Les termes de la revendication socialiste (Bordiga)

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Nous signalons la mise en ligne sur le site québécois des Classiques des sciences sociales d’une traduction inédite par N+1 du texte Propriété et capital, d’Amadeo Bordiga, publié dans Il Programma comunista en 1980.

Extrait:

Les termes de la revendication socialiste

(…)

La revendication socialiste consiste classiquement en l’abolition du salariat. Seule l’abolition du salariat implique l’abolition du capitalisme. Mais le socialisme, ne pouvant pas abolir le salariat au sens de redonner au travailleur l’absurde figure rétrograde de vendeur de son produit sur le marché, revendique dès les premiers temps l’abolition de l’économie de marché.

Le cadre mercantile de la distribution a précédé, comme nous l’avons déjà rappelé, le capitalisme et il a englobé toutes les précédentes économies différenciées, en remontant jusqu’à celle où existait un marché de personnes humaines (esclavagisme).

Économie mercantile moderne veut dire économie monétaire. La revendication anti-mercantile du socialisme implique donc l’abolition de la monnaie non seulement comme moyen pratique de formation des capitaux mais comme moyen d’échange.

Dans un cadre de distribution mercantile et monétaire, le capitalisme tend inévitablement à renaître. Si ce n’était pas vrai, il conviendrait de déchirer toutes les pages du Capital de Marx.

(…)

La revendication socialiste se propose donc d’abattre non seulement le droit et l’économie de la propriété privée mais en même temps l’économie de marché et l’économie d’entreprise.

C’est seulement quand on ira dans la direction menant au dépassement de ces trois formes de l’économie actuelle : propriété privée sur les produits, marché monétaire et organisation de la production par entreprises, qu’on pourra dire qu’on va vers l’organisation socialiste.

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