Les femmes pendant la Commune (2)

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Suite d’un chapitre de Hommes et choses de la Commune de Maurice Dommanget (Éditions de la Coopérative des Amis de l’ »École Émancipée », sans date, vers 1937), version revue et augmentée, mais expurgée des notes, d’un article publié dans L’École émancipée et L’Ouvrière, 26 mai 1923. [Première partie]

Un contemporain d’origine belge, qui fut ami de Flourens et qui était à ce moment à Paris, nous a laissé un tableau pris sur le vif du rôle important joué par les femmes à l’Hôtel de Ville dans la matinée de fièvre du lundi 22 mai, quand déjà les Versaillais avaient forcé les murs de la capitale. Bien que ce tableau ait été brossé dans Le Figaro du 2 juin 1871, à une époque où ce journal accueillait de trop nombreuses informations tendancieuses, nous nous en voudrions de ne pas le reproduire largement. Exempt d’exagération, il se présente, en effet, avec toutes les apparences de la vérité. On trouve, au surplus, la confirmation de plusieurs points qu’il souligne dans les relations du temps. Il est exact, par exemple, que dans cette matinée du lundi de nombreuses femmes – plusieurs centaines dit-on – de tout âge et de toute condition, se présentèrent à l’Hôtel de Ville et demandèrent à Delescluze la permission de s’enrégimenter, permission qui leur fut accordée.

Dans la première cour intérieure de l’Hôtel de Ville il y avait une trentaine de femmes ayant toutes un crêpe au bras gauche. Chacune d’elles avait perdu quelqu’un qu’elle avait juré de venger : un mari, un amant, un fils ou un frère.

Elles étaient là, retroussant leurs jupes dans la ceinture de leurs corsages pour n’en être point entravées dans leur marche.

Les chevaux se faisaient déjà rares à ce moment-là pour le service de la Commune qui ne les ménageait point et ces femmes, qui étaient venues chercher une mitrailleuse afin d’en armer la barricade de la place du Palais Royal, s’y attelèrent elles-mêmes puis partirent au pas redoublé, entraînant l’énorme machine ; d’autres conduisaient les caissons qui conduisaient les munitions de guerre.

Ces jupes attachées à la hauteur de la hanche, ces manches retroussées jusqu’à l’épaule, ces cheveux au vent, la ceinture écarlate, le crêpe flottant au bras, les cris que poussaient ces femmes pour s’exciter à la course faisaient un tableau d’une saisissante horreur, quelque chose comme une page détachée du livre de l’Enfer de Dante.

Un délégué de la Commune, le citoyen Jules Vallès, avait fait la remise de la mitrailleuse et donné le drapeau de la Commune, sous l’égide duquel on devait combattre et mourir.

Il y avait même un ordre écrit et signé de Delescluze commissionnant les susdites citoyennes à la défense de la Ville de Paris.

L’une d’elles reçut l’accolade du citoyen Jules Vallès au nom de toutes et la troupe échevelée s’élança au travers de Paris, roulant, aussi légèrement qu’un berceau d’enfant, le meurtrier engin.

A peine cette troupe avait-elle fui, qu’une autre députation, toujours une députation de femmes, faisant partie de l’instruction primaire, installée par les bons soins du citoyen Ménier, au lieu et place des congrégations religieuses, venait offrir de faire confectionner les sacs de toile nécessaires aux barricades, par les enfants des écoles, afin de leur donner leur part de gloire dans la défense de Paris !

Il fut encore signé une commission autorisant les citoyennes institutrices à transformer pour les besoins de la cause sainte leurs écoles en ateliers de couture et les petites filles furent assimilées aux soldats fédérés ; on leur reconnut un droit à la distribution de vivres et à la ration de vin sur l’escalier de l’Hôtel de Ville…

Une cantinière à la voix rauque causait, avec un buveur de son bataillon, de ces cha… de religieuses qui apprenaient toutes sortes d’horreur aux jeunes enfants et qu’on ne saurait jamais chasser assez vite.

Tout en haut de l’escalier du premier étage… les femmes qui se trouvaient là étaient presque toutes vêtues de noir, elles portaient des loques rouges qui tranchaient soit comme écharpe, soit comme ceinture, soit comme cocarde, sur leurs vêtements.

