L’Union des militants communistes (Unity of Communist Militants, 1979-1983)

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L’Union des militants communistes (Sahand) fut l’organisation iranienne créée par Mansoor Hekmat et ses amis pendant la révolution iranienne (décembre 1978, azar 1357) avant de cofonder le PC d’Iran avec une partie de la guérilla kurde. En quelques années elle produisit des textes importants qui furent traduits à Londres, dénonçant notamment le mythe de la bourgeoisie « nationale progressiste ».

Toute gauche iranienne étant frappée par la répression, plusieurs militants de l’UCM peuvent être cités: Mujtaba Ahmed Zadeh Heravi en octobre 1981, Abbas Pakiman et Mohammad Yazdanian exécutés à Téhéran le 2 août 1983, Mohammad Javad Qa’edi le 13 août 1983, plusieurs militants lors des massacres de prisonniers politiques en août 1988: Ali Safari (prison d’Evin), Ghodrat-ollah Javan (prison d’Evin), Mohammad Rahim Zadeh (prison de Gohar Dasht), Mohammed Ali Partovi, Mansour Jahangiri.

Les représentants en Europe de l’U.C.M. entrèrent en contact avec Battaglia comunista (gauche communiste italienne), mais leur union avec le groupe kurde maoïsant Komala rompit leurs relations.

Cette page ne vise qu’à collectionner des extraits de documents sur cette période peu connue des origines de l’hekmatisme. Un discours de Mansoor Hekmat à la Société Marx de Londres, le 15 mai 2000, traite de l’histoire de l’UCM, mais il n’est disponible qu’en farsi (cf. ici). Les archives de sa presse (Be Soye Sosilism, « Vers le socialisme ») sont disponibles en ligne au format compressé: 1 2 3   4 5 6. Une archive en farsi (presse et brochures numérisées page par page au format image) est disponible ici.

Programme de l'U.C.M. (janvier 1982)

Sommaire des documents:

  • Le contexte historique (extraits)
  • 1a – Extrait de la biographie de M. Hekmat par H. Tagvaie
  • 1b – Extrait de Left nationalism and working class communism, M. Hekmat (1987)
  • 1c – Extrait d’un interview d’Azar Majedi (2002)
  • La participation de l’UCM à la conférence des groupes de gauche communiste à Londres en 1982
  • 2a – Note relative à l’U.C.M. dans la brochure sur la 4° conférence internationale des groupes de la gauche communiste (1983)
  • 2b – Extrait d’une lettre de la Communist Workers Organisation (CWO), co-organisatrice de cette conférence (1996)
  • Les textes de l’UCM (liens)
  • 3a– Les traductions en anglais de l’U.C.M.
  • Photos, vidéo.
Documentation en farsi sur le congrès de lUCM (1982)
Documentation en farsi sur le congrès de l’UCM (1982)

LE CONTEXTE HISTORIQUE

DOCUMENT 1a

Extrait de la biographie de M. Hekmat par Hamid Tagvaie sur www.m-hekmat.com légèrement retouchée:

En 1979, Hekmat et quelques camarades formèrent un cercle communiste nommé Sahand, et plus tard, une organisation du nom d’Union des militants communistes (UMC, Ettehad-e-Mobarezan-e-Komonist); Cette dernière initia la publication d’un journal «Towards Socialism». La publication de «Towards Socialism»[Besooy-e-Sosyalism], qui contenait la totalité des écrits d’Hekmat, eu pour résultat de gagner un groupe parmi les communistes révolutionnaires les plus avancés et des leaders syndicaux au marxisme révolutionnaire et aux rangs de l’UMC. Parmi les premières activités de l’UMC, il y avait l’engagement dans les luttes de chômeurs et la publication d’un bulletin d’organisation, «Against Unemployment» ; l’organisation d’action de protestation contre l’empiètement de la contre-révolution islamiste sur les droits civils et l’agitation, dans le même temps, pour des droits politiques et civils inconditionnels pour tous, à l’encontre de la revendication de la gauche traditionnelle de tels droits exclusivement pour «le peuple» ; la défense des droits des femmes en opposition à l’imposition par le régime du voile Hidjab obligatoire, également en opposition aux forces gauchistes qui ne considéraient pas ces protestations de «femmes de la haute» digne d’être défendues; organiser de groupes de lecture du Capital parmi les leaders syndicaux; et l’agitation pour les conseils ouvriers.

