.com/2011/09/06/spartacus-thalheimer-1924/" rel="bookmark">Spartacus (Thalheimer, 1924)</a></li>
</ul>
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		<title>Manifeste de l’Union ouvrière internationale (1949)</title>
		<link>http://bataillesocialiste.wordpress.com/2012/01/13/manifeste-de-lunion-ouvriere-internationale-1949/</link>
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		<pubDate>Thu, 12 Jan 2012 23:22:03 +0000</pubDate>
		<dc:creator>yvescoleman50</dc:creator>
				<category><![CDATA[Documents historiques]]></category>

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		<description><![CDATA[Ce texte est extrait des archi­ves de Ngo Van, membre de l’UOI en 1949-1950. Elles se trou­vent dés­ormais à l’IISG, Institut d’his­toire sociale, d’Amsterdam. Tous nos remer­cie­ments à H.F. pour nous avoir permis de les pho­to­co­pier. Ouvriers de France, d’Europe et du monde, Vous avez devant vous un monde pourri qui n’attend que vos coups [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=bataillesocialiste.wordpress.com&amp;blog=669189&amp;post=29192&amp;subd=bataillesocialiste&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<blockquote>
<p style="text-align:justify;">Ce texte est extrait des archi­ves de Ngo Van, membre de l’UOI en 1949-1950. Elles se trou­vent dés­ormais à l’IISG, Institut d’his­toire sociale, d’Amsterdam. Tous nos remer­cie­ments à H.F. pour nous avoir permis de les pho­to­co­pier.</p>
</blockquote>
<p>Ouvriers de France, d’Europe et du monde,</p>
<p style="text-align:justify;">Vous avez devant vous un monde pourri qui n’attend que vos coups pour s’enfon­cer dans le passé. Vous êtes les der­niers escla­ves des sociétés d’exploi­ta­tion et de fraude qui, pen­dant des dizai­nes de siècles, se sont succédé les unes aux autres, mais vous êtes aussi leurs ven­geurs, la force active qui doit détr­uire ce monde pourri et en cons­truire un autre sans exploi­ta­tion, ni fraude. Vous êtes la vérité en face du men­songe. Affirmez-la ! Il ne vous faut qu’agir. À cent ans de dis­tance, les paro­les du Manifeste com­mu­niste reten­tis­sent comme une gifle sur le visage de tous les lâches et de tous les traîtres : « Les prolét­aires n’ont à perdre que leurs chaînes et ils ont un monde à gagner. »</p>
<p style="text-align:justify;">La société capi­ta­liste a fait son chemin. Elle est la plus achevée de toutes les sociétés basées sur l’exploi­ta­tion de l’homme que le monde ait connues. Elle a, plus qu’aucune autre, développé les moyens de pro­duc­tion, la science, la culture et la consom­ma­tion géné­rales et même la liberté dans les limi­tes utiles à la mino­rité bour­geoise exploi­teuse de la grande majo­rité de la popu­la­tion. Elle a fouillé le globe en quête de sour­ces de matières pre­mières et de mar­chés ; elle a intro­duit par­tout les rap­ports capi­ta­lis­tes d’exploi­ta­tion, aug­menté numé­riq­uement le prolé­tariat, concen­tré la pro­priété dans [entre les mains d’] un nombre d’hommes de plus en plus réduit. Elle a ainsi, d’une part, agrandi, plus que toutes les pré­céd­entes sociétés d’exploi­ta­tion, la sépa­ration entre la capa­cité du tra­vail natu­rel à l’homme et les ins­tru­ments de tra­vail (machi­nes, tech­ni­ques, terre, forces natu­rel­les, etc.) qui sont indis­pen­sa­bles au libre et plein exer­cice de cette capa­cité. Mais d’autre part, l’his­toire l’a acculée à créer, par le tru­che­ment des misé­rables intérêts bour­geois, les condi­tions requi­ses pour l’ané­ant­is­sement de toute société d’exploi­ta­tion et de fraude. Jadis les escla­ves de Spartacus, les serfs des jac­que­ries ou les sans-culot­tes du XVIII<sup>e</sup> siècle ne se rév­oltaient que pour être écrasés ou pour faire triom­pher une nou­velle classe d’exploi­teurs. Aujourd’hui, le prolé­tariat a la pos­si­bi­lité d’orien­ter la société vers la des­truc­tion de toute exploi­ta­tion, toute fraude, toute oppres­sion. Il doit pren­dre pos­ses­sion des ins­tru­ments de tra­vail len­te­ment dérobés à l’homme au cours de lon­gues dizai­nes de siècles, res­tau­rer l’unité entre l’homme et la nature, gage de toute liberté, et ané­antir l’Etat. La rév­olte du prolé­tariat sera la rév­olte de l’huma­nité. S’il se mon­trait inca­pa­ble de se rév­olter, il entraî­nerait l’huma­nité vers une nou­velle ser­vi­tude pour des dizai­nes de siècles.</p>
<p style="text-align:justify;">La société capi­ta­liste ne peut plus offrir à l’huma­nité qu’un avenir de misère, de régr­ession sociale et cultu­relle, de dic­ta­tu­res poli­cières et de guer­res de plus en plus san­glan­tes, quel que soit prés­en­tement le groupe capi­ta­liste qui domine (USA ou URSS). Cependant les forces éco­no­miques ont atteint un niveau qu’elles n’ont jamais connu, bien que leur dével­op­pement soit actuel­le­ment freiné par le système qui leur sert de cadre. Ce système est aujourd’hui entiè­rement rongé par la contra­dic­tion entre le dével­op­pement des forces de pro­duc­tion et la capa­cité d’absorp­tion du marché. Cette contra­dic­tion entraîne un mal­thu­sia­nisme éco­no­mique crois­sant, géné­rateur demain d’une lente dég­ra­dation tech­ni­que, indis­pen­sa­ble au main­tien sous une forme ou sous une autre de la divi­sion de la société en clas­ses ou en castes et des pro­fits que cette divi­sion vaut à la couche domi­nante. Il suf­fi­rait que les tra­vailleurs s’empa­rent de l’appa­reil de pro­duc­tion et le remet­tent en marche au profit de l’ensem­ble de l’huma­nité pour que la tech­ni­que et la culture connais­sent un essor aujourd’hui ini­ma­gi­na­ble.</p>
