La CGT doit défendre tous les travailleurs

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Le 24 juin 2009 à midi une cinquantaine de membres du SO de la CGT expulsent manu militari les travailleurs sans papiers qui avaient trouvé refuge depuis 14 mois à l’annexe Eugène Varlin de la Bourse du travail de Paris. Coïncidence troublante et symbolique, cette opération a eu lieu le jour même où Brice Hortefeux prenait ses fonctions de ministre de l’Intérieur.

La Bourse du Travail de Paris est cogérée par la Mairie de gauche et les organisations syndicales. Excepté Solidaires, tout ce « beau » monde, soulagé par l’initiative de la CGT, a choisi de se taire afin de faire oublier son inaction dans la défense des travailleurs sans papiers.

Les sans papiers n’occupaient pas la Bourse du Travail comme des grévistes occupent leur entreprise, des locaux patronaux ou publics. Ils y avaient trouvé refuge. Quoi de plus logique que des locaux syndicaux servent – aussi – à protéger des travailleurs sans droits et harcelés par la police du capital, puisque cette dernière intervient même dans les églises.

Les sans papiers ne bloquaient pas l’activité syndicale, tout au plus ils gênaient le train-train de ces bureaucraties qui monopolisent l’usage des locaux syndicaux, bloquant ainsi la libre expression des syndiqués qui veulent redevenir maitres chez eux. Enfin, à ceux qui restent modérés dans leur critique dans le but louable de ne pas nuire à la principale centrale syndicale nous demandons qui actuellement nuit le plus à la crédibilité de la CGT, sinon sa direction confédérale.

Il n’est pas question dans ces quelques lignes de traiter l’ensemble du problème de la lutte pour la régularisation des travailleurs sans papiers, mais force est de reconnaître que la direction de la CGT n’a jamais pris ce problème à bras le corps. Elle ne s’y est jamais totalement investie. Elle n’a jamais intégré cette lutte spécifique à l’action globale des travailleurs du pays. Ce sont des militants et des structures CGT qui l’ont fait. C’est l’attitude confédérale qui a épuisé les volontés et brisé le front unitaire qui s’était constitué. La direction confédérale s’est comportée comme si elle avait passé un compromis avec le ministre de l’Immigration de l’époque, un certain… Brice Hortefeux : « Vous faites un geste en régularisant un nombre significatif de sans papiers et nous nous chargeons de calmer le jeu. »

Plus généralement, cet ignoble épisode où une direction syndicale agresse des travailleurs est une nouvelle illustration de la mutation de la CGT en syndicat d’accompagnement, de la pratique du « dialogue social »; bref un syndicat raisonnable et responsable. Cet épisode s’inscrit dans la stratégie de la CGT – accompagnée par les huit autres organisations signataires de la plate-forme du 5 janvier 2009 (lire notre analyse) – qui l’a conduit à tout faire pour que le rejet de la politique du Président et du MEDEF finisse par s’enliser dans l’échec de la manifestation du 13 juin et dans une certaine mesure dans le succès symbolique des listes présidentielles le 7 juin. Malgré la puissance des journées de grèves des 29 janvier et 19 mars, malgré la victoire de la grève générale en Guadeloupe, ces directions ont assumé le triste rôle de bouclier de Nicolas Sarkozy.

L’agression des travailleurs sans papiers atteste, sur le terrain de la solidarité ouvrière, que la CGT est rongée de l’intérieur. Cette situation est de plus en plus mal vécue par de nombreux militants et de nombreuses structures qui commencent à le faire savoir. C’est ce mouvement qu’il faut amplifier, coordonner et construire. Il s’agit tout simplement de la défense de la CGT. Cette défense passe par un rappel compréhensible par tout le monde : la lutte de la classe des travailleurs ne se découpe pas en tranches. On gagne tous ensemble ou bien on se fait battre séparément.

