Interviews de membres de RESF

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Notre camarade Yves Coleman a interviewé 5 militants du Réseau Éducation Sans Frontières (RESF) en juillet-août à la demande de nos camarades luxemburgistes. Ces entretiens ont été mis en ligne sur le site de la revue Ni Patrie ni frontières.

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Extrait:

« C’est plus difficile à tous points de vue car cela n’arrête pas. Quant à la « directive de la honte », elle étend la possibilité d’un délai de rétention à 18 mois. D’ailleurs, on se demande comment ce délai peut être mis en œuvre. Comment peut-on garder des gens pendant 18 mois dans des lieux fermés, en rétention, avec leurs enfants ?

(…) La peur fait partie intégrante de la vie des sans-papiers depuis très longtemps et maintenant, c’est tout le temps et partout. Les gens ont peur en partant au boulot, ils ont peur quand ils reviennent, ils ont peur quand un des parents est en retard. Comme m’a dit une gamine : « Est-ce normal d’avoir peur quand on va à l’école ? » Cette peur ne touche pas seulement ceux qui sont directement menacés. Elle s’étend à tous ceux qui vivent autour d’eux, avec eux, les enfants à l’école quand le copain ou la copine n’est plus là, les voisins qui s’inquiètent, etc. Il y a quelque chose d’extrêmement malsain qui se propage. Cette peur peut être meurtrière. L’été dernier, en 2007, il y a eu 5 ou 6 défenestrations en France de sans-papiers qui avaient peur. Je pense à Ivan, à Amiens, qui a suivi son père, a enjambé un balcon, est tombé et est resté l’hôpital pendant des mois et des mois, et dont la chute aura sans doute des conséquences très importantes pour sa santé. Je pense à Shunlan, cette Chinoise de 51 ans à Belleville. Les flics sont arrivés à l’hôtel où elle habitait, ils ne venaient pas pour elle, mais elle a pris peur, elle a sauté par la fenêtre et elle est morte. Je pense à Babara Traoré qui s’est trouvé face à un contrôle au RER de Joinville, qui s’est sauvé, a sauté dans la Marne et est mort d’un arrêt cardiaque. Je pense à Johnny, 19 ans, qui a reçu la lettre de la Cour nationale d’appel l’informant que son dernier recours était refusé et qui s’est pendu chez lui, dans le département des Hauts-de-Seine. »

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Une Réponse to “Interviews de membres de RESF”

  1. Ni patrie ni frontières n° 25-26 « La Bataille socialiste Says:

    […] Interviews de 5 militants RESF […]

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