Poser les bases d’un programme communiste et construire le parti communiste étaient dès le départ des objectifs pour l’UMC. Un aspect majeur d’activité dans cette période initiale fut de faire sentir aux autres organisations de gauche la signification d’avoir un programme, comme elles ne voulaient ni n’étaient capables de déclarer leurs objectifs et leur politique dans le cadre d’un programme. En 1980, Hekmat rédigea le brouillon du programme de l’UMC, qui fut soumis au vote des membres et finalement publié comme programme de l’organisation. Il formulait les objectifs socialistes de la classe ouvrière, les caractéristiques de l’état qu’elle voulait, et les revendications immédiates de la classe ouvrière pour elle-même et pour le peuple au sens large.

Un trait caractéristique de la pensée d’Hekmat était la relation qu’il avait forgée entre réforme et révolution. Il était un révolutionnaire idéaliste, consistant et sans compromis, qui pensait révolutionner la société capitaliste et libérer l’humanité de son joug politique, social et économique. Il était, dans le même temps, un praticien de la révolution, un leader pratique, qui appréciait la valeur, et se battait pour la moindre amélioration de la vie du peuple. Dans son système de pensée, il n’y avait non seulement aucune contradiction entre réforme et révolution, mais il les considérait comme deux aspects inséparables d’une seule et même lutte. Il critiquait ces marxistes qui, par «révolutionnarisme», soit voyaient les changements comme impossibles au sein de la société capitaliste et préféraient ne pas se «salir» les mains avec les luttes quotidiennes, ou ceux qui, comme les sociaux-réformistes européens, se lavent complètement les mains du socialisme et limitent leurs idéaux à des réformes partielles. Hekmat était un marxiste d’un autre genre. Il pensait à la fois l’abolition du capitalisme et les plus petites améliorations dans les conditions de vie de la classe ouvrière et du peuple au sens large. Cette conception particulière entre réforme et révolution apparaît de façon particulièrement claire dans le programme de l’UMC. Le programme proclamait – en même temps que l’abolition du système capitaliste et l’établissement du socialisme comme but immédiat des communistes – une série de revendications concrètes, urgentes, visant à améliorer les conditions matérielles de la toutes les fractions de la population. Il plaçait les luttes pour ces revendications dans l’agenda immédiat, parce qu’elles allaient à la fois améliorer les conditions concrètes de la vie des gens et faciliter la lutte de la classe ouvrière pour le socialisme. Cela constitue un fil rouge qui traverse tous les programmes de partis qu’il a écrit, jusqu’au programme actuel du Parti communiste-ouvrier.

La publication du programme de l’UMC attira l’attention. Les organisations de gauche le rejetait à la fois comme «réformiste», «gauchiste» et «trotskiste». Cependant, il gagna rapidement en popularité à la base. Un membre du parlement islamique fit référence à ce programme comme «l’un des petits groupes contre-révolutionnaires», le déclarant dangereux parce qu’il formulait des revendications «illusoires et impossibles» qui allaient soulever des attentes dans la population. Ses craintes étaient justifiées. Une partie de ce programme «dangereux» – comme les revendications de la liberté inconditionnelle d’organisation et d’expression, et la séparation de la religion et de l’état – se généralisaient, ses revendications populaires étaient adoptées par de nombreuses organisations d’opposition. Une partie du programme d’Hekmat apparaissait maintenant sur les banderoles populaires dans les luttes contre le régime islamique d’Iran.

