Une vingtaine de salariés intérimaires sans-papiers occupent une agence d’intérim Manpower dans le 12e arrondissement de Paris pour exiger leur régularisation.
Une agence Manpower à Paris
Une vingtaine de salariés intérimaires sans-papiers, soutenus par la CGT, occupaient vendredi 19 septembre, une agence d’intérim Manpower à Paris pour exiger leur régularisation, selon le syndicat.
L’occupation, qui a débuté jeudi 2 rue Parrot, vise également à interpeller la fédération patronale de l’intérim, le Prisme, qui, selon un communiqué CGT, “doit intervenir fermement auprès des pouvoirs publics et des donneurs d’ordre, afin que ces salariés obtiennent des garanties de régularisation par les préfectures”.
“Depuis des mois, les Préfectures, sur ordre du ministère, bloquent les demandes de régularisations de tous les intérimaires”, déplore la CGT.
“Enormément” de sans-papiers
Depuis le début du mouvement inédit de grèves coordonnées dans des entreprises d’Ile-de-France le 15 avril, 950 salariés sans-papiers grévistes ont été régularisés sur 1.700 dossiers déposés, mais seulement neuf intérimaires.
Or, selon la CGT, “toutes les enseignes de travail temporaire, que ce soit Vediorbis, Adecco, Manpower, Adia, Man BTP, Perfect Interim, Capi, etc, font travailler ces salariés dans des entreprises clientes de toutes branches, demandeurs de cette main-d’oeuvre qualifiée”.
Le 24 juin, le secteur de l’intérim avait pour la première fois reconnu avoir employé “énormément” de sans-papiers, jugeant la situation assainie, ce que la CGT conteste.
Depuis le 1er juillet 2007, les employeurs sont tenus de vérifier en préfecture la légalité des titres de séjours de leurs salariés.
Notre camarade Yves Coleman a interviewé 5 militants du Réseau Éducation Sans Frontières (RESF) en juillet-août à la demande de nos camarades luxemburgistes. Ces entretiens ont été mis en ligne sur le site de la revue Ni Patrie ni frontières.
"C’est plus difficile à tous points de vue car cela n’arrête pas. Quant à la « directive de la honte », elle étend la possibilité d’un délai de rétention à 18 mois. D’ailleurs, on se demande comment ce délai peut être mis en œuvre. Comment peut-on garder des gens pendant 18 mois dans des lieux fermés, en rétention, avec leurs enfants ?
(…) La peur fait partie intégrante de la vie des sans-papiers depuis très longtemps et maintenant, c’est tout le temps et partout. Les gens ont peur en partant au boulot, ils ont peur quand ils reviennent, ils ont peur quand un des parents est en retard. Comme m’a dit une gamine : « Est-ce normal d’avoir peur quand on va à l’école ? » Cette peur ne touche pas seulement ceux qui sont directement menacés. Elle s’étend à tous ceux qui vivent autour d’eux, avec eux, les enfants à l’école quand le copain ou la copine n’est plus là, les voisins qui s’inquiètent, etc. Il y a quelque chose d’extrêmement malsain qui se propage. Cette peur peut être meurtrière. L’été dernier, en 2007, il y a eu 5 ou 6 défenestrations en France de sans-papiers qui avaient peur. Je pense à Ivan, à Amiens, qui a suivi son père, a enjambé un balcon, est tombé et est resté l’hôpital pendant des mois et des mois, et dont la chute aura sans doute des conséquences très importantes pour sa santé. Je pense à Shunlan, cette Chinoise de 51 ans à Belleville. Les flics sont arrivés à l’hôtel où elle habitait, ils ne venaient pas pour elle, mais elle a pris peur, elle a sauté par la fenêtre et elle est morte. Je pense à Babara Traoré qui s’est trouvé face à un contrôle au RER de Joinville, qui s’est sauvé, a sauté dans la Marne et est mort d’un arrêt cardiaque. Je pense à Johnny, 19 ans, qui a reçu la lettre de la Cour nationale d’appel l’informant que son dernier recours était refusé et qui s’est pendu chez lui, dans le département des Hauts-de-Seine."