Elles allaient de l’un à l’autre donnant et demandant des nouvelles, excitant à la guerre, voulant la victoire ou l’anéantissement. La majorité de ces citoyennes avait une carabine à l’épaule et des revolvers à la ceinture, on aurait vraiment cru qu’en entrant là, la femme n’avait plus le droit d’être autre chose qu’une virago ; celle qui aurait parlé sans gesticuler et surtout sans émailler son discours d’adjectifs familiers au Père Duchêne, aurait été tenue en mince estime par la société, et il n’est pas bien sûr qu’on ne fût arrivé à la faire arrêter comme suspecte.

Louise Michel, qui avait participé avec le 61° Bataillon à la marche sur Versailles et aux combats d’Issy et de Clamart, partout où la mitraille faisait rage, se battit aux Batignolles avec André Léo, puis dans le cimetière Montmartre, près des tombes de Mürger et Cavaignac.

A la barricade de la rue Lepic, le 23 mai au matin, il n’y avait qu’une poignée d’hommes mais une vingtaine de femmes arrivèrent en renfort. Elles avaient pour chef, dit un témoin oculaire, une grande et belle brune, aux cheveux bouclés, de vingt à vingt-cinq ans, qui un moment se dressa debout sur la barricade, le drapeau rouge d’une main, le revolver de l’autre. Les hommes étaient abattus, mais ces femmes étaient enragées. Elles saluaient chaque décharge du cri de « Vive la République ! Vive la Commune ! ». Quand la barricade se trouva prise, toutes celles qui avaient été jusque-là épargnées par les balles furent fusillées.

Le même jour, à la barricade du square Saint-Jacques et du boulevard Sébastopol, plusieurs femmes du quartier des halles travaillèrent longtemps à remplir de terre sacs et paniers.

Le même jour encore, place Blanche, cent vingt femmes environ défendaient la barricade, Maroteau en a fait la description dans le salut Public :

Au moment où j’arrive, une forme noire se détache de l’enfoncement d’une porte cochère. C’est une jeune fille avec un bonnet phrygien sur l’oreille, le chassepot à la main, la cartouchière aux reins.

– Halte-là ! citoyen ! On ne passe pas !

Je m’arrête étonné : j’exhibe mon laisser-passer et la citoyenne permet d’arriver jusqu’au pied de la redoute. Le général Cluseret est là. Il félicite les citoyennes.

Il y avait là Elisabeth Dmitrieff, le Mel, Blanche Lefèvre, Malvina Poulain, Excollons. Celles qui ne furent pas tuées se replièrent sur la place Pigalle.

A la barricade de la rue du Pot-de-Fer, vers l’Ecole Polytechnique, les femmes, « telles des lionnes », dit Allemane, « faisaient assaut d’héroïsme avec les artilleurs et les gardes nationaux ». Elles combattaient au premier rang, soignaient les blessés, apportaient les munitions, enlevaient les morts.

Un peu plus loin, rue Mouffetard, elles entourèrent et apostrophèrent un maréchal des logis d’artillerie, habitué des meetings, qui fuyait le lieu du combat et le ramenèrent à la barricade. Allemane, en évoquant la courageuse conduite de toutes ces femmes, trente-cinq ans après, s’écriait encore frémissant : « Oh ! les superbes créatures et comme leur exemple réconforte, exalte les courages !».

A la barricade du Conservatoire, quand les fédérés se retirèrent laissant une mitrailleuse, c’est une femme qui demeura, déchargeant la mitraille à l’apparition des Versaillais. A la chaussée Clignancourt, parmi les trois derniers combattants de la barricade, on comptait une femme et quelle femme, l’intrépide Louise Michel ! A la gare de l’Est, une grande et belle ouvrière, proprement vêtue, « non une gourgandine », accusée par un artilleur d’avoir mis le feu à ses canons, fut faite prisonnière. Livrée à deux caporaux, dont l’un à moitié ivre, elle fut poussée vers un corps de garde où on la tua par derrière d’un coup de fusil et son cadavre fut l’objet des plaisanteries de la troupe, jusqu’à ce qu’un cheminot l’ait fait recouvrir.

