Le SPGB et l’Espagne (mai 1937)

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Traduction de l’anglais (cf. pdf ici).

On nous a demandé d’exposer aussi brièvement que possible les principes qui régissent l’attitude du Parti socialiste de Grande-Bretagne quant aux luttes telles que celle qui se déroule actuellement en Espagne.

La première chose, c’est que bien entendu les socialistes sont du côté des exploités dans leurs luttes contre les classes riches et les propriétaires terriens. Cela est vrai que les travailleurs qu’ils soient socialistes ou pas, organisés ou pas, que la lutte soient une grève ou un lock-out patronal, ou s’il s’agit de marges de manœuvre (elbow room) pour la classe travailleuse, c’est-à-dire le droit d’organisation et de propagande et le suffrage universel. Ces luttes sont toutes l’expression de la lutte de classe et pointent leur développement vers le socialisme. C’est le devoir des ouvriers organisés dans les pays les plus avancés de soutenir et d’encourager de telles luttes, dans leurs propres pays comme dans les pays les moins avancés. Mais une divergences apparait ici entre le SPGB et les organisations ouvrières non-socialistes. Tandis que nos membres participent en tant que travailleurs individuels aux luttes pour des objectifs autres que le socialisme, le SPGB ne le fait pas en tant que parti. Il n’existe que pour le socialisme, n’est tendu que vers cela, c’est-à-dire une activité que les organisations  non-socialistes, notamment les partis réformistes, ne peuvent mener. Le SPGB ne fournit donc d’aide matérielle qu’aux organisations socialistes.

Ainsi, si le SPGB est aux côtés des exploités dans leurs luttes, il n’approuve pas forcément la façon dont chacune d’entre elles est menée. Des actions inopportunes et mal choisies peuvent par exemple mener à la défaite. Il est souhaitable que toute action soit démocratiquement et soigneusement entreprise. Les actions basées sur l’émotionnel ou la délégation aux chefs dans l’indifférence quant aux obstacles qu’il ne manquera pas de devoir surmonter sont mauvaises pour le mouvement de la classe travailleuse. C’est particulièrement le cas lorsque l’action est une question de vie ou de mort comme en Autriche en février 1934 et en Espagne en juillet 1936 où il s’est agi de résister à la répression par les armes. Nous sommes opposés à la théorie selon laquelle il faut combattre dans tous les cas lorsque la classe possédante jette le gant, quelques en soient les conséquences. En Autriche et en Espagne, c’était le devoir des forces démocratiques de prendre en considération la force militaire de chaque côté, les dissensions parmi les défenseurs – qui ont continué au milieu de la guerre contre Franco – et la probabilité de l’intervention étrangère.

Si certains ont pu estimer dans les deux cas que la résistance armée n’était pas la solution, les travailleurs autrichiens et espagnols se sont prononcé en sa faveur. Les autrichiens ont été rapidement écrasés mais en Espagne Franco est toujours aussi loin de sa victoire qu’il y a dix mois. Que la résistance démocratique réussisse ou pas ne change rien quant à la position des socialistes aux côtés des démocrates. Mais  naturellement cela influencera notre jugement et celui des espagnols quant à la sagesse du cours de l’action particulière.

Dans le conflit en cours en Espagne, deux principaux groupes s’opposent. D’un côté, celui mené par Franco menace de priver les travailleurs du droit de s’organiser politiquement et syndicalement. De l’autre côté on trouve la masse des travailleurs.

Qu’on conteste ou pas le choix des travailleurs espagnols de s’être jetés dans une lutte si coûteuse en vies humaines, dès lors qu’il sont décidés de s’y engager et qu’ils ont en face les plus violents partisans du capitalisme, les socialistes sont évidemment de leur côté. Il faut supposer que les travailleurs espagnols  ont évalué leurs chances et ont calculé les coûts avant de décider le cours de leur action. Ils sont mieux à même de juger de leur affaire que des gens de l’extérieur de leur pays.

Comité de rédaction

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