Démocratie : Conceptions et réalités (entretien avec Hekmat)

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Yves Coleman a traduit en français un entretien avec Mansoor Hekmat sur la démocratie daté de 1993. La première partie est mise en ligne ici et paraîtra le 15 mars dans le N° 23-24 de Ni patrie ni frontières, la seconde partie paraîtra dans le N° 25-26 de la même revue.

Extrait:

L’utilité de la démocratie libérale, même en tant que cadre juridique formel pour la domination bourgeoise ou comme bouclier des droits civiques, l’utilité de la démocratie libérale est limitée aux périodes normales, non critiques. Dans les moments de crise, quand les conflits de classe s’intensifient, et que la victoire de la classe ouvrière, même en tant que menace potentielle, devient réelle pour la classe dominante, le cadre démocratique libéral saute en moins d’une journée.

Le système parlementaire est, en tout cas, un mécanisme indirect pour la participation indirecte du peuple. Ce n’est pas le peuple, mais des individus, ses représentants, qui sont censés participer au gouvernement. Dans le système parlementaire, ces représentants ne sont liés par aucune obligation, c’est-à-dire qu’ils ne sont pas obligés de refléter les souhaits de leurs électeurs sur diverses questions. Ils sont libres de l’usage de leur voix et expriment leurs propres opinions dans les parlements, les assemblées législatives, etc. En d’autres termes, les gens les élisent, mais les députés ne sont ni leurs représentants ni leurs porte-parole, mais leurs substituts pour gérer le gouvernement. Le processus électoral est donc un processus de légitimation du gouvernement, mais pas de la participation du peuple à la politique. La démocratie se préoccupe surtout d’établir un gouvernement qui provienne du peuple dans un sens purement formel.

Et les élections permettent d’assurer cela à la classe dominante.

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