The Korean working class / La classe ouvrière coréenne 1987-2007

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Libcom et Mute ont mis en ligne il y a quelques jours un article de Loren Goldner sur la lutte de classe en Corée ces vingt dernières années:

The Korean working class: From mass strike to casualization and retreat, 1987-2007

Ce texte a été traduit en français par la revue amie Ni Patrie Ni Frontières et est disponible ici:

La classe ouvrière coréenne : de la grève de masse à la précarisation et au reflux, 1987-2007

Résumé:

Conformément au modèle que l’on a pu observer en Espagne et au Portugal (1974-76), mais aussi au Brésil (1978-83) à partir du milieu des années 70, la classe ouvrière sud-coréenne a détruit, grâce à des grèves de masse remarquables au cours des années 1987-1990, les bases d’une dictature militaire qui sévissait depuis des décennies. Pendant une brève période (1990-1994), les grèves ont abouti à la création de syndicats démocratiques radicaux et donc à des augmentations de salaires élevées et générales. Mais, comme dans les autres cas cités ci-dessus, la classe ouvrière a été reléguée au rôle de bélier facilitant un changement politique « démocratique » qui a rapidement chanté l’hymne de la mondialisation et du néolibéralisme en faveur de l’économie de marché. En fait, avant la vague de grèves mais surtout après, le capital sud-coréen investissait déjà à l’étranger et cherchait à imposer une politique d’austérité néolibérale à l’intérieur du pays. En 1997-98, la crise financière asiatique força la Corée du Sud à passer sous la tutelle du FMI, ce qui accéléra considérablement la précarisation de la classe ouvrière coréenne, précarisation qui avait été la principale riposte capitaliste aux avancées de la fin des années 80. Aujourd’hui, au moins 60% de la main-d’œuvre vivent dans la précarité la plus brutale. Soumis aux licenciements instantanés, les travailleurs précaires touchent des salaires et des avantages sociaux qui sont au moins inférieurs de moitié au statut des 10% constitués par les travailleurs fixes. Les vestiges bureaucratiques des syndicats démocratiques radicaux du début des années 90 ne sont plus aujourd’hui que des organisations corporatistes représentant cette élite de la classe ouvrière, et autant de luttes ont éclaté entre les travailleurs fixes et les travailleurs précarisés qu’entre l’ensemble des ouvriers et le capital lui-même.


Abstract:

Similar to patterns that have been played out in Spain and Portugal (1974-76) as well as in Brazil (1978-83) since the mid-1970’s, the Korean working class in the late 1980’s destroyed the foundations of a decades-old military dictatorship with remarkable mass strikes in the years 1987-1990. The strikes resulted in the creation, briefly (1990-1994) of radical democratic unions and in high wage increases across the board. But, as in other cases, the working class was relegated to the role of battering ram for a “democratic” political agenda that quickly embraced globalization and the neo-liberal mantra of free markets. In fact, even before the strike wave but particularly thereafter, Korean capital was already investing abroad and pushing neo-liberal austerity at home. In 1997-98, the Asian financial crisis forced Korea under the tutelage of the IMF and greatly accelerated the casualization of the Korean working class which had been the main capitalist riposte to the breakthroughs of the late 1980’s. Today, at least 60% of the work force is casualized in the most brutal way, subject to instantaneous layoffs and half or less the wages and benefits of the 10% of the work force classified as “regular workers”. The bureaucratic remnants of the radical democratic unions of the early 1990’s are today reviled corporative organizations of that working-class elite, and as many struggles take place between regular and casualized workers as against capital itself.

 

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Une Réponse to “The Korean working class / La classe ouvrière coréenne 1987-2007”

  1. Souscription pour un recueil de textes de Loren Goldner « La Bataille socialiste Says:

    […] La classe ouvrière coréenne : de la grève de masse à la précarisation et au reflux Le capital fictif pour les débutants : impérialisme, « anti-impérialisme » et pertinence actuelle de Rosa Luxembourg La crise du dollar et nous Notes sur une nouvelle défaite des travailleurs américains (2004) Je n’ai pas vu le même film : compte rendu du livre de Max Elbaum Revolution in the Air (2004) Une pause dans la crise ou l’amorce d’un nouveau boom économique ? (2003) Un « warfare state » keynésien vide de substance : L’évolution de la démocratie américaine d’hier à aujourd’hui L’Allemagne 1938, Etats-Unis 2003 : parallèles historiques ? Sur le capital fictif La révolte américaine contre la « globalisation » ? (2000) Crise de la liquidité internationale et lutte des classes : Première approximation La classe ouvrière américaine : restructuration du capital global, recomposition du terrain de classe (2002) Lutte de Classes en Basse Andalousie, 1995-1996 (1996) Le communisme est la communauté matérielle humaine : Amadeo Bordiga et notre temps (1991) Le concept de race et le siècle des Lumières : De l’antisémitisme à la suprématie des Blancs 1492-1676 Multiculturalisme ou culture mondiale ? Sur une réponse de « gauche » au déclin social actuel (1993) La fusion afro-indiano-anabaptiste : Les sources du radicalisme américain (2002) Compte rendu du livre de Franklin Rosemont. Joe Hill. The IWW & the Making of a Revolutionary Working class Counterculture. (2003) […]

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