Grève des bazaris en Iran

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Le régime théocratique iranien n’est plus seulement contesté par les étudiants et les ouvriers mais par une partie de sa base sociale: la bourgeoisie marchande, les bazaris.

  • Dépêche de Radio France international aujourd’hui:

Le bazar de Téhéran fermé pour cause de grève

Article publié sur www.rfi.fr le 12/10/2008.

Les commerçants protestent contre la création d’une nouvelle taxe. La grève a commencé il y a plus d’une semaine avec la fermeture partielle ou totale des bazars d’Ispahan, Tabriz et Machhad. Dimanche, la grève est devenue générale et les principales portes du grand bazar de la capitale, un marché couvert qui réunit de multiples échoppes aux côtés de grands commerçants générant une bonne partie du commerce du pays, ont été fermées.

Reuters)

Pour protester contre le nouvel impôt, le bazar observe une grève générale.
(Photo: Reuters)

Avec notre correspondant à Téhéran, Siavosh Ghazi

C’est une grève sans précédent depuis la Révolution islamique de 1979. Pour la première fois depuis trente ans, le bazar de Téhéran, considéré comme le pivot de l’économie du pays, a observé une grève générale pour protester contre une nouvelle taxe imposée par le gouvernement.

Les commerçants de Téhéran rejoignent ainsi les « bazaris » de plusieurs villes de province, notamment Ispahan, Tabriz et Machhad. Les commerçants protestent contre une taxe de 3% décidée par le gouvernement. Ils estiment que cette taxe a encore augmenté l’inflation qui a déjà atteint 30%, selon les chiffres de la Banque centrale.

Malgré le recul du gouvernement, qui a décidé de suspendre l’application de la loi pendant deux mois, la grève a pris une nouvelle ampleur à Téhéran. Selon certains analystes, elle est issue d’un réel mécontentement des classes moyennes qui subissent de plein fouet l’inflation et les conséquences de la politique économique du président Ahmadinejad.

La baisse vertigineuse des prix du pétrole ne fera qu’accentuer encore les difficultés économiques, ce qui devrait encore renforcer le mécontentement social et politique à  neuf mois des élections présidentielles de juin 2009.

  • Dépêche Reuters aujourd’hui:

Le bazar de Téhéran se mobilise contre une réforme fiscale

TEHERAN (Reuters) – En grève depuis une semaine, les commerçants du bazar de Téhéran ont laissé leurs rideaux baissés dimanche afin de protester contre l’instauration d’une TVA par le gouvernement.

Joint par téléphone, un commerçant a confirmé que toutes les échoppes du bazar étaient restées fermées, malgré les pressions de la police en faveur d’une réouverture.

Ce mouvement de grogne est inédit depuis la Révolution islamique de 1979.

Le mécontentement des marchands, qui représentent un pouvoir influent dans la capitale, constitue un véritable défi pour le président Mahmoud Ahmadinedjad avant l’élection présidentielle prévue en 2009.

Le chef de l’État a ordonné vendredi un moratoire de deux mois sur l’entrée en vigueur de cette TVA de 3%.

Mais cela n’a pas réussi à apaiser le mécontentement des commerçants de Téhéran et d’autres grandes villes iraniennes, tous exigeant la suppression pure et simple de cette taxe.

Avec un taux annuel d’inflation de 29%, les marchands s’inquiètent d’une aggravation de la hausse des prix et d’un risque de baisse de la consommation.

Selon un analyste, la situation est complexe pour Ahmadinedjad: s’il décide de renoncer à l’introduction de cette taxe, il risque d’être accusé de favoriser les intérêts des gros négociants et s’il décide de maintenir son application, il risque de devoir affronter un mécontentement général des commerçants.

Fredrik Dahl, version française Pierre Sérisier

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