Djilas et l’autogestion (1956)

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Extrait de La nouvelle classe (Milovan Djilas, 1957).

En Yougoslavie, la prétendue gestion ouvrière et la soi-disant autonomisation des entreprises ont été conçues à l’époque de la lutte contre l’impérialisme soviétique comme une mesure démocratique très radicale, destinée à ôter au Parti le monopole administratif; finalement, cette gestion et cette autonomisation se sont trouvées reléguées parmi les tâches politiques du Parti lui-même (…) Tout l’effort yougoslave d’administration directe n’a été pour le régime qu’une soupape de sûreté à travers les mailles de la fiscalité et de l’emprunt forcé s’est trouvé retenu le solde bénéficiaire que les travailleurs croyaient pouvoir se distribuer: il ne leur est resté que les miettes de la table, et quelques illusions de moins. Sans liberté universelle, la gestion ouvrière elle-même ne peut être libre ; il est clair que dans une société asservie, rien ne peut être décidé librement par personne. Les « décentralisateurs » centralisés ont toujours, d’une façon ou d’une autre, fait payer au-dessus de sa valeur l’indépendance qu’ils étaient supposés accorder.

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