<p style="text-align:justify;">La surin­dus­tria­li­sa­tion des Etats-Unis capa­ble de donner à la majo­rité des tra­vailleurs de ce pays un niveau de vie lar­ge­ment supérieur à celui que connais­sent les tra­vailleurs du reste du monde, exploités à la fois par leurs pro­pres capi­ta­lis­tes et par l’impér­ial­isme amé­ricain et russe, permet cepen­dant d’entre­voir les pos­si­bi­lités que recèle un système où la pro­duc­tion serait orientée uni­que­ment vers la satis­fac­tion des besoins de la popu­la­tion. C’est ce but que doit s’assi­gner la révo­lution socia­liste dès l’heure de son triom­phe et vers lui que doit tendre la société de tran­si­tion qui naît avec sa vic­toire. Cette société ne doit pas perdre de vue un seul ins­tant l’interdép­end­ance étr­oite qui existe entre la pro­duc­tion et la consom­ma­tion même dans le système capi­ta­liste. Le profit qui, dans le système actuel, s’inter­cale entre la pro­duc­tion et la consom­ma­tion com­prime tantôt l’une, tantôt l’autre, si bien qu’au moment où consom­ma­tion et pro­duc­tion entrent en conflit ouvert, le profit tend à dis­pa­raître si la consom­ma­tion est res­treinte, d’où les crises du capi­ta­lisme, ou à s’accroître, si la consom­ma­tion dép­asse la pro­duc­tion. Dans la société de pro­duc­tion d’où le profit doit être banni sous quel­que forme que ce soit, l’éco­nomie pla­ni­fiée a pour but essen­tiel d’accor­der pro­duc­tion et consom­ma­tion, la satis­fac­tion de cette der­nière devant être envi­sagée comme étalon de la pro­duc­tion, et non le profit comme dans le système capi­ta­liste. Toute éco­nomie « pla­ni­fiée » qui ne tient pas compte des néc­essités des masses est ipso facto orientée à [vers] la satis­fac­tion des besoins d’une mino­rité exploi­teuse cons­ti­tuant la couche domi­nante de la société et rame­nant celle-ci vers des normes capi­ta­lis­tes. Elle relève de l’éco­nomie dirigée et, de nos jours, ne peut que reje­ter la société plus pro­fondément dans la décad­ence.</p>
<p style="text-align:justify;">Depuis qu’en 1914 a éclaté la pre­mière guerre impér­ial­iste, le capi­ta­lisme est entré dans sa phase décad­ente et la société dans la crise la plus déci­sive de l’his­toire. Son bilan des trente der­nières années est maca­bre. Deux fois, le monde a été entraîné à [dans] la guerre, des dizai­nes de mil­lions d’hommes ont été tués, et le tra­vail de plu­sieurs géné­rations a été détruit sans autre rés­ultat que de décider quel groupe d’escla­va­gis­tes domi­ne­rait le monde. Chaque fois, les gou­ver­ne­ments de chaque pays ont appelé leurs popu­la­tions res­pec­ti­ves au mas­sa­cre des popu­la­tions des pays enne­mis au nom de la liberté et du bien-être futur, car ce qu’ils ne peu­vent pas donner aujourd’hui, ils le pro­met­tent pour demain à l’instar de toutes les reli­gions. Il en est résulté une misère et une oppres­sion accrues ainsi qu’une régr­ession sociale aujourd’hui évid­ente pour tous. Sans se sou­cier de leurs pro­mes­ses, les vain­queurs, n’écoutant que leur vora­cité, mena­cent encore de décl­encher un nou­veau car­nage pour s’arra­cher les uns aux autres les dépouilles du vaincu.</p>
<p style="text-align:justify;">Dès 1914, les forces de pro­duc­tion, les forces humai­nes et la culture avaient atteint le niveau néc­ess­aire pour accom­plir la révo­lution sociale. Dès lors, une grande alter­na­tive s’est présentée pour l’huma­nité et en par­ti­cu­lier pour le prolé­tariat et les clas­ses pau­vres en général : révo­lution ou guer­res conti­nuel­les, des­truc­tion de la civi­li­sa­tion, décad­ence et rechute dans la bar­ba­rie. La guerre était le signal de l’épui­sement des pos­si­bi­lités posi­ti­ves de la forme sociale capi­ta­liste ; elle aurait dû être détr­uite. Le prolé­tariat des deux camps bel­ligérants aurait dû retour­ner les armes que les capi­ta­lis­tes et les lea­ders ouvriers met­taient entre ses mains pour « vain­cre l’ennemi », contre ces mêmes capi­ta­lis­tes et lea­ders ouvriers.</p>
<p style="text-align:justify;">Trente ans d’oppres­sion et de souf­fran­ces inouïes auraient été ainsi épargnés au monde, trente ans de crimes comme on en n’avait jamais vu jusqu’ici. Il s’agis­sait de détr­uire cette société d’exploi­ta­tion sans égard pour les patries qu’elle avait pro­dui­tes et non pas de détr­uire l’Allemagne au profit de l’Angleterre et de la France, ou ces deux [pays] au profit de l’Allemagne. Mais les lea­ders ouvriers, fai­sant corps avec les exploi­teurs, réus­sirent à impo­ser la guerre pour la des­truc­tion d’un groupe de nations au profit d’un autre. Au dilemme posé par l’évo­lution humaine dont la solu­tion posi­tive com­man­dait la fra­ter­ni­sa­tion des peu­ples dans la révo­lution sociale, fut sub­sti­tué un dilemme faux et réacti­onn­aire : triom­phe du capi­ta­lisme alle­mand ou triom­phe du capi­ta­lisme français ou anglais qui, en fin de compte, fut sim­ple­ment le triom­phe du capi­ta­lisme amé­ricain. Rejeté vio­lem­ment, loin de son but, au moment où il allait l’attein­dre, faussé dans son essence et son acti­vité quo­ti­dienne, le mou­ve­ment ouvrier subit un très grave recul idéo­lo­gique et une immense déf­aite, puisqu’il s’était mis hon­teu­se­ment au ser­vice du capi­ta­lisme, le jour même où il aurait dû le détr­uire.</p>
