Vol et capitalisme mafieux

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Article publié par Socialiste de gauche 65 le 6 juillet 2008

La mafia est une organisation criminelle internationalisée, mondialisée pour utiliser le terme actuel. Son but c’est l’enrichissement de quelques uns de ses dirigeants par le vol et les différents trafics. Pour cela elle n’hésite pas à tuer. Elle se répartit les secteurs d’activité, collabore entre continents quand elle n’est pas en situation de concurrence, comme une entreprise privée d’un pays sans droit ni lois, hormis celles de l’argent. Elle finance des campagnes électorales, soutient des candidats, appuie telle ou telle loi et fait du « lobbying » auprès des pouvoirs publics. Elle s’intéresse à tous les secteurs de la vie économique et investit comme n’importe quel milieu d’affaire et avec n’importe quel milieu financier. L’argent ne devient sale que lorsque l’affaire tourne mal, autrement dit très rarement. Et il n’y a pas que les « paradis fiscaux » qui en profitent.
Les affaires sont les affaires et on peut prier la « madona » entre deux volées de chevrotines comme Bush entre deux bombardements et la main sur le cœur. La confusion est telle entre les nouveaux intérêts que dans certains pays il n’y a aucune différence entre mafia et nouvelle bourgeoisie. En Russie la nouvelle classe dirigeante est à la fois issue de la « nomenclatura » stalinienne et de la mafia. C’est le crime qui a produit la bourgeoisie entreprenante et d’affaire. Le principe est le même pour l’une comme pour l’autre, c’est de prendre les richesses à ceux qui les produisent, les travailleurs, directement ou indirectement. C’est la lutte des travailleurs organisés qui a depuis plus d’un siècle imposé des règles de fonctionnement du « marché du travail » et de la marchandise « force de travail ». Encore de nos jours la bourgeoisie s’accommode mal de ces règles et tend progressivement à les supprimer et va faire produire là ou elles sont inexistantes .
Dans nos sociétés il y a des règles de ce que l’on peut faire ou pas à des fins d’enrichissement et n’est vol qu’en dehors de ce qui est autorisé de prendre et de quelle manière. Encore faut-il être pris puisque le fond prime sur la forme, l’argent d’abord dans un milieu ou la fin justifie toujours les moyens. Les moyens, ça se plaide. Qu’est-ce qui différencie une entreprise privée d’un « cartel » mafieux ? La mafia n’est pas déclarée au registre du commerce et ne paie pas d’impôts en dehors de ses filiales légales et des agences de recyclages. L’entreprise est déclarée, paie des impôts et taxes mais tente de s’y soustraire pour une part au moins. Les deux versent des salaires, l’une sur un accord l’autre pas toujours. L’une ne déclare rien , l’autre déclare ses salariés et verse les cotisations sociales, en principe et ce n’est pas toujours le cas et tente de s’y soustraire et demande avec l’accord de l’Etat d’en baisser les « charges ».
Il arrive dans les deux cas que les salaires ne soient pas versés ou pas intégralement, que les heures supplémentaires ne soient pas payées et que le travail soit dissimulé. L’une fonctionne toujours avec une caisse noire, l’autre souvent comme l’organisation patronale de la métallurgie . Leur principe commun c’est le Marché et les mêmes banques reçoivent leur argent respectifs et dans les mêmes paradis fiscaux. Economie parallèle certes mais économie de marché avec la même revendication « moins d’Etat » et une administration moins « tatillonne », cela peut se comprendre pour la maffia. Cette dernière fonctionne avec « des hommes d’affaire » des comptables et des juristes, des chefs et des contrôleurs mais sans droit ni devoirs et en dehors de la loi. Lois droit et devoirs dont se passeraient volontiers bien des entreprises privées et plus particulièrement des droits des salariés qui selon elles freinent l’initiative comme par ailleurs la loi freine la mafia. Le néolibéralisme a trouvé son modèle sans Etat, sans lois, sans contraintes afin d’éviter la concurrence déloyale, il ne lui reste plus qu’à fonctionner comme la mafia . C’est à cela que certains aspirent.

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