Les Syndicats (Tribune, 1981)

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Présentation

Cette plaquette sur les syndicats (français pour l’essentiel) est le résultat du militantisme et de la réflexion de quelques dizaines de camarades qui ont quitté la Ligue Communiste Révolutionnaire il y a quelques mois. Elle ne constitue pas notre programme pour 50 ans sur la question syndicale. Ce texte a essentiellement pour but de permettre la discussion dans les entreprises, de susciter la réflexion et de soutenir notre intervention quotidienne. C’est un premier pas dans notre réflexion sur une série de questions décisives pour la classe ouvrière. Dans les mois qui viennent nous publierons d’autres plaquettes sur la hiérarchie et les classes sociales, sur les comités d’entreprises, etc,.. En attendant nous continuons à militer et à réfléchir.

L’histoire des syndicats en France

Les premières formes d’organisation de la classe ouvrière, dans les années 1870-80, sont les caisses de solidarité, d’entraide, rendues nécessaires par le développement des grèves. Créées au cours de la lutte, elles permettent de résister financièrement et elles disparaissent après la grève. Rapidement, ces caisses deviennent permanentes pour former les premiers syndicats de métier, puis les fédérations (1886).

Parallèlement aux syndicats de métier et de corporation, se développent les bourses du travail (ancêtres des unions locales). Ces bourses se chargent de placer les travailleurs, d’organiser une caisse de secours pour les ouvriers de passage dans la région, ou au chômage. De plus, elles se donnent comme tâche importante, l’éducation de leurs membres grâce à des cours d’alphabétisation, d’enseignement général, de formation professionnelle et la constitution de bibliothèques. Ces bourses se fédèrent en 1892 et se déclarent indépendantes de l’état et des partis. Elles ne reçoivent d’ailleurs de subsides, ni des uns, ni des autres. La vie des militants est particulièrement difficile : harcelés par la police, la justice, les patrons, ils subissent à tour de bras les amendes, violences, peines de prison . . .

En 1902, la Fédération des Bourses de Travail et la Fédération des syndicats de métier fusionnent pour donner la Confédération Générale du Travail. Cette fusion correspond à un développement des luttes ouvrières à partir de 1900, qui culmine en 1906 avec 438.000 grévistes et le début de la lutte pour la journée de 8 heures.

Cette fusion est aussi celle du syndicalisme « quotidien » (défense des salaires, des horaires) et des idées anarchistes. La nouvelle CGT réaffirme son indépendance par rapport aux partis et à l’état et adopte un fonctionnement fédéraliste.

Parallèlement à ce début de construction des syndicats, une fraction plus avancée de la bourgeoisie entreprend de diversifier la politique de l’état vis-à-vis des syndicats. Ainsi, des tentatives sont menées par Millerand et Briand pour nouer des liens avec les syndicalistes les plus modérés. La bourgeoisie commence ainsi à voir la possibilité d’utiliser les syndicats pour le bon fonctionnement du système capitaliste.

Faiblement structurés, avec une bureaucratie moins développée, corporatistes, les syndicats d’avant la guerre de 14 sont malgré tout des organisations ouvrières vivantes et relativement démocratiques.

La guerre va profondément modifier la place des syndicats. Après avoir voté des résolutions antimilitaristes avant la guerre, la CGT disparaît de la scène au début des hostilités. Quand elle réapparaît, c’est pour inviter les travailleurs à participer à l’effort de guerre, puis à la reconstruction de la France. Mais surtout on assiste à la mise en place des premiers délégués syndicaux, de commissions paritaires, c’est-à-dire le début de participation du syndicat à l’appareil de production et à l’appareil d’état. La guerre entraînera à sa suite la montée de luttes ouvrières à l’échelle internationale qui provoquera la scission syndicale entre direction réformiste (devenue ouvertement l’agent de la bourgeoisie) de la CGT et direction « révolutionnaire » (soutenant la révolution russe) avec la CGTU (scission en 1921).