<p style="text-align:justify;">Grâce à l’action fon­ciè­rement inter­na­tio­na­liste, anti­pa­trio­ti­que, déf­ait­iste révo­luti­onn­aire des bol­che­viks, le triom­phe de la révo­lution russe rétablit les termes exacts du dilemme his­to­ri­que présenté à l’huma­nité, en appe­lant les peu­ples à s’empa­rer de l’éco­nomie et du pou­voir poli­ti­que, à ané­antir l’Etat capi­ta­liste et à retour­ner leurs armes contre leur propre gou­ver­ne­ment. Certes, la tra­hi­son des lea­ders de l’Internationale socia­liste n’aurait eu qu’une portée très limitée si la révo­lution russe n’avait pas, elle-même, été trahie quel­ques années après sa vic­toire. Ainsi, bien avant l’écla­tement de la seconde guerre impér­ial­iste, la Troisième Internationale et le gou­ver­ne­ment du Kremlin avaient renié, beau­coup plus com­plè­tement et beau­coup plus per­fi­de­ment qu’en 1914, la Deuxième Internationale, le grand dilemme his­to­ri­que, trahi le prolé­tariat et contri­bué eux-mêmes de toutes leurs forces à pous­ser la société à la décad­ence à tra­vers les guer­res, la surex­ploi­ta­tion et le tota­li­ta­risme bureau­cra­ti­que et poli­cier. C’est là le far­deau acca­blant qui pèse sur le prolé­tariat mon­dial, le rend scep­ti­que, para­lyse son action révo­luti­onn­aire et en fait, par le tru­che­ment des lea­ders « com­mu­nis­tes » et réf­orm­istes, une vic­time du capi­ta­lisme.</p>
<p style="text-align:justify;">Si la pre­mière guerre impér­ial­iste avait déjà montré aux exploités du monde – à ceux des pays bel­ligérants en par­ti­cu­lier – le besoin urgent d’en finir avec le capi­ta­lisme et ses car­na­ges pér­io­diques, la seconde guerre leur a montré de nou­veau le même besoin mais dans des termes infi­ni­ment plus pére­mpt­oires et d’une manière beau­coup plus urgente. Le triom­phe des Nations unies, comme celui de l’Axe, ne pou­vait qu’appro­fon­dir la crise de déc­om­po­sition et de décad­ence, aggra­ver la situa­tion du prolé­tariat et des clas­ses pau­vres en général, saper leur confiance et leur com­ba­ti­vité, vicier leur pensée par le mép­ri­sable poison natio­na­liste et pro­lon­ger la vie du capi­ta­lisme, depuis long­temps périmé. C’est sur­tout à cause des partis dits com­mu­nis­tes, liés à Moscou, qu’une telle ten­dance a été adoptée ou plutôt imposée aux masses. En reniant l’inter­na­tio­na­lisme prolé­tarien et en accep­tant la guerre impér­ial­iste, d’abord à côté de Hitler/Staline, puis à côté de Roosevelt/Staline/Churchill, le sta­li­nisme ne fai­sait qu’obéir aux intérêts réacti­onn­aires du gou­ver­ne­ment de Moscou, son maître et subor­neur, mais il infli­geait au prolé­tariat une déf­aite plus grave que l’écra­sement d’une insur­rec­tion par les armes capi­ta­lis­tes, qu’il parlât et agit en faveur du fas­cisme contre les plou­to­cra­ties impér­ial­istes ou en faveur de celles-ci contre le fas­cisme, il res­tait dans le camp des forces de décad­ence, dont l’intérêt vital exi­geait que le prolé­tariat fût pri­son­nier du dilemme faux et réacti­onn­aire (vic­toire d’un groupe de nations capi­ta­lis­tes sur un autre) pour l’empêcher de poser son propre dilemme : révo­lution sociale et fra­ter­nité prolé­tari­enne ou guerre impér­ial­iste et bar­barie. Allié à Berlin ou Washington, Moscou ne chan­geait pas de camp par rap­port aux intérêts du prolé­tariat qui sont les intérêts his­to­ri­ques de toute l’huma­nité. Ce fut la preuve la plus concluante que le Kremlin ne représ­entait pas la révo­lution russe de 1917, mais bien ses des­truc­teurs.</p>
<p style="text-align:justify;">En effet, aucune poli­ti­que révo­luti­onn­aire n’est pos­si­ble aujourd’hui, et le prolé­tariat sera inca­pa­ble de sortir de l’escla­vage, si l’on ne com­prend pas que l’actuel gou­ver­ne­ment de Moscou et tous ses partis dans le monde représ­entent, non la révo­lution mais la contre-révo­lution russe. Dans les vieux pays capi­ta­lis­tes, l’Etat, sa police, ses lois et ses tri­bu­naux concen­trent et représ­entent par de mul­ti­ples voies les intérêts de tous les capi­ta­lis­tes indi­vi­duels qui exploi­tent le prolé­tariat ; dans la Russie de Staline, l’Etat est pres­que l’unique capi­ta­liste et exploi­teur. Ainsi se trou­vent concen­trés dans ses mains la pro­priété et l’exploi­ta­tion de type capi­ta­liste, la police, la lég­is­lation et les tri­bu­naux qui sou­tien­nent les deux pre­mières. Jamais dans l’his­toire, depuis les der­niers stades de la décad­ence romaine, on n’a vu une si mons­trueuse concen­tra­tion de pou­voir. C’est cela qui a donné au régime du Kremlin son caractère si com­plè­tement tota­li­taire.</p>
<p style="text-align:justify;">Les pers­pec­ti­ves géné­rales de Marx et Engels par­taient de la cons­ta­ta­tion que les sociétés, quel­les qu’elles soient, nais­sent, se dével­oppent, dégénèrent et dis­pa­rais­sent pour lais­ser la place à une société nou­velle qui, à son tour, subit le même sort. Leur cri­ti­que se situe à l’époque où le capi­ta­lisme va attein­dre son apogée et les empêche de dis­cer­ner net­te­ment les caractères spé­ci­fiques du capi­ta­lisme pour­ris­sant. Ils n’avaient pas envi­sagé qu’il attein­drait ce stade. Le dével­op­pement considé­rable du mou­ve­ment ouvrier dans les der­nières années de leur exis­tence per­met­tait d’ailleurs d’espérer que le parti révo­luti­onn­aire du prolé­tariat détr­uirait la société capi­ta­liste au moment où celle-ci ces­se­rait d’avoir une valeur posi­tive, même rela­tive, pour l’ensem­ble de l’huma­nité. Il convient de noter ici que Marx et Engels considéraient la révo­lution socia­liste comme iné­vi­table, oubliant ainsi l’autre terme de l’alter­na­tive : la décad­ence. Ce n’est pas leur faute cepen­dant si le parti révo­luti­onn­aire est passé à l’ennemi avec armes et baga­ges