Le SPD « tente d’aiguiser son profil social »…

by

Les sociaux-démocrates allemands se divisent sur l’héritage des réformes Schröder

LE MONDE du 6 octobre 2007

(…) Depuis plusieurs mois, le SPD tente d’aiguiser son profil social en défendant notamment l’instauration d’un salaire minimum. Cette stratégie doit l’aider à se démarquer de son partenaire de coalition, les unions chrétiennes CDU-CSU, et limiter l’attractivité du nouveau parti de la gauche radicale, Die Linke, créé en juin par les déçus de la social-démocratie à l’Ouest et les héritiers du Parti communiste à l’Est. Dans le dernier sondage publié par la chaîne de télévision publique ARD, le SPD rassemble 27 % des intentions de vote, contre 40 % pour la CDU-CSU et 11 % pour Die Linke.

Dans le texte du nouveau programme qui doit être adopté lors du congrès fin octobre à Hambourg, le président du SPD a remis davantage l’accent sur la référence au « socialisme démocratique ». Dans ce droit-fil, M. Beck vient de se rallier à une exigence – jusque-là refusée – de la fédération syndicale DGB sur la durée de versement des indemnités-chômage pour les travailleurs âgés. Le SPD justifie ce revirement en évoquant le retour de la croissance économique.

Mais ce sont plutôt les futures élections régionales – le 27 janvier 2008 la Basse-Saxe et la Hesse élisent un nouveau Parlement – et l’approche des élections législatives de 2009, qui motivent ce geste. « Il faut montrer le chemin que nous souhaitons prendre indépendamment des résultats obtenus au sein du gouvernement de grande coalition », explique Mme Akgün. De plus, même si les instances dirigeantes du parti excluent pour l’instant une coalition avec Die Linke, un grand nombre de sociaux-démocrates réfléchissent à cette éventualité pour la période d’après 2009. « Je ne dirais pas qu’on ne pourra jamais former une coalition avec Die Linke », concède la députée SPD.

A gauche comme à droite, on continue d’assurer que le gouvernement de grande coalition se poursuivra jusqu’à son terme. Mais de nombreux sociaux-démocrates s’inquiètent de l’ampleur prise par les querelles internes du parti. Le ministre des affaires étrangères, Frank Walter Steinmeier (SPD), vice-président désigné du parti et ancien bras droit du chancelier Schröder, a essayé d’arrondir les angles en appelant les deux fronts à trouver un compromis.

De son côté, le président du SPD a tenté de relativiser la portée de ses paroles et affirmé qu’il ne souhaitait pas remettre en question l’agenda 2010. Mais d’autres conflits couvent, notamment sur la présence de l’armée allemande en Afghanistan et le projet de privatisation des chemins de fer allemands.

Cécile Calla

[Lire l’article en entier]

Le SPD en chiffres

 

Le Parti social-démocrate allemand occupe 222 sièges sur 614 au Bundestag et dispose de 8 ministères au sein du gouvernement de grande coalition.
Il participe à huit gouvernements régionaux et compte cinq chefs de gouvernement (Brême, Berlin, Mecklembourg Poméranie occidentale, Brandebourg et Rhénanie-Palatinat).
Il constitue la première formation politique d’Allemagne avec 545 223 adhérents. En 2002, il comptait encore 693 894 membres.

Dans le dernier sondage publié par la chaîne de télévision publique ARD, le SPD se voit attribuer 27 % des intentions de vote, contre 40 % pour la CDU-CSU et 11 % pour Die Linke.

Aux élections législatives de 2005, le SPD avait totalisé 34,2 % des voix contre 35,1 % pour la CDU-CSU.

Voir aussi:

Lale Akgün (SPD)

Publicités

Étiquettes :


%d blogueurs aiment cette page :