Au congrès national des mineurs de France (Guesde, 1891)

by

Le congrès national du Parti ouvrier salue les mineurs de France réunis en Congrès à Commentry, et fait des vœux pour que de leurs travaux sorte une puissante Fédération nationale des travailleurs du sous-sol.
Ce n’est, en effet, que lorsque vous aurez groupé vos syndicats épars, que vous pourrez, par la combinaison de vos efforts, remplir les devoirs qui vous incombent vis-à-vis de vous-mêmes, vis-à-vis de vos camarades de l’étranger et vis-à-vis du prolétariat tout entier.
Vous êtes cent mille en France qui, une fois fédérés n’aurez qu’à dire: « nous voulons », pour que la loi sur les délégués mineurs devienne réellement protectrice, en attribuant à vos élus la surveillance du travail dans les mines et en leur allouant une indemnité fixe et mensuelle qui leur permette de vivre en dehors des compagnies.
Votre Fédération vous permettra, d’autre part, de vus entendre pour une action commune indispensable avec les mineurs d’Angleterre, de Belgique, d’Autriche et d’Allemagne déjà organisés nationalement.
Il vous sera possible, enfin, lorsque vous ne formerez plus qu’une seule armée, de songer à cette grève internationale des charbonnages qui, en arrêtant net la production et l’échange, obligera la société bourgeoise à capituler devant les légitimes revendications des travailleurs de tous les métiers qui comptent sur vous pour les affranchir en vous affranchissant.
Vous vous prononcerez à l’unanimité, nous en avons la ferme confiance, pour la journée légale de huit heures, c’est-à-dire pour que, en attendant la fin de l’exploitation de l’homme par l’homme, la loi intervienne qui, limitant le bon plaisir patronal, garantisse aux prolétaires, avec leurs huit heures de sommeil, huit heures de loisir pour jouir de l’existence, s’instruire, s’organiser et préparer la Révolution sociale.
Vous vous prononcerez pour la manifestation internationale du premier Mai, c’est-à-dire, pour que, ce jour-là, transformé en fête du travail, le vide se fasse dans les puits et dans les usines, seule manière de démontrer au capital qu’il n’est rien, qu’il disparaîtrait sans le travail, père et mère de toutes les richesses.
Vous vous prononcerez encore pour le retour à la société des mines arrachées aux plus voleurs des actionnaires et restituées à l’ensemble des mineurs produisant pour la nation et sous son contrôle.
Et, ce faisant, vous aurez bien mérité de vos familles, qui attendent leur bien-être de votre énergie, et de l’humanité entière, dont la liberté est suspendue à l’expropriation capitaliste et à la socialisation de tous les moyens de production.
Vivent les mineurs de France!
Vive le parti ouvrier!

Pour le Conseil national:
Le secrétaire pur l’intérieur,
Jules Guesde.
11 mars 1891

Publicités

2 Réponses to “Au congrès national des mineurs de France (Guesde, 1891)”

  1. Neues aus den Archiven der radikalen (und nicht so radikalen) Linken « Entdinglichung Says:

    […] * Charles Rappoport/Adéodat Compère-Morel: La vie et l’oeuvre de Cabet (1912) * Jules Guesde: Au congrès national des mineurs de France * Le machinisme (1913) * Ante Ciliga: Le « Groupe ouvrier » russe […]

    J'aime

  2. From the archive of struggle, no.41: Anarchist poster special « Poumista Says:

    […] * Charles Rappoport/Adéodat Compère-Morel: La vie et l’oeuvre de Cabet (1912) * Jules Guesde: Au congrès national des mineurs de France * Le machinisme (1913) * Ante Ciliga: Le « Groupe ouvrier » russe […]

    J'aime

Commentaires fermés


%d blogueurs aiment cette page :