pour deve­nir le prin­ci­pal obs­ta­cle à l’éman­ci­pation des tra­vailleurs et faci­li­ter ainsi la décad­ence de la société. De là vient la défici­ence de leurs pers­pec­ti­ves géné­rales. En effet, l’opti­misme de leurs pré­visions s’étant trouvé en défaut à cause des hommes, du fac­teur sub­jec­tif, les pers­pec­ti­ves tou­chant à l’évo­lution du capi­ta­lisme vers la dégén­ére­scence acqui­rent de ce fait un caractère som­maire puis­que ces pré­visions leur parais­saient super­flues, le parti révo­luti­onn­aire du prolé­tariat devant éviter la décad­ence en détr­uisant la société capi­ta­liste. Par ailleurs, on doit conve­nir que les caractères de dégén­ére­scence du capi­ta­lisme étant à peine sen­si­bles à leur époque, il leur était dif­fi­cile de dén­oncer l’évo­lution future de la société en l’absence d’une révo­lution sociale triom­phante.</p>
<p style="text-align:justify;">Les pers­pec­ti­ves éco­no­miques de Marx se sont confirmées dans leurs gran­des lignes, encore que, dans ce dével­op­pement, cer­tains traits nou­veaux soient appa­rus qui cons­ti­tuent le contenu même de la décad­ence.</p>
<p style="text-align:justify;">Le phénomène de concen­tra­tion du capi­tal a amené, par exem­ple des trans­for­ma­tions dans les formes de la pro­priété et de la concur­rence. Au pre­mier stade du capi­ta­lisme moderne, le stade du libé­ral­isme éco­no­mique, la pro­priété était stric­te­ment indi­vi­duelle et n’expri­mait que le capi­tal investi dans l’entre­prise. La concur­rence était le fait de la lutte entre les capi­ta­lis­tes indi­vi­duels sur un marché res­treint qui attei­gnait rare­ment l’éch­elle natio­nale. Mais la néc­essité, engen­drée par le dével­op­pement du machi­nisme, d’inves­tir des capi­taux de plus en plus considé­rables a amené l’asso­cia­tion du capi­ta­lisme indi­vi­duel puis, à la fin de ce stade, la société ano­nyme, où d’immen­ses capi­taux pro­ve­nant d’une mul­ti­tude de petits capi­ta­lis­tes sont gérés par un tout petit nombre d’hommes, sans que ces petits capi­ta­lis­tes puis­sent inter­ve­nir dans la ges­tion de leurs fonds.</p>
<p style="text-align:justify;">Au second stade, celui de l’impér­ial­isme, la pro­priété ne cesse pas d’être privée, mais les sociétés ano­ny­mes se grou­pent en trusts et en car­tels qui règ­lem­entent les prix, tout en se livrant entre eux une guerre acharnée pour la conquête de mar­chés de plus en plus vastes. Si, au stade pré­cédent, l’Etat cons­ti­tue un fac­teur d’équi­libre rela­tif entre les capi­ta­lis­tes, à l’époque de l’impér­ial­isme il devient l’agent d’exé­cution directe des grou­pes capi­ta­lis­tes les plus puis­sants qui se com­bat­tent pour en obte­nir le contrôle exclu­sif à leur seul béné­fice.</p>
<p>L’auto­ma­tisme de ce pro­ces­sus se pour­sui­vant, on arrive au troi­sième stade – capi­ta­lisme d’Etat – où la pro­priété, deve­nue impuis­sante à conser­ver son caractère capi­ta­liste par ses pro­pres moyens, se met à l’abri de l’Etat, s’efface devant lui, se fond en lui. La pro­priété devient indi­vise entre les mem­bres de la classe ou de la caste qui détient le pou­voir poli­ti­que, si bien qu’elle cesse, en Russie, par exem­ple, d’être fonc­tion du capi­tal investi ini­tia­le­ment par les capi­ta­lis­tes indi­vi­duels, ceux-ci étant pres­que entiè­rement dis­pa­rus [ayant pres­que entiè­rement dis­paru]. Leur rôle se limite dés­ormais, dans les autres pays où les moyens de pro­duc­tion ont été plus ou moins natio­na­lisés, à empo­cher une part du profit, l’autre part étant absorbée par les bureau­cra­tes de l’appa­reil d’Etat et de l’appa­reil éco­no­mique. En somme, la concen­tra­tion qui s’est opérée sur le plan éco­no­mique conduit auto­ma­ti­que­ment le capi­ta­lisme à concen­trer ses forces poli­ti­ques et éco­no­miques dans les mêmes mains, dans le seul but de mieux rés­ister aux assauts des masses.</p>
<p>L’abais­se­ment du niveau de vie des masses labo­rieu­ses, cons­tant depuis la pre­mière guerre impér­ial­iste mon­diale, n’a pour ainsi dire pas été prévu par Marx et Engels, car il rés­ulte de l’évo­lution rét­rog­rade du capi­ta­lisme à notre époque. Cet abais­se­ment du niveau de vie se mani­feste de plu­sieurs manières : d’abord par la création, entre les deux guer­res, d’immen­ses armées de chômeurs en Allemagne, en Angleterre et aux Etats-Unis, par exem­ple, puis par une dimi­nu­tion abso­lue du niveau de vie de l’ensem­ble du prolé­tariat, par­ti­cu­liè­rement sen­si­ble en France où il s’est abaissé en moyenne de 50%. Enfin le niveau de vie des tra­vailleurs des pays impér­ial­istes s’est encore abaissé à cause du mono­pole de la tech­ni­que par la classe domi­nante qui, par le tra­vail à la chaîne mené à un rythme hale­tant, conduit à une régr­ession cultu­relle ini­ma­gi­na­ble et à un épui­sement rapide des tra­vailleurs.</p>
<p style="text-align:justify;">En URSS et dans les pays du « glacis », le tra­vail forcé tend à deve­nir une forme d’exploi­ta­tion nor­male qui permet encore d’abais­ser considé­rab­lement le niveau de vie des tra­vailleurs qui y éch­appent, l’inter­dic­tion de la grève leur reti­rant toutes pos­si­bi­lités d’action en vue de l’amél­io­ration de leur situa­tion.</p>