Publié dans Prométhée le 9 juillet 2009

3 Réponses to “La CGT doit défendre tous les travailleurs”

  1. lucien Says:

    Déclaration de la CGT Saint-Gobain Aubervilliers (93) suite à l’expulsion des sans-papiers

    Aubervilliers, le 26 juin 2009
    DECLARATION DU SYNDICAT CGT SAINT-GOBAIN AUBERVILLIERS (93)
    A PROPOS DE L’ÉVOLUTION DE LA CGT

    1) Le syndicat CGT Saint-Gobain Aubervilliers a pris connaissance de la lettre des camarades de la CGT Goodyear à Bernard Thibault. Il en partage tous les termes et en assurera la diffusion.
    http://www.cgt-goodyear-nord.fr/index.php?…neral-de-la-cgt
    Il est temps de savoir si nous privilégions la discussion dans les ministères ou la construction d’un véritable rapport de force de lutte de classe.

    2) Le syndicat CGT Saint-Gobain Aubervilliers a pris connaissance de l’évacuation par la force des sans-papiers qui occupaient la Bourse du Travail depuis le 2 mai 2008.
    Evacuation réalisée par un groupe de miliciens armés qui se prétendent nos camarades.
    Scandalisé, le syndicat CGT Saint-Gobain Aubervilliers condamne explicitement et sans aucune réserve cette évacuation.
    Si au lieu de négocier avec Hortefeux les critères scandaleux d’une immigration adaptée aux besoins du capitalisme, la confédération avait élargi le mouvement à tous les sans-papiers – les plus précaires des travailleurs -, si le mouvement avait pris l’ampleur des espoirs qu’il soulevait, si l’élargissement indispensable et possible n’avait pas été purement et simplement enterré par choix délibéré de la Confédération, nous n’en serions pas arrivés là.
    On en arrive aujourd’hui à à peine 1500 régularisations, les portes désormais fermées et le mouvement en reflux. Et pourtant, ce n’est pas l’énergie d’un certain nombre de militants CGT et de structures locales qui a manqué pour développer et organiser, bien seuls, la lutte de nos camarades sans-papiers.
    Il est absolument normal que le désespoir et le sentiment d’abandon se répandent chez nos camarades, alors qu’ils ont vu l’an dernier, concrètement, qu’il aurait été possible de gagner la régularisation pour tous les sans-papiers.
    Quant à la méthode employée, elle ne soulève chez nous que dégoût et honte de notre carte syndicale. Nous imaginons désormais sans mal que la même chose se produirait si d’autres camarades en lutte (les Goodyear, peut-être ?) se mobilisaient d’une manière qui déplaît à nos dirigeants.

    3) Le syndicat CGT Saint-Gobain Aubervilliers appelle l’ensemble des syndicats du Verre et de la Céramique d’une part, de la Seine Saint-Denis d’autre part à se prononcer explicitement et publiquement sur ces événements très concrets. Il est temps d’en finir avec les protestations de couloir, les escarmouches d’appareil. Il est temps de prendre position. A la veille du 49ème Congrès de décembre, il est temps de savoir qui défend réellement l’orientation confédérale actuelle, et qui s’y oppose.

