Campagne d’Amnesty contre les exécutions par lapidation en Iran

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Amnesty International presse l’Iran de cesser les exécutions par lapidation

LEMONDE.FR avec AFP et Reuters, 15.01.08

« Iran : arrêtez les exécutions par lapidation », appelle Amnesty International, dans un rapport publié mardi 15 janvier. L’organisation de défense des droits humains y dénonce le caractère « grotesque et épouvantable de cette pratique », pour laquelle le code pénal « stipule même d’utiliser des pierres suffisamment grosses pour faire souffrir, mais pas grosses au point de tuer la victime immédiatement », et que les hommes doivent être ensevelis jusqu’à la taille et les femmes jusqu’à la poitrine.

Alors que, selon elle, neuf femmes et deux hommes sont en passe d’être lapidés en Iran, comme d’autres en 2006 et 2007, l’ONG a demandé à ce que les autorités iraniennes abrogent ou amendent le code pénal du pays et que, dans l’intervalle, elles s’assurent du respect du moratoire de 2002 interdisant la lapidation.

297 EXÉCUTIONS EN 2007

« Nous saluons les récentes avancées vers une réforme et les informations sur le fait que le Majlis [Parlement iranien] discute d’amender le code pénal pour permettre la suspension d’au moins certaines condamnations à la lapidation, dans des cas estimés ‘opportuns’« , a indiqué Malcolm Smart, directeur pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord d’Amnesty, cité dans un communiqué. « Mais les autorités doivent aller plus loin, et prendre les mesures nécessaires pour s’assurer que le nouveau code pénal n’autorise pas la peine de mort par lapidation, ni ne permette d’exécution par d’autre moyen en cas d’adultère », a-t-il ajouté.

L’Iran connaît un des taux d’exécutions les plus élevés au monde. En 2006, 177 condamnés ont été exécutés, la plupart par pendaison. Ce chiffre devrait être dépassé en 2007, 124 personnes ayant été exécutées lors des sept premiers mois de l’année, selon Amnesty International. L’AFP a pour sa part décompté au moins 297 exécutions dans l’année qui vient de s’achever.

Campagne contre la lapidation en Iran

L’endroit, à Aghche-kand, où Jafar Kiani a été lapidé en 2007.

L’endroit, à Aghche-kand, où Jafar Kiani a été lapidé en 2007.

© http://www.meydaan.org

Amnesty international, 15 janvier 2008

Onze personnes (dont neuf femmes) accusées d’adultère attendent actuellement d’être lapidées en Iran. La plupart d’entre elles ont été reconnues coupables au terme de procès manifestement inéquitables. Amnesty International a demandé aux autorités iraniennes d’abolir immédiatement ce châtiment choquant, qui est spécifiquement conçu pour accroître la souffrance des victimes.

En vertu du Code pénal iranien, l’adultère entre personnes mariées est puni de mort par lapidation. Il est même prescrit que les pierres utilisées doivent être assez grosses pour causer de la souffrance, mais pas au point de tuer la victime immédiatement. Amnesty International demande que la législation iranienne soit modifiée d’urgence afin que plus personne ne puisse être condamné à mort pour adultère, que ce soit par lapidation ou par un autre moyen.

« Nous saluons les récentes avancées réalisées en vue d’une réforme du Code pénal et les informations qui nous sont parvenues faisant état de débats au sein du Majlis (le Parlement iranien) pour modifier le Code pénal, afin de rendre possible la suspension d’au moins quelques condamnations à la lapidation, a déclaré Malcolm Smart, directeur du programme Moyen-Orient d’Amnesty International.

« Mais les autorités doivent aller plus loin et prendre les mesures nécessaires pour que le nouveau Code pénal n’autorise plus la lapidation et ne prévoie plus la peine de mort pour adultère, quelle que soit la façon dont la peine est administrée. »

Bien que les autorités soutiennent que les lapidations ont cessé – notamment sous l’effet du moratoire décrété en 2002 par le responsable du pouvoir judiciaire –, plusieurs exécutions de ce type ont eu lieu en Iran, la dernière pas plus tard qu’en 2007. Un homme, Jafar Kiani, a été lapidé pour adultère le 5 juillet 2007 dans le village d’Aghche-kand, près de Takestan, dans la province de Qazvin. On craint que Mokarrameh Ebrahimi, la femme avec laquelle il avait deux enfants, ne subisse le même sort. Celle-ci se trouve dans la prison de Choubin (province de Qazvin), avec l’un de leurs deux enfants semble-t-il. Précédemment, la lapidation d’une femme et d’un homme avait été signalée à Meched en mai 2006.

La majorité des personnes condamnées à mort par lapidation sont des femmes. Ces dernières ne sont pas traitées sur un pied d’égalité avec les hommes devant la loi et les tribunaux. De plus, elles sont particulièrement exposées à des procès inéquitables car elles sont plus souvent analphabètes et par conséquent davantage susceptibles de signer des « aveux » concernant des actes qu’elles n’ont pas commis.

En dépit de cette sombre réalité, les défenseurs des droits humains en Iran pensent que l’écho donné à leur action au niveau international peut contribuer à mettre fin à la lapidation. Ils ont entrepris des démarches courageuses dans le cadre de leur campagne contre la lapidation Stop Stoning Forever, qui a déjà permis de sauver cinq personnes depuis son lancement en octobre 2006 (la peine d’une sixième personne a été suspendue).

Mais ces efforts ont un prix : ceux qui participent à la campagne sont victimes d’actes de harcèlement et d’intimidation de la part des autorités. Trente-trois femmes, dont des membres de Stop Stoning Forever, ont été arrêtées en mars 2007 alors qu’elles manifestaient contre le procès de cinq militantes des droits des femmes à Téhéran.

Amnesty International est opposée à la peine de mort en toutes circonstances. Dans son rapport Iran: End executions by stoning, publié le 15 janvier, l’organisation expose ses préoccupations, notamment au sujet des 11 personnes qui sont condamnées à mort et qui attendent leur exécution par lapidation.

« Nous demandons instamment aux autorités iraniennes de prêter attention à nos appels et à ceux des Iraniens qui luttent sans relâche pour obtenir que soit mis fin à cette pratique horrible », a déclaré Malcolm Smart.

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