<p style="text-align:justify;">Enfin, le phénomène qui est peut-être le plus nota­ble de notre époque est sans doute la faveur dont jouit la pay­san­ne­rie chez les cou­ches domi­nan­tes des démoc­raties bour­geoi­ses d’Europe occi­den­tale aussi bien que des « démoc­raties popu­lai­res » d’Europe orien­tale. Ce sont les seules cou­ches socia­les – hormis les clas­ses diri­gean­tes y com­pris, à l’Est, les bureau­cra­ties syn­di­ca­les et poli­ti­ques sta­li­nien­nes et réf­orm­istes – qui aient prospéré depuis une dizaine d’années aux dépens du prolé­tariat et des clas­ses moyen­nes urbai­nes évid­emment. La raison en est simple : une couche de pay­sans satis­faits ne sera pas tentée de se lier au prolé­tariat pour réa­liser la révo­lution socia­liste et cons­ti­tue ainsi un obs­ta­cle sup­plém­ent­aire d’une effi­ca­cité cer­taine contre celle-ci.</p>
<p style="text-align:justify;">Les pers­pec­ti­ves poli­ti­ques du marxisme, rela­ti­ve­ment au rôle du prolé­tariat, ne se sont pas réalisées parce que la possibi­lité d’une décad­ence du capi­ta­lisme a été rejetée et parce que le rôle du fac­teur sub­jec­tif a été considé­rab­lement sous-estimé par le marxisme ou plus exac­te­ment n’a pas été suf­fi­sam­ment indi­qué.</p>
<p style="text-align:justify;">La crise de la société actuelle est la crise révo­luti­onn­aire la plus impor­tante et la plus déci­sive de toute l’his­toire de l’huma­nité. Jusqu’à présent, l’évo­lution sociale et les révo­lutions qui l’ont confirmée et développée don­naient tou­jours lieu à l’élé­vation au pou­voir d’une nou­velle classe domi­nante. Mais l’évo­lution, les révo­lutions, les décad­ences et les renais­san­ces antéri­eures ont pro­duit tous les éléments matériels et humains néc­ess­aires pour en finir avec toute exploi­ta­tion d’une classe par une autre et per­met­tre à l’homme de faire face, sans divi­sions socia­les, au monde extérieur, à la nature et de les mettre à son ser­vice. L’ins­tru­ment de ce bou­le­ver­se­ment social, c’est le prolé­tariat, la classe des tra­vailleurs qui ne peut s’éman­ciper par l’oppres­sion d’une autre classe, mais uni­que­ment en libérant toute l’huma­nité. Il y a un siècle que le prolé­tariat a com­mencé son héroïque lutte révo­luti­onn­aire mais, depuis ce moment, il a été tou­jours trahi par les orga­ni­sa­tions qui l’avaient appelé à la lutte pour la révo­lution. La Première Internationale ne fit qu’indi­quer la route avant sa dis­so­lu­tion ; la Deuxième Internationale bondit brus­que­ment, en 1914, dans le camp du capi­ta­lisme après une longue pér­iode d’adap­ta­tion bureau­cra­ti­que et par­le­men­taire ; la Troisième Internationale, qui représ­enta vrai­ment la révo­lution mon­diale pen­dant quel­ques années, se trans­forma rapi­de­ment en ins­tru­ment extérieur de la contre-révo­lution russe et sa tra­hi­son a été, pour cette raison même, infi­ni­ment plus grave que toutes les pré­céd­entes. Mais la tra­hi­son de ces orga­ni­sa­tions, prin­ci­pa­le­ment de celles dites com­mu­nis­tes qui pen­dant long­temps ont usurpé le pres­tige de la révo­lution russe, n’était pas seu­le­ment une dés­ertion en pleine bataille, elle signi­fiait que toute la force orga­ni­que et idéo­lo­gique de ces orga­ni­sa­tions pas­sait au ser­vice de la contre-révo­lution mon­diale, indép­end­amment des riva­lités impér­ial­istes. À partir de là, ces orga­ni­sa­tions, de fac­teur révo­luti­onn­aire, se trans­for­maient en fac­teur conser­va­teur, elles deve­naient des auxi­liai­res de la police, des tri­bu­naux et de l’Etat en général. Ainsi, le prolé­tariat se trouve enré­gimenté dans des orga­ni­sa­tions « com­mu­nis­tes », « socia­lis­tes » et syn­di­ca­les dont le but ultime est d’aider la police, l’armée, les tri­bu­naux, l’Etat à rendre impos­si­ble la révo­lution prolé­tari­enne. Voilà tout ce qui empêche le prolé­tariat de se rév­olter et permet au capi­ta­lisme de traîner une exis­tence décad­ente.</p>
<p style="text-align:justify;">Le capi­ta­lisme n’offre aujourd’hui à la société qu’un avenir de plus en plus sombre, un avenir de guer­res, un régime poli­cier et bureau­cra­ti­que dirigé par des fas­cis­tes, des sta­li­niens ou les deux coa­lisés, une dég­ra­dation conti­nuelle du niveau de vie et de culture, un escla­vage accen­tué d’abru­tis­sant tra­vail à la chaîne et de camps de tra­vail forcé, la des­truc­tion de la culture et des connais­san­ces tech­ni­ques au moyen de la tech­ni­que même (bombe ato­mi­que), le rejet de l’huma­nité dans une nou­velle bar­ba­rie. Il n’a plus le droit à l’exis­tence. Toutes les énergies du prolé­tariat et des clas­ses exploitées en général doi­vent tendre à un seul but : sa des­truc­tion.</p>
<p style="text-align:justify;">Ce serait, en réalité, une tâche rela­ti­ve­ment aisée si le prolé­tariat n’avait à vain­cre que les capi­ta­lis­tes indi­vi­duels et les forces armées de leur Etat. Classe contre classe, révo­lution contre réaction, la vic­toire appar­tien­drait sans conteste et rapi­de­ment au prolé­tariat tant la bour­geoi­sie est dégénérée et, psy­cho­lo­gi­que­ment, se sait vain­cue d’avance. Mais les forces d’ordre et de contre-révo­lution ont trouvé de nou­veaux foyers d’irra­dia­tion et pui­sent de nou­vel­les énergies dans les orga­ni­sa­tions autre­fois ouvrières. Les anciens partis « socia­lis­tes » ne sont plus, comme Blum l’a dit, que les « gérants loyaux des affai­res capi­ta­lis­tes » et les partis dits com­mu­nis­tes (en réalité les plus anti­com­mu­nis­tes qui soient) ne sont que les représ­entants et gérants loyaux de la contre-révo­lution russe, comme ils l’ont prouvé en main­tes occa­sions et avoué dans des cen­tai­nes de déc­la­rations. Lié à la démoc­ratie bour­geoise, le réf­orm­isme socia­liste dégénère avec elle ; lié à la contre-révo­lution russe, le sta­li­nisme se cor­rompt avec elle et vivra, ou