La SFIO et l’Algérie

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Extrait de Jacques Simon/Algérie (L’Harmattan, 2007)

Au Congrès de Puteaux (14-15 janvier 1956), la résolution finale préconisant « une solution pacifique du problème algérien » est adoptée à l’unanimité.

Le 18 mars 1956, après le vote sur les pouvoirs spéciaux, Marceau Pivert propose, pendant « la Conférence d’information de secrétaires fédéraux », de négocier avec les Algériens et de ne pas exécuter Ben Boulaïd. Guy Mollet louvoie et fait lever la séance, mais Pivert est soutenu par Lucien Weitz, Oreste Rosenfeld, Charles André Julien, qui s’expriment dans le bulletin du « Comité Messali Hadj » et participent aux manifestations pour la paix en Algérie avec les « Comité des Intellectuels ».

Au Comité directeur du 25 avril, plusieurs orateurs s’interrogent sur la politique répressive menée en Algérie, mais c’est après la démission de Mendès France, le 26 mai, que les divergences apparaissent. Pendant le conseil national du 16 juin 1956, Daniel Mayer, député de la Seine, reprend dans son intervention, la position de la FEN pour « une conférence de la Table ronde » avec tous les représentants du nationalisme algérien. La politique du gouvernement sera approuvée à une écrasante majorité (90 % des mandats), pourtant « la minorité » (6,1% des voix), animée par Marceau Pivert, Daniel Mayer et Robert Verdier, est majoritaire dans 16 fédérations, surtout dans la Seine.

Le Congrès de Lille (28 juin-1° juillet 1956) est préparé par des débats animés dans toutes les fédérations. C’est ainsi qu’au congrès de la fédération de la Seine, les débats ont porté presque exclusivement sur l’Algérie. Les mesures répressives du gouvernement furent critiquées et plusieurs leaders se prononcent pour « une Table ronde ». A Lille, les débats sur l’Algérie furent animés et la minorité s’est élargie à d’autres courants. La résolution votée par 3 308 mandats sur 3 671 se démarque de celle de Puteaux. Elle se prononce pour un règlement accordant « une large autonomie de gestion » qui doterait l’Algérie d' »institutions internes » comportant un « pouvoir exécutif » et un « pouvoir législatif ». Elle réclame « la lutte sur deux fronts […] contre les ultras du colonialisme ». Elle réclame que le cessez-le-feu soit discuté avec ceux qui se battent et charge le gouvernement de « mettre tout en oeuvre pour y parvenir ».

La minorité est diverse, sans cohésion ni structure, mais elle comprend un courant de gauche pro-messaliste actif et elle admet « la vocation de l’indépendance de l’Algérie ».

Au lendemain du congrès de Lille, Ferhat Abbas dans une interview au journal socialiste Le Peuple (30 juin), au nom du FLN et Messali Hadj, au nom du MNA, se disent favorables à l’ouverture faite. Des contacts sont pris, mais l’arrestation de Ben Bella et Suez bloquent toute négociation.

ALGÉRIE
Le passé, L’Algérie française, La révolution (1954-1958)
Jacques Simon
Cahiers du CREAC – Histoire

L’auteur a cherché à dégager dans l’étude du passé les éléments permettant de comprendre l’histoire de l’Algérie française et de la révolution. Il s’est efforcé de replacer le problème algérien dans l’histoire du mouvement national et dans le jeu des relations internationales.

ISBN : 978-2-296-02858-6 • avril 2007 • 520 pages . 41 €.
version numérique Commander la version numérique (-30%) 23 118 Ko à 28,70 €

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