    Communiqué de condamnation de la FILPAC-CGT

    Montreuil, le 26 juin 2009
    Au secrétaire général de l’Union départementale de Paris (75)
    Copies au bureau confédéral de la CGT et à l’URIF
    Objet : action de l’UD 75 contre les sans papier de la rue Charlot
    Camarades,
    Rien ne justifie les méthodes utilisées mercredi 24 juin pour évacuer les locaux de la Bourse du Travail de la rue Charlot à Paris.
    La Filpac CGT condamne cet acte, qui compromet les nombreux efforts de la CGT pour régulariser les travailleurs sans papier. De tels agissements entament le crédit de notre confédération dans le combat qu’elle mène dans l’intérêt des salariés sans papier.
    Le but était-il de peser par avance, en dehors des instances statutaires, sur les travaux du 49e congrès des syndicats de la CGT ? La Filpac CGT défend les principes démocratiques qui président à la préparation et à la tenue des assises nationales de la CGT.
    La Filpac CGT estime que les responsabilités et les causes de tels agissements doivent être clairement établies.
    – La responsabilité du ou des organisateurs qui dirigeaient cette scandaleuse opération doit être établie de façon que de tels agissements n’aient plus cours et que les principes militants,
    communs à toute la CGT, en sortent confortés.
    – La Filpac CGT a pris connaissance de l’attitude de ses militants qui, sollicités, ont refusé toute participation à cette opération.
    – Elle remercie pour leur lucidité tous ses militants, dévoués à la sécurité de l’organisation CGT, mais qui, en leur conscience, ont su choisir leur conviction contre des ordres absurdes et
    dangereux.
    – S’il existe des participants à cette opération, adhérents à la Filpac CGT, qui prétendent défendre de tels actes, ils doivent recevoir la désapprobation la plus claire.
    Pour ce qui concerne ses organisations parisiennes, la Filpac CGT les convoque afin de répondre en commun aux multiples interrogations, souvent indignées, qui leur parviennent.
    Dans l’attente des clarifications nécessaires, la Filpac CGT demande à tous ses adhérents de suspendre leur participation à des opérations sollicitées en dehors des consignes fédérales.
    La Filpac CGT présente à l’Union départementale CGT 75 ses salutations syndicalistes.
    Le secrétariat de la Filpac CGT
    Fédération des Travailleurs des Industries du Livre, du Papier
    et de la Communication CGT
    263, rue de Paris – case 426 – 93514 Montreuil cedex –
    Tél. 01 48 18 80 24 – Fax 01 48 51 99 07 – Site Internet : filpac-cgt.fr

    Prise de position par mail du secrétaire général du syndicat CGT CNFPT

    lundi 29 juin 2009 (17h46)

    La Garde, le 29 juin 2009

    Au secrétaire général de l’UD 75, Aux administrateurs CGT de la Bourse du Travail,

    Chers camarades,

    Nous avons appris par les médias que les « sans-papiers » qui occupaient depuis plusieurs mois des locaux de la Bourse du Travail ont été évacués dans la nuit du 24 au 25 juin. Ces mêmes médias imputent la responsabilité de cette évacuation « au service d’ordre de la CGT ». (Libération du 25 juin 2009).

    Le secrétaire général du l’UD de Paris a déclaré dans la presse : « Après avoir essayé en vain de négocier pendant des mois, nous avons décidé de mettre un terme à une occupation qui était devenue un squat » (Libération, ibidem)

    Une telle information a crée un vif émoi parmi les membres de notre syndicat. D’autant que plusieurs membres de notre syndicat sont ou ont été engagés dans des actions de soutien aux travailleurs sans-papiers. Nous avons lu attention la déclaration de l’UD CGT de Paris concernant cette expulsion.

    C’est l’incompréhension et la colère qui dominent : comment des syndicalistes de la CGT peuvent-ils agir ainsi ? Nous nous devons, même si la situation est complexe avec la coordination nationale des sans papiers, même si cette occupation entrave le fonctionnement de la bourse du travail, de protéger ces femmes, ces hommes et ces enfants victimes d’atrocités ou de misères dans leurs pays ! Nous nous devons de les accueillir, de les soutenir et surtout de les défendre. La CGT est là pour protéger les sans-papiers ! La CGT est là pour combattre sans faille la politique xénophobe de Sarkozy, de son ministre Hortefeux et des gouvernements précédents qui ont mené des politiques anti-immigré. L’action du service d’ordre de la CGT est contraire à nos principes de solidarité et de fraternité ! Nous souhaitons que ce débat ait lieu dans les instances de la CGT et qu’une position ferme soit prise pour que de tels comportements ne se reproduisent plus jamais.