périra, avec elle. Mais la caractér­is­tique de la contre-révo­lution russe est la concen­tra­tion et l’exa­cer­ba­tion de la vieille exploi­ta­tion capi­ta­liste dans les mains de l’Etat, ce qui pro­duit une concen­tra­tion de la vio­lence, des mét­hodes poli­cières et bureau­cra­ti­ques du tota­li­ta­risme, que le capi­ta­lisme tra­di­tion­nel n’a jamais atteint même avec Mussolini, Hitler ou Franco. En effet, le régime exis­tant en Russie concen­tre dans ses mains la pro­priété des moyens de pro­duc­tion, par conséquent l’exploi­ta­tion et la vio­lence judi­ciaire et poli­cière qui sau­ve­gar­dent les deux pre­mières, à un degré que l’his­toire n’a jamais connu, même dans la décad­ence de l’ancienne Egypte et de la Rome impér­iale. La pro­priété privée des moyens de pro­duc­tion, signe du vieux capi­ta­lisme, a donné lieu en Russie, sous l’égide de la contre-révo­lution sta­li­nienne, à la pro­priété capi­ta­liste de l’Etat, ce qui fait passer tout le pou­voir et la plus grande partie des béné­fices de l’exploi­ta­tion dans les mains des bureau­cra­tes sta­li­niens. Dans les pays de l’Europe occi­den­tale, par­ti­cu­liè­rement en France, ce sont les partis sta­li­niens et leurs bureau­cra­tes syn­di­caux (CGT) qui ont la main­mise sur la classe ouvrière et s’impo­sent à elle par tous les moyens, depuis la déma­gogie hypo­crite au nom du socia­lisme et de la révo­lution russe, jusqu’à la contrainte sous toutes ses formes dans les usines, et l’assas­si­nat des révo­luti­onn­aires. Sachant que l’évo­lution natu­relle du capi­ta­lisme (concen­tra­tion auto­ma­ti­que de la pro­priété jusqu’à la pro­priété d’Etat) favo­rise ses intérêts, le sta­li­nisme entend faire valoir la domi­na­tion de ses bureau­cra­tes sur la classe ouvrière pour s’impo­ser aux capi­ta­lis­tes indi­vi­duels comme le meilleur représ­entant du capi­ta­lisme en général, c’est-à-dire comme le meilleur déf­enseur du système qui consiste à faire tra­vailler la masse au béné­fice des pri­vilégiés, à main­te­nir la sépa­ration de l’homme des moyens de pro­duc­tion, comme le sau­veur de toutes les forces pour­ries de l’ordre en général, en face du dés­ordre et de l’ « anar­chie » des masses révoltées.</p>
<p style="text-align:justify;">Ainsi, l’ennemi véri­table du prolé­tariat et de la révo­lution sociale n’est pas cons­ti­tué prin­ci­pa­le­ment par les capi­ta­lis­tes indi­vi­duels, que le prolé­tariat pour­rait vain­cre d’une simple claque, ni par leur police, leur armée, leurs tri­bu­naux entiè­rement dis­crédités et pros­ti­tués, mais par les cadres poli­ti­ques et syn­di­caux sta­li­niens qui sub­sti­tuent à l’Etat, là où il est inca­pa­ble de rem­plir sa tâche : main­te­nir la classe ouvrière dans le scep­ti­cisme et la démo­ra­li­sation. Ils sont actuel­le­ment, à notre époque de dégén­ére­scence du capi­ta­lisme, les véri­tables représ­entants de l’Etat. Or, la tâche his­to­ri­que la plus impor­tante du prolé­tariat est de détr­uire la machine de l’Etat, sans quoi la révo­lution sociale ne sera jamais.</p>
<p style="text-align:justify;">Il s’ensuit que, sans détr­uire la puis­sance sta­li­nienne en tant que parti et bureau­cra­tie syn­di­cale (CGT) ainsi que celle de la bureau­cra­tie réf­orm­iste (CGT-FO) ou leur sosies dans d’autres pays, le prolé­tariat est voué à l’impuis­sance et à l’escla­vage, il n’y aura pas révo­lution sociale, mais décad­ence et bar­ba­rie.</p>
<p style="text-align:justify;">Le grand pro­blème de l’époque, la ter­ri­ble tragédie du prolé­tariat consis­tent précisément dans la contra­dic­tion pro­vi­soire entre la matu­rité plus que com­plète des condi­tions his­to­ri­ques, objec­ti­ves et sub­jec­ti­ves, de la révo­lution sociale et son inca­pa­cité orga­ni­que et pra­ti­que de la mettre à exé­cution. La jonc­tion entre les pos­si­bi­lités his­to­ri­ques et les faits ne peut, en conséqu­ence, être réalisée que par une orga­ni­sa­tion révo­luti­onn­aire du prolé­tariat. C’est à cette tâche, que nous, Union ouvrière inter­na­tio­na­liste, enten­dons contri­buer. Toutes les peti­tes orga­ni­sa­tions exis­tant en dehors du réf­orm­isme et du sta­li­nisme se sont révélées impuis­san­tes à ral­lier le prolé­tariat sous un dra­peau com­ba­tif, y com­pris les orga­nis­mes offi­ciels de la IV<sup>e</sup> Internationale dont nous venons de sortir. La IV<sup>e</sup> Internationale n’a pas intég­ra­lement main­tenu les tra­di­tions de l’inter­na­tio­na­lisme prolé­tarien et s’en tient encore à la déf­ense de la Russie sans voir que la contre-révo­lution y est entiè­rement accom­plie. Elle cons­ti­tue ainsi une gauche du sta­li­nisme dans tous les pays. La IV<sup>e</sup> Internationale offi­cielle ne fait de cette manière qu’annu­ler son propre poten­tiel révo­luti­onn­aire. C’est cela qui a donné nais­sance à notre mou­ve­ment, l’Union ouvrière inter­na­tio­na­liste, qui a pour but d’orga­ni­ser le prolé­tariat français, européen et mon­dial en vue de l’accom­plis­se­ment de son grand but his­to­ri­que : LA REVOLUTION SOCIALISTE.</p>
<p style="text-align:justify;"><em><span style="text-decoration:underline;">Voir aussi</span></em>:</p>
<ul>
<li><a href="http://bataillesocialiste.wordpress.com/2009/01/25/lettre-de-chaulieu-gallienne-et-munis-1948/">Lettre de Chaulieu, Gallienne et Munis</a> (02-1948)</li>
<li><a href="http://bataillesocialiste.wordpress.com/2009/04/15/textes-prealables-des-minoritaires-au-congres-de-la-iv%c2%b0-internationale-1948/">Textes préalables des minoritaires au Congrès de la IV° Internationale</a> (04-1948)</li>