En France les immigrés sans-papiers vivent dans la peur constante d’être expulsés parce qu’ils n’ont pas le bon document.
Le photographe français, Fabien Breuvart, a réunit une série de portraits de de «sans-papiers" anonymes, posant avec de sympathiques citoyens français affichant leurs cartes d’identité, dans un puissant témoignage de solidarité.
Ce qui fait la différence entre les deux personnes photographiées, c’est seulement ce morceau de papier.
Vous pouvez voir davantage de photos et l’information dans le Guardian, ici.
Les Pays-Bas sont un petit pays rarement mentionné dans les médias et auquel les libertaires et d’extrême gauche s’intéressent généralement peu, si l’on excepte l’infime minorité de ceux qui connaissent et apprécient le «communisme de conseils», et son principal théoricien, Anton Pannekoek.
La «paix sociale» y est rarement troublée par des grèves, ou des luttes, «exemplaires» susceptibles d’enflammer l’imagination des militants.
Pourtant, beaucoup de questions politiques débattues en France – de la «flexsécurité» à «l’identité nationale» en passant par le «multiculturalisme», les séquelles du colonialisme, l’immigration ou la place de la religion dans la société – y sont l’objet de vifs débats… et aussi de mesures réactionnaires que la droite française rêve d’imposer dans l’Hexagone.
Contrairement à l’image d’Epinal que l’on a souvent de ce pays en France, la société néerlandaise est en train de devenir de plus en plus raciste et intolérante, grâce aux politiques publiques et aux campagnes politiques menées par les différentes tendances de la droite et de l’extrême droite, au nom de la défense des valeurs et traditions et de la culture néerlandaises.
Les textes que nous présentons dans ce recueil ont, pour environ la moitié d’entre eux, déjà été traduits et publiés dans la revue Ni patrie ni frontières au cours des six dernières années. Nous y avons ajouté une longue interview réalisée avec quatre membres de ce groupe, ainsi que plusieurs textes sur l’écologie réactionnaire, le mouvement altermondialiste, les conséquences de la guerre des Pays-Bas contre l’Indonésie en 1946-49, les thèmes d’agitation de la droite populiste, les politiques discriminatoires contre les jeunes Antillais, les principes politiques de De Fabel, textes que nous n’avions pas encore présentés à nos lecteurs (en tout 160 pages de traductions nouvelles). De Fabel van de illegaal (La Fable de l’illégalité) est un groupe atypique, par ses origines, comme par ses activités et son journal.
En effet, il ne s’agit pas d’une organisation constituée autour d’une idéologie fermée, comme c’est si souvent le cas en France ou dans d’autres pays. Même s’ils se considèrent, grosso modo, comme des communistes libertaires, ses membres ne tiennent pas à s’inscrire dans une filiation idéologique précise, fermée à toute influence «extérieure». On ne trouvera donc ici aucune allusion à Bakounine, Archinov, Malatesta, ou même Anton Pannekoek, leur compatriote.
Leur journal bimestriel s’intéresse à trois questions principales: le racisme et l’antisémitisme aux Pays-Bas, l’extrême droite, et les luttes des sans-papiers.
Presque tous les articles tournent autour de ces trois axes d’intervention, ou de thèmes très proches, dans une perspective militante bien sûr, mais aussi dans le cadre d’une réflexion théorique sur toutes les questions posées par les politiques migratoires et démographiques: nationalisme, place des «cultures» et des traditions, multiculturalisme, liberté de conscience, fonction des religions, répression étatique, oppression des femmes, rôle de la famille, etc.
Il faut souligner aussi une autre originalité de De Fabel van de illegaal: sa façon de préparer ses campagnes politiques, seul ou avec d’autres. Dans la plupart des pays, les groupes d’extrême gauche ou libertaires ont généralement une attitude purement réactive: ils réagissent à une mesure gouvernementale, à l’invasion d’un pays étranger, à une décision d’un organisme international ou d’une multinationale. Comme leur propagande est improvisée en fonction de thèmes d’actualité sans cesse changeants, son contenu est soit pauvre (parce qu’ils ne savent pas répondre aux arguments concrets de l’adversaire de classe), soit trop général (les arguments avancés sont valables à toutes les époques et en toute circonstance). Ou alors, pour remédier à ce manque de connaissances, les militants sont obligés de faire confiance à des «spécialistes», universitaires ou intellectuels professionnels, sans avoir une distance critique suffisante vis-à-vis du sous-bassement politique des idées de ces «spécialistes» et sans se livrer à un travail de réflexion autonome et collectif au sein de ces groupes révolutionnaires.