Comme l’influence du marxisme révolutionnaire croissait dans la société la plus large, des fractions sympathisantes avec l’UMC apparaissaient au sein des organisations de gauche. Le tournant dans la montée en influence du marxisme révolutionnaire fut quand l’Organisation révolutionnaire du peuple ouvrier du Kurdistan (Komala), une véritable organisation de masse menant une lutte armée radicale contre le nouveau régime islamique, y adhéra. Komala, une organisation populiste, qui devait faire face aux problèmes concrets quotidiens posés par les luttes des masses au Kurdistan, était arrivée dans une impasse. Elle réalisait la stérilité de ses vues populistes et trouvait une issue dans le marxisme révolutionnaire. C’est comme si Hekmat avait écrit «Le mouvement paysan après la solution impérialiste de la question agraire en Iran»[*] et «Le mythe de la bourgeoisie nationale et progressiste en Iran» en réponse aux problèmes auxquels avaient à faire face la gauche révolutionnaire au Kurdistan. Finalement, Komala accepta les conceptions et la politique de l’UMC lors de son second congrès, en avril 1981. Quelques mois plus tard, une partie de la direction de Komala rentrait celle de l’UMC à Téhéran. L’été de la même année, Mansoor Hekmat, qui n’avait pas encore choisi son nom de plume, – il était connu sous le pseudo de Nader au sein de l’organisation – se rendit au Kurdistan et se trouva impliqué dans les discussions internes de Komala. La direction et les cadres de Komala réalisèrent bientôt que Nader, ce jeune homme modeste, sincère et plein d’humour, avaient des vues originales, fracassantes, proposant non seulement des conceptions théoriques, mais aussi des réponses aux questions pratiques du mouvement révolutionnaire au Kurdistan. Cette année-là, il retourna au Kurdistan une seconde fois. Finalement, en avril 1982, au moment de l’assaut gouvernemental massif contre la gauche révolutionnaire, Hekmat et le reste de la direction de l’UMC décidèrent d’opérer une retraite pour bénéficier de la sécurité des zones libérées du Kurdistan.

Dans l’histoire iranienne récente, le 20 juin 1981 marque un tournant du développement politique en général, et dans l’histoire du mouvement de gauche en particulier. Le nouveau régime qui avait jusque là échoué dans ses efforts pour défaire complètement la révolution, lança une attaque radicale, sanglante, sans précédent dans l’histoire récente par sa sauvagerie et sa criminalité. L’expansion du marxisme révolutionnaire dans le mouvement de gauche tourna court. Dans la période entre février et 1979 et juin 1981, il existait dans la société, grâce à la révolution et en dépit du régime contre-révolutionnaire qui était parvenu au pouvoir au nom de la révolution, un climat semi-démocratique qui favorisait le marxisme révolutionnaire, représenté par Hekmat, donnant l’opportunité de croître et de gagner des forces. Au même moment, la gauche traditionnelle commençait à s’émietter. Le parti Tudeh, l’Aksariayyat (Majorité), les maoïstes tiers-mondistes, et les trotskistes se joignaient à telle ou telle fraction du régime, et les organisations populistes-socialistes comme le Peykar ou le Razmandegan entraient en crise et, comme Komala, arrivaient à une l’impasse. Le socialisme populiste, sous toutes ses formes, révélait sa stérilité, et laissait le marxisme révolutionnaire s’étendre dans le mouvement de la gauche révolutionnaire iranienne tout entière. L’assaut qui commença le 20 juin 1981 mis un terme à cette tendance. Cela rendit le processus de fondation du parti communiste plus lent et plus difficile pour le marxisme révolutionnaire, sans parvenir à le contrecarrer. Le chemin de l’accomplissement passait par le Kurdistan, où vivait la révolution.

Dans la même période, l’UMC commença la publication de son journal politique «Communist Worker». Le nom de «Mansoor Hekmat» apparu pour la première fois dans son quatrième numéro, dans une interview sur les pré-recquis de la fondation du parti communiste. Jusque là, suivant une tradition de la gauche iranienne, ses écrits avaient été publiés de manière anonyme. La publication d’articles portant la signature de l’auteur était l’un des résultats de la critique des pratiques de la gauche iranienne, dont les leaders avaient pour règle de rester anonyme. Dans l’éditorial de Towards Socialism n° 5 (première série), en février 1982, Mansoor Hekmat expliquait que cette coutume d’effacement dans la gauche iranienne, ne pouvait être reconnue comme une méthode de parti, une méthode dans notre mouvement. Il disait: les leaders, les penseurs et les auteurs de notre mouvement doivent pouvoir être reconnus au sein de l’organisation et dans la société, de manière à pouvoir établir une ligne spécifique de pensée et d’action qui puisse être critiquée ou acceptée. Il rejetait le concept de leadership derrière des portes closes. Il expliquait que la classe ouvrière devait être capable de reconnaître ses leaders comme ses menteurs [its leaders as well as mis- leaders]. Cet argument faisait, en fait, partie d’une discussion plus complète, sur «Le parti et les personnalités», qui allait être exposée quinze ans plus tard dans le Parti communiste-ouvrier d’Iran.