Le 25 mai, dans la nuit, un bataillon de femmes vint occuper au pas de course la barricade du Château d’Eau au moment même où les gardes nationaux battaient en retraite. Ces femmes, armées de la carabine Snider et qui tiraient admirablement, se battaient comme des démons en criant « Vive la Commune ! ». Elles comptaient dans leurs rangs de nombreuses jeunes filles. L’étudiant en médecine anglais de qui nous tenons ces faits affirme en avoir vu fusiller cinquante deux, après qu’elles eurent été cernées et désarmées par la troupe. Il relate ensuite un incident touchant dont une malheureuse fit en fin de compte les frais :

Tandis que Paris brûlait au milieu de la nuit, que le canon grondait et que la mousqueterie pétillait, une pauvre femme se débattait dans une charrette et sanglotait amèrement. Je lui offris un verre de vin et un morceau de pain. Elle refusa en disant: « Pour le peu de temps que j’ai à vivre, cela n’en vaut pas la peine. » Une grande rumeur suivit de notre côté de la barricade et je vis la pauvre femme saisie par quatre troupiers qui la dépouillaiient rapidement de ses vêtements. J’entendis la voix impérieuse de l’officier commandant qui interrogeait la femme, disant: « Vous avez tué deux de mes hommes. » La femme se mit à rire ironiquement et répondit d’un ton rude: « Puisse Dieu me punit de ne pas en avoir tué plus! J’avais deux fils à Issy, ils ont été tués tous deux et deux à Neuilly, qui ont subi le même sort. Mon mari est mort à cette barricade, et maintenant faites de moi ce que vous voudrez. » Je n’en entendis pas davantage; je m’éloignai en rampant, mais pas assez tôt pour ne pas entendre le commandement de: « Feu! » qui m’apprit que tout était fini.

C’est à cette barricade du Château-d’Eau qu’une jeune fille de 19 ans, habillée en fusiller-marin, se battit toute une journée. Elle fut tuée d’une balle au front.

Le 28 mai, rue de la Fontaine-au-Roi, une vingtaine de combattants tenaient encore derrière la barricade quand une jeune ouvrière, venant de la barricade de la rue Saint-Maur, se présenta pour jouer son rôle d’infirmière et ne voulut pas quitter ses nouveaux compagnons. Frappé de ce dévouement admirable, un vieux de 48 l’embrassa. C’est à cette héroïne obscure qui répondait au prénom de Louise que J.B. Clément témoin de la scène et gardant « au cœur une plaie ouverte », dédiera plus tard sa chanson la plus populaire.

Que devint cette jeune fille? J.B. Clément ne le sut jamais. Peut-être, en reculant sur Belleville, devint-elle un de ces « cadavres de damnées » dont parlait le Figaro du 2 juin avant de relater le fait suivant?

Lundi matin, dans un carrefour de Belleville, gisait le cadavre d’une femme, tout souillé de boue et de sang. La tête, qui avait dû être jolie, presque distinguée, gardait dans la mort une expression de haine farouche; le bras droit était étendu et l’on devinait que cette femme, à l’heure suprême, n’avait pas joint les mains pour demander à Dieu le pardon que les hommes ne pouvaient lui donner.

Un soldat, interrogé par le journaliste sur la mort de cette femme dit simplement: « Elle a voulu assassiner un de nos officiers. Alors!… ». Parole terrible dans son laconisme et qui dépeint bien toute l’horreur de la situation.

*

Tant au cours de la semaine de mai que durant la quinzaine qui suivit il n’y eut point de quartier pour les femmes du peuple ayant le malheur de se buter à la soldatesque versaillaise. Mais le courage de ces femmes fut admirable.

Une partie du tableau de Jules Riou n’illustre que trop bien ces affirmations. On voit quatre communards qui vont être fusillés, et parmi eux une femme. Elle montre le poing, narguant les soldats du peloton d’exécution et semblant crier: « Allez-y! Quand vous voudrez! »

Maximilien Luce, dans un de ses dessins-souvenirs de la semaine sanglante, représente une rue de Paris jonchée de cadavre. Au premier plan, on voit une femme allongée qui lève encore le point, en une attitude énergique.

Le sinistre Francisque Sarcey, qui de Versailles écrivait d’infâmes articles sur les insurgés, fut obligé de rendre hommage à ces femmes héroïques. Il écrivit:

Des hommes qui sont de sang-froid, de jugement et de la parole de qui ne ne saurait douter, m’ont parlé avec un étonnement mêlé d’épouvante de scènes qu’ils avaient vues, de leurs yeux vues, et qui m’ont donné à réfléchir.

