Miasnikov (1889-1945)

Gavril I. Miasnikov

Ouvrier russe (mécanicien) entré au parti bolchevik en 1906, emprisonné au bagne d’Orel (1913-17), président du soviet de Perm et responsable de l’exécution du Grand-Duc Michel en 1918, membre en 1918 de la tendance « communiste de gauche » qui publie Kommunist, il est appelé à Pétrograd fin 1920 et dénonce le bureaucratisme et est un des rares bolcheviks a défendre la liberté de parole non seulement pour les communistes mais pour les autres partis. Il soutient l’Opposition ouvrière, refuse de participer à l’attaque de la garnison de Cronstadt en 1921 (“qu’est-ce que Cronstadt ? Quelques centaines de communistes nous combattent. Qu’est-ce-que ça veut dire ? Qui faut-il blâmer si les cercles dirigeants n’ont pas de langage commun non seulement avec les masses sans parti, mais avec les communistes de base ? Ils se comprennent si peu l’un l’autre qu’ils se ruent sur leurs armes“) , est exclu du parti en 1922 et fonde le “Groupe ouvrier”. Arrêté en 1923, envoyé en Arménie soviétique, il réussit à fuir à l’étranger en 1928 et travaille de 1930 à 1944 comme ouvrier en France. En 1929, il envoie  sa brochure Очередной обман à L. Trotsky en lui demandant d’en écrire la préface, celui-ci refuse.

De retour en URSS, il y est aussitôt arrêté et bientôt fusillé. Il sera réhabilité à titre posthume (en 2001 ou 2004 selon les sources).

GI Miasnikov a été le seul bolchevik qui ait insisté après 1917 pour que l’on accorde la liberté de parole à tous les partis sans exception, car il pensait que c’était le seul moyen de sauver le parti menacé par la corruption du pouvoir. Le régime soviétique, disait-il, « doit entretenir à ses frais un groupe de détracteurs, comme le faisaient autrefois les empereurs romains ». On verra plus loin la réponse de Lénine. Dans sa contre-réponse Miasnikov lui rappela que la seule raison pour laquelle lui-même pouvait encore s’exprimer librement reposait sur le fait qu’il était un vieux bolchevik et que des milliers d’ouvriers ordinaires croupissaient en prison pour avoir dit exactement les mêmes choses que lui. Exclu du parti en 1922 il forma un groupe oppositionnel dit “Groupe ouvrier” qui a été liquidé en septembre 1923. Depuis lors le problème de la liberté de la presse et de la « concurrence pacifique des partis » a complètement disparu de l’horizon marxiste- léniniste.

Kostas Papaïoannou (Marx et les marxistes, 1972)

TEXTES:

Voir aussi:

Le groupe de bolcheviks ayant exécuté le grand-duc Romanov. De gauche à droite: AV Markov, Ivan Kolpashchikov, Gavril Miasnikov, VA Ivanchenko et NV Zhuzhgov.

Extrait du Bulletin communiste (1923)

3 Réponses à “Miasnikov (1889-1945)”

  1. Le « Groupe ouvrier » russe « La Bataille socialiste dit :

    [...] les partisans de ce groupe étaient appelés les « Miasnikoviens », du nom de leur leader, Miasnikov, ouvrier bolchevik [...]

  2. Dautry, Prudhommeaux et “l’ Ouvrier communiste” « La Bataille socialiste dit :

    [...] [3]. Ils avaient pris la défense des “communistes ouvriers” de Russie, notamment de Miasnikov, et même de Ghezzi, anarchiste italien émigré en U.R.S.S. et emprisonné. Trotsky n’était [...]

  3. Le X° Congrès du Parti bolchevik en 1921 « La Bataille socialiste dit :

    [...] était que certains de ses membres (et surtout dans sa périphérie, des hommes comme Miasnikov et Bogdanov) commençaient à poser des questions trop gênantes. De manière maladroite et encore [...]

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