<li><a href="http://bataillesocialiste.wordpress.com/documents-historiques/1952-05-a-lassassin/">A l&#8217;assassin !</a> (co-signé par l&#8217;Union ouvrière internationale, 1952)</li>
<li><a href="http://bataillesocialiste.wordpress.com/2009/10/13/avec-maximilien-rubel-combats-pour-marx-1954%e2%80%931996-une-amitie-une-lutte-ngo-van/">Avec Maximilien Rubel – Combats pour Marx 1954-1996 une amitié, une lutte </a>(Ngo Van, 1997)</li>
<li><a title="Lien Permanent vers Jaime Fernández Rodríguez (1914-1998), compagnon de lutte de G. Munis" href="http://bataillesocialiste.wordpress.com/2009/04/26/jaime-fernandez-rodriguez-1914-1998-compagnon-de-lutte-de-g-munis/" rel="bookmark">Jaime Fernández Rodríguez (1914-1998), compagnon de lutte de G. Munis</a> (E. Fernández et A. Guillamón, 2009)</li>
<li><a href="www.iisg.nl/archives/nl/files/g/10863967full.php">Sania Gontarbert Papers</a> (IISG)</li>
</ul>
<br />  <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/bataillesocialiste.wordpress.com/29192/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/bataillesocialiste.wordpress.com/29192/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/bataillesocialiste.wordpress.com/29192/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/bataillesocialiste.wordpress.com/29192/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gofacebook/bataillesocialiste.wordpress.com/29192/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/facebook/bataillesocialiste.wordpress.com/29192/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gotwitter/bataillesocialiste.wordpress.com/29192/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/twitter/bataillesocialiste.wordpress.com/29192/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/bataillesocialiste.wordpress.com/29192/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/bataillesocialiste.wordpress.com/29192/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/bataillesocialiste.wordpress.com/29192/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/bataillesocialiste.wordpress.com/29192/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/bataillesocialiste.wordpress.com/29192/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/bataillesocialiste.wordpress.com/29192/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=bataillesocialiste.wordpress.com&amp;blog=669189&amp;post=29192&amp;subd=bataillesocialiste&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
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		<title>Les Cahiers rouges (1937)</title>
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		<pubDate>Sat, 07 Jan 2012 17:10:26 +0000</pubDate>
		<dc:creator>lucien</dc:creator>
				<category><![CDATA[Documents historiques]]></category>
		<category><![CDATA[Revues]]></category>
		<category><![CDATA[SFIO]]></category>

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		<description><![CDATA[Les trois premiers numéros des Cahiers rouges, revue de la Gauche révolutionnaire, ont été numérisés par le site RADAR, qui met en ligne ses pdf page par page. N°1 (mai 1937) N° 2 (juin-juillet 1937) N°3 (août-septembre 1937)<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=bataillesocialiste.wordpress.com&amp;blog=669189&amp;post=29181&amp;subd=bataillesocialiste&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align:justify;">Les trois premiers numéros des <a href="http://bataillesocialiste.wordpress.com/revues/les-cahiers-rouges-1937-1939/"><em>Cahiers rouges</em></a>, revue de la Gauche révolutionnaire, ont été numérisés par le site RADAR, qui met en ligne ses pdf page par page.</p>
<ul>
<li><a href="http://www.association-radar.org/spip.php?article1340">N°1</a> (mai 1937)</li>
<li><a href="http://www.association-radar.org/spip.php?article1357">N° 2</a> (juin-juillet 1937)</li>
<li><a href="http://www.association-radar.org/spip.php?article1363">N°3</a> (août-septembre 1937)</li>
</ul>
<p><a href="http://bataillesocialiste.files.wordpress.com/2012/01/cr-pub.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-29182" title="cr-pub" src="http://bataillesocialiste.files.wordpress.com/2012/01/cr-pub.jpg?w=450&#038;h=339" alt="" width="450" height="339" /></a></p>
<p style="text-align:justify;">
<br />  <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/bataillesocialiste.wordpress.com/29181/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/bataillesocialiste.wordpress.com/29181/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/bataillesocialiste.wordpress.com/29181/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/bataillesocialiste.wordpress.com/29181/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gofacebook/bataillesocialiste.wordpress.com/29181/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/facebook/bataillesocialiste.wordpress.com/29181/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gotwitter/bataillesocialiste.wordpress.com/29181/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/twitter/bataillesocialiste.wordpress.com/29181/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/bataillesocialiste.wordpress.com/29181/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/bataillesocialiste.wordpress.com/29181/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/bataillesocialiste.wordpress.com/29181/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/bataillesocialiste.wordpress.com/29181/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/bataillesocialiste.wordpress.com/29181/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/bataillesocialiste.wordpress.com/29181/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=bataillesocialiste.wordpress.com&amp;blog=669189&amp;post=29181&amp;subd=bataillesocialiste&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
