Grève des travailleurs sans papiers

by

Les travailleurs sans-papiers multiplient les actions
LEMONDE.FR, 30-10-2009

Des agences d’intérim mais aussi des entreprises, des restaurants ou des chantiers : depuis le 12 octobre et le lancement d’un mouvement de grève coordonnée, la liste des locaux occupés par des sans-papiers réclamant leur régularisation ne cesse de s’allonger. Leurs revendications sont portées par un front de syndicats et d’associations qui dénonce notamment « l’arbitraire préfectoral » dans l’examen des dossiers de régularisation par le travail.

Ces actions rassemblaient, vendredi 30 octobre, plus de 4 200 sans-papiers dans une quarantaine de sites, essentiellement en Ile-de-France. « Deux cents sans-papiers supplémentaires nous rejoignent chaque jour », a expliqué en début de semaine Francine Blanche, secrétaire confédérale de la CGT, devant le Centre Pompidou où le restaurant Georges était occupé depuis plusieurs jours.

Cette semaine, plusieurs de ces occupations se sont soldés par des évacuations. Mercredi, les quelque 200 sans-papiers qui occupaient le siège social de la Fédération nationale des travaux publics (FNTP) depuis deux semaines ont été évacués dans le calme par les forces de l’ordre à la suite d’un jugement du tribunal de grande instance de Nanterre. Vendredi, une décision de justice similaire a conduit la quarantaine de travailleurs qui occupaient le siège de la Sogeres (groupe Sodexo) à Boulogne-Billancourt à lever le camp d’eux-mêmes.

Un premier mouvement de grève avait déjà un lieu en 2008, année durant laquelle 2 800 étrangers, selon les chiffres du ministère, ont bénéficié d’une régularisation par le travail. Mercredi soir, le ministre de l’immigration Eric Besson a annoncé qu’il préparait un nouveau texte précisant ces conditions de régularisation.

Le resto du Centre Pompidou occupé par des sans-papiers
Libération 28/10/2009

Reportage: Au 6e étage du centre Pompidou, le très chic restaurant Georges est occupé depuis une semaine par une quarantaine de sans-papiers en grève qui réclament leur régularisation.

libe-sans-papiers

Une quarantaine de travailleurs sans papiers occupent le restaurant Georges pour obtenir leur régularisation.

«J’ai déjà un travail, je ne demande ni le chômage, ni le RMI, je veux juste pouvoir vivre comme tout le monde, avec des papiers», s’exclame Ousmane*, chef de quart mauritanien dans les cuisines du prestigieux Georges. Depuis une semaine, le restaurant branché du sixième étage du centre Pompidou est occupé par des travailleurs sans-papiers, qui demandent leur régularisation.

Derrière les tables finement dressées de la terrasse panoramique, la quarantaine de grévistes s’est installée sur les banquettes design du bar à cocktail du restaurant. Quelque cinquante mètres carrés qu’ils occupent jours et nuits depuis jeudi dernier, devant le regard désabusé des clients qui viennent toujours aussi nombreux pour déjeuner. «On a décidé d’occuper le Georges pour montrer que même derrière les décors des restaurants chics parisiens, ce sont aussi les sans-papiers qui tiennent les coulisses», explique Serge Sellier, secrétaire générale de la CGT du IVe arrondissement.

«Aucune égalité»

Un an après leur premier mouvement de grève en 2008, ils sont près de 4.000 travailleurs à avoir rejoint l’«Act II» de la grève des sans-papiers, lancé depuis deux semaines. Ils tiennent une cinquantaine de piquet de grève dans la région parisienne pour dénoncer l’arbitraire des décisions préfectorales et demander un examen «égalitaire» de leurs demandes de régularisation.

«10 ans que je suis là, 10 ans!», s’écrit Boubou, demi-chef de partie dans les cuisines du Georges. Fiches de paye et contrats à l’appui, tous ont déposé une demande de régularisation en préfecture. Cependant, malgré son CDI, Boubou attend une réponse depuis plus d’un an. En 2008, pourtant, lors de la première grève nationale des travailleurs sans-papiers, cinq de ses collègues ont été régularisés en à peine quelques mois. «Les critères sont différents selon les personnes, selon les préfectures. Peu importe les situations personnelles et les CDI : il n’y a aucune égalité», explique Modou, un Sénégalais d’une quarantaine d’années.

«On paye nos impôts»

«Ça fait des années qu’on travaille, qu’on cotise et qu’on paye des impôts», ajoute Sissoko, «mais on n’a toujours aucun droit». Mauritanien de 36 ans, il travaille dans un autre restaurant huppé de la capitale, dans le VIe arrondissement. Il y a quelques semaines, sa demande de titre de séjour a été rejetée sans aucune justification, malgré le soutien de son employeur et le CDI qu’il a signé il y a cinq ans.

Isolés dans leurs restaurants, les travailleurs sans papiers ont décidé de s’unir en occupant un même lieux. «Tous ensemble on peut faire la différence et faire pression sur le gouvernement», lâche, plein d’espoir Sissoko, employé d’un restaurant du Ve Arrondissement. Une présence de salariés extérieurs à l’entreprise est dénoncée par la direction du Georges. «Sur les quarante grévistes qui occupent le restaurant, seulement quatre d’entre eux travaillent chez nous», proteste Anne-Victoire Magescas, directrice du restaurant. «On a envoyé les dossiers de nos salariés à la préfecture, on ne peut rien faire pour les autres», s’explique-t-elle, ajoutant, inquiète : «c’est important l’image d’un restaurant comme le nôtre, vous savez»

(*A la demande des grévistes, les prénoms ont été modifiés)

Voir aussi:

4000_sans_papiers_en_greve

2 Réponses to “Grève des travailleurs sans papiers”

  1. the commune Says:

    interview with migrant cleaners’ reps involved in 4,200-strong paris strike movement
    http://thecommune.wordpress.com/2009/11/01/interview-with-migrant-cleaners-reps-involved-in-4200-strong-paris-strike-movement/

    J’aime

  2. tataniakate10@yahoo.fr Says:

    travaller

    J’aime

Commentaires fermés


%d blogueurs aiment cette page :