Opposées sur beaucoup de points, la CGT et la CGTU sont maintenant obligées de se déterminer non seulement en fonction des usines, de la production, mais aussi de l’appareil de l’état. Pour la CGT contrôle ouvrier signifie cogestion et l’appareil d’état doit se conquérir de l’intérieur (surtout avec la présence, à partir de 1927, de la Fédération des fonctionnaires, auparavant Fédération « indépendante »). Pour la CGTU, contrôle ouvrier signifie mise en cause de l’autorité patronale en même temps que l’appareil d’état doit être remplacé par les soviets (par la suite le PC devient de plus en plus fort dans la CGTU et au fil des années, la belle image des soviets instruments des ouvriers, des soviets russes de 17, s’efface pour n’être plus envisagés que comme des instruments des syndicats, du PC).

Parallèlement à ce désaccord, la CGT et la CGTU vont être incapables de faire face à l’évolution de l’organisation de la production : la masse grandissante des ouvriers déqualifiés qui se développe sur les chaînes, reste non syndiquée ; les OP, OQ, ouvriers des petites boîtes familiales vont continuer de former le gros des syndiqués.

La situation de relative prospérité économique de 1921-1929, va permettre à la CGT de devenir majoritaire, grâce à sa politique des négociations-participations qui obtient des résultats.

La crise de 1929 entraînant les grandes luttes de 1936 va relancer les débats sur l’organisation de l’économie et de l’état, et la place des syndicats dans celle-ci. L’accord se fait entre CGT et CGTU sur les nationalisations, le développent des délégués, la nécessité de la lutte contre le fascisme.

La grève de 1936, provoquée par la crise économique, voit la canalisation des revendications ouvrières dans les limites et vers les objectifs choisis par les appareils syndicaux (et politiques). Dans le même temps, cette crise montre à la majorité de la bourgeoisie la nécessité d’instaurer un cadre permanent plus important de concertation avec la classe ouvrière. C’est ainsi, qu’en plus des congés payés et des augmentations de salaires, les syndicats obtiendront la mise en place de commissions mixtes patron-syndicats, de conseils de discipline mixtes, la reconnaissance des délégués du personnel et les premières nationalisations (armement). Le tout offrant un joli lot de places sûres pour les bureaucrates : le syndicat devient l’interlocuteur indispensable. Toutes les relations capital-travail légales passent à présent par son canal. Les résultats sont immédiats. La syndicalisation qui a commencé à se développer avec la fusion CGT-CGTU prend une ampleur considérable. Pendant une courte période (jusqu’à la guerre), les syndicats vont devenir de véritables organisations de masse.

Après la guerre, les grandes tendances de l’après 36 se développent : rôle de plus en plus important des syndicats par le développement des nationalisations (45), des heures de délégation (1945), la création de délégués syndicaux au CE (68), la légalisation des sections syndicales d’entreprises (1968) . . . Cependant, les syndicats n’arriveront pas à stabiliser la masse des ouvriers qu’ils peuvent recruter dans les périodes exceptionnelles (45-46 68).


Ce que sont les syndicats

Après avoir vu, rapidement, comment sont nés et se sont développés les syndicats, voyons maintenant qui est syndiqué (et qui ne l’est pas) et comment fonctionnent les syndicats.

Les syndicats regroupement : – ceux qui voient dans le syndicat une assistante sociale dans l’entreprise (problèmes de salaires, d’horaires, de carrières, « familiaux », etc . . .) : – ceux qui pensent qu’il faut se bagarrer contre le patron pour obtenir le plus d’avantages possibles ; – ceux qui militent dans des organisations politiques et font donc du « travail » syndical : – ceux qui y sont parce tous leurs copains y sont et enfin –ceux qui y font carrière . . .

Dans les non-syndiqués, on retrouve bien sûr les « jaunes », les travailleurs passifs, mais aussi ceux qui préfèrent ne pas se mouiller pour les autres, ceux qui ont été déçus à un moment ou à un autre par le syndicat (localement ou après de grandes luttes comme 36 ou 68 . . .) et puis beaucoup de jeunes travailleurs qui préfèrent les « solutions » individuelles (moto, drogue) ou qui préfèrent militer à l’extérieur de l’entreprise (écologie, antimilitarisme, etc . . .).

