Le Canada colonialiste

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Traduit de  Socialist Banner (WSM Africa), 6 décembre 2008

Le Canada est maintenant une superpuissance dans le secteur de l’exploitation minière africaine. Selon le Ministère des Ressources naturelles du Canada, seule la République d »Afrique du Sud, avec plus de 35 % des actifs et investissements, est (juste) devant le Canada dans l’industrie minière africaine. Mais avec des actifs de l’Afrique du Sud concentrés sur son propre territoire, le Canada domine le reste du continent. En 2001, les compagnies canadiennes ont opéré dans 35 pays. 91 % des investissements canadiens ont été concentrés dans huit pays, par ordre d’importance: l’Afrique du Sud (25.6 %),  la R.D. du Congo (17.8 %), Madagascar (13.8 %), la Zambie (9.9 %), la Tanzanie (9.5 %), le Ghana (6.5 %), le Burkina Faso (4.7 %) et la Mauritanie (3 %). L’Afrique  a représenté 11 % des 25,8 milliards US$ d’actifs canadiens cumulés dans l’exploitation minière en 2001, une proportion qui devrait s’élever à 17 % des 85,9 milliards $ totaux dans les mêmes actifs d’ici à 2007. La diplomatie canadienne est nettement au service des intérêts de ce business, tout en poursuivant apparemment des objectifs de développement. Par  exemples :

– en 1996, le Haut-commissaire canadien en Tanzanie est intervenu à plusieurs occasions pour influencer des modifications de la législation minière comme un moyen de promouvoir les intérêts d’affaires canadiens, notamment pour répondre aux revendications de mineurs locaux remettant en question la légitimité  juridique de la compagnie minière Sutton sur le gisement de Bulyanhulu.

mine de Bulyanhulu (Tanzanie)

– En juin 2008, le personnel de cette même Haute Commission est intervenu énergiquement dans les affaires parlementaires tanzaniennes pour s’assurer que les politiciens du pays rejettent les conclusions du Comité présidentiel de révision des secteurs d’exploitation minière. Le Comité avait recommandé qu’une plus grande partie des profits réalisés par de plus hauts prix reste conservée pour le pays lui-même.

– En 2004, l’ambassadeur du Canada aux Nations Unies avait critiqué une partie d’un rapport produit par le Comité d’experts sur l’exploitation illégale des ressources naturelles en R.D. du Congo, où neuf compagnies canadiennes ont été accusées de violer les directives de l’OCDE (l’Organisation pour la Coopération Économique et le Développement) pendant la guerre perdurant dans le pays. L’image du Canada comme pays modéré et partenaire désintéressé du développement en Afrique est tout à fait caduque dorénavant.

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