Eurocapitalisme ou socialisme mondial (SPGB, 1979)

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Tract diffusé lors des premières élections au Parlement européen

Travailleurs,

Le Parlement Européen que vous êtes appellé, ainsi que les travailleurs de huit autres pays, à élire pour la première fois au suffrage universel n’est pas un parlement dans le sens traditionnel. Vu ses pouvoirs très limités il s’agit plutôt d’un comité consultatif. Les vrais pouvoirs parlementaires – établir les lois et fixer le budget – sont exercés dans le Marché Commun par les ministres des neuf Etats-Membres. Néanmoins, puisque I’institution politique existe et puisqu’il vaut mieux qu’elle soit élue plutôt que nominée, le Parti Socialiste de Grande-Bretagne et ses sympathisants d’autres pays européens prendront part a cette campagne electorale.

Le socialisme mondial

Nous saisissons cette occasion où les gens ne penseront pas exclusivement en termes nationaux pour avancer la proposition socialiste que la seule solution aux problèmes sociaux d’aujourd’hui est I’établissement d’une communauté mondiale sans frontières fondée sur la possession commune et la gestion démocratique des moyens de production et de distribution avec une production pour la seule satisfaction des besoins humains et non pour la vente et le profit. Sur cette base I’appareil de production d’échelle mondiale pourrait fournir une abondance qui est techniquement possible mais qui est rendue impossible aujourd’hui à cause des restrictions dues au système capitaliste et à sa règle « pas de profit, pas de production ». Cela permettrait de mettre en pratique le principe socialiste de longue date: « de chacun selon ses capacités, à chacun selon ses besoins ». Autrement dit, I’accès libre pour chaque homme, femme et enfant a ce dont ils ont besoin pour vivre et apprécier la vie. Ceci, disons-nous, est techniquement possible mais d’abord les moyens de production doivent devenir le patrimoine commun de toute I’humanité, la seule base sur laquelle le but de la production peut être change, de faire des profits a satisfaire les besoins humains.

Le socialisme ne peut être établi dans un seul pays. L’existence même du Marché Commun montre que même en société capitaliste I’Etat-Nation est devenu un cadre trop petit pour I’appareil productif. Le capitalisme est déjà et a été pendant plusieurs années un système mondial. II existe dans la Russie capitaliste d’Etat et la Chine ainsi que dans I’Ouest, et il fonctionne à travers le marché mondial comme un seul système économique. C’est pourquoi le nouveau développement social, plus élevé, le socialisme, qui le remplacera doit être un système mondial aussi.

II y a ceux qui voient la mondialisation de la production et de la vie, y compris le Marché Commun lui-même, comme une menace a « I’indépendance nationale ». Cette position réactionnaire a été adoptée officiellement par la plupart des Partis Communistes d’Europe, montrant par là qu’ils n’ont aucun droit quel qu’il soit à se dire « socialistes » ou « communistes ». Le socialisme, comme nous venons de I’expliquer, ne peut être qu’un système mondial et ne peut défendre « I’indépendance nationale » capitaliste. Au contraire, I’une de nos critiques du capitalisme est précisément qu’il a divisé le monde en des Etats-Nations armés et en compétition dont les conflits aboutissent de temps en temps a la guerre. Aujourd’hui en effet il y a toujours la guerre quelque part dans le monde. Ce que nous voulons n’est pas « I’indépendance nationale » mais un monde socialiste sans frontières.

Le Marché commun capitaliste

Quant au Marché Commun lui-même, ou pour employer le titre quelque peu grandiose qu’il s’est donné, la « Communauté Européenne », c’est un accord politique et commercial dans lequel sont rentrés divers Etats européens de façon a poursuivre les intérêts de leurs capitalistes. Bien qu’une expression d’une mondialisation croissante du monde, ce n’est pas un pas dans le sens d’une unification mondiale, qu’il n’était pas non plus censé être. C’est plutôt un pas vers la création d’une nouvelle super-puissance rivalisant avec la Russie et les Etats-Unis, annonçant le prospect terrifiant que les guerres du futur seront des guerres entre continents. Déjà une guerre commerciale à trois côtés est en train de se dessiner entre I’Europe, le Japon et les Etats-Unis qui maintenant se rapprochent de la Chine.

Ceci ne veut pas dire, cependant, que nous devons figurer dans le même panier que ceux qui s’opposent au Marché Commun. Cela veut simplement dire que nous considérons la chose entière, et les controverses à ce sujet, comme assez peu pertinente d’un point de vue de la classe travailleuse. Quelles alliances commerciales un tel pays fait ne concerne que ses capitalistes et non ses travailleurs.

Le capitalisme

Le fondement de la société capitaliste est le monopole des moyens de production et de distribution par une classe minoritaire et la division conséquente de la société en deux classes antagonistes : ceux qui possèdent les moyens de production et ceux qui, exclus d’une telle possession, sont obligés de vendre leurs énergies mentales et physiques pour un salaire de façon a gagner leur vie. Dans la société capitaliste il n’y a pas d’intérêt commun social mais un conflit d’intérêts entre ces deux classes à propos des salaires et des conditions de travail et, à la fin, à propos de la possession des moyens de production et de distribution.

L’intérêt de la classe travailleuse réside dans I’abolition du capitalisme et de son remplacement par le socialisme. Le capitalisme est une société de classe fondée sur I’exploitation et la consommation restreinte de la classe travailleuse qui ne marche que dans un sens : comme un système de profit dans I’intérêt de ceux qui vivent des profits tires de leur possession des moyens de production. Malgré des tentatives futiles et répétées, par des gouvernements travaillistes, sociaux-démocrates et autres, dans tous le pays, le capitalisme ne peut être réformé de façon à fonctionner dans I’intérêt de la majorité. Ce n’est pas la réforme du capitalisme qui devrait être recherchée mais son abolition.

La véritable question

Le choix entre le capitalisme et le socialisme est la question que posent le Parti Socialiste de Grande-Bretagne et ses sympathisants d’autres pays lors de ces élections. Ceux qui veulent et comprennent le socialisme peuvent I’indiquer en écrivant « SOZIALISMUS », « SOCIALISME », « SOCIALISM », « SOCIALISMO », selon le cas, sur leur bulletin de vote.

« Les travailleurs n’ont pas de patrie »
« Travailleurs du monde unissez-vous »

Comité exécutif, Le Parti Socialiste de Grande-Bretagne, 52 Calpham High Street, London SW4 7UN, GB.
Avril 1979.

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