La fondation du Parti communiste d’Iran

La nécessité de construire un parti occupait la priorité maximale dans l’esprit d’Hekmat et l’ordre du jour de l’UMC. Dans le cadre de pensée de la gauche non-ouvrière, organiser le parti communiste était devenu, comme de nombreuses autres questions pratiques marxistes, un problème énigmatique et insoluble. Elle répugnait à la construction du parti. Ses théories sur ce point n’étaient rien d’autre qu’une série de conceptions mises en avant pour justifier pourquoi il n’était pas possible, en n’importe quelle circonstance, de construire le parti et pourquoi on ne pouvaient pas le faire. Pour l’UMC, de son côté, c’était une tâche vitale et urgente. Durant l’automne 1982, le premier congrès de l’UMC se tenait dans les régions libérées du Kurdistan. C’est dans ce congrès que Mansoor Hekmat appliqua sa critique du national-populisme en pratique, et posa les fondations positives d’une méthode de travail communiste. C’était, en fait, le premier tournant de l’UMC en direction de la construction du parti communiste. En conséquence, c’écrit la première ébauche du programme du parti. Ce texte fut soumis au vote et adopté à la fois par les organisations de l’UMC et de Komala.

Cet hiver 1982, dans un séminaire au Kurdistan, connu plus tard sous le nom de Séminaire du nord, Hekmat proposa ses thèses sur la théorie du parti et les façons de l’établir dans les conditions concrètes de la gauche iranienne. Il y critiqua les conceptions gauchistes traditionnelles comme la «théorie de la fusion». Il définissait le parti communiste comme l’incorporation de l’indépendance de la classe ouvrière dans la théorie, de la politique et de la pratique, et expliqua que le marxisme révolutionnaire pouvait et devait se donner pour tâche urgente pour l’organisation du parti. Cela constituait la vision sous-jacente de la construction du Parti communiste d’Iran.

En septembre 1983, l’UMC, Komala et les fractions marxistes révolutionnaires d’autres organisations, et des marxistes révolutionnaires indépendants, fondèrent finalement le Parti communiste d’Iran.

[*] Disponible seulement en farsi ici farsi.jpg

DOCUMENT 1b

Extrait de Left nationalism and working class communism, Mansoor Hekmat (1987) :

L’UMC créée en décembre 1978 et initialement appelée Sahand déclencha une vigoureuse campagne théorique contre les théories nationalistes et populistes et les conceptions de la gauche radicale. Elle appela la « bourgeoise nationale » un mythe, et le développement d’un capitalisme « indépendant », « national », une utopie réactionnaire. Elle rejetait le concept de solution démocratique ayant pour tâche de résoudre la question agraire et de développer les forces productives, et voyait pour tâches de la révolution présente la création de conditions sociales et politiques nécessaires pour la mobilisation socialiste de la classe ouvrière et une marche ininterrompue vers la révolution socialiste. Elle rejetait la critique de l’impérialisme par la gauche radicale comme nationaliste et antimonopoliste, et s’efforçait de présenter une critique fondée sur le concept d’exploitation de classe. Fondée sur une analyse des caractéristiques spécifiques de l’État bourgeois dans les périodes de crise révolutionnaire, l’UCM caractérisait la République islamique et ses différentes factions comme bourgeoise et contre-révolutionnaire. Qui plus est, l’UCM considérait la formation d’un parti léniniste comme une tâche urgente et voyait sa propre polémique théorique contre le populisme comme un moyen pour arriver à une fondation programmatique solide pour un tel parti. En mars 1981, l’UCM publia son programme, dans lequel elle mettait l’accent sur l’obligation d’une révolution communiste et résumait son appréciation des tâches urgentes du mouvement communiste. Le programme, sur lequel celui du PCI allait plus tard être basé, incluait aussi largement des revendications démocratiques et économiques immédiates.