Des jeunes femmes, jolies de visage et vêtues de robes de soie descendaient dans la rue un revolver au poing, tiraient dans le tas, et disaient ensuite, la mine fière, le verbe haut, l’œil chargé de haine: « Fusillez-moi tout de suite! » Une d’elles, qui avait été prise dans une maison d’où on avait tiré par les fenêtres, allait être garottée pour être conduite et jugée à Versailles.

– Allons donc, s’écria-t-elle, épargnez-moi l’ennui du voyage!

Et se campant contre un mur, les gras ouverts, la poitrine au vent, elle semblait solliciter, provoquer la mort.

Toutes celles qu’on a vu ainsi exécuter sommairement, par des soldats furieux, sont mortes l’injure à la bouche, avec un rire de dédain, comme des martyres qui accomplissaent, en se sacrifiant, un grand devoir.

On frappa au ventre des femmes enceintes, on ouvrit le ventre d’autres femmes dont on étala les entrailles sur le trottoir, on souilla d’infortunées jeunes filles, traitées aimablement de « putains », on fusilla des mères avec leur bébé.

A Montmartre, rue des Rosiers, une femme mourut debout, un enfant dans les bras, refusant de s’agenouiller et criant à ses compagnons: « Montrez à ces misérables que vous savez mourir debout! »

Toute femme suspecte était fouillée et si l’on avait le malheure de découvrir sur elle une allumette, un rat-de-cave, une bouteille quelconque son compte était bon. Elle était cataloguée comme pétroleuse, injuriée, brutalisée et fusillée. On estime à plusieurs centaines les femmes innocentes qui périrent ainsi assassinées.

L’arrivée des convois de prisonnières à Satory et à Versailles, le séjour des femmes à la prison des Chantiers, les attaques ignobles dont elles furent l’objet par des « dames distinguées » et des « hommes du monde » ont fait l’objet de descriptions poignantes. Il faut les relire dans Lissagaray, dans Louise Michel ou Edmond Lepelletier pour se faire une idée du « courage » et du « sadisme » des lâches après le danger.

Nous savons, par ailleurs, grâce à l’émouvant récit de Mme Noro, qu’au camp de Satory on fit coucher les fédérées sur une litière de paille, on les nourrit à peine, on les traita enfin d’une façon infâme. Toutes celles qui étaient enceintes firent de fausses-couches.

Naturellement, les plumitifs de la bourgeoisie victorieuse, tous ces hommes qui « noircissent du papier pour avoir du pain blanc » suivant l’expression savoureuse de Sylvain Maréchal, ne manquèrent pas de jouer leur rôle dans ces saturnales de la vengeance. Ils piquèrent les insurgés à coups de plumes comme les dames du « beau monde » à coup d’ombrelles!

(…)

Devant les Conseils de guerre et plus tard dans les maisons centrales, sur les pontons comme à Cayenne et à La Nouvelle, la plupart des communardes furent indomptables. Cent cinquante-sept furent condamnées à des peines diverses dont huit à la peine de mort. Un goujat qui présidait le 4° Conseil de guerre, le colonel Boisdenemetz, correspondant du Figaro, criait cyniquement, entre deux audiences, dans un café: « A mort toutes ces gueuses! ». C’est dans les conditions les plus scandaleuses, contrairement aux affirmations du garde des Sceaux, Dufaure, que ces procès se déroulèrent ou plutôt s’expédièrent.

Le prolétariat peut être fier de la fière attitude de Louise Michel devant les juges bottés.

La « fille Louise Michel », la « nouvelle Théroigne », la « mère Michel » – comme l’appelaient méchamment les porte-plumes de M. Thiers, brava froidement la ‘Justice »:

Je ne veux pas me défendre, je ne veux pas être défendue: j’appartiens tout entière à la révolution sociale et je déclare accepter la responsabilité de tous mes actes; je l’accepte sans restriction. Vous me reprochez d’avoir participé à l’exécution des généraux: à cela je répondrai: ils ont voulu faire tirer sur le peuple, je n’aurai pas hésité à faire tirer sur ceux qui donnaient des ordres semblables.