    Pour sa part, le syndicat CGT du CNFPT, fidèle à l’internationalisme du mouvement ouvrier, soutient la revendication des travailleurs sans-papiers de leur régularisation sans condition. Il demande l’abrogation des lois anti-immigrés prise au cours de ces dernières années.

    Confiant dans l’esprit internationaliste qui anime la CGT depuis sa création, recevez chers camarades, nos sentiments fraternels.

    Le Secrétaire général

    Communiqué de la CGT-Educ’action 93

    La CGT-Educ’action 93 dénonce l’intervention musclée du service d’ordre de la CGT à la bourse du travail de Paris. Les conditions de cette évacuation sont désastreuses pour le mouvement des sans-papiers et pour le mouvement syndical.
    Cette opération ne peut être la réponse de la CGT à l’occupation de la bourse du travail qui privait depuis 14 mois le mouvement syndical d’une infrastructure indispensable.

    De nombreux militant-e-s de la CGT se sont investi-e-s depuis longtemps pour la défense des sans-papiers et leur régularisation, avec des succès partiels par la régularisation de milliers de salariés et en faisant gagner l’idée que les sans-papiers sont des travailleurs comme les autres et parmi les plus précaires.
    Or, cette évacuation semble aujourd’hui opposer la CGT (quasiment seule organisation syndicale à s’être engagé dans cette lutte pour la régularisation) et la lutte pour la régularisation de tous. C’est un gâchis qu’il faut dépasser.

    Pour la CGT-Educ’action 93, l’urgence est aujourd’hui de reconstruire l’unité des organisations antiracistes, de défense des droits de l’homme et des immigrés, associatives, syndicales et de cibler l’adversaire commun : le gouvernement Fillon et le patronat qui avec leur politiques anti-immigrés se frottent les mains d’une telle division.
    Pour la CGT-Educ’action 93, il ne s’agit pas d’agir pour la régularisation par la scolarisation ou par le travail selon les critères de l’immigration choisie, mais bien pour la régularisation de tous.

    Communiqué du NPA – Paris Centre

    Le mercredi 24 juin à 12H00, une cinquantaine de nervis aux ordres de la CGT ont investi l’annexe Varlin de la Bourse du travail afin d’expulser les travailleurs sanspapiers – pour la plupart d’origine africaine – occupant les lieux depuis 14 mois.
    Le commando solidement armé et protégé a agi alors que avec la police était présente dès le début de l’opération, gazant massivement les occupants pour les contraindre à sortir, asphyxiés, de l’annexe avant de les rouer de coups. Plusieurs personnes, dont une femme et un enfant de 3 ans ont été blessés. Le commando rencontrant une forte résistance alors qu’il tentait d’investir les étages du bâtiment a du se replier, la CGT appelant alors en renfort la préfecture de Police vers 13H30.
    Depuis lors, deux cent travailleurs sans-papiers réfugiés devant la bourse du travail, encerclés par les gendarmes, ont établi un campement sur le Boulevard du Temple et risquent à tout moment d’être expulsés.
    Le comité NPA Paris Centre soutien depuis des mois les sans-papiers de Varlin,
    considérant que la lutte de ces salariés constitue la première ligne de front contre la barbarie et la politique xénophobe du gouvernement de Nicolas Sarkozy. Nous ne pouvons que dénoncer une ratonnade organisée le jour même de l’accès de Brice Hortefeux aux fonctions de Ministre de l’intérieur par la plus grande centrale syndicale française. La direction de la CGT – l’Union Départementale de Paris est implicitement soutenue par le secrétaire national – tourne ainsi le dos à un siècle de luttes populaires et solidaires et vient de couvrir de honte l’ensemble du mouvement ouvrier en jetant à la rue les travailleurs les plus fragiles au lieu de les défendre, les livrant sciemment à la police.
    Cela est inacceptable, autant pour nous que pour des milliers de militants qui, à la base de la CGT, se battent depuis des années pour obtenir la régularisation des salariés en situation irrégulière.
    Cela n’est donc pas le temps de débattre, avec une complaisance qui ne laisse
    d’interroger, des erreurs compréhensibles commises par la CSP-75 dans l’urgence et la peur il y a 14 mois, mais de constituer sans délai un vaste front syndical, associatif, politique uni pour la régularisation des travailleurs sans-papiers de Varlin et, plus loin, de tous les étrangers résidents en situation irrégulière sur le territoire national.
    Il n’y pas d’autre moyen d’empêcher des rafles et des expulsions qui nous renvoient aux temps les plus sombres du siècle dernier.