Pour sa part, De Fabel fonctionne de façon totalement différente et originale: quand le groupe décide de mener une campagne politique sur un thème (et, comme on l’a vu, ces thèmes sont volontairement limités, De Fabel ne veut pas disperser son énergie entre vingt causes différentes et sans lien entre elles), ses membres commencent par bien étudier les arguments de l’adversaire (Etat, partis politiques, patrons, institutions internationales) pour à la fois pouvoir répondre aux réactionnaires ou aux réformistes, mais aussi pour trouver des arguments simples et faciles à comprendre qu’ils puissent employer à la fois dans leur journal, leurs tracts et dans les discussions individuelles, les meetings, les manifestations, etc.
Les textes de ce volume ont tous été traduits du néerlandais en anglais par De Fabel van de illegaal, puis de l’anglais en français par nos soins. En cas de doute, nous avons consulté les auteurs afin d’éviter tout contresens.
Ni patrie ni frontières
Sommaire
Les bases politiques de De Fabel van de illegaal
De Fabel lutte contre le racisme et l’exclusion sociale 4
Soutien individuel et soutien collectif aux sans-papiers (2002) 7
Théorie et pratique (2003) 12
Combattre aux côtés des migrants et des réfugiés (2004) 17
Coopérer avec l’extrême gauche et les progressistes (2004) 21
Nos racines idéologiques (2004) 25
Introduction à l’interview 28
«Participer à la lutte historique pour un monde meilleur» (2005) 29
Immigrés et sans-papiers aux Pays-Bas
Les jeunes Antillais pauvres sont une cible (2001) 45
Les witte illegalen à la croisée des chemins (printemps 2002) 51
Nationalisme arabe et travailleurs migrants (2003)
Votez SP, votez pour des expulsions civilisées (2003) 62
Les ONG aident le gouvernement à expulser les réfugiés (2003) 66
Réponse révolutionnaire au contrôle de l’immigration (2004) 71
Décideurs, écologistes et droits des migrants (2004) 76
Centres d’expulsion et centres de départ (2004) 82
Pour la liberté totale des migrations! Contre l’OIM (2004) 86
Du multiculturalisme à l’intégration forcée (2005) 90
Syndicats et travailleurs clandestins (2005)
Halte à l’intégration forcée (2006)! 102
Comme il vous plaira (2006) 104
Les migrants d’Europe de l’Est, (2007) 108
Antisémitisme et antisionisme
Entre antisionisme et antisémitisme (2000) 120
La plus grande manifestation antisémite depuis 1945 (2002) 126
Comment éviter quelques pièges antisémites (2002) 130
L’antisémitisme sur Indymedia (2002) 135
Le sionisme est-il l’ennemi du mouvement altermondialiste? 139
Cheikh Yassin: un «héros» et un «exemple»? (2004) 145
Un rassemblement a lieu à Paris aujourd’hui mercredi 16 avril devant le ministère du Travail (métro Varenne) à 17 heures.
Article publié par la CGT aujourd’hui:
A Paris, plus de 200 travailleurs en grève pour les régularisations
Le 13 février 2008, les cuisiniers "sans-papiers" du restaurant « La Grande Armée » se mettaient en grève pour exiger leur régularisation. Six jours après, en référence à la circulaire gouvernementale du 7 janvier 2008, sept, d’entre eux étaient régularisés.
Deux mois plus tard, le 15 avril 2008, plus de 200 travailleurs sans-papiers entament une nouvelle grève sur leurs lieux de travail, en ayant en tête la régularisation des dizaines de milliers d’autres "sans-papiers" vivant et travaillant en France.
Depuis des décennies, les travailleurs "sans-papiers" occupent les emplois dans les 150 métiers dits « en tension » (restauration, BTP, nettoyage, jardinage, aide à la personne…), là, où, en comptant avec eux, le gouvernement reconnaît qu’il y a officiellement un manque de main-d’œuvre.
