Sarkozy et la dictature

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Chroniques de la « France d’après », 14 décembre 2007 :

Sarkozy et la dictature
Article publié sur Démocratie communiste

Contre les mobilisations sociales qui se sont développées en novembre, le gouvernement UMP a usé de mensonges, de répression, a créé des divisions entre travailleurs, et a malgré tout été obligé de céder sur quelques points, de donner quelques compensations. Mais l’absence d’une union et d’une extension des luttes a empêché les revendications elles-mêmes d’aboutir.

Ce n’est cependant qu’un début, d’autres luttes sociales se produiront dans les mois qui viennent.

Parallèlement à ces manœuvres pour étouffer la contestation sociale, le régime a montré avec une précision rare son rapport aux principes démocratiques. Après avoir félicité le dictateur Poutine pour sa « victoire électorale », le monarque-président Sarkozy accueille à bras ouverts le dictateur Khadafi. On ne peut pas dire que tout les oppose : toute manifestation contre le dictateur lybien a été interdite à Paris par le pouvoir UMP…

Le 12 décembre au matin, des grands patrons français se pressaient pour applaudir le dictateur ; l’après-midi les ponts de Paris étaient fermés aux piétons, Khadafi ayant souhaité faire un tour en bateau sur la Seine… Aucun élément de ridicule n’aura donc été oublié, mais ces péripéties ne doivent pas nous faire perdre de vue ce que montrent ces évènements récents quand au rapport de Sarkozy à la dictature.

Par exemple, le nouveau traité européen – texte dont l’essentiel a été refusé par un référendum en France en mai 2005, puis par un référendum aux Pays-Bas en juin 2005 – ne sera pas soumis au suffrage universel. Non content de décider sans le peuple, ce qui est classique (même si strictement contraire au principe de la démocratie), il s’agit cette fois de décider ouvertement contre le peuple.

Mais, puisqu’il s’estime au dessus d’une décision populaire, de qui le pouvoir de Sarkozy est-il donc l’émanation ? De 42% des électeurs inscrits, qui ont voté pour lui au second tour de la présidentielle ? Même pas. Ce qu’on constate de par sa politique a été confirmé lors de son récent voyage en Algérie, où il s’est exprimé depuis une tribune portant le logo… du Medef ! Il n’est décidément que le président des patrons.

Quoi qu’en dise Sarkozy, il n’y a pas en la matière de « rupture » avec la situation antérieure. Ces tendances autocratiques (ou dictatoriales) du président, ce refus d’en passer par la démocratie pour les décisions importantes, sont belles et bien contenues, au moins partiellement, dans la nature des institutions actuelles.

On a donc la confirmation que la « France d’après », c’est en réalité la « France d’avant », en pire.

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