    Le comité NPA-Paris-Centre. Vendredi 26 juin 2009.

    Communiqué de la CGT de la CNAV de Tours
    Le syndicat CGT de la CNAV Tours condamne fermement l’intervention du service d’ordre de l’Union Départementale CGT de Paris contre des sans papiers

    Quels qu’en soient les motifs, rien ne peut justifier la violence contre des femmes, des enfants, des hommes qui vivent déjà dans la précarité et pour qui l’avenir est borné par le prochain contrôle d’identité avant la reconduite dans un pays qu’ils ont quitté pour fuir la terreur, la faim, la mort !

    Notre syndicat se désolidarise totalement de telles méthodes qui n’ont rien à voir avec une action syndicale progressiste et solidaire.

    La CGT CNAV37 réaffirme sa totale solidarité avec les sans papiers

    Communiqué de la CGT Educ’Action Nord
    sdencgt@nordnet.frhttp://www.sdencgt59.org

    La CGT Éduc’Action Nord condamne l’expulsion des sans papiers de la Bourse de Travail de Paris organisée ce mercredi 24 juin par l’UD CGT 75.
    En aucun cas des structures de notre CGT ne doivent avoir recours à des pratiques « policières » à l’encontre de travailleurs, notamment lorsque ceux-ci sont précaires parmi les précaires, c’est-à-dire sans papiers et a fortiori lorsqu’il s’agit de femmes et d’enfants.
    Cette action commando risque de coûter cher à toute la CGT et donc à l’ensemble des travailleurs.
    L’une des revendications portées par le 48ème Congrès confédéral est parfaitement claire et progressiste : la régularisation de tous les sans papiers, sans exclusive, qu’il s’agisse de femmes, d’hommes, d’enfants, de salariés organisés ou isolés ou privés d’emploi.
    Les sans papiers expulsés de la Bourse du Travail étaient tous des travailleurs isolés, placés de fait dans l’incapacité de créer dans leurs entreprises un rapport de force par la grève ; ils avaient donc d’autant plus besoin du soutien de la CGT pour obtenir une régularisation sur les mêmes bases que leurs camarades régularisés depuis le début du mouvement. Or ils ont eu le sentiment d’avoir été laissés de côté, ce qui les a conduits à s’installer à la Bourse du Travail.
    Il s’agit maintenant de trouver les voies et moyens de sortir par le haut de cette situation, et en premier lieu parce qu’en ce moment des femmes et des enfants, notamment, sont à la rue. La CGT doit contribuer à réinstaller la visibilité collective des expulsés afin qu’ils poursuivent leur lutte pour la dignité par la régularisation.
    C’est une urgence à la fois pour créer les conditions de cette régularisation de tous les sans papiers mais également pour permettre de réunir l’ensemble des travailleurs (avec ou sans papiers, isolés ou non) dans la lutte commune qu’ils ont à mener contre les exploiteurs et les diviseurs du MEDEF et de l’UMP.
    La Commission Exécutive, le 26 juin 2009

    Communiqué du syndicat CGT OPH Toulouse

    A propos de la lutte des sans-papiers et de l’orientation confédérale.

    Le syndicat CGT OPH Toulouse condamne l’évacuation par la force de la Bourse du Travail de Paris occupée depuis mai 2008 par des sans-papiers.