Dans le même temps, ce même gouvernement veut les empêcher de travailler en leur interdisant les emplois inclus dans la liste des 150 métiers….
La grande majorité d’entre eux a des feuilles de paye, déclare ses impôts et verse aux caisses d’assurance maladie, retraite, ASSEDIC…, des cotisations, sans pouvoir prétendre en retour en avoir le bénéfice.
Travaillant ici aux conditions des pays où la main d’œuvre est sous-payée, ce sont les délocalisés des branches non-délocalisables. Pour que les groupes dégagent de plus en plus de profits, ils sous-traitent en cascade. Du coup, pour que les troisièmes, voire septièmes sous-traitants récupèrent un bout de profit (qu’aura bien voulu lâcher le premier sous-traitant), on trouve en bout de chaîne des travailleurs sans droits et des travailleurs sans papiers.
L’union régionale CGT d’Ile-de-France appelle à cesser "l’hypocrisie et mettre un terme à cet esclavage moderne qu’imposent les patrons à ces travailleurs.
Le gouvernement et le patronat doivent prendre leurs responsabilités.
Les travailleurs "sans papiers" doivent être régularisés ! Travailler dur pour nourrir sa famille, y compris quand elle est restée au pays, n’est pas un délit. Expulser le travailleur "sans papier" et priver ainsi sa famille des quelques dizaines d’euros qu’il lui adresse chaque mois en est un, au moment où les révoltes de la faim gagnent les pays du sud,.
Les "sans papiers" ne peuvent continuer à être, au quotidien, les victimes des rafles et des discriminations, à être entassés par milliers dans les indignes centres de rétention, et subir la violence et l’humiliation des expulsions.
Les travailleurs "sans papiers" de ces restaurants, de ces entreprises de nettoyage, du bâtiment… ont décidé à leur tour de dire stop! D’exiger leur régularisation.
Dans cette lutte, pour l’égalité des droits, ils ont besoin de la solidarité et du soutien des citoyens et des salariés de ce pays. "
Série documentaire de Agathe Dreyfus / Christine Gabory / Ivora Cusack
2007 – 74 minutes – vidéo. 11.70 euros (commande en ligne ici)
Série de cinq films d’actualités documentaires réalisés en 2006/2007 autour du RESF 13 (Réseau Éducation Sans Frontières – Bouches-du-Rhône).
Créé en 2004, le Réseau Éducation Sans Frontières (RESF) se bat principalement pour la régularisation des familles sans papiers d’enfants scolarisés.
Le réseau est particulièrement actif depuis juin 2006, date de la publication de la circulaire de Nicolas Sarkozy sur la régularisation des familles sans-papiers.
Les cinq films qui composent cette série ont été réalisés à Marseille de novembre 2006 à avril 2007, période pendant laquelle le collectif a suivi des militant(e)s sur différentes actions ou initiatives : mobilisations anti-expulsions, parrainages…. Ces films d’actualités, entre documentaire et reportage, s’inscrivent dans une envie plus large de rendre compte d’évènements ou de phénomènes peu ou sommairement relayés par les médias dominants.
L’émancipation des travailleurs sera l’œuvre des travailleurs eux-mêmes
(K. Marx, 1848)
Au lieu du mot d'ordre conservateur: "Un salaire équitable pour une journée de travail équitable", les travailleurs doivent inscrire sur leur drapeau le mot d'ordre révolutionnaire: "Abolition du salariat".
(K. Marx, 1865)
L'égalité politique s'incarne à partir du moment où l'exploitation économique est radicalement anéantie.
(R. Luxemburg, 1918)
A bas le salariat ! Tel est le mot d’ordre de l’heure.
Tous les mouvements historiques ont été, jusqu'ici, accomplis par des minorités ou au profit des minorités. Le mouvement prolétarien est le mouvement spontané de l'immense majorité au profit de l'immense majorité. Le prolétariat, couche inférieure de la société actuelle, ne peut se soulever, se redresser, sans faire sauter toute la superstructure des couches qui constituent la société officielle.