Quant à l’incendie de Paris, oui, j’y ai participé, je voulais opposer une barrière de flammes aux envahisseurs de Versailles; je n’ai point de complices, j’ai agi d’après mon propre mouvement.

Ce que je réclame de vous, qui vous affirmez conseil de guerre, qui vous donnez comme mes juges, mais qui ne vous cachez pas comme la commission des grâces, c’est le champ de Satory, où sont déjà tombés mes frères; il faut me retrancher de la société, on vous a dit de le faire. Eh bien! le commissaire de la République a raison. Puisqu’il semble que tout mon coeur qui bat pour la liberté n’a droit qu’à un peu de plomb, j’en réclame ma part. Si vous me laissez vivre, je ne cesserai de crier vengeance et je demanderai à la vengeance de mes frères les assassins de la commission des grâces…

J’ai fini! Si vous n’êtes pas des lâches, tuez-moi.

Les « juges » se montrèrent des lâches et Louise fut condamnée à la déportation.

Il en fut de même d’Augustine Chiffon, que Lissagaray se borne à nommer quand il évoque « quelles femmes terribles sont les Parisiennes même vaincues, même enchaînées ».

Félix Pyat considère Augustine Chiffon, cette ouvrière de Belleville, comme la « plus héroïque » de toutes les femmes de la Commune. C’est, à ses yeux, une Louise Michel « plus obscure, plus inconnue, non lettrée, plus peuple, plus brave encore dont le nom plébéien même a nui à sa gloire ». A ses juges en képis, elle dit avant l’arrêt: « Je vous défie de me condamner à mort; vous êtes trop lâches pour me tuer ». Et après, elle ajouta: « N’ayant pas le coeur de me tuer, vous me torturez, vous me condamnez à vingt ans de bagne; soit, je suis assez jeune encore pour survivre à ma peine et voir enfin le jour de la justice ».

Si Augustine Chiffon ne put voir le jour de la justice, elle put tout au moins survivre à sa peine, réalisant ainsi la moitié de ses voeux. Après avoir rejoint Louise Michel à la centrale d’Auberive, elle passa à Nouméa d’où elle serait sortie à l’amnistie si l’on en croit Félix Pyat.

Il y eut une femme dont le nom n’est point parvenu jusqu’à nous qui poussa encore plus loin cette espèce de furie devant les autorités militaires et judiciaires confondues. Nous rapportons le fait, d’après un journal local de Versailles.

La prévenue venait de subir un interrogatoire. Elle quittait la salle d’instruction et était seule au milieu des soldats. Tout à coup, elle prit un couteau qu’elle avait caché et en frappa l’officier de ligne. Les soldats furieux l’aurait fusillée s’ils avaient pu. Mais environnés par leurs camarades ils ne pouvaient songer à faire feu. La communarde reçut pourtant un coup de sabre qui lui traça sur la figure un large sillon. Alors, le visage ensanglanté, elle aurait dit aux soldats: « Allons, fusillez-moi; cela commence à m’ennuyer ».

*

Karl Marx n’avait-il pas raison quand il écrivait que pendant la Commune et grâce à elle « les vraies femmes de Paris avaient reparu à la surface, héroïques, nobles et dévouées comme les femmes de l’antiquité »? Et ne peut-on pas dire sans exagération que jamais mouvement révolutionnaire ne rallia dans la capitale un aussi grand nombre de citoyennes et ne suscita autant de dévouement féminin?

C’est la preuve que la Commune sortait des entrailles mêmes du prolétariat parisien.

Communardes prisonnières (prison des Chantiers)

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3 Réponses to “Les femmes pendant la Commune (2)”

  1. Neues aus den Archiven der radikalen (und nicht so radikalen) Linken « Entdinglichung Says:

    […] La Bataille socialiste La Commune au quartier LatinContre le néo-malthusianisme (1913)Les femmes pendant la Commune (2) […]

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  2. Amandine BELLIARD Says:

    Je n’ai pas l’habitude d’ecrire des commentaires aux articles que je lis mais j’apprecie votre blog .

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  3. From the archive of struggle no.47 « Poumista Says:

    […] pendant la Commune (1) (~1937, Auszug ausHommes et choses de la Commune) * Maurice Dommanget: Les femmes pendant la Commune (2) (~1937, Auszug ausHommes et choses de la Commune) * Contre le néo-malthusianisme […]

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