Les idées de l’UCM eurent un grand impact sur la gauche radicale et particulièrement sur les militants de la Troisième ligne. Nombre dente eux rejoignirent l’UCM directement, mais son influence réelle allait plus loin. Alors que l’UCM était dénoncée comme « gauchiste » et « trotskiste », sa terminologie et ses analyses furent partagées e manière croissante par les organisations de gauche en recherche d’une certaine consistance théorique et dans le courant des tournants tactiques de la gauche. De fortes fractions pro-UCM et des courants émergèrent dans presque toutes les organisations de la Troisième ligne, notamment dans Razmandegan, Peykar et Vahdat-e Enqelabi. Toutes rejoignirent finalement l’UCM, et à travers elle, le Parti communiste.

DOCUMENT 1c

Extrait d’un interview d’Azar Majedi par BBC Persian, 5 juillet 2002 :

Mansoor Hekmat a commencé ses activités politiques dans une organisation formée à l’époque de la révolution contre la dictature Pahlavi. Au cours des journées révolutionnaires en Iran, il a créé avec Hamid Taghvaie Ettehad-e Mobarezan-e Kommonist (Unity of Communist Militants, UCM), Ettehad-e Mobarezan Kommonist-e (Unité de militants communistes, UCM), une organisation communiste qui luttait pour la renaissance du marxisme et contre le populisme tiers-mondiste au nom du marxisme. Pendant son séjour à Téhéran, ce militantisme communiste contre la République islamique d’Iran a continué.

Au printemps 1982 (1361), après les exécutions impitoyables et les arrestations du 20 Juin 1981 (30 Khordad 1360) qui se sont abattues sur tout le pays, nous sommes partis ensemble pour les zones libérées du Kurdistan y poursuivre notre lutte avec Komala. Plus tard, l’UCM et Komala de l’époque, ainsi que d’autres organisations révolutionnaires marxistes, se sont jointes pour former le Parti communiste d’Iran (CPI).

***

LA PARTICIPATION DE l’UCM A UNE CONFERENCE « ULTRA-GAUCHE » EN 1982:

DOCUMENT 2a

Note relative à l’U.C.M. dans la brochure sur la 4° conférence internationale des groupes de la gauche communiste (1983). [Les représentants en Angleterre de l’UCM avaient participé en septembre 1983 à une conférence de la CWO et de Battaglia comunista].

Le SUCM a cessé d’exister. Ses membres ont intégré une organisation plus ample (la Organisation of the supporters of the Communist Party of Iran Abroad – OSCPIA) 3 qui comprend les anciens membres du SUCM ainsi que ceux du Komala kurde. Malgré leur adhésion initiale aux critères de participation aux conférences ; malgré leur volonté de discuter et de maintenir des relations avec les organisations appartenant à la tradition de la Gauche communiste européenne, le SUCM s’est trouvé bloqué par sa position de groupe de soutien d’un groupe plus vaste en Iran, un groupe qui est devenu le Parti communiste d’Iran en septembre 1983. En laissant de côté toute polémique, il apparaît que cette date revêt une importance objective, confirmée, par exemple, par la trajectoire des camarades du SUCM en ce qui concerne la question de la République démocratique révolutionnaire et ses implications. Au moment de la 4e conférence, le SUCM acceptait clairement l’idée que de véritables guerres de libération nationale sont impossibles à l’ère de l’impérialisme, dans le sens où il ne peut y avoir d’authentique guerre de libération nationale en dehors de la révolution des ouvriers pour l’établissement de la dictature prolétarienne. Depuis, cependant, le SUCM a insisté de plus en plus sur la thèse que des luttes communistes émergent des luttes nationales. En fait, la position théorique a été diluée pour être conforme avec les positions du CPIran, positions qui sont très dangereuses – comme les articles dans la presse de la CWO et du PCInt l’ont démontré. Ainsi, au lieu d’approfondir le processus de clarification et de pousser l’organisation iranienne vers des positions plus claires et fermement enracinées dans le sol révolutionnaire, l’OSCPIA essaie de réconcilier avec le Communisme de gauche les déformations du programme communiste manifestées par le SUCM et le PC d’Iran. Il est inévitable qu’il y ait des déformations, d’une forme ou d’une autre, dans une aire qui n’a pas de contact avec la tradition de la Gauche communiste ou avec son héritage d’élaboration théorique et de lutte politique. Cependant, ce n’est pas la tâche des communistes ni de cacher ces déformations ni de les accepter et de s’adapter à elles mais de contribuer à les dépasser. A cet égard, l’OSCPIA a manqué une opportunité importante. Étant donné l’état actuel des divergences, il n’est pas possible de définir le PC d’Iran comme une force pouvant réclamer le droit d’entrer à nouveau dans le camp politique délimité par les conférences de la Gauche communiste.« 