Il est des sociaux-démocrates pour accepter de tenir le rôle du sauveur de dernière heure, ou celui de bouclier chargé de protéger cette société bourgeoise qui craque de toute parts .
(O. Rühle, discours au Reichstag, 1918)
Aussi réformable que puisse se montrer le capitalisme, une chose ne peut être altérée: les rapports de salaire et de profit, sans que ce système soit éliminé du même coup .
(P. Mattick, œuvre posthume)
Extraits du catalogue
Toutes nos numérisations sont téléchargeables gratuitement.
Chansons des I.W.W. (1917)
Brochure de Marthe Bigot (1921)
Brochure de la Librairie du Travail exposant les positions de la minorité de la CGTU
Brochure des IWW rédigée par Paul Mattick (1933)
Brochure Spartacus de la revue Masses (1934)
Brochure de la Révolution prolétarienne (1934)
Brochure de Marceau Pivert (1935)
L'Espagne socialiste, journal du C.A.S.P.E. (1937)
Brochure de Robert Louzon en 1938
Brochure sur l'assassinat d'A. Nin (1939)
Brochure du Socialist Labor Party américain (1945)
Brochure de R. Lefeuvre (mai 1946)
Brochure des C.R. (1946)
Brochure de Berthe Fouchère (mars 1948)
Brochure de Daniel Guérin publiée par Correspondance socialiste internationale (1960)
Mémorial de L'Insurgé (publié en 1968)
Pouvoir ouvrier N°90 (mai 1968)
Textes du KAPD (publié en 1973)
Socialisme mondial, bulletin du Parti socialiste du Canada (1974)
Livre de Paul Mattick (1974, publié en français en 1976)
Brochure du Mouvement socialiste mondial (2008)
4 pages du SPGB (2009)
Brochure Rosa Luxemburg (2011)
Brochure sur le groupe Solidarity (2012)
Quelle illusion donc que celle de certaines écoles socialistes qui s'imaginent pouvoir briser le régime du capital en lui appliquant les lois éternelles de la production marchande
(K. Marx, Le Capital)
Depuis la fondation de l'Internationale, notre cri de guerre a été: l'émancipation des travailleurs ne peut être que l’œuvre des travailleurs eux-mêmes. Nous ne pouvons tout simplement pas collaborer avec des gens qui disent ouvertement que les travailleurs ne sont pas suffisamment instruits pour être capables de se libérer eux-mêmes et que, pour cette raison, ils doivent être libérés par en haut, par une bourgeoisie philanthropique.
(F. Engels, Lettre à Bebel ,1879)
Quiconque se prononce en faveur de la réforme légale, au lieu et à l’encontre de la conquête du pouvoir politique et de la révolution sociale, ne choisit pas en réalité une voie plus paisible, plus sûre et plus lente conduisant au même but ; il a en vue un but différent : au lieu de l’instauration d’une société nouvelle, il se contente de modifications superficielles apportées à l’ancienne société. Ainsi les thèses politiques du révisionnisme conduisent-elles à la même conclusion que ses théories économiques. Elles ne visent pas, au fond, à réaliser l’ordre socialiste, mais à réformer l’ordre capitaliste, elles ne cherchent pas à abolir le système du salariat, mais à doser ou à atténuer l’exploitation, en un mot elles veulent supprimer les abus du capitalisme et non le capitalisme lui-même.
(R. Luxemburg, Réforme sociale ou révolution ?, 1898)
L'État moderne, quelle qu'en soit la forme, est une machine essentiellement capitaliste : l'État des capitalistes, le capitaliste collectif en idée. Plus il fait passer de forces productives dans sa propriété, et plus il devient capitaliste collectif en fait, plus il exploite de citoyens. Les ouvriers restent des salariés, des prolétaires. Le rapport capitaliste n'est pas supprimé, il est au contraire poussé à son comble.
(F.Engels, Anti-Dühring, 1878)
Réduire le socialisme à la propriété étatique est vraiment une falsification bourgeoise de la théorie marxiste. C’est cette version du socialisme que la bourgeoisie propage à travers le monde. Malheureusement, cette déformation complète de la perspective d’émancipation économique de la classe ouvrière n’a guère rencontré de contradicteurs chez les marxistes.