1916-03 La démission de Jack London

Honolulu, le 7 mars 1916

Mes chers camarades,

Je viens de terminer la lecture de la lettre de démission de la Section, récente, mais non datée, du camarade Edward B. Payne.

Par la présente, je remets ma propre démission de la section de Gen Ellen et pour une raison diamétralement opposée à celle qu’avance le camarade Payne. Je démissionne du Parti socialiste à cause de son manque d’ardeur et de combativité, parce qu’il n’insiste pas assez sur la lutte des classes.

J’étais, au départ, membre du vieux Parti socialiste du Travail révolutionnaire, prompt à se dresser sur ses efforts pour combattre. Depuis ce moment, et jusqu’à aujourd’hui, j’ai été un membre combattant du Parti socialiste. Malgré le temps qui s’est écoulé, mes états de service de combattant pour la Cause ne sont pas encore tout à fait oubliés. J’ai été entraîné à la lutte des classes, telle qu’elle est enseignée et pratiquée par le Parti socialiste du Travail, avec le concours de ce qu’il y a de plus élevé dans mes propres facultés de jugement. Je croyais que la classe ouvrière, en combattant, en ne cédant jamais, en refusant tout compromis avec l’ennemi, pouvait s’émanciper. Du fait qu’au cours de ces dernières années, toute tendance du socialisme aux Etats-Unis a été vers l’apaisement et le compromis, je m’aperçois que mon esprit se refuse à me voir rester membre du Parti. D’où ma démission.

Joignez s’il vous plait, à ma démission, celle de la camarade Charmian K. London, mon épouse.

Je n’ajouterai qu’un mot pour terminer: si la liberté, l’indépendance sont des biens suprêmes qui ne peuvent être accordés, ni imposés, à des races ou à des classes; si les races et les classes ne sont pas capables de se soulver, de lutter par la force de leur esprit et de leurs muscles pour la liberté et l’indépendance du monde, elles ne parviendront jamais, le moment venu, à accéder à ces biens suprêmes – et si ces biens suprêmes leur sont offert avec bonté par des individus supérieurs, ou sur des plats d’argents, ils ne sauront qu’en faire, ne s’en serviront pas, et resteront ce qu’ils ont toujours été par le passé: des races inférieures, des classes inférieures.

Avec vous pour la révolution

Jack London

london1916

jacklondonsocialistCarte du SLP américain de l’écrivain Jack London (1896)

2 Réponses to “1916-03 La démission de Jack London”

  1. Histoire du Parti socialiste mondial des Etats-Unis « La Bataille socialiste Says:

    […] Lisez ma démission du Parti Socialiste, et vous constaterez que j’ai démissionné pour les mêmes raisons qui vous poussent pour […]

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  2. Neues aus den Archiven der radikalen Linken « Entdinglichung Says:

    […] de 1936 à 1948 et le développement ultérieur de la pensée de Munis (1948-1989) (1996) * La démission de Jack London (1916) * Eulogio Fernández/Agustín Guillamón: Jaime Fernández Rodríguez (1914-1998), compagnon […]

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