La première réunion du P.S.O.P. (1938)

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Article paru dans Le Figaro du 16 juillet 1938. Le titre « La première réunion du PSOP » n’y apparait que pour la deuxième partie, en page 3. M. P. Hamelet, chargé de la rubrique sociale au Figaro, est l’auteur d’Un prolétaire au Figaro (Grasset, 1987). Peut-être les contacts de ce journaliste lui avaient-ils dit que les délégués à la conférence constitutive représenteraient 10.000 adhérents, mais sûrement pas qu’ils y seraient 10.000. Ils auraient été 217 délégués selon Maurice Jaquier, le secrétaire administratif du PSOP (Simple militant, Denoël, 1974, p.159).

APRÈS LA SCISSION DE ROYAN
LE NOUVEAU PARTI
DE M. MARCEAU PIVERT

va établir aujourd’hui son programme

1o.ooo délégués tiendront à Paris une confèrent constitutive

Le P. S. O. P. (parti socialiste ouvrier et paysan), né il y a quelques semaines de la scission Marceau Pivert à la S. F. I. O., va faire, aujourd’hui, ses premiers pas dans la vie publique.
Une quarantaine de fédérations constituées, plus de 10.000 délégués venus de province vont se réunir dans une salle de la rue Marcadet, en une conférence nationale constitutive. De ces assises sortira tout armé le nouveau parti révolutionnaire avec lequel socialistes orthodoxes et communistes se préparent à compter.

On peut prévoir déjà quelle sera la teneur de la charte constitutive elle sera, pour les grandes lignes, calquée sur la charte S. F. I. O. de 1905, et l’on y ajoutera certains articles sur la guerre, le fascisme ou la tactique inspirés des textes élaborés par la commission d’unification, aujourd’hui en sommeil, des partis socialistes et communistes. Ainsi, dès le départ, le P. S. O. P. représentera idéologiquement, avec la tradition socialiste, ce qu’aurait pu être le parti unique du prolétariat.
Cette habileté tactique peut rapporter à M. Marceau Pivert et à ses amis de nombreuses adhésions communistes et socialistes.

Les « psopistes l’espèrent d’ailleurs tout haut:

Le premier départ, disent-ils, nous laisse largement la possibilité de ne pas être isolés du prolétariat. Plusieurs milliers de camarades nous suivent, notre conférence aura également pour tâche de les recenser exactement. Mais deux autres vaques de départ de la S. F. I. O. sont à prévoir, l’une au lendemain de notre assemblée nationale, si nous savons confirmer les espérances que mettent en nous les travailleurs révolutionnaires, l’autre à la rentrée d’octobre, après la nouvelle déception que ne manqueront pas d’éprouver les travailleurs. Des adhésions individuelles sont à prévoir, des adhésions de minorités communistes également.

On le voit, le nouveau parti vise à devenir un rassemblement de combat où se retrouveront, dans l’action directe, socialistes, communistes, révolutionnaires impatients de jeter bas le régime qu’ils combattent. La fortune du P. S. O. P. dépend donc essentiellement des événements; ces événements, les « psopistes » pensent qu’ils surgiront à l’intérieur dès la rentrée d’octobre, par suite du mécontentement généralisé.

Pas de V° Internationale

La Conférence nationale du P. S. O. P. aura aussi à se prononcer sur la question de l’Internationale. Les « psopistes » vont-ils se prêter au ridicule de former une cinquième internationale Les militants que nous avons vus ont haussé les épaules à cette question.

Nous sommes des réalistes, ont-ils répondu. Nous ne fonderons pas une Ve Internationale, mais nous entreprendrons un travail de liaison entre les différentes internationales, comme entre les différents partis révolutionnaires nationaux.
L’instrument de cette liaison sera
notre Front de combat.

– Adhérerez-vous au Front populaire ?

Le Congrès décidera. Cela n’est pas impossible quoique nous pensions que la lutte actuelle doit se poursuivre en dehors des formations politiques, mais surtout sur le plan des entreprises…

Vers l’action directe dans les usines

C’est donc au sein de la C. G. T. que le P. S. 0. P. poursuivra l’essentiel de son action. Et il est probable que l’automne ne passera pas sans que cette action porte ses fruits.

Dans la seule région parisienne, le nouveau parti peut aligner des effectifs au moins égaux à ceux de la S. F. I. 0. C’est donc là que le P. S. O. P. jouera sa carte.
Agitation révolutionnaire contre la guerre autour de la formule « Pas de défense nationale en régime capitaliste « ; agitation syndicale et politique autour des mots d’ordre les plus violents de la lutte de classe et de l’action directe, tels sont les deux pôles d’attraction que le P. S. O. P., officiellement constitue à l’issue de la conférence qui s’ouvre aujourd’hui, va offrir aux masses divisées du socialisme et du communisme.
Le combat des frères ennemis commence.

M. P. Hamelet.

Voir aussi:

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2 Réponses to “La première réunion du P.S.O.P. (1938)”

  1. Neues aus den Archiven der radikalen (und nicht so radikalen) Linken « Entdinglichung Says:

    […] Bataille socialiste La première réunion du P.S.O.P. (1938)Lire Les Conseils ouvriersMansoor Hekmat, marxiste iranien […]

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  2. From the archive of struggle no.47 « Poumista Says:

    […] La première réunion du P.S.O.P. (1938) * News and Letters: Mansoor Hekmat, marxiste iranien […]

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