Le socialisme vu de Tarbes (2005)

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Extraits du blog Histoire socialiste qui reprend une exposition Le socialisme en France et dans le monde dans les Hautes-Pyrénées en 2005.

Socialisme

Le mot  » Socialisme  » est employé pour la première fois en France en 1832. L’année suivante on le retrouve dans un article du Poor Man’s guardian signé par un socialiste.

Le Socialisme est né de l’injustice, de l’inégalité et du manque de liberté. Il est né de manière confuse sans structure réelle malgré les théories de Babeuf… D’autres termes lui sont synonymes au XIXe siècle: égalitarisme, prolétarisme, communisme…, Ricardo, Blanqui

Dès 1864, il devient une idée structurée tant au niveau de la théorie que de la pratique, grâce à Karl Marx et Engels.

Ce sont les Internationales qui contribuent à organiser le Socialisme.

Le Socialisme est le produit de l’injustice économique et sociale. Il est aussi le produit de la lutte des classes qu’il entend faire progresser afin de construire une société nouvelle sans classe.

Cette nouvelle société ne peut se construire que par la socialisation des moyens de production et d’échange, l’éducation de masse afin d’élever la conscience individuelle et collective, la libéralisation des consciences des emprises spirituelles et des tabous, l’élévation du niveau de vie. La libéralisation de la personne humaine des contraintes économiques et sociales. Le moyen est l’organisation du prolétariat en syndicat et parti politique.

Le socialisme ne peut s’imposer que par la fin du système capitaliste inégalitaire et la construction d’une société égalitaire sans classes.

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Le Parti socialiste dans les Hautes-Pyrénées

Le mouvement socialiste dans le département date de 1888. C’est à l’origine essentiellement le POF qui est l’organisation de base, surtout autour de TARBES et de BAGNERES DE BIGORRE.

Ces socialistes se recrutent dans l’arsenal, autour de Romain Besques. Ce dernier se présente aux élections de 1893. Une quarantaine de membres constitue le premier mouvement socialiste. Ils sont étroitement surveillés. La faiblesse de la classe ouvrière explique la lente progression des socialistes dans le département. La fédération départementale de la SFIO fut formée en 1909, lors d’un congrès tenu à TARBES et ne comprenait alors que cinq groupes ou sections. Georges DAZET proche de Guesde est l’animateur départemental.

Parmi ces premiers militants, il convient de citer R.BESQUE PEYAC, SOUBIROU, LOUGOT, WYS, HOUZAS, PICHON, DAUVERGNE (TANESSE ) fut désigné secrétaire Fédéral.

La SFIO possède avant 14, une coopérative boulangère. En 1918, des ouvriers de l’arsenal créent la Prolétarienne. elle comprenait un restaurant, une salle de vente pour l’épicerie et la boucherie. Cette coopérative permet de ravitailler les ouvriers.

Les années 20-30

Dans notre département la majorité vote l’adhésion à la IIIème Internationale. Les minoritaires qui maintiennent la SFIO ont à leur tête Tannesse et Claverie d’Arreau. Seule la section d’Arreau vote pour le maintien au sein de la SFIO. En 1919, la SFIO à 250 adhérents, 19 en 1920 ! ! !

Tannesse, professeur de philosophie, est le grand animateur de la SFIO de l’après guerre, candidat aux législatives de 1932, il dépasse le candidat Radical à Tarbes. Communistes et socialistes restent divisés localement. A partir de 1925, les socialistes participent à la gestion municipale de Tarbes. En 1933, les socialistes retirent leur soutien. La désunion est source de défaite en 1935. La fédération socialiste dispose d’un journal Bigorre socialiste.

LE FRONT POPULAIRE

La tendance de Marceau Pivert,  » la gauche révolutionnaire « , est le courant le plus puissant au sein de la fédération socialiste des Hautes-Pyrénées. A l’aile gauche de la SFIO, deux tendances sont antagonistes: la gauche révolutionnaire et la  » bataille socialiste  » de ZYROMSKI, cette dernière est jugée pro –stalinienne.

L’Arsenal, Alsthom, Hispano, Morane et l’enseignement sont les points forts de la SFIO. Tarbes et sa banlieue regroupent 250 militants.

En 1935, une réunion du colonel de la Roque entraîne une manifestation de la gauche : 8000 personnes défilent à Tarbes.

La fédération est pour l’intervention en Espagne. Quelques militants SFIO, d’origine espagnole, surtout des aragonais, passeront la frontière pour s’enrôler dans les colonnes de l’UGT et du PSOE. Un groupe d’enseignants socialistes organise le passage de pièces d’avion par la montagne, ainsi que des armes et des médicaments. A leur tête, Henri Delpech. Gallaud socialiste et plus jeune conseiller municipal de Tarbes, est le consul de la République Espagnole.