Parallèlement, la qualification et la place dans la production jouent un rôle important dans la syndicalisation. Pratiquement pas d’OS syndiqués (à plus forte raison si ce sont des travailleurs immigrés). Une grande majorité d’OP, d’OQ, quelques techniciens ; peu de femmes.

La syndicalisation est pratiquement inexistante dans les petites entreprises ; elle est de plus en plus importante jusqu’à 1000 employés. Pour les boîtes de plus de 1000 employés, si les sections syndicales existent partout, le pourcentage des syndiqués est plus faible. Là, la plus grande division du travail, donc le plus grand nombre d’ouvriers peu ou pas qualifiés, entraîne une faible syndicalisation.

Plus on s’élève dans la hiérarchie syndicale, plus on trouve de travailleurs qualifiés. Les OS disparaissent pour laisser place aux OP, aux employés de bureau, aux techniciens, ou aux quasi-permanents par cumul d’heures de délégation.

Voyons maintenant comment fonctionne le syndicat. Au niveau de l’entreprise, on trouve au sommet de la hiérarchie les responsables syndicaux : ceux qui sont élus par les travailleurs (délégués du personnel, délégués au CE) et ceux qui sont désignés par le syndicat : délégués syndicaux et représentants syndicaux au CE. Ce sont eux qui dirigent le syndicat. La commission exécutive du syndicat vote bien quelques orientations mais les véritables décisions sont prises par le bureau, par « ceux qui savent ». Ils savent parce que leur fonction leur permet de « savoir » : grâce aux heures de délégation auxquelles ils ont droit, parce qu’ils sont les « interlocuteurs valables » du patron, parce qu’ils ont le monopole des relations avec la hiérarchie syndicale, avec l’UL . . . Le patron a, bien sûr, intérêt à favoriser cette coupure entre « les responsables » et « la masse ». Il reçoit les délégués et pas les travailleurs ; il préfère concentrer un maximum d’heures de délégation entre les mains de quelques délégués ; il peut même être large sur les heures . . . Il favorise ainsi la création d’une caste de spécialistes des relations sociales auxquels les travailleurs font toute confiance.

Parallèlement, les militants ont rapidement tendance à s’accrocher aux postes ; il est plus intéressant de participer à des écoles syndicales, à des commissions types CHS ou commissions diverses du CE, d’accroître ainsi ses connaissances, culturelles ou politiques, de « cogérer » l’entreprise, que de faire chaque jour le même travail mécanique aux ordres des petits chefs. Alors, on essaie d’échapper à la production en tirant sur les heures de délégation, en traînant après une réunion, en se proposant pour des délégations à l’extérieur de la boîte, etc . . .

De plus en plus le fossé se creuse entre la masse des syndiqués (déjà minorité triée par rapport à la masse des travailleurs) et les spécialistes. Les premiers donnent vaguement leur avis dans d’épisodiques réunions d’adhérents ou entre deux portes, en coup de vent, en discutant avec un « responsable du syndicat » : les seconds voient leurs tâches, leur responsabilité, leurs droits s’élargir avec la possibilité toujours offerte de les voir encore augmenter avec la promotion dans la bureaucratie syndicale.

Que font les syndicats?

Après avoir vu l’évolution des syndicats des origines à nos jours, puis le fonctionnement des syndicats, voyons maintenant ce que sont leurs tâches, leur rôle tant au niveau de l’entreprise, qu’à l’extérieur.

Nous avons déjà vu qu’un certain nombre de travailleurs se syndiquent pour leur avancement, leur carrière, etc . . . Ceci s’étend et se renforce à l’ensemble des travailleurs : pour beaucoup le syndicat (par l’intermédiaire des délégués, des réunions paritaires) joue le rôle d’assistante sociale, de gestionnaire (cantine, CE, colonies de vacances . . .) de la hiérarchie, de la politique des primes, de salaires, des conditions de travail. Comme toujours, le rôle de chacun va en se caricaturant jour après jour : le travailleur assisté se décharge de plus en plus de toute responsabilité sur le spécialiste qui enrichit ses connaissances, échappe à la production et devient le partenaire privilégié du patron car il « comprend les problèmes ».