***

DOCUMENT 2b

Extrait d’une réponse en 1996 de la Communist Workers Organisation (CWO), qui avait invité l’UCM à cette conférence internationale, au « Courant communiste international » (Révolution internationale en France, Word Revolution en Angleterre) [*]:

Les «maoïstes» iraniens dont vous parlez étaient les «Student Supporters of the Unity of Communist Militants» (Partisans étudiants de l’unité des combattants communistes). Ils ne pouvaient pas être maoïstes sinon le CCI n’aurait pas mené (à notre insu à l’époque) des discussions secrètes avec eux, des mois avant que nous ne les rencontrions. Ils ne pouvaient pas être maoïstes puisqu’ils ont accepté tous les critères fixés comme critères prolétariens de base par les Conférences Internationales de la Gauche Communiste. Leur évolution ultérieure les a conduits dans le parti communiste d’Iran qui s’était formé sur des principes contre-révolutionnaires. Notre critique de cette organisation peut être trouvée dans la Communist Review n°1 [**].

Notes de la BS:

[*] Le CCI-RI a durement critiqué l’hekmatisme (comme tous les courants autres que le sien) dans plusieurs articles sur son site, d’abord dans le cadre d’une théorisation de sa propre exclusion de la dernière conférence internationale des groupes de gauche qui devait déboucher sur la création du B.I.P.R., le CCI-RI considérant qu’on lui préférait une organisation maoïsante, puis attaquant plus récemment les PCOI comme relevant du « stalinisme radical » (cf. en anglais ici ).

[**] La critique du PC d’Iran (1983-1991) par la CWO n’a pas été trouvée sur internet, mais un document récent du BIPR parle d’ « une forme bizarre de stalinisme humanisé » (cf. ici).

***

LES TEXTES DE l’U.C.M.:

DOCUMENT 3a

Les traductions en anglais de l’U.C.M.:

Supporters of the Unity of Communist Militants, abroad – Britain (1983) The « Supporters of the Unity of Communist Militants, abroad – Britain » accepts full responsibility for the translations of the works of the Unity of Communist Militants.

To contact us write to:
Box 99,
434 Corn Exchange Buildings, Hanging Ditch,
Manchester, M4 3EY,
England

WORKS OF THE UNITY OF COMMUNIST MILITANTS
(ENGLISH TRANSLATION)

    1. The Iranian Revolution and the Role of the Proletariat (Theses)+, M. Hekmat, H. Taghvaee (Yashar), M. Hooman, (November/December 1978).
    2. Manifesto of the UCM (What it says, and what political system it is fighting for in the present situation)+*, U.C.M., (February 1981).
    3. The 1st of May and the Tasks of the Iranian Workers+*A, U.C.M., (May 1981).
    4. Manifesto of the UCM About the « Present Situation, its Perspectives and the Tasks of the Communists »*, U.C.M.,(June 1981).[en farsi farsi.jpg]
    5. The Content of the Victory of the Democratic Revolution of Iran, M. Hooman, P. Azad, M. Hekmat, (July/August 1980).
    6. The Myth of the National and Progressive Bourgeoisie (No.l), M. Hekmat, (May 1979)
    7. The Myth of the National and Progressive Bourgeoisie (No.2), M. Hekmat, (April 1980).
    8. Populism in the Minimum Programme: A Critique of « What the Fedaeen-e-Khalgh Say », M.Hekmat, (January 1981).
    9. War, Theory and the « Theory of War », M. Hekmat, (October 1980).
    10. Social-Chauvinism: Razmandegan Under the Banner of Kar 59, N. Javid, (October 1980).
    11. Anarcho Pacifism: Peykar with the Wooden Sword. F. Partow, N. Javid, (October 1980).
    12. About the Manifesto « The Invasion of the Iraqi Regime and Our Tasks »+, M. Hekmat, (October 1980).
    13. « Programme of the Communist Party » adopted by Komala and the UCM.+*m (May 1982).
    14. Resolutions and Documents of the First Congress of the Unity of Communist Militants*, (September/October 1982).[en farsi farsi.jpg]
    15. Two Factions Within the Bourgeois-Imperialist Counter-Revolution, M. Hekmat, (part 1 July 1980, part 2 August 1980, part 3 January 1981).
    16. The Question of Women is a Question of Workers**, K. Davar, (March 1982).
    17. Why Mojahedin are Offended by the Formation of the Communist Party ?+, F.Partow, (January 1983).
    18. Communists, Mojahedin and Religion*, F. Partow, (April 1983).