André Fourcade est premier secrétaire fédéral de la SFIO et secrétaire syndical CGT. Son adjoint au bureau fédéral est Jean Marcheix ainsi qu’Ibos.

En milieu rural, il y a des militants très actifs comme TREMOULET à BAZORDAN et BIZE dans le canton de ST LAURENT DE NESTE. La SFIO est implanté à TARBES AUREILHAN où les socialistes sont à la Mairie, SEMEAC et BAGNERES DE BIGORRE.

Les élections de 36 sont un échec local : seul le radical Manent est élu à la députation. Le mouvement de grève est profond dans notre département. Parti de Bazet (15 juin), il touche l’industrie, les services ( Manuguet, les Galeries…). le mouvement est plus limité à l’arsenal et dans le secteur public. Le 20 août, un meeting de Duclos attire 5000 personnes socialistes et communistes.

La Résistance

La majorité parlementaire vote les pleins pouvoirs à Pétain. Gaston Manent ( Radical député des Hautes-Pyrénées) s’y oppose. La SFIO demande à ses militants de rejoindre les organisations de la Résistance. Daniel Mayer est le secrétaire général dans la clandestinité. Dans les Hautes-Pyrénées, c’est Jean MARCHEIX qui relaie l’appel avec TANESSE, GALLAUD, André FOURCADE, MIR…

Marcel BILLIÈRES soignera et cachera des Juifs, des maquisards et des guérilleros à l’Hôpital de TARBES : Israël lui remettra la médaille des justes. Les Républicains espagnols forment des maquis dans les Hautes-Pyrénées.

Lamousse se bat avec devoir, il mène les sabotages contre les installations allemandes.

Gaston Heche fait passer des aviateurs anglais en Espagne. Arrêté par les Allemands, André FOURCADE est fusillé à Toulouse.

André Fourcade

La libération

Dans les Hautes-Pyrénées, notamment à la  » Nouvelle République  » où siègent les organisateurs de la Résistance, les socialistes sont exclus. Jean MARCHEIX s’insurge. Le parti était dans la Résistance, même s’il n’avait pas sa propre organisation. La SFIO siégera ! Marcheix membre du Comité Départemental de Libération se démène pour développer la SFIO.

La gauche connaît une forte progression dans le département (La SFIO compte 500 membres en 1944, de 1500 à 2500 en 1945). La section FR TARBES des Jeunesses Socialistes connaît 150 adhérents. Les Faucons Rouges sont réorganisés : Les FR regroupent des jeunes jusqu’à 16 ans, au delà ils passent au JS. Le dernier responsable des Faucons Rouges a été Yves BURGUES.

Les communistes poussent à l’unité, certains socialistes sont favorables à l’image de Gallaud et Bize. Les attaques d’avant-guerre, contre la SFIO, ont laissé des traces….

Au congrès de 1946, Daniel MAYER est écarté de la direction de la SFIO par Guy MOLLET. La tendance Mollet est majoritaire localement.

Dans les Hautes-Pyrénées, d’anciens maquisards passent devant les tribunaux : il y a des socialistes. La période est trouble. De nombreux militants n’acceptent pas leur condamnation Aujourd’hui encore c’est un tabou !

1948, la SFIO a 3 conseillers généraux, 43 maires dans le département. La fronde de la base, contre les dérives nationales, s’accompagne d’une baisse des effectifs militants.

(…)

Gabriel Deville

Né à Tarbes le 8 mars 1854. Un des principaux militants du Parti Ouvrier Français dont il fut avec Jules Guesde et Lafargue le meilleur doctrinaire. Dès 1878, Gabriel Deville était condamné à la prison pour avoir participé à l’organisation d’un Congrès International. Collabora aux journaux et revues imprégnés de l’esprit du socialisme scientifique. Comptait parmi les vulgarisateurs les plus connus du marxisme.

Parmi ses ouvrages : Le Capital de Marx ; Cours d’économie sociale ; Philosophie du socialisme ; Principes socialistes ; entre autres. Ecrivit dans l’Histoire Socialiste de Jean Jaurès ( la révolution française) : Thermidor et le Directoire.

Gabriel Deville reçoit à Tarbes Karl Marx avec sa fille, Engels, Jules Guesde, Paul Lafargue et Meza, l’imprimeur du Capital. Marx considère Deville comme son meilleur interprète en France, il lui confie donc l’écriture du résumé du Capital,  » lisible par tous et accessible au prolétariat  » du monde entier. Ce fut une mission accomplie par Deville. Marx décédait quelques mois après .

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