Mais il y a aussi ceux qui voient dans le syndicat un instrument de lutte contre le patron. Et effectivement le syndicat avance un certain nombre de mots d’ordre, mène des luttes contre le patron, au jour au jour. Mais ces revendications, ces luttes se placent généralement dans le cadre de l’aménagement du système et dans une direction bien précise : accroître le rôle des syndicats, ce qui entraîne des revendications bien particulières : conserver la hiérarchie (par les augmentations en pourcentage, l’échelle mobile, la grille unique), ou l’atténuer quelque peu (augmentations uniformes), conserver l’organisation de la production (création de commissions pour « discuter » des conditions de travail, lutte pour des primes à la productivité, d’insalubrité, de pénibilité plutôt que contre les conditions de travail), etc . . . Quant aux luttes elles-mêmes, leur organisation par les syndicats est bien particulière aussi. Tout d’abord les syndicats sont rarement à l’initiative des luttes où se développe une activité autonome de la classe ouvrière. Souvent suivistes, parfois freinant, les syndicats manifestent une méfiance vis-à-vis de tout ce qui vient de la base et limitent au maximum la démocratie ouvrière : les responsables syndicaux sont obligatoirement les responsables de la lutte (même si on appelle cela un comité de grève !) et ne rendent de comptes qu’épisodiquement devant des AG rendues facilement manipulables par l’absence d’information et d’habitude de cette pratique. Les tâches de popularisation de la lutte sont monopolisées par les spécialistes : membres des UL ou UD pour les autres boîtes du coin, membres de l’appareil pour la presse, la radio, le reste du syndicat . . .

Pour les syndicats, il s’agit avant tout de prouver l’efficacité de l’appareil dans la lutte contre le patron, même si les résultats peuvent en souffrir un peu, plutôt que de laisser se développer l’auto-organisation de la classe ouvrière.

En attendant que par ces luttes le rôle du syndicat augmente, il y a déjà pas mal à faire : signatures des contrats nationaux, par branche . . . ; participation aux instances paritaires (fonction publique surtout), aux comités d’entreprise, comité central d’entreprise, conseil d’administration, commission d’hygiène et de sécurité, sans parler des commission du plan (VIème, VIIème plan), des accords sur la formation professionnelle ou des « grands » accords (Matignon 1936, Grenelle 1968). Et quand le patron ou l’état exagère, ne veut pas céder autour du tapis vert, le syndicat brandit la terrible menace de la grève de 24 heures au moment de la signature du contrat, ou la menace d’une délégation massive à la porte de telle commission paritaire ou de tel cabinet ministériel.

Le choix du syndicat

Actuellement, les syndicats regroupent, selon les conditions locales, une plus ou moins grande partie de la classe ouvrière, de ceux qui luttent contre le patronat. Il faut donc militer dans les syndicats, mais en prenant garde de ne pas répandre l’illusion qu’ils pourraient se transformer en instruments « révolutionnaires », même avec un bon programme. Le choix du syndicat se fait essentiellement en fonction des conditions locales : son poids dans la classe ouvrière, ses activités, l’image politique que s’en font les travailleurs de l’entreprise. Même si la CGT est le plus gros syndicat dans des secteurs importants comme la métallurgie, la sidérurgie, le bâtiment, cela ne veut pas dire qu’il faut y militer partout et toujours.

Pour ce qui est des syndicats de cadres et de tous les syndicats catégoriels (UGICT, CGC, UGC . . .) il faut lutter contre leur création, dénoncer et montrer que les intérêts qu’ils défendent sont contradictoires avec ceux de la classe ouvrière.

Que faire dans les syndicats

Le combat pour le socialisme est le combat pour que la classe ouvrière gouverne elle-même l’ensemble de la société.

Ce combat ne doit jamais être contradictoire avec son but, personne ne doit se substituer à la classe ouvrière.

Les périodes de lutte sont, bien entendu, des périodes privilégiées ; ce sont là qu’apparaissent des formes, mêmes limitées, d’auto-organisation. L’ensemble des travailleurs se sent alors concerné par ce qui se passe et commence à prendre les choses en main. Les embryons d’auto-organisation qui se mettent en place à ce moment-là s’opposent à la prise en main par les spécialistes habituels (les syndicats) de la direction de leur lutte.