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		<item>
		<title>Les anarchistes et les socialistes révolutionnaires égyptien-ne-s sont attaqué-e-s !</title>
		<link>http://bataillesocialiste.wordpress.com/2011/12/30/les-anarchistes-et-les-socialistes-revolutionnaires-egyptien-ne-s-sont-attaque-e-s/</link>
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		<pubDate>Fri, 30 Dec 2011 18:46:04 +0000</pubDate>
		<dc:creator>lucien</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualité]]></category>
		<category><![CDATA[Communiqués]]></category>
		<category><![CDATA[Moyen-Orient]]></category>
		<category><![CDATA[Egypte]]></category>

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		<description><![CDATA[Cela devait avoir lieu ! Depuis plusieurs semaines, plusieurs sites internet et pages facebook qui appartiennent aux Frères Musulmans, soit de manière officielle soit administrés par ses membres, ont lancé une attaque contre les anarchistes et les socialistes révolutionnaires en Égypte, en essayant de les isoler comme incitateurs de la violence et comme propagandistes de la [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=bataillesocialiste.wordpress.com&amp;blog=669189&amp;post=29139&amp;subd=bataillesocialiste&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align:justify;">Cela devait avoir lieu ! Depuis plusieurs semaines, plusieurs sites internet et pages facebook qui appartiennent aux Frères Musulmans, soit de manière officielle soit administrés par ses membres, ont lancé une attaque contre les anarchistes et les socialistes révolutionnaires en Égypte, en essayant de les isoler comme incitateurs de la violence et comme propagandistes de la démolition de l’État. Aujourd&#8217;hui, un membre des Frères Musulmans a porté plainte contre 3 socialistes, dont l&#8217;un est le camarade Yaser Abdel Kawy, un anarchiste bien connu et un membre du Mouvement socialiste libertaire Égyptien. Le procureur a transmis la plainte au procureur de la sécurité d’État, un appareil d&#8217;exception du système légal qui ne fonctionne que sous l&#8217;état d&#8217;urgence.</p>
<p style="text-align:justify;">C&#8217;était prévisible. Bien que peu nombreux, les anarchistes en Égypte ont occupé une place plutôt importante au sein des différentes forces révolutionnaire qui ont pris part à la révolution Égyptienne du 25 janvier. Les Anarchistes sont distinctement audibles sur les sites des médias sociaux, mais de manière plus importante ils sont toujours présent au premier rang dans les rues chaque fois que les révolutionnaires prennent position face à la répression brutale de l’État.</p>
<p style="text-align:justify;">L&#8217;alliance entre les Frères musulmans et la junte militaire au pouvoir, aussi forte que difficile, a été évidente depuis le début. Les Frères musulmans étaient la seule force politique qui avait un de ses membres dans le comité législatif responsable de la préparation des modifications de la constitution de 1971, approuvées par un référendum le 19 mars. Les Frères Musulmans ont refusé de prendre part à presque toutes les manifestations contre le Conseil Supérieur des Forces Armées (CSFA) et dans bien des cas a cherché à salir ces manifestations et à attaquer ceux qui y appelaient.</p>
<p style="text-align:justify;">Les Frères musulmans ont également adopté une posture agressive contre les travailleurs dans leur lutte continue contre les patrons soutenus par la junte militaire. Ils ont toujours condamné les manifestations ouvrières, les sit-ins, les occupations, et décrit le combat des travailleurs pour leur droit comme étant contre-révolutionnaire et incités par les clients du régime de Moubarak.</p>
<p style="text-align:justify;">Prêts à une victoire écrasante à l&#8217;issue des élections en cours, de même que les islamistes salafistes plus radicaux, les frères musulmans tiennent à éliminer toute opposition future, en l&#8217;occurrence les socialistes.</p>
<p style="text-align:justify;">Il est facile de savoir pourquoi si on observe les politiques que leurs homologues ont adopté en Tunisie une fois assurés de leurs nouveaux sièges au parlements. Cela est encore plus clair lorsque l&#8217;on constate les déclarations de leurs principaux leaders (essentiellement des hommes d&#8217;affaires) dans les médias, particulièrement celles décrivant les politiques financières et économiques néolibérales du régime de Moubarak comme bonne et efficace, si elle n&#8217;était pas associée avec la corruption et le clientélisme.</p>
<p style="text-align:justify;">Nous sommes sûrs que ces nouvelles attaques du CSFA et des ses alliés islamistes ne sont rien d&#8217;autre qu&#8217;une entrée en matière. Une nouvelle phase de la révolution Égyptienne est déjà en train de prendre forme. Cette fois les vraies lignes de conflit seront claires pour tous après n&#8217;avoir été claires que pour quelques un-e-s. La révolution Égyptienne prendra son vrai visage, celui d&#8217;une guerre de classe nous opposant, nous, le prolétariat, à eux, les patrons, la junte militaire, et les conservateurs fascistes islamistes.</p>
<h4 style="text-align:right;">Mouvement socialiste libertaire – Égypte</h4>
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