Un restaurant coopératif: « La Famille Nouvelle »

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Extrait du volume La Coopération par P. Brizon et E. Poisson de l’Encyclopédie socialiste, syndicale et coopérative de l’Internationale ouvrière (sous la direction technique de Compère-Morel, 1913).

La Famille Nouvelle, restaurant coopératif dans les quartiers ouvriers du X° et du XIX°, est née dans des conditions spéciales:

Un groupe d’ouvriers de l’industrie de la voiture, charrons et forgerons syndiqués, voulaient réduire les bureaux de placement.
Les travailleurs de la corporation avaient l’habitude de se réunir dans ces bureaux. C’est alors que les travailleurs syndiqués eurent l’idée de constituer un restaurant coopératif, qui devenait en même temps siège de section syndicale.

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Ils avaient trouvé, par ce système coopératif, le meilleur moyen de grossir leur organisation syndicale et de supprimer, pour les travailleurs, l’obligation de s’adresser aux bureaux de placement.

Un grand nombre de jeunes gens, venant de la campagne, trouvaient dans ce milieu, en même temps que les renseignements professionnels, les conseils des travailleurs de la région.

C’était un bon élément, facile à éduquer, dont s’emparaient les travailleurs de la voiture, au lieu de les laisser s’égarer dans les officines de placement.

Le restaurant fut fondé au capital de 3.000 francs et accessible au publmic. Ce capital, facile à souscrire, fut difficile à verser.

Un commerçant en vins, pour s’assurer la clientèle, prêta 3.000 francs à l’organisation, dans l’espérance de les tenir longtemps. Mais, dix-huit mois après, ce fournisseur était remboursé.

Les premiers statuts ne répondant plus aux idées qui s’étaient formées, une révision fut faite, et la Société fut à base communiste; quelques-uns se retiraient, mais les vrais coopérateurs restèrent et l’œuvre ne fit que prospérer.

Étant trop petit rue de l’Aqueduc, le restaurant fut transporté boulevard de la Villette; les recettes montèrent rapidement, de 6.500 francs par mois, elles montèrent à 7.500 puis à 8.000 francs, et à l’heure actuelle elles atteignent près de 10.000 francs, malgré le renchérissement des vivres, car les prix ont été maintenus, sauf pour les vins.

La même année, à la suite de pourparlers avec des camarades du XVII°, une succursale fut fondée, et ce fut encore un succès; de 5.000 francs le premier mois, les recettes atteignent maintenant 8.000 francs.

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La succursale du XVII° arrondissement

Ouverte le 23 avril, elle se trouva trop petite et l’on dut louer la boutique y attenant.

Si l’oeuvre a grandi matériellement, elle se développera plus encore, car les camarades ont fondé un cercle qui prend le titre de Cercle des Coopérateurs de la Famille Nouvelle.

Une seule condition est exigée pour être sociétaire: être syndiqué à un syndicat confédéré.

La Famille Nouvelle est sociétaire du M.D.G., Chocolateire Ouvrière, Restaurant de Belleville, restaurant Solidarité, rue Guersant, Restaurant du III°.

Elle soutient les oeuvres de Sébastien Faure, Madeleine Vernet; sa solidarité se manifeste dans toutes les grèves.

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2 Réponses to “Un restaurant coopératif: « La Famille Nouvelle »”

  1. Neues aus den Archiven der radikalen Linken - eine Auswahl « Entdinglichung Says:

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  2. Encyclopédie socialiste, syndicale et coopérative de l’Internationale ouvrière (1912-1921) « La Bataille socialiste Says:

    […] – Extrait: Un restaurant coopératif: “La Famille Nouvelle” […]

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