La lutte révolutionnaire est quotidienne, aborde tous les sujets, n’a de limite ni de lieu, ni de période; l’intervention syndicale n’est qu’un de ses aspects. Pour qu’elle reste dans une perspective révolutionnaire, il faut éviter deux erreurs :
— la première serait de donner l’impression de construire le syndicat démocratique dans lequel les idées révolutionnaires par leur seule force, deviendront majoritaires et pourront le transformer : ce serait une illusion sur l’évolution possible des syndicats ;

— la seconde serait de se contenter d’une présence dénonciatrice sans aucune participation à la construction du syndicat, meilleure façon pour se retrouver seuls et sans écho. La direction du syndicat trouvant là tour à tour des boucs émissaires ou une caution démocratique.

C’est donc un double travail dont il s’agit : participer à la construction des sections d’entreprise en assumant certaines tâches, mais en dénonçant ce que sont réellement les syndicats et en posant des problèmes dépassant largement le cadre syndical.

Les syndicats sont des organisations hiérarchisées : chaque tâche y est assurée par des spécialistes plus ou moins inamovibles. C’est ici la même division capitaliste du travail que dans l’entreprise. Les travailleurs habitués au poids de la hiérarchie dans le travail, rencontrent la même dans le syndicat sans réagir devant ce qui est devenu naturel. C’est donc sans relâche qu’il faut dénoncer cette délégation de pouvoir en :

— créant les conditions de cette remise en cause par la formation syndicale qu’il faut faire exister dans le syndicat ou prendre en charge ;

— dénonçant l’inamovibilité des responsables, délégués, etc . . . en montrant qu’elle est liée à la division du travail dans l’entreprise et en combattant par là la hiérarchie dans l’entreprise et ses conséquences ;

— mettant en pratique, chaque fois que c’est possible, la rotation aux postes de responsabilité.

Bien sûr, lorsqu’il n’y a pas de lutte, les ouvriers ne remettent pas spontanément en cause la délégation de pouvoir. Mais tout doit être fait pour progresser dans cette voie : par le partage entre plusieurs des fonctions de délégué ; par la rotation entre tous les travailleurs de l’atelier des heures de délégation, par la prise par tous les travailleurs de temps sur le temps de travail pour discuter des questions syndicales.

Les conséquences pour la pratique quotidienne sont donc : de refuser de s’élever dans la hiérarchie syndicale, sauf cas très particuliers ; d’avoir une intervention au niveau de la section ; de lutter pour que les instances de base aient le maximum d’autonomie par rapport aux instances de direction. Il s’agit d’un travail patient et conscient dans les structures de base du syndicat pour gagner les travailleurs aux idées révolutionnaires.

De la même façon qu’ils sont parfaitement intégrés au fonctionnement de l’entreprise, les organisations syndicales se sont développées dans le cadre des états bourgeois et ils défendent ce cadre. Par exemple, en avançant le mot d’ordre de « produisons français » ou en défendant timidement les intérêts des travailleurs immigrés, notamment contre le chômage, ou en demandant le contrôle de l’immigration. A cela il faut opposer en permanence un point de vue internationaliste, travaillant ainsi à l’unité de la classe ouvrière mondiale.

Ce sont souvent les couches les plus privilégiées des salariés qui constituent l’ossature et la base du syndicat. Ce sont donc leurs intérêts qui sont principalement défendus. A l’inverse, il faut se battre pour la prise en charge prioritaire des intérêts des couches ouvrières généralement laissées pour compte (immigrés, femmes, jeunes . . .), posant à nouveau par là le problème de l’unité de la classe ouvrière.

Ces quelques idées ne définissent pas un programme à « faire passer » coûte que coûte, à « faire voter » alternativement à ceux des réformistes ou autres, mais comme des repères pour une autre pratique syndicale. A titre d’exemple, il est bien plus important de faire comprendre l’importance du temps de travail que d’agiter les 35 heures comme un hochet. Fondamentalement, c’est la manière d’intervenir dans le syndicat qui est déterminante.

Note: Nous sommes presque sûrs de la date mais ne pouvons la garantir. La plaquette, issue de la bibliothèque d’un camarade, est inventoriée sans date à l’Inventaire du fonds Preneau

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