Guerre de classe au Bangladesh et à Gijon en Espagne

by

Repris du blog Spartacus, animé par les camarades d’Echanges.

En cette fin du mois de mai 2009, les mouvements sociaux radicaux se sont multipliés alimentés par la crise de surproduction mondiale. Dans les pays de surexploitation des usines manufacturières les répliques ouvrières sont à la mesure non seulement du taux d’ exploitation, mais aussi de l’ inflation en moyenne de 20%. Elles sont directement violentes et « enragées » comme le dit la presse. Mais tout aussi enragées sont les forces de répression qui du nord au sud interviennent de plus en plus , contre le prolétariat cet ennemi intérieur du Capital.

Bangladesch_usines_en_feu_2009_jpgAu Bangladesh, la classe ouvrière de l’ industrie textile est en révolte constante contre l’ organisation patronale  (BGMEA). Depuis le 10 mai 2009, un mouvement quasi insurrectionnel est monté d’un cran, des dizaines d’usines seront de nouveau incendiées et détruites par les prolétaires.

Tout semble avoir débuté, quand un groupe d’ouvrier ( non payé depuis des mois) a exigé le paiement des salaires. Le lendemain ils auront la réponse, ils trouvent l’ usine  fermée. Ils ne restait plus aux travailleurs qu’ à manifester devant les autres usines et d’ en appeler à la solidarité. A cause commune réplique commune, des milliers d’ exploités vont les rejoindre et trouveront rapidement en face d’eux les agents de sécurité des usines, qu’ils vont affronter. Plus de, 20 000 prolétaires sont dans les rues, bon nombre d’ entre eux commencent alors à incendier  les usines textile et de filature. Les principales autoroutes  sont bloquées par des véhicules en flamme. L’ armée va alors intervenir transformant les rues en champ de bataille, mais aussi déclenchant dans tout le pays une solidarité active de classe. Les principales villes manufacturières du pays, sont aux prises avec des émeutes, la fédération patronale (BGMEA) exige plus de « sécurité » et menace même de fermer tous les sites de production. Certains patrons, décident malgré l’ interdiction de BGMEA de revaloriser les salaires de 20 %, c’ est à dire selon le taux d’ inflation lui aussi de 20%.

Les syndicats officiels, complètement débordés, ont condamné ces “coups de folie”, ainsi que “la destruction insensée du matériel”.

Gijón, Espagne: Les travailleurs des chantiers navals affrontent les forces anti-émeute

naval_gijon4_6053a C’ est l’ annonce de la fermeture du site pour le 31 mai 2009 et le sort des préretraités[1], qui vient de mettre le feu aux poudres. Depuis  plusieurs jours et notamment depuis la charge d’ une manifestation le 17 mai par les forces anti -émeutes la tension ne cesse de monter. Une véritable guérilla avec les forces de l’ ordre drivé par un hélicoptère qui survol le chantier va s’ engager. Les prolétaires assiégés, vont riposter avec des cocktail Molotov, des boulons, des frondes, des fusées… Même des grues seront mises à contribution pour déposer des containers en feu comme barrage.  Ici aussi la solidarité de classe est indispensable pour lutter efficacement contre les forces de l’ État, depuis le début du conflit ils ont le soutien d’un autre chantier, Juliana, lui aussi, menacé de fermeture. Le propriétaire Factorías Vulcano  a même essayé de récupérer le matériel pour le déménager vers un autre de ses chantiers situé à Vigo. Le chauffeur du camion dépêché pour effectuer ce déménagement en a été  empêché par les  travailleurs du chantier naval Juliana de Gijón .

Vigo: les métallos dans les rues

Dans la région voisine, à Vigo les ouvriers de la métallurgie sont eux aussi en action  la grève du secteur vise à débloquer les négociations autour du renouvellement d’une convention collective qui concerne 27 000 personnes  .Des barricades enflammées ont été dressées pour bloquer les accès des principaux polygones industriels.

Après les assemblées générales du matin, les ouvriers sont partis en manifestations, ils vont bloquer les principaux carrefours de la zone portuaire, ainsi que tous les accès de la ville, routes et autoroutes.Les blocages de routes et les affrontements consécutifs aux interventions policières pour dégager les manifestants se sont étendus à d’autres endroits de la ville : barricades enflammées, coupures de grandes avenues avec des bobines de bois, bagarres dans les chantiers naval de Barreras et Vulcano où les travailleurs se sont enfermés et ont attaqué la police. Dans le centre de la ville, au moins quatre des principales agences bancaires sont bloquées.

Affrontements aux chantiers navals de Gijón:


[1] Il s’ agit de la défense  d’un accord signé par les syndicats jaunes de la gauche politique au pouvoir (UGT et CCOO), dans lequel a été « oublié » le sort des préretraités. Les deux syndicats maintiennent leurs positions, disant que « tout est réglé » et exigent des travailleurs qu’ils abandonnent l’occupation du chantier Pour leur part, les préretraités demandent à voir de leurs propres yeux la police d’assurance signée garantissant le versement de leur pension et ont réaffirmé que si tel était le cas, ils abandonneront le chantier « en cinq minutes». C’est manifestement là-dessus que cela coince car les travailleurs ne font aucunement confiance à des patrons et des administrateurs qui se sont permis d’accumuler les retards de paiement de leurs indemnités et qu’ils n’ont pu obtenir que par la lutte.

Étiquettes :


%d blogueurs aiment cette page :