1974 Êtes-vous un esclave salarié ? [SPC]

Publié dans Socialisme mondial N°2/3 (1974)

On peut distinguer les classes sociales d’après leur rapport aux moyens de production et de distribution. En société de capitalisme privé ou de capitalisme étatique, les travailleurs n’ont accès aux usines, aux mines, aux chemins de fer, aux champs, etc., qu’en tant que salariés (ou travailleur à gage, si on abandonne les euphémismes).

Le travailleur ne possède que sa capacité de travail (habilité manuelle, spécialité, qualification, niveau de connaissances intellectuelles) mais il a besoin de vivre. Il n’accède pas librement à la nourriture, à l’habitat, ni à quoi ce que soit. Il ne peut pas vivre sans argent, aussi vend-il sa capacité de travail. En fin de semaines, de quinzaines, de mois ou de trimestres, il reçoit une somme qui correspond grossièrement à ce qu’un travailleur doit dépenser pour se loger, et être en mesure de reproduire une autre génération de travailleurs, ceci compliqué par la nécessité de rémunérer à un taux plus élevé les travailleurs qualifiés et aussi par les variations du niveau de chômage. Les salaires sont en rapport avec les chiffres du “coût de la vie” ; ils ne sont absolument pas en rapport avec la valeur de ce que les travailleurs produisent.

Les patrons tirent un profit sur la valeur du travail réalisé, sur et par-dessus les salaires payés, le prix des matières premières, des appareils et de la machinerie et des autres frais généraux. Tout ce que les travailleurs achètent est produit par les travailleurs eux-mêmes. Cependant ils n’ont accès aux articles qu’ils produisent en abondance que d’une manière très rationnée et limitée au pouvoir d’achat de leur salaire.

C’est ce qui signifie la “paie” (ou “solde” ou salaire) en pratique: le rationnement, selon un processus singulièrement inadéquat. Notre “paie” n’a rien à voir avec le degré de nos besoins : elle reflète seulement la valeur de notre capacité de travail (que nous soyons O.S. en surnombre ou des techniciens très recherchés). Les personnes âgées, handicapées, les enfants, les femmes, les personnes valétudinaires, sont particulièrement nécessiteuses, mais ce sont eux qui disposent de moins d’argent pour faire face à leurs besoins plus grands.

On ne peut qu’en conclure que notre société inverse les priorités. Le problème de la distribution des productions humaines ne sera résolu que par le socialisme, par une société communautaire démocratiquement dirigée par sa population, avec le libre accès à toutes les richesses de l’humanité. Avec le socialisme, finies la pauvreté, la faim et l’absence de logement par défaut d’argent alors que les moyens de se nourrir et de se loger sont abondamment produits et accessibles sans la vente de la vie et des capacités de travail.

D.G.V., Paris, France

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