Le ministère Waldeck-Millerand-Galliffet (1899)

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A LA FRANCE OUVRIÈRE ET SOCIALISTE.

Citoyens,

En sortant du groupe dit d’Union Socialiste de la Chambre, qui venait de fournir un gouvernant à la République bourgeoise, les représentants de la France ouvrière et socialiste organisée n’ont pas obéi a un simple mouvement de colère, pas plus qu’ils n’ont entendu limiter à la protestation d’un moment leur action commune.

Il s’agissait d’en finir avec une politique prétendue socialiste, faite de compromissions et de déviations, que depuis trop longtemps on s’efforçait de substituer à la politique de classe, et par suite révolutionnaire, du prolétariat militant et du parti socialiste.

La contradiction entre ces deux politiques devait infailliblement se manifester un jour ou l’autre. Et par l’entrée d’un socialiste dans un ministère Waldeck-Rousseau, la main dans la main du fusilleur de Mai, elle s’est manifestée dans des conditions de gravité et de scandale telles qu’elle ne permettait plus aucun accord entre ceux qui avaient compromis I’honneur et les intérêts du socialisme et ceux qui ont charge de les défendre.

Le parti socialiste, parti de classe, ne saurait être ou devenir, sous peine de suicide, un parti ministériel. Il n’a pas a partager le pouvoir avec la bourgeoisie, dans les mains de laquelle l’État ne peut être qu’un instrument de conservation et d’oppression sociale. Sa mission est de le lui arracher pour en faire l’instrument de la libération et de la Révolution sociale.

Parti d’opposition nous sommes, et parti d’opposition nous devons rester, n’envoyant des n6tres dans les Parlements et autres assemblées électives qu’a I’état d’ennemis, pour combattre la classe ennemie et ses diverses représentations politiques.

C’est dans cet esprit que, depuis un siècle, c’est sur ce terrain que, depuis la Commune notamment, s’organisent et agissent les classes ouvrières des Deux-Mondes en un grand parti international; dont nous eussions été indignes et qui eut pu justement nous accuser de désertion, si, sur le champ de bataille national dont nous sommes responsables, nous n’avions maintenu la tactique en dehors de laquelle il n’y a pas de victoire possible.

Décidés à mener jusqu’au bout cette œuvre de salut socialiste, rien ne pourra nous diviser. L’union la plus étroite s’impose, que nous nous engageons à maintenir.

Et nous comptons sur les travailleurs de France pour répondre à notre appel, en signifiant à ceux qui tenteraient encore de les détourner de leurs intérêts et de leur devoir de classe, que l’heure des dupes est passée.

Nous comptons sur eux pour, instruits par l’expérience, se serrer plus compacts autour du drapeau et mener avec nous jusqu’au triomphe définitif le bon combat, le combat nécessaire de la classe ouvrière contre la classe capitaliste, de la Révolution contre toutes les réactions coalisées.

Pour le Parti ouvrier français :

Le Conseil national : Bach, conseiller municipal de Toulouse ; — J.-B. Bénézechj député de l’Hérault ; — Bernard Cadenat, Carnaud, députés des Bouches-du-Rhône; — Ch. Brunellière,  conseiller municipal de Nantes ; — René Chauvin ; — G. Delory, maire de Lille; — Dufour, député de l’Indre ; — Ferrero, député du Var ; – Ferroul, député de I’Aude ; — Ed. Fortin; — Gabriel Farjat ; — Jules Guesde ; — Krauss, député du Rhône ; — Paul Lafargue ; —
Raymond Lavigne ; – H. Légitimus, député de la Guadeloupe ; — H, Millet, conseiller municipal de Romilly ; — Pastre, député du Gard ; — Pedron ; — ; Prevost ; — Roussel, maire d’lvry ; — Sauvanet, député de l’Allier ; – Alexandre Zévaès, député de l’lsère.

Pour le Parti socialiste révolutionnaire :

La Commission Administrative :

Allard, député du Var ; — Argyriades ; — Eugene Baudin ; — J.-L. Breton, député du Cher ; — Calmels ; — Chauvière, député de la Seine ; — Coutant, député de la Seine ; — Louis Dubreuilh; — Ehers; — Pierre Forest; —
Albert Goulle; — Guyot ; — E. Landrin, conseiller municipal de Paris ; — H, Le Page ; — St. Létang, depute de l’AlIier ; — Léon Martin ; — Paquier ; — Louis Parassols ; — Henri Place ; — Eug. Restiaux ; — Maxence Roldes; — Marcel Sembat, député de la Seine; — Eug, Thomas, conseiller général de la
Seine ; — Édouard Vaillant, député de la Seine ; — Walter, député de la Seine,

Pour l’Alliance communiste révolutionnaire:

Les secrétaires et les élus:

Berthauty conseiller municipal de Paris ; — Dejeante, député de la Seine ; —  Faillet, conseiller municipal de Paris ; — Arthur Groussier, député de la Seine ; — Marchand et Pasquet, secrétaires de l’Alliance.

14 juillet 1899

Voir aussi:

Gaston de Galliffet, massacreur de la Commune, membre du même gouvernement qu’Alexandre Millerand

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