* Also available in French. + Also available in German.
+ Already published in French and German.
o Also available in Kurdish. A Also available in Turkish.

The above publications are also available from:
– B.P. NO-23, 75660, PARIS, CEDEX 14, FRANCE.
– POSTLAGERKARTE HR. 055266 B, 1000 BERLIN 120, W. GERMANY.
– UMC BOX 212, 2265 WESTWOOD BLVD., SUITE B, LOS ANGELES, CA 90064, U.S.A.

Autres textes:

(document de 1980)

Documentation en farsi sur le congrès de lUCM (1982)

Documentation en farsi sur le congrès de l'UCM (1982)

au Kurdistan en 1983

au Kurdistan en 1983

vidéo au Kurdistan:

Note des traducteurs dans "Fighting for the establishment of populist socialism"

Note des traducteurs dans "Razmandegan and Rah-e Kargar: Fighting for the establishment of populist socialism"

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7 Réponses to “L’Union des militants communistes (Unity of Communist Militants, 1979-1983)”

  1. Nationalisme de gauche et communisme ouvrier (Hekmat, 1987) « La Bataille socialiste Says:

    […] et le plus visible de cette rupture avec la gauche populiste fut Ettehad-e Mobarezan-e Kommonist (Union des militants communistes)[21] . L’UMC créée en décembre 1978 et initialement appelée Sahand déclencha une vigoureuse […]

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  2. Introduction au communisme-ouvrier (Modarresi, 2006) « La Bataille socialiste Says:

    […] ses propres réponses à ces questions. Un groupe dirigé par Mansoor Hekmat, l’”Union des militants communistes” (UCM), conduisait ces luttes et comme en période révolutionnaire tout va vite, ce groupe a […]

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  3. Interview d’Azar Majedi sur Mansoor Hekmat (BBC Persian, 2002) « La Bataille socialiste Says:

    […] Au cours des journées révolutionnaires en Iran, il a créé avec Hamid Taghvaie  l’Unité des militants communistes (Ettehad-e Mobarezan-e Kommonist, UCM), une organisation communiste qui luttait pour la renaissance […]

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  4. Entretien avec Asqar Karimi « La Bataille socialiste Says:

    […] que Komala devrait rencontrer Mobarezan [Ettehad-e Mobarezan-e Kommonist, c’est-à-dire l’Union des combattants communistes], que Komala suivait ma voie (rire). Je n’avais aucune influence sur Komala, mais je savais que […]

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  5. Entretien avec Asqar Karimi « Révolution en Iran Says:

    […] que Komala devrait rencontrer Mobarezan [Ettehad-e Mobarezan-e Kommonist, c’est-à-dire l’Union des combattants communistes], que Komala suivait ma voie (rire). Je n’avais aucune influence sur Komala, mais je savais que […]

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  6. Entretien avec Asqar Karimi | Solidarité Ouvrière Says:

    […] que Komala devrait rencontrer Mobarezan [Ettehad-e Mobarezan-e Kommonist, c’est-à-dire l’Union des combattants communistes], que Komala suivait ma voie (rire). Je n’avais aucune influence sur Komala, mais je savais que […]

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  7. Entretien avec Asqar Karimi président du bureau politique du Parti communiste-ouvrier d’Iran | Soliranparis Blog Says:

    […] que Komala devrait rencontrer Mobarezan [Ettehad-e Mobarezan-e Kommonist, c’est-à-dire l’Union des combattants communistes], que Komala suivait ma voie (rire). Je n’avais aucune influence sur Komala, mais je savais que […]

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