    Nous n’acceptons pas les méthodes brutales qui ont été employées contre des travailleurs et leurs familles. Nous n’acceptons pas non plus les positions actuelles défendues par la Confédération sur la régularisation des sans-papiers sur la base des critères Hortefeux, par ailleurs elles mêmes contradictoires avec les décisions du 48ème Congrès dont la 13ème résolution réaffirme la revendication de la régularisation de tous les sans papiers.

    L’orientation qui s’est imposée au sommet de la CGT, au lieu d’organiser l’élargissement du mouvement comme c’était possible et nécessaire, l’a au contraire divisé et enterré en acceptant les pseudos négociations avec l’Etat sur la base du cas par cas des critères Hortefeux. Ces mêmes critères qui organisent le tri entre les « régularisables » et les autres en fonction des besoins de main d’oeuvre du patronat.

    Les accepter, c’est rompre avec nos objectifs d’émancipation des travailleurs et s’intégrer à la logique du capitalisme. Ce n’est pas notre conception de la CGT dont les travailleurs et leurs familles ont besoin.

    Cette orientation à montré plus que ces limites : seulement 1500 à 2000 régularisations, les blocages multiples de la part des préfectures, la démobilisation et le découragement et jusqu’à cette évacuation scandaleuse de la Bourse du Travail de Paris.

    Le syndicat CGT OPH Toulouse se joint aux nombreux autres syndicats qui sont exprimés dernièrement, dont nos camarades du syndicat OPAC Paris, pour réaffirmer la revendication de la régularisation de tous les sans-papiers.

    Le 8 juillet 2009
    Le Bureau de la CGT

    Article de US Marxist-Humanists
    French Union Evicts Africans
    By Marilyn Nissim-Sabat and Kevin Anderson
    http://usmarxisthumanists.org/node/13

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  2. lucien Says:

    Traduction en anglais par Nan
    Translation in English by Nan
    :

    On 24 June 2009 at noon about fifty members of the SW of the CGT expelled manu militari undocumented workers who had sought refuge for 14 months in Annex Varlin Eugene de la Bourse du travail de Paris. Disturbing and symbolic coincidence, this operation took place on days when Brice Hortefeux took office as Minister of the Interior.

    La Bourse du Travail de Paris is jointly managed by the City Council (left) and trade unions. Except Solidaires anything « beautiful » world, relieved by the initiative of the CGT, has chosen to remain silent to obscure its failure in the defense of undocumented workers.
    The undocumented were not the Bourse du Travail as strikers occupy their business premises and public employers. They had taken refuge. What’s more logical that serve local union – also – the protection of workers without rights and harassed by the police of the capital, since it occurs even in churches.

    The undocumented do not block the union, at most they hindered the treadmill of the bureaucracies that monopolize the use of trade union premises, blocking the free expression of unionized teachers who want to return home. Finally, to those who are moderate in their criticism in the laudable aim of not harming the main trade union confederation which we now call the night to the credibility of the CGT, confederal or its management.
    There is no question in these few lines to address the whole problem of the struggle for the regularization of undocumented workers, but we must recognize that the leadership of the CGT has never taken this problem to grips . It can never be fully invested. She never accepted this fight to the action overall workers in the country. They are activists and structures that CGT did. Confederate was the attitude which has exhausted the will and broke the united front that had formed. Direction confederate acted as if it had entered into a compromise with the Minister of Immigration at the time, some Brice Hortefeux … « You made a gesture to regulate a significant number of undocumented and we take care of calm down the game  »
    More generally, this despicable episode where a trade union of workers is attacking another illustration of the transfer of the CGT union in support of the practice of « social dialogue », in short, a reasonable and responsible trade union. This episode is part of the strategy of the CGT – accompanied by the eight other signatories to the platform 5 … Lire la suiteJanuary 2009 (read our analysis) – which led to ensuring that the rejection of the policy President of MEDEF and eventually sinking into the failure of the demonstration on 13 June and to some extent to the success of symbolic lists presidential June 7 Despite the power of the days of strikes on 29 January and 19 March, despite the victory of the general strike in Guadeloupe, these directions have assumed the unenviable role of shield Nicolas Sarkozy.
    The attack undocumented workers certifies, on the ground of solidarity workers, the CGT that is eaten from the inside. This situation is becoming worse as experienced by many activists and many structures that are beginning to know. This movement need to expand, coordinate and build. It is simply the defense of the CGT. This defense requires a point understood by all: the struggle of the working class does not cut into slices.

