Le Comité pour la reprise des Relations internationales

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Extrait de la deuxième partie de La France socialiste tome III (Encyclopédie socialiste, syndicale et coopérative, 1921). Ce texte comporte de nombreuses erreurs factuelles.

A leur rentrée en France [après la conférence de Zimmerwald], Bourderon, Merrheim et Trotsky résolurent de grouper les militants zimmerwaldiens en France. Bourderon entreprit une action dans les Sections socialistes et convoqua les membres du Parti à une réunion qui se tint 49, rue de Bretagne, dans les premiers jours de novembre 1915. Des militants de toutes tendances assistèrent à cette réunion. Merrheim rendit compte des travaux de la Conférence de Zimmerwald et demanda en conclusion la constitution d’un Comité pour la reprise des relations internationales.

Bourderon

Merrheim

Ce ne fut pas sans difficulté, et les adhérents ne furent point nombreux.

Ce Comté comprenait deux sections absolument autonomes :

  1. Une section d’adhérents du Parti socialiste.
  2. Une section d’adhérents aux Syndicats.

Chacune des sections se réunissait à part pour discuter les questions particulières au Parti ou aux Syndicats.

Les questions de propagande nationale ou internationale étaient discutées dans des réunions communes des deux sections. Il n’y eut ni règlement, ni statuts, et les cotisations furent facultatives pour les groupements et mensuelles de 1 franc pour les adhérents individuels.

Aux séances hebdomadaires, chacun donnait connaissance des documents ou des renseignements qu’il avait reçus.

Le Comité s’abstint de provoquer des réunions.

L’organisation ne convoqua jamais de Congrès et se proclama toujours unitaire dans le mouvement ouvrier. Son action était toute de propagande, d’éducation et d’unité. Martow, Losowski (Dridzo), Trotsky assistèrent aux réunions du Comité pour tenir au courant les membres de la situation en Russie.

Le Comité définissait ainsi son action :

« La section socialiste agit en vue de la reprise par le Parti socialiste des relations avec l’Internationale tout entière, y compris les Allemands, cette action se poursuivant par chacun dans sa propre section. »

« La section syndicale, tendant elle aussi à la reprise des relations de la C.G.T. avec l’Internationale syndicale tout entière. »

Et l’action des deux sections devait aboutir « à la réunion commune, dans un Congrès, des organisations adhérentes à l’Internationale syndicale pour convenir et arrêter une action d’ensemble contre la guerre, en faveur d’une paix sans vainqueur ni vaincu, et la réconciliation des peuples. »

Ce Comité ne groupa jamais plus de 150 membres.

Au lendemain de la réunion de novembre 1915, la C.A.P., considérant que le mandat du Conseil national ne lui permettait pas de laisser associer le Parti à l’œuvre de Zimmerwald, vota l’ordre du jour suivant dans sa réunion du 8 novembre :

En présence des efforts faits par deux citoyens pour porter dans la Fédération de la Seine une propagande basée sur les résolutions d’une réunion tenue en Suisse, à Zimmerwald, où ils s’étaient rendus, sans aucun mandat du Parti, pour y conférencer sur la question de la paix avec d’autres socialistes de pays neutres ou belligérants, pour la plupart eux-mêmes sans mandats ;

La C.A.P. rappelle qu’elle s’est refusée à participer à cette réunion comme aux réunions de même ordre organisées depuis le début de la guerre ;

En conformité avec les décisions du Conseil national des 14 et 15 juillet, elle affirme de nouveau qu’une paix durable ne peut être obtenue que par la victoire des alliés et la ruine de l’impérialisme militariste allemand, que toute autre paix, toute paix prématurée ne serait qu’une trêve ou ne capitulation.

Le Conseil national a dit et la C.A.P. répète avec lui « que la lutte imposée aux alliés par les dirigeants de l’Allemagne doit être conduite à son terme logique, c’est-à-dire la défaite du militarisme allemand afin que soit donnée au monde la grande et nécessaire leçon d’une entreprise d’hégémonie brisée par la résistance des peuples libres.

La C.A.P. invite donc toutes les Fédérations et leurs sections à éviter même l’apparence d’une participation quelconque à une propagande contraire aux intérêts de la défense nationale et à l’organisation nationale et internationale du socialisme qu’on prétend consolider.

Incorporée dans le rapport du secrétariat, la question de Zimmerwald vint au Congrès de décembre 1915 [1].

Le Comité de Zimmerwald convoqua la seconde conférence socialiste internationale à Kienthal (Suisse).

Les réunions eurent lieu du 24 au 30 avril 1916. Quarante-cinq délégués se trouvèrent au rendez-vous (…)

Le Comité pour la reprise des relations internationales avait désigné A. Bourderon, Merrheim, Marie Mayoux, qui, faute de passeports, ne purent se rendre en Suisse.

A. Blanc, Brizon et Raffin-Dugens s’étaient rendus à Kienthal à titre personnel, et ils avisèrent le Parti qu’ils n’avaient aucun mandat de la minorité qui s’était affirmé au Conseil national du 9 avril.

(…)

Le Comité pour la reprise des relations internationales, dont Merrheim et Bourderon étaient les secrétaires, siégeait 33 rue de la Grange-aux-Belles; son budget maigrement alimenté par les cotisations des militants, se balançait par 4.941 fr. 05 en recettes et dépenses du 1° décembre 1915 au 31 octobre 1916. Le mouvement d’opposition au sein de la C.G.T. avait donné naissance à un Comité de défense syndicaliste fondé en novembre 1916, auquel Merrheim refusa de s’associer. (…) Le Comité pour la défense des relations internationales tel qu’il existait au début, cessa d’exister au commencement de 1917, chacune des deux sections ayant repris leur indépendance.

Note :

[1] Voir Congrès national décembre 1915, pages 387-391 et suivantes.

Voir aussi:

3 Réponses to “Le Comité pour la reprise des Relations internationales”

  1. Neues aus den Archiven der radikalen (und nicht so radikalen) Linken « Entdinglichung Says:

    […] L’assassinat de Berneri (1937) * Lettre ouverte à la Commission exécutive du PSOE (1937) * Le Comité pour la reprise des Relations internationales (1921, Auszug aus der Encyclopédie socialiste, syndicale et […]

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  2. From the archive of struggle, no.40: Yale Yiddish special « Poumista Says:

    […] L’assassinat de Berneri (1937) * Lettre ouverte à la Commission exécutive du PSOE (1937) * Le Comité pour la reprise des Relations internationales (1921, Auszug aus der Encyclopédie socialiste, syndicale et […]

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  3. Encyclopédie socialiste, syndicale et coopérative de l’Internationale ouvrière (1912-1921) « La Bataille socialiste Says:

    […] – Extrait: Le Comité pour la reprise des Relations internationales […]

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