    You win together or we are beaten separately.

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  3. admin Says:

    france’s cgt union: doing the immigration police’s dirty work

    Winter 1980-81 in France saw the French Communist Party (PCF) use its municipal power to attack immigrants in Paris, with the Vitry-sur-Seine council organising bulldozers to stop the construction of a hostel for 300 workers from Mali (therefore leaving them homeless) and leading member Robert Hue, mayor of Montigny-lès-Cormeilles, leading a march against immigrants he had labelled “drug traffickers”. Now again in 2009 the chauvinism of France’s institutional left has reared its ugly head.

    At midday on 24th June, migrant workers without papers were dragged out of the Paris Bourse du Travail, where they had sought sanctuary for the previous 14 months, by fifty of the security guards of the Confédération Générale du Travail, France’s largest trade union federation. This operation by the union occurred on the same day as anti-immigration hardliner Brice Hortefeux became the new Interior Minister, as la Promethée report:

    The Paris Bourse du Travail is co-managed by the left-wing mayoralty and the trade unions. With the exception of the Solidaires union, all this “happy family”, relieved by the CGT’s initiative, has chosen to remain silent so that people might forget their failure to act to defend workers without papers. These sans papiers were not occupying the Bourse du Travail in the manner of striking workers occupying their workplace, management offices or a public space. They had found refuge there. It would make sense for such union buildings to protect workers without rights being harassed by the capital’s police, given that the latter would even invade churches to get at them.

    The sans papiers were not stopping union activity; at most they were bothering the back and forth of the bureaucrats who monopolise the use of union buildings and therefore deny free expression of union members who want to be in control of them. To those who have been moderate in their criticisms with the commendable goal of not damaging the main union federation, we can only ask – who is now doing most damage to the CGT’s credibility, if not its own leadership?

    This piece is not itself an attempt to cover the whole problem of struggling for the regularisation of sans papiers workers, but it must be made clear that the CGT has never taken this cause to heart. It has never fully thrown itself into it. It has never integrated this specific struggle into the wider movement of the country’s workers. Activists and CGT bodies have done it, but the confederation’s attitude has exhausted these efforts and broken the united fronts that were built. The confederation’s leadership has acted as if it had made a deal with the previous Immigration Minister (a certain… Brice Hortefeux): “You make a gesture to regularise a certain number of sans papiers, then we can look after calming things down.”

    More generally speaking, this ignominious episode where a union leadership attacks workers is a fresh illustration of the CGT’s mutation into a partnership union, practicing “social dialogue”; in short, a ‘reasonable’, ‘responsible’ union. This episode fits into the CGT strategy which led it to do everything possible to lead the struggle against the policies of the President and MEDEF [the French CBI] to finish in the failure of the 13th June national demonstration, and also to a certain degree led to the symbolic success of Sarkozy’s list in the 7th June [European elections]. Despite the strength of the 29th January and 19th March national strike days and the victory of the Guadeloupe general strike, these leaders have played the sorry role of a shield for Sarkozy.

    The aggression against the sans papiers workers attests to the fact that, in terms of workers’ solidarity, the CGT is being eaten away at the core. This situation is more and more obvious to many activists and organisations. It is this movement that we must strengthen, co-ordinate and build. This means the defence of the CGT itself. This defence relies on an argument anyone can understand: the struggle of the working class cannot be cut up into slices. United we stand, divided we fall.

    http://thecommune.wordpress.com/2009/07/21/frances-cgt-union-doing-the-